Archive pour 3 janvier, 2012

FUSION CSG/IMPÔT SUR LE REVENU : HOLLANDE RECULE

Les Echos Hollande

Recul or not recul ? Ce matin, en ouvrant les Echos, on pouvait penser que le candidat PS renonçait en partie à la réforme fiscale du projet socialiste : « Hollande ajourne la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. »

La journaliste, Lucie Robequain, donnait l’explication de ce revirement : « Les experts de gauche ont multiplié les alertes et François Hollande les a visiblement entendus : la fusion de l’impôt sur le revenu (…) et de la CSG (…) est trop périlleuse pour prendre le risque de l’inscrire en tête des priorités du prochain quinquennat en cas de victoire du candidat socialiste. (…) François Hollande parle désormais de simple «rapprochement» entre les deux impôts. »

Les « experts de gauche » ont brillamment manoeuvré: le 28 novembre encore, comme le souligne la journaliste, Hollande affirmait être pour cette fusion à l’antenne de BFM TV.

Un recul donc ? Même pas, assure Jérôme Cahuzac, chargé de la fiscalité de l’équipe de campagne du candidat socialiste. Interrogé par Le Monde, il s’en défend ainsi : « Jamais François Hollande n’a dit qu’il ferait immédiatement la fusion car il faut d’abord harmoniser les assiettes de ces deux impôts. » Pour Michel Sapin, chargé de la rédaction du programme, c’est une manière de « clarifier le projet« .

Et que dit le projet exactement ? « Nous procéderons à la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG pour créer un impôt plus progressif et prélevé à la source » (page 25 et 49). Cahuzac dit vrai : le projet ne donnait pas de date précise (c’était peut-être pour 2024 après tout). Un détail qui, cet été déjà, courrouçait Thomas Piketty, l’économiste qui fut l’un des inspirateurs de cette réforme fiscale (et que l’éconaute a rencontré). Pas dit qu’aujourd’hui il ne soit pas carrément ulcéré.

Pourquoi une telle reculade-qui-n’en-est-pas-une ? Il faut se souvenir que le projet sur la fiscalité ne faisait pas l’unanimité, comme on avait pu le constater aux Universités d’été de La Rochelle. Un sujet en particulier fâchait vraiment: l’individualisation de l’impôt et la suppression du quotient conjugal. Cette suppression, dixit le projet, avait pour but de cesser de « subventionner les couples avec revenus inégaux ». Pas besoin de dessin pour comprendre que le projet est en effet casse-gueule en période électorale, les couples étant nombreux à voter.

Avec la fusion CSG / impôt sur le revenu, Hollande craignait d’ouvrir une voie royale pour l’UMP. D’ailleurs, le candidat et ses « experts de gauche » le martèlent : non, on ne touchera pas au quotient conjugal. En revanche, le contient familial sera supprimé et remplacé par un crédit impôt forfaitaire pour chaque enfant.

Jean-Louis pour Anne-Sophie Jacques

in @rrêt sur images

Sarkozy fait rire (de lui) …

…toute l’Allemagne. Et au-delà !

Une fois n’est pas coutume, je vous incite à lire ce papier du Figaro en ligne, et à visionner la vidéo qui l’accompagne.

Histoire de vous mettre de bonne humeur.

Le Figaro  ! Alamviva qui l’eût cru, Roseline qui l’eût dit ! …

Je doute fort qu’on ait goûté la farce au Château. Papy Mougeotte va se faire remonter les bretelles …

Jean-Louis pour Bernard Langlois

in Politis

Comprendre la dette publique américaine

Il n’est pas aisé de comprendre la dette publique américaine, dont la réalité est fortement masquée, comme nous allons le voir.

Comprendre la dette publique américaine dans Opinions dette-federale-de-marche-usa_1
Evolution de la dette fédérale de marché des Etats-Unis, 1790-2010

On observe, par le graphique ci-dessus, sur l’évolution de la dette générale de marché des Etats-Unis entre 1790 et 2010 :

  • la richesse des statistiques américaines, qui remontent sur deux siècles ;
  • l’incroyable pic de la Seconde Guerre mondiale, à près de 110% du produit intérieur brut (PIB) ;
  • que la dette du pays se situe à 52% fin 2010, avec 9 020 milliards de dollars de dette ; ce qui reste loin des 110% mais constitue un second pic historique – et encore, ce niveau va augmenter : il est déjà attendu à 63% fin 2011.

On a donc envie de conclure que :

  • la situation est sérieuse, mais qu’elle est loin du record historique – et les Etats-Unis ont bien surmonté leur problème en 1945 – ;
  • le pays reste loin des 80% de PIB de la France ou de l’Allemagne, selon les critères de Maastricht.

C’est malheureusement totalement faux et ce, pour deux raisons, qui tiennent dans l’intitulé de la note complète.

Jean-Louis pour Olivier Berruyer

Cette note est un extrait de « La dette fédérale américaine intragouvernementale », sur son blog

Le biométrique, juteux marché pour les entreprises françaises

Les sociétés françaises dominent le marché de l’identité… sauf en France. Plus pour longtemps : leur lobbying politique est en train de payer.
Le biométrique, juteux marché pour les entreprises françaises dans Opinions biometrique-identite-france-inside_0
Une sculpture d’œil par Tony Tasset dans un parc de Chicago (John Picken/Flickr/CC)

Le business de la biométrie est en plein boom : selon l’agence Markets & Markets, le marché mondial de la biométrie représentera 8,5 milliards d’euros d’ici 2015. Cette expansion se fait particulièrement sentir dans les pays émergents où les états civils, quand ils existent, sont souvent parcellaires.

Une entreprise française pour la base de données des Indiens

L’Inde a ainsi lancé un vaste projet visant à constituer une base de données biométriques de ses habitants, remporté en 2010 par l’entreprise françaiseMorpho, filiale du groupe d’armement et de défense Safran.

Dans son édition du 2 janvier, Le Figaro détaille. Ce « marché de l’identité » de 1,5 milliard de dollars – que Morpho partage avec une autre filiale de Safran – entend collecter les empreintes digitales et les scans de l’iris de 200 millions d’Indiens d’ici à juin prochain. A terme, elle recensera l’intégralité de la population du deuxième pays le plus peuplé du monde.

Pour l’Inde, l’enjeu est central, puisqu’il vise ni plus ni moins à court-circuiter la corruption, dans un pays où plus des trois-quarts de l’aide sociale sont détournés.

Problème : au début du mois de décembre, les autorités indiennes ont mis un coup d’arrêt au projet. Mis en difficulté en Inde, Morpho (« numéro un mondial des documents d’identité sécurisés par la biométrie ») se consolera peut-être en France.

Lobbying à puces

Une loi, adoptée le 13 décembre en seconde lecture à l’Assemblée Nationale, va en ce sens : elle permettrait la création d’une base de données commune à la carte d’identité, qui deviendrait électronique, et des passeports, d’ores et déjà biométriques. 45 millions de Français figureraient dans ce fichier.

D’abord adoptée pour lutter contre l’usurpation d’identité, ses promoteurs au Sénat et à l’Assemblée avaient également à l’esprit la prospérité des entreprises du secteur.

Jean-René Lecerf, sénateur du Nord (UMP), auteur [PDF] de la proposition de loi :

« Le sujet engage aussi des enjeux économiques, industriels. [...] Les entreprises françaises, en pointe sur ce domaine, veulent investir le marché français. [...] Elles ne vendent rien en France, ce qui les pénalise à l’exportation par rapport aux concurrents américains. »

« Un signal fort en faveur de notre industrie »

Même son de cloche du côté de Philippe Goujon, rapporteur du projet de loi à l’Assemblée nationale :

« Les principales entreprises [...] du secteur sont françaises, dont trois des cinq leaders mondiaux des technologies de la carte à puce, emploient plusieurs dizaines de milliers de salariés très qualifiés et réalisent 90% de leur chiffre d’affaires à l’exportation. [...] Le choix de la France d’une carte nationale d’identité électronique serait un signal fort en faveur de notre industrie. »

Il faut dire que des pays comme la Suède, la Belgique, l’Espagne ou les Emirats arabes unis ont déjà fait appel à des entreprises françaises pour la mise en place de cartes d’identité électroniques. La France a « seulement » confié à la française Gemalto certains composants des passeports électroniques et la réalisation de la carte Vitale.

« Le champ libre à d’autres nations »

Regroupés au sein du Gixel (Groupement des industries de composants et de systèmes électroniques), les industriels du secteur font pression pour qu’un tel projet soit adopté. Dans un document publié en juin :

francenumerique_0 dans Opinions

VOIR LE DOCUMENT

(Fichier PDF)

« Nous recommandons le déploiement effectif de la carte nationale d’identité électronique. [...]

L’absence actuelle de projet en France laisse le champ libre à d’autres nations, pour imposer de nouvelles normes, des produits ou des services au détriment des intérêts nationaux français et de son industrie [et] mettent leurs industriels en position d’exporter leurs solutions basées sur leur carte d’identité électronique. »

Des inquiétudes pour la sécurité

Au-delà des inquiétudes éthiques, la constitution de grandes bases de données de plusieurs millions de personnes pose des problèmes techniques. Ainsi, la base de données biométriques indienne sera 2,5 fois plus grande que celle de Facebook.

Récemment, on apprenait qu’un fichier contenant la base de données de la population israélienne avait été piraté et rendu librement accessible pendant près de deux ans.

« Plus de fichiers = plus de fuites », prévenaient pour leur part les hackers qui avaient fait fuiter les données personnelles de centaines de cadres UMP, début novembre.

Pendant les débats sur cette proposition de loi, le député Jean-Paul Lecoq (PCF) avertissait :

« Le risque zéro n’existe pas, les pirates sont plus talentueux que les industriels. »

Jean-Louis pour Martin Untersinger
in Rue89

La TVA peut-elle devenir sociale ?

Face à la désindustrialisation, l’idée de financer la protection sociale par une hausse de la TVA fait son retour.

 

Une taxe mal aimée

En augmentant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui pèse sur une consommation de plus en plus souvent importée, on pourrait limiter les cotisations sociales, qui renchérissent le travail et rendent donc peu attractive la production en France. Cette proposition de « TVA sociale » revient dans le débat public depuis que la crise a encore accentué la désindustrialisation de l’Hexagone. Elle figure notamment parmi les propositions de l’institut COE-Rexecode, proche du patronat, dans le rapport qu’il a remis fin janvier au ministre de l’Industrie. Mais l’idée d’une TVA sociale reste très controversée. Il faut dire que cet impôt n’a jamais été très populaire.

Créé en 1954, il était pourtant très novateur. A tel point, d’ailleurs, que cette invention française a été imitée ensuite par de très nombreux pays. La TVA visait à l’origine à corriger une anomalie fiscale pénalisant l’investissement. A l’époque, les entreprises s’acquittaient d’un impôt proportionnel à leur chiffre d’affaires et pouvaient en déduire les taxes précédemment payées sur leurs achats de matières premières. Mais les biens d’équipements, eux, n’étaient pas déductibles. Résultat: les machines étaient doublement taxées, ce qui n’incitait pas les entreprises à investir pour renouveler leur outil de production. La TVA a donc été pensée pour éviter ces impositions en cascade: seule la partie de la valeur que les entreprises ajoutent réellement au produit final est taxée.

Mais si la TVA reste très contestée, c’est qu’elle est jugée injuste. A la différence de l’impôt sur le revenu, qui est progressif, le taux de TVA payé est le même pour tous, quel que soit le niveau de revenu du consommateur. De plus, les pauvres consomment la quasi-totalité de leurs revenus, alors que les riches ont les moyens d’épargner, ce qui exempte une partie de leurs revenus de TVA. Cette critique n’est cependant qu’en partie fondée: l’épargne a toujours vocation à être consommée un jour. Et à ce moment-là, quand les plus riches achètent un yacht, des diamants ou une Ferrari, leurs dépenses sont, elles aussi, soumises à TVA. En réalité, la TVA ne fait que différer le moment de la perception de l’impôt: contrairement aux cotisations sociales, à l’impôt sur le revenu ou encore à la cotisation sociale généralisée (CSG), elle n’est pas collectée lorsque le revenu est engrangé, mais lorsqu’il est dépensé.

Par ailleurs, le caractère antiredistributif de la TVA est un peu atténué par l’existence d’un taux normal à 19,6% et d’un taux réduit à 5,5%, qui concerne notamment la plupart des produits alimentaires. Or, les ménages à faibles revenus sont ceux qui consomment le plus de biens et de services taxés à taux réduit.

Pourquoi une TVA « sociale » ?

Même si elle est moins injuste qu’il n’y paraît, la TVA n’a pour autant rien de « social » en soi. Ce qui est censé la rendre « sociale », c’est le fait de fournir de nouveaux financements pour la protection sociale tout en réduisant le coût du travail. Concrètement, il s’agit d’augmenter le taux de TVA en contrepartie d’une baisse des cotisations sociales. En théorie, il ne s’agit donc pas d’une hausse des prélèvements obligatoires mais d’une substitution.

Plusieurs arguments plaident en ce sens. Historiquement, le financement de la protection sociale reposait essentiellement sur des cotisations prélevées sur les salaires parce que les prestations correspondantes étaient étroitement liées au statut d’emploi des personnes. Mais avec le temps, les prestations se sont élargies et le champ des bénéficiaires dépasse aujourd’hui largement les seuls salariés. Face à ce poids croissant de la protection sociale, ainsi qu’à la concurrence accrue des pays à bas salaires, les gouvernements ont déjà cherché à élargir l’assiette du financement de la protection sociale. La création de la CSG en 1991 allait dans ce sens: elle frappe tous les revenus et pas seulement ceux du travail. Avec la TVA sociale, il s’agirait, cette fois, de mettre à contribution les consommateurs, qu’ils occupent ou non un emploi salarié. A la différence du travail, la consommation n’est en effet pas délocalisable.

Augmenter la TVA tout en diminuant les cotisations sociales doit théoriquement permettre aux entreprises hexagonales de continuer à vendre leurs produits en France au même prix, étant donné que le coût du travail baisse. Et pour cette raison, de les écouler aussi plus facilement à l’étranger. En revanche, cela renchérit le prix des produits importés qui subissent la hausse de la TVA mais ne bénéficient pas de la baisse des cotisations. Ce faisant, la TVA sociale donne donc un avantage compétitif aux entreprises présentes sur le territoire français. C’est un coup de pouce comparable à une dévaluation.

C’est notamment pour cette raison que Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, proposait à l’automne dernier de la rebaptiser « TVA anti-délocalisation ». C’est le choix qu’avait fait l’Allemagne en 2007 avec une hausse de 3 points du taux de TVA. Les pays scandinaves ont, eux aussi, recours de façon privilégiée à la TVA pour financer leurs généreux systèmes sociaux avec des taux de 25%, contre 19,6% en France.

Serait-elle efficace ?

Compte tenu des écarts de prix du travail entre la France et des pays à très bas coûts tels que la Chine, la TVA sociale ne suffirait vraisemblablement pas à dissuader les entreprises de délocaliser. C’est essentiellement vis-à-vis de nos partenaires européens que cette stratégie peut avoir un impact réel: cette démarche, qui s’apparente à une dévaluation, est donc peu coopérative à leur égard. Mais surtout, rien ne garantit que les entreprises françaises vont répercuter la baisse des charges sur leurs prix hors taxes. Elles peuvent au contraire en profiter pour reconstituer leurs marges, surtout dans les secteurs où la concurrence est faible.

A la hausse prévisible du prix des produits importés, s’ajouterait donc celle des produits et des services domestiques, ce qui affecterait le pouvoir d’achat des ménages. Et fragiliserait la consommation, qui reste le principal moteur de l’économie française. A moyen terme, cette perte de pouvoir d’achat peut être compensée par les mécanismes d’indexation du Smic et des revenus sociaux sur l’inflation ou encore par des négociations salariales. Mais si les salariés obtiennent gain de cause sur ce point, cela annulerait l’effet initial de la baisse du coût du travail. Au final, les effets économiques d’une TVA sociale sont donc assez aléatoires et probablement limités.

Jean-Louis pour Laurent Jeanneau

Voeux des salariés de Fralib

Les salariés de Fralib, en lutte depuis 450 jours, présentent leurs voeux 2012 à toutes et à tous. De la solidarité aux remerciements, des voeux de changement de politique en France à la création d’une convergence des luttes, ils nous proposent une autre société, un espoir pour demain.

Voir la vidéo

 Jean-Louis

Panique au gouvernement

martine-billard

A croire que le gouvernement a peur de perdre les élections de 2012 et veut profiter de ses derniers mois de pouvoir pour faire passer tous ses mauvais coups.
Ainsi, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont annoncé ce matin que la TVA sociale serait proposée lors du sommet social du 18 janvier.Cette TVA, prétendument sociale, aura pour seule conséquence de baisser encore un peu plus les revenus des français après les « mauvais voeux » de nouvelle année qui ont vu nombre de prix flamber. Sous prétexte de course à la compétitivité, le gouvernement engage la course à l’austérité.

Nicolas Sarkozy avait promis d’être le président du pouvoir d’achat. Il est en fait celui des hausses de prix et d’impôts pour tous sauf pour les plus riches.

Jean-Louis pour Martine Billard,
Co-présidente du Parti de Gauche

in LPG

TVA sociale : Excellente nouvelle pour le pouvoir d’achat… des actionnaires !

Contrairement à ce laisse entendre Nicolas Sarkozy, la mise en place d’une TVA sociale ne viendrait pas taxer les seuls produits importés. L’amertume risque d’être grande au pays du « Président du pouvoir d’achat » !

TVA sociale : Excellente nouvelle pour le pouvoir d’achat... des actionnaires ! dans Opinions sarko_double_une-3b9ebNicolas Sarkozy et Xavier Bertrand sont formels, la mise en place d’une TVA sociale est dans : l’intérêt de notre pays, et des emplois. Et le ministre du travail de nous expliquer : « (…) Je préfère de beaucoup que les importations qui pendant longtemps ont pénalisé le financement de la protection sociale financent la protection sociale aujourd’hui (…) »

Ce qui reviendrait, si l’on prend les propos du Président et de son ministre au premier degré, à créer une taxation complémentaire, uniquement applicable aux produits fabriqués hors des frontières de l’hexagone. Et dans le même temps, diminuer d’autant les cotisations sociales des entreprises françaises.

Il s’agit, en fait du modèle, pensé par le Medef, que nous vous présentions le 16 novembre dernier. Tableaux chiffrés du Medef à l’appui, nous indiquions que celui-ci venait : « (…) de présenter trois scénarios de transfert de certaines cotisations sociales vers l’impôt. Ses propositions vont de 30 milliards en hypothèse basse à 70 milliards dans la plus haute (…) » permettant aux entreprises françaises d’être plus compétitives.

Au delà des contes de fées, il était nécessaire de se pencher sur la réalité du dispositif, comme l’a fait Le Figaro, qui a interrogé des fiscalistes.

« (…) Tous les produits et services consommés en France et taxés à 19,6% verraient leur TVA s’accroître,qu’ils aient été fabriqués dans l’Hexagone ou à l’étranger. « C’est ce qu’exige la réglementation européenne, qui stipule que les biens importés subissent la même TVA que les biens produits sur place », précise Élisabeth Ashworth, avocate associée chez CMS Bureau Francis Lefebvre. D’une façon plus générale, aucun pays européen ne peut introduire une taxe frappant uniquement les importations à ses frontières nationales. Toute taxe visant les importations peut être qualifiée de taxe « d’effet équivalent à des droits de douanes », et, de ce fait, soumise à la réglementation douanière. « Or c’est l’Union européenne qui décide en la matière : elle fixe les droits de douane vis-à-vis des pays non européens et les interdit entre États membres », explique Élisabeth Ash­worth. «  En revanche, la France pourra relever son taux normal de TVA sans avoir à en référer à Bruxelles », précise Nicolas Jacquot, avocat chez Arsene Taxand (…) »

Un peu moins attrayant que la présentation un peu simpliste faite par le Président, ses ministres et l’UMP !

En réponse, ceux-ci clameront en choeur : L’emploi, l’emploi, l’emploi ….

C’est aller un peu vite en besogne, lorsqu’on connaît l’usage que Laurence Parisot compte faire de la baisse des cotisations patronales : « (…) l’entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires… ou conserver sa marge (…) » Au fait que selon elle : « Il faut laisser la liberté d’utiliser les marges de manoeuvre »

Mais qu’y gagneront les salariés ?

Selon les calculs de l’organisation patronale, le gain de pouvoir d’achat des salariés issue de la baisse de leurs propres cotisations sociales, se traduirait par : «  environ 15 euros net pour 2.000 euros de salaire brut »

En clair un gros trou de plus dans le budget des salariés, qui pourraient en outre, subir l’application d’une des propositions phares du Président et de Laurence Parisot, sur la légalisation du chantage à l’emploi, baptisée « accords compétitivité-emploi  » qui permettrait aux entreprises d’imposer à leurs salariés d’échanger, temporairement des baisses de salaires contre une préservation de l’emploi.

Mais n’oublions pas que l’essentiel pour le Président, le gouvernement, l’UMP et le Medef est de produire français pour, comme le voisin allemand, se spécialiser dans la vente à l’export, au détriment de la consommation intérieure. Ceci étant parfaitement synthétisé par Jean-François Copé qui déclarait : « (…)la question n’est pas tant d’acheter français que de produire en France (…) il ne s’agit donc pas de démondialiser, mais de travailler plus et mieux (…) »

Et dire que ces ingrats de français risquent dans quelques mois de refuser un modèle qui se limiterait à : Produire toujours plus, à partir de salariés interchangeables, payés en fonction de l’activité économique, sans limite horaire, dans l’incapacité d’acheter ce qu’ils fabriquent, mais qui inonderaient les autres pays des produits qu’ils fabriquent, et permettrait aux actionnaires de vivre plus confortablement de leurs rentes !

Jean-Louis pour Jean-Claude Benard

son site

Le président Wulff ne tient plus qu’à un fil

Le président Wulff ne tient plus qu’à un fil dans Opinions
Handelsblatt, 3 janvier 2012

L’étau se resserre sur le président allemand. Imposé par Angela Merkel en 2010 contre l’opinion publique, le très discret Christian Wulff pourrait devoir quitter ses fonctions précipitamment. C’est du moins ce qu’anticipe le quotidien économique Handelsblatt, qui titre sur « le président rétréci« .

Depuis la mi-décembre, Wulff est pris dans un scandale autour d’un crédit privé de 500 000 euros acquis en 2008 auprès d’un homme d’affaires allemand, qui lui a également payé des vacances. Il est désormais accusé d’avoir porté atteinte à la liberté de la presse. Apprenant que Bild allait révéler ces affaires, le président a décroché son téléphone pour mettre en garde le rédacteur en chef du tabloïd, ainsi que d’autres quotidiens nationaux, les menaçant de poursuites pénales et invoquant une “guerre” entre la présidence et certains médias.

Pour la presse allemande, cela témoigne de l’incapacité de Wulff à se mettre à la hauteur de son rôle de conscience morale du pays, le seul accordé à une fonction de président purement honorifique en Allemagne. « Il n’a jamais été un grand président« , estime ainsi leHandelsblatt, qui souligne que des députés de la majorité se joignent désormais à l’ooposition pour réclamer sa démission.

Jean-Louis pour Presseurop

ALLEMAGNE : PRESSION PRÉSIDENTIELLE SUR BILD

Scandale en Allemagne: le président de la République Christian Wulff a fait pression sur le très populaire Bild (le quotidien allemand le plus lu, avec près de 3 millions d’exemplaires par jour) pour tenter de l’empêcher de publier un article sur un prêt immobilier avantageux dont il avait bénéficié .

C’est le quotidien Süddeutsche Zeitung qui a révélé l’information dans un article publié en bas de Une, hier : le 12 décembre, Wulff a laissé un message menaçant sur le téléphone mobile du rédacteur en chef de Bild, Kai Diekmann.

Le journal s’apprêtait à publier une enquête sur un prêt immobilier accordé à Wulff avant qu’il ne soit nommé président, en juin 2010 : 500 000 euros à un taux très avantageux (2%), pour acheter une résidence à Burgwedel, près de Hanovre (en Basse Saxe, Etat dont Wullf était alors ministre-président).

Süddeutsche Zeitung ajoute que Wulff a aussi téléphoné, en vain, à Mathias Döpfner, président du directoire des éditions Springer, le groupe de presse qui édite, entre autres, Bild.

L’éditeur n’a pas cédé, pas plus que le journal, qui a publié l’enquête comme prévu.

Aujourd’hui, Bild confirme l’information, en précisant que le président l’avait menacé de poursuites judiciaires. Le journal avait choisi de ne pas évoquer ces pressions, et le président s’était excusé deux jours après.

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L’histoire fait la Une de la presse allemande nationale (Die Tageszeitung) ou régionale (Alt-Neuottinger Anzeiger), qui montrent une photo du président.

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« Un appel en colère« , titre Der Tagesspiegel avec une photo d’un voyant signalant un message téléphonique. « Wullf a menacé Bild« , titre Morgen.

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Jean-Louis pour Gilles Klein

in @rrêt sur images

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