DES FRELONS SUR LE MINISTRE

« Il faudra attendre que des gamins soient piqués à Paris, pour que le gouvernement bouge… » soupirait ce matin un responsable syndical des apiculteurs, au journal de 8 heures de France Inter. De fait, le « frelon asiatique », ce « serial killer des ruches » est entré en France en 2004 (une vidéo cauchemar est ici) mais sans avoir encore franchi l’épaisse muraille qui sépare la presse régionale de la presse « nationale ». Les choses changent: longtemps cantonné dans de nombreux départements ayant la mauvaise idée d’être situés au Sud de la Loire, le frelon est désormais signalé en Bretagne et en Normandie. Autant dire qu’il est aux portes de Paris, ses ministères, et sa maison de la radio. France Inter, en lui faisant les honneurs de son journal de 8 heures, donnait donc paradoxalement raison à l’apiculteur interviewé. Hors de Paris, point de salut médiatique.

Un qui n’en avait pas pris la mesure, c’est le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, manifestement cueilli à froid par les premières questions de Patrick Cohen sur le frelon. C’est vrai, enfin ! On vient tranquillement à la radio faire la promo de son dernier livre, et distiller quelques révélations sur le peut-être éventuel hypothétique programme du peut-être candidat Sarkozy. S’il faut, en plus, répondre à des questions sur les dossiers dont on a la charge, où va-t-on ? Et non seulement Cohen avait des frelons dans sa besace, mais il avait aussi des questions sur l’impact du pesticide Cruiser sur la mortalité des abeilles. « Vous avez été condamné par le Conseil d’Etat » lançait-il au ministre, éberlué. Très affûté, Cohen (en confidence, il a un truc d’intervieweur, qu’il révélait l’autre semaine à Maja, c’est ici,mais surtout ne le répétez pas).

Dans l’adversité, une seule parade: la langue de bois. Sur le frelon, comme sur le pesticide, qu’on se le dise donc: Monsieur le ministre est vigilant. Tous ses services sont en alerte. Il est prêt à tout, et même éventuellement, pourquoi pas, à déclarer « espèce nuisible » le frelon en question (ce qui, donc, apprend-on en creux, n’a pas encore été fait). Il a commandé des études. Il attend des preuves scientifiques directes, irréfutables. A la seconde même où elles lui arriveront, il agira, prendra les mesures exigées par la situation, et viendra très certainement à la radio pour en parler.

Jean-Louis pour  Daniel Schneidermann

 

in @rrêt sur images 

 

 

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