Archive pour 3 janvier, 2012

2012, vers où allons-nous ?

Jamais nous n’avons eu une information mensongère aussi soutenue et aussi organisée.

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Doit-on recourir à la « boule de cristal » ? Généralement, bien malin celui ou celle qui peut dire où nous allons. Cependant au tournant de 2012, le jeu de la boule de cristal devient presque déplacé et même gênant.

Gênant tellement cette vision du futur possiblement probable (oui, pléonasme voulu) semble se voir avec une quasi-clarté ! Comme si le futur était la continuité sans surprises possibles du terrible présent dans lequel nous sommes.

Gênant le jeu de la boule de cristal tellement celle-ci ne nous livre que des nuages sombres ! Des nuages qui nous disent que leur obscurité vue de loin sera encore pire lorsqu’ils se rapprocheront.

Comme une impression que nous avons un avenir terriblement sombre. Comme un des pires creux de nos valeurs humaines.

Les valeurs humaines !

Humaines ? Bof, les valeurs tout simplement. Les valeurs élémentaires !

Ces valeurs, comme bafouées, comme piétinées par la botte militaire belliqueuse comme bombardées par la force militaire au service de la cupidité et du pouvoir absolu !

L’an passé, on pouvait dire qu’il y avait comme un vent d’espoir [1], mais c’était faire fi de cette force obscure qui dirige même le vent (l’opinion).

Cette année, le pessimisme s’impose. Comme un terrible pessimisme !

« Vers où allons-nous ? »

Ce n’est même pas une question. C’est une terrible réflexion.

Oui, « terrible », ce mot qui revient et qui revient dans ce texte et aussi dans les cœurs encore sensibles lorsque qu’on lève les yeux sur la terrible année 2011. Une année atroce.

Une année où on a littéralement tué l’espoir d’un monde meilleur pour l’Afrique. Pauvre Afrique !

La marche vers l’inhumanité.

2011, bombardements inhumains. Massacres. Des mois et des mois de massacres. Des rivières de sang.

Des cadavres, au moins 30 000 en Libye. Combien en Côte-d’Ivoire ?

On a sabré le champagne sur des cadavres [2] On a torturé et sodomisé un chef d’État avant de l’assassiner [3] et de l’exposer lui et son fils dans un frigidaire à viande. [4]

Ces images ont réjoui l’Occident ! http://www.linternaute.com/video/217696/les-corps-de-kadhafi-et-de-son-fils-a-misrata/

Ces images nous (!) ont réjouis !?

On a fait disparaître leur corps. On a fait disparaître sa résidence. On a fait disparaître sa ville. On a fait disparaître ses amis. On a fait disparaître sa famille. On a fait disparaître son Pays. L’ONU a même fait disparaître pendant quelques mois son discours mémorable à l’Assemblée générale de 2009. Il a été remis en ligne [5]

Et tout ça pour conserver le contrôle de ce continent débordant d’immenses richesses : l’Afrique. Un continent ayant des richesses incroyables et paradoxalement, une pauvreté honteuse.

Cette pauvreté et cette exploitation !

Pauvreté et exploitation savamment maintenues par ceux qui ont bombardé ces deux Pays. Ces Pays « souverains » qui affirmaient un peu trop (sic) leur souveraineté.

2011 est à pleurer.

En 2012 on continuera de nous cacher le désastre fait dans ces Pays trop souverains. Ces Pays ayant trop voulu mettre enfin leurs richesses au service de leurs citoyens, de leur Pays et même de leur pauvre continent.

Les exploiteurs mondiaux, ceux qui creusent avec le plus beau des sourires ce fossé entre les nantis et les exploités, n’ont pas toléré cet affront qu’on leur faisait de refuser leur scélératesse.

En Côte-d’Ivoire, on a mis un pion docile et servile à la présidence. En Libye, on a éliminé complètement le dangereux (sic) gouvernement qui menaçait de plus en plus de rendre l’Afrique à l’image de l’Amérique latine, c’est-à-dire, solidaire, autonome et surtout uni. Une Afrique Uni ! Ce rêve de Sankara, de Lumumba, de Kadhafi et de tous ces autres Africains assassinés. Assassiner pour les empêcher de réaliser ce rêve d’union (l’union fait la force).

L’Amérique latine, là où les présidents sont de plus en plus sujets au cancer (Lula, Dilma Roussef, Fernando Lugo, Hugo Chávez, Cristina Fernández) [6] nous a démontré la force que peuvent avoir des Pays pauvres qui s’unissent et surtout qui s’épaulent « s’entraident » !

La Libye a été détruite parce que ses dirigeants étaient ceux qui pouvaient guider toute l’Afrique vers cet affranchissement. La Libye par sa force économique (pétrole comme le Venezuela) et son leadership africain pouvait unir l’Afrique et l’Afrique pouvait aussi s’unir à l’Amérique latine. Une véritable menace pour les exploiteurs qui depuis des siècles se servent dans ces territoires sans le moindre égard pour les populations y vivant.

Oui, 2011 nous a fait faire un grand pas vers l’inhumanité. Et le plus choquant, c’est que c’est en enfourchant le cheval de Troie des droits humains. Le cheval de Troie de la ’démocratie’ et celui de la ’liberté’.

Droits Humains, Démocratie et Liberté.

Des valeurs trahies, des valeurs souillées, des valeurs dénaturées.

La guerre est devenue « humanitaire » (SIC). La liberté est maintenant garantie par des fanatiques religieux. La démocratie se base sur la « charia » devenue ’modérée’. Et la Paix est assurée par des bombes qui sont lancées !

Les « Droits Humains »

Les organismes des fameux droits humains pullulent et sont présents partout dans le discours politique belliqueux. Pensons au fameux observatoire syrien des « droits de l’homme » (OSDH). Cet organisme de propagande auquel s’abreuvent les médias occidentaux. Ces médias honteusement propagandistes. Ces médias perroquets et sans jugement qui sont au service de cette clique qui contrôle et exploite presqu’entièrement le monde.

On peut reprendre mot à mot le constat de l’an dernier [1] Et cette année, ce constat est encore plus frappant :

On disait :

« L’an dernier (2009) [7] ma boule de cristal me faisait dire :

« On continuera en 2010 d’avoir les deux mondes médiatiques, celui de la presse ’officielle’ qui nous conditionne selon la ’bonne parole officielle’ et celui de la presse ’alternative’ qui ’flirte’ avec le ’conspirationnisme’ parce qu’elle pose des questions et réfléchit.

Il faudrait qu’en 2010, les gens découvrent de plus en plus la libre pensée des médias alternatifs et se soustraient par le fait même au conditionnement médiatique que leur fait subir la presse ’officielle’. »

En 2009

Force est de constater que le quatrième pouvoir a continué de servir les intérêts d’une clique idéologique et que l’Information objective en souffre. Le 4e pouvoir ne sert plus les citoyens et encore moins la démocratie. En 2010, l’information de masse s’est apparentée à la propagande. En 2011 nous risquons de devoir nous débrouiller avec les salutaires médias ’alternatifs’ et les « Wikileaks » que nous offre encore, pour un temps, ’Internet’.

En 2011, les médias officiels continueront sûrement à servir le pouvoir plutôt que de servir la population et la démocratie. Il est clair que ce défunt 4e pouvoir sert le secret et l’hypocrisie. Les médias ’officiels’ se sont appliqués à faire le procès de Wikileaks en oubliant de scruter les documents que cette organisation nous a offerts. Quelle tristesse médiatique !

La grande victime de cette idéologie médiatique, c’est notre démocratie. »

En effet, d’année en année ce discours est de plus en plus pertinent.

Nous avons vécu en 2011 une des pires, sinon « LA pire » année de toute notre Histoire médiatique. Jamais nous n’avons eu une information mensongère aussi soutenue et aussi organisée.

Une réelle campagne d’endoctrinement. Un lavage de cerveau fulgurant. Un conditionnement psychologique foudroyant pour dénaturer nos valeurs, nous insensibiliser aux atrocités et nous faire accepter et même souhaiter des massacres.

Avec des mois de conditionnement médiatiques, les images nous faisant voir des sauvages sabrer le champagne français sur des cadavres encore chaud nous sont apparues presque anodines. Idem pour la torture et l’assassinat du chef d’État libyen.

Les cadavres et les rivières de sang ne choquent plus. Elles sont désormais vues comme étant un mal (!) ’nécessaire’ (sic). Nos valeurs humaines ont complètement été anesthésiées.

2012, vers où allons-nous ?

Vers la guerre. Vers des guerres encore pires.

On finira par avoir des rivières de sang dans nos rues. Les généraux Bouchard et Cie sont aux ordres du pouvoir absolu et ils n’ont aucun remords à commettre des assassinats massifs. On les décore et on les célèbre [8]

L’an passé nous pouvions parler du climat. Cette année, bien que ce point soit toujours chaud et continue de se réchauffer, ce thème en comparaison avec les atrocités qui se sont vécues et qui sont sur le point de se continuer, tombe en désuétude.

En 2012, nous allons vers la guerre. Qu’il fasse chaud, que la banquise disparaisse que les phoques et les ours perdent leurs repères, que les inondations et les tempêtes battent de nouveaux records, peu importe il y aura probablement des dizaines de milliers de personnes qu’on tuera pour sauver des vies.

En 2012, nous allons vers la guerre.

Vous vous dites que ma boule de cristal est défectueuse ? Vous savez, jamais je n’ai tant souhaité me tromper.

Du fond du cœur, pour 2012, je vous souhaite la meilleure année possible.

Jean-Louis pour Serge Charbonneau

in LGS

Québec

Illustration :peinture de Hubert-klein. Avec son aimable autorisation.

[1] « 2010, un espoir est né… » http://www.legrandsoir.info/2010-finit-2011-commence.html

[2] http://www.youtube.com/watch?v=FD1OUGk7LHQ

[3] http://blog.sami-aldeeb.com/2011/10/24/video-kadhafi-ensanglante-a-ete-sodomise-par-les-rebelles-lybiens-apres-sa-capture/

http://24heuresactu.com/2011/10/26/mouammar-kadhafi-sodomise-avant-detre-execute-video/

[4] http://www.lepost.fr/article/2011/10/22/2620175_le-corps-de-kadhafi-exhibe-dans-la-chambre-froide-d-un-magasin-de-viande-a-misrata.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111022.AFP6505/les-libyens-defilent-devant-le-corps-de-kadhafi-la-liberation-pour-dimanche.html

http://www.linternaute.com/video/217696/les-corps-de-kadhafi-et-de-son-fils-a-misrata/

[5] http://www.un.org/en/ga/64/generaldebate/LY.shtml [6] http://www.vigile.net/Des-Presidents-et-Presidentes [7] L’heure des boules de cristal (2010) (Les prédictions… mais surtout un regard sur le passé)

http://www.legrandsoir.info/L-heure-des-boules-de-cristal-Les-predictions-mais-surtout-un-regard-sur-le-passe.html

[8] http://www.legrandsoir.info/aujourd-hui-c-est-le-bal-des-assassins.html

SeaFrance: Sarkozy joue au Loto avec l’emploi

Après avoir laissé la SNCF organiser la banqueroute de SeaFrance, l’apprenti sorcier Sarkozy désavoue ses propres ministres, qui, hier matin encore, jugeaient le projet de reprise en Scop par les salariés comme une ineptie.

Aujourd’hui, comme l’a proposé la Parti de Gauche, la seule solution viable en coopérative serait celle de la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), et non celle d’une SCOP « classique ». En effet la SCIC permet d’associer les salariés, les collectivités locales, des investisseurs privés, des usagers et l’État lui-même. Ce qui aurait comme immense avantage, non seulement de sauver l’entreprise, mais de l’arrimer au service public des transports.

Une telle solution nécessite de désobéir aux diktats de la Commission européenne, qui interdit à l’Etat d’investir dans une entreprise privée. Et cela, Sarkozy refuse de le faire.

Au contraire, une Scop « classique » est, dans le cas de SeaFrance, un leurre. Autant il existe des Scop de 1 200 salariés vivantes et prospères créées puis développées au fil des ans, autant aucune Scop ne venant d’une reprise d’entreprise en difficulté de cette taille n’a pu se pérenniser (rappelons-nous de Manufrance dans les années 80).

Et ce n’est pas uniquement la taille de l’entreprise, mais aussi le contexte ultraconcurrentiel, avec le dumping social des compagnies britanniques, qui rend peu crédible le projet de scop.

Le Parti de Gauche ne se réjouit donc pas de cette pseudo-reprise en Scop : le gouvernement cherche juste à faire croire que les salariés de l’entreprise peuvent reprendre leur destinée en mains sans soutien direct de l’Etat… pour mieux pouvoir ensuite « démontrer » leur incapacité à faire vivre l’entreprise (problèmes de financement, de démocratie d’entreprise, de management, etc).

Il est possible que nombre des salariés de SeaFrance « prennent» leurs indemnités « extra-légales » et aillent chercher du travail ailleurs. D’autres, n’investiront qu’une partie de leurs indemnités, compte tenu de leurs faibles revenus. Le financement final sera insuffisant et il sera alors facile pour le gouvernement d’expliquer que la « faiblesse de l’investissement des salariés » aura failli face au marché et à la réalité de la concurrence.

Le pseudo-soutien du Président tout-puissant au projet de Scop est un piège. C’est tout simplement une escroquerie de campagne.

Jean-Louis pour Le Parti de Gauche

A bas la TVA sociale !

Tout le monde donc est au courant. Samedi dans ses voeux, Nicolas Sarkozy a remis à l’ordre du jour le projet de « TVA sociale ». Je le cite : « Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main d’œuvre à bon marché« . Pour que cela soit plus clair, je rappelle le contenu précis de ce projet. Il s’agit d’augmenter la TVA pour baisser encore les cotisations sociales à la charge de l’entreprise. On comprend très vite que sous la fumée des mots se cache à peine une vieillerie obsessionnelle chez les libéraux. Sous couvert d’ »alléger la pression sur le travail« , il s’agir surtout d’aggraver la ponction du profit en transférant à chacun le soin de se payer ses dépenses sociales par la TVA. Sur le plan économique, la TVA sociale serait aussi une mesure à contresens dans le contexte de récession actuel. Elle serait totalement contre-productive car elle contracterait la consommation et la demande en général et donc l’activité. C’est Bercy soi-même qui le dit. En 2004, une étude du ministère fut remise à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie sur le sujet. Elle concluait à un effet nul sur l’emploi à long terme et même à une légère baisse de PIB comme résultat d’une éventuelle « TVA sociale », en raison du choc négatif produit sur la demande. C’est également la conclusion à laquelle aboutit le chef économiste de la banque Natixis Patrick Artus, quand il affirme qu’ »en France, la consommation est le principal moteur de la croissance. Il est risqué de la pénaliser. »

Sur le plan social, le mécanisme de la TVA sociale revient à faire de la redistribution à l’envers enallégeant les prélèvements sur les richesses produites pour les augmenter sur les ménages. Et parmi les ménages, la hausse de la TVA pénaliserait surtout ceux qui ont les revenus les plus bas. On comprend pourquoi. C’est eux qui consomment tout leur revenu. Ce revenu est donc intégralement taxé à hauteur de la TVA. Tandis que les ménages aisés épargnent une partie de leurs revenus qui sont ainsi soustrait à cette TVA. Les 10 % des ménages les plus riches consacrent 3,4 % de leur revenu à la TVA, les 10 % les plus pauvres 8,1 %. La TVA est ainsi un impôt dégressif, dont la charge baisse quand le revenu augmente, à l’exact opposé de l’impôt sur le revenu. Notons d’ailleurs que cette nouvelle hausse de la TVA marginaliserait encore un peu plus l’impôt progressif dans le système fiscal français. Car la TVA représente déjà 51 % des recettes fiscales de l’Etat. Contre à peine 17 % pour l’impôt sur le revenu, progressif. C’est-à-dire une des parts les plus faibles des pays industrialisés, puisque l’impôt sur le revenu représente en moyenne 20 % des recettes fiscales dans les pays de l’OCDE et même 30 % au Royaume Uni.

Le projet de TVA « sociale » de Sarkozy n’est pas une nouveauté. C’est même un serpent de mer de son quinquennat. Dés la campagne présidentielle de 2007, Sarkozy avait préparé le terrain en proposant d’ « imposer la consommation plutôt que le travail ». François Bayrou s’était aussi prononcé en faveur d’une telle hausse de la TVA. Il envisageait même de l’augmenter encore plus fortement pour combler le déficit budgétaire, ce qui aurait représenté entre 5 et 14 points de hausse de TVA selon les hypothèses de résorption envisagées. Sarkozy à peine élu, le projet de TVA sociale s’était précisé et Sarkozy avait confié au gouvernement le soin de rédiger un rapport sur le sujet. On se souvient ensuite que le tollé suscité par ce projet, révélé par Laurent Fabius à la télévision, a valu à l’UMP de remporter une victoire moins nette aux législatives qu’aux présidentielles. La TVA sociale a été dès lors progressivement mise en sourdine. A la rentrée de septembre 2007, Eric Besson comme secrétaire d’Etat à la prospective et Christine Lagarde comme ministre de l’économie remettent chacun un rapport sur le sujet. Toujours zélé, Besson s’y déclare plutôt favorable à la « TVA sociale », alors que Lagarde affirme que «la TVA sociale n’est pas propice en France»Fillon met ensuite le projet en sommeil, en appelant à « élargir la réflexion sur le financement de la protection sociale ». Ils « élargissaient » en silence jusqu’à ces vœux…

Mais Sarkozy, l’UMP et le Medef ont toujours gardé ce projet sous le coude. On connait : »N’en parler jamais, y penser toujours ». La veille du premier tour des régionales le 13 mars 2010, dans une interview au Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy avait ainsi ressuscité le projet que l’on croyait enterré depuis l’automne 2007. Le Figaro Magazine avait demandé au Président : « Avez-vous renoncé à votre idée de TVA sociale ? ». Réponse de Sarkozy : « L’expression TVA sociale est incompréhensible et inadaptée. Le sujet est pourtant bien à l’ordre du jour. Il faut continuer à réfléchir au moyen de financer notre protection sociale autrement qu’en taxant le travail ». Mot pour mot le texte de ses vœux sur le sujet.

En fait, la « TVA sociale » est un refrain du programme commun dans le camp libéral. Le MEDEF se prononce pour une baisse de cotisations sociales compensée par une hausse de la TVA et de la CSG. Le patron de l’UMP Jean-François Copé est partisan d’une « TVA anti-délocalisation » pour « baisser le coût du travail » et « financer autrement la protection sociale » en la faisant supporter par « l’ensemble de la population« . C’est certainement la mise en mot la plus rusée qui ai été produite sur le sujet puisqu’elle s’appuie sur les grandes peurs du moment. Au PS, le directeur de la communication de François Hollande, Manuel Valls, s’est prononcé dès 2010 pour « un basculement de cotisations vers la TVA » pour « améliorer la compétitivité de certains secteurs industriels exposés à la concurrence » (LeMonde 14 octobre 2010). Quant au FN, je signale aussi que dans son programme présenté en décembre, Marine Le Pen propose de « dégager de nouvelles recettes de TVA« . Ce qui, sans en avoir l’air, signifie qu’elle partage avec le camp libéral et le « système » la préférence pour l’augmentation de la TVA.

Venons-en au cœur de l’argumentaire des partisans de la « TVA sociale ». Les partisans de la TVA « sociale » prétendent qu’elle lutterait contre les délocalisations en faisant baisser les coûts de production en France grâce à la baisse des cotisations des entreprises. Cela rendrait plus compétitifs les produits français par rapport aux produits importés. On peut d’emblée objecter que les délocalisations se poursuivent et s’accélèrent alors que cela fait dix ans que les baisses de cotisations sociales s’accumulent. Et on ne manquera pas de souligner que les produits locaux seront eux aussi renchéris. Taxer la consommation des ménages ne pénaliserait que secondairement les importations. On dispose d’une étude incontestée sur le sujet. C’est un rapport du Sénat de janvier 2009 sur la relation entre consommation des ménages et importations. Il montre que le contenu moyen en importations de la consommation des ménages n’est en effet que de 14 %. Ce pourcentage résulte des chiffres calculés pour l’occasion par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ce rapport entre dans les détails. Il montre que le contenu en importations de la consommation des ménages se situe entre 8 et 10 % pour les produits agro-alimentaires, 20 % pour les meubles, 35 % pour l’automobile, 40 % pour le textile. Quant à la baisse des cotisations sociales, son effet sur l’emploi n’est pas non plus prouvé, comme l’ont souligné plusieurs rapports de la Cour des comptes. 70 % des baisses de cotisations (soit une vingtaine de milliards des 32 milliards d’exonérations annuelles) sont concentrés dans le secteur des services, peu exposé aux délocalisations.

Prétexte donc que la question des délocalisations et celle du financement de la protection sociale ! La hausse de la TVA est une recette à la mode chez les libéraux. C’est une question idéologique. Je la résume dans sa forme brutale « quand vous allez chez le boucher au moment de payer on ne vous demande pas combien vous gagnez pour vous dire ce que vous devez ». Dans la doctrine libérale et dans l’esprit capitaliste, l’impôt sur le revenu, impôt progressif, est une aberration. On paye ce qu’on consomme un point c’est tout. La Tva « sociale » est un cheval de Troie destiné à disloquer le système de la solidarité dans le lien social. C’est l’Allemagne de la grande coalition qui a uni dans un même gouvernement la droite et le SPD qui a été précurseure dans ce domaine. En 2007, la droite et les sociaux-démocrates ont passé la TVA de 16 à 19 %. Depuis les plans d’austérité dans toute l’Europe accablent les peuples de hausses de TVA. En Grèce, les plans d’austérité successifs ont fait passer la TVA de 19 à 23 %. Avec le succès que l’on sait. En Italie, le gouvernement Monti est en train de l’augmenter de 21 % à 23 %. Et en Hongrie, l’ultra-libéral Viktor Orban vient de la passer de 25 à 27 %, triste record d’Europe.

Naturellement conformément à la doctrine du choc si bien décrite par Naomi Klein, il faut d’abord abasourdir le citoyen avant de tuer un principe civique. C’est le rôle que joue la peur des « déficits » et des « dettes abyssales » moulinée à tour de bras par les griots du système. Combler les déficits ne se fera pas à proportion des moyens de chacun. Mais à proportion de ses besoins. Le monde à l’envers. Telle est la TVA. En France, c’est François Bayrou qui assume le plus honnêtement cette option en proposant désormais d’augmenter la TVA sans même réduire les cotisations sociales. Il est rare qu’on rappelle alors ce que cela veut dire concrètement. Sachant qu’un point de TVA rapporte environ 10 milliards d’euros, augmenter la TVA pour combler les déficits, signifierait une hausse de 2 points pour boucher le déficit de la sécu (19 milliards en 2010). Ou encore l’augmenter de 9,5 points pour boucher le déficit de l’Etat (95 milliards en 2011). A bon entendeur salut !

Voici un évènement pour moi. Je me dois de le souligner. Je vais reproduire et conseiller la lecture d’un texte de Michel Rocard. Ce « Point de vue » a été publié dans « Le Monde » daté du 2 janvier Il ne m’est arrivé qu’une autre fois dans le passé de faire d’un texte de Rocard une référence. Sous le titre « la social-démocratie dans le miroir de la modernité » paru dans libération en 1993 j’avais trouvé le résumé le plus brillant d’une doctrine de gauche à propos de la place du mouvement socialiste dans le projet de construction européenne. La suite montra l’ampleur de l’illusion. Mais dans le moment c’était ce qui avait été le mieux dit et le mieux mis en mot sur le sujet. Par la suite, à qui suit le personnage, Rocard au milieu de mille choses qui le situent dans une autre galaxie que la mienne s’exprima d’une façon qui faisait suite à cette analyse initiale. Personne n’y fit attention je crois bien. Moi si. Il est vrai que j’ai écrit un livre pour expliquer le sens de l’année politique que j’ai passé à ses côtés lorsqu’il dirigea le Parti Socialiste. Ouvrage méconnu, il est vrai. Mal imprimé, bourré de fautes de relecture et encore plus mal distribué. Mais un bon travail sérieux et documenté dans lequel j’ai brulé pour rien mes vacances d’été. Son principal défaut est son titre peu appétissant : « Rocard, le Rendez-vous manqué ». Ce livre traite de l’année où le destin politique de Michel Rocard s’est réglé dans le néant d’un résultat électoral désastreux aux élections européennes. J’ai voulu à l’époque montrer que cet homme n’était victime d’aucun des travers psychologiques auxquels nombre de commentateurs tentaient de réduire son échec. Ce que j’ai écrit sur sa ligne et le sens de ses erreurs d’orientation me paraissait accablant. J’ignorais que la ligne Hollande ferait de lui un quasi gauchiste. Puis l’homme a analysé la fin du projet européen avec la même lucidité et au nom des prémices posées dans le papier fondateur publié dans » Libération ». Je recommande de lire Rocard chaque fois qu’il écrit. Il y a au moins deux intérêts à cela. D’une part on sait où en est la dérive des continents à gauche et d’autre part on trouve toujours des pépites à recycler. Cette fois ci son article est co-signé avec Pierre Larrouturou, un honnête homme de la deuxième gauche qui serait bien plus à l’aise au Front de Gauche que nulle part ailleurs à condition d’imaginer qu’un intellectuel puisse être à l’aise où que ce soit. Si je publie ce texte ce n’est pas que j’approuve tous ses développements et notamment pas ses mots de déférence pour Angela Merkel et les soit-disant exigences de rigueur dont celle-ci serait l’incarnation. On sait ce que je pense des conservateurs allemands. Je le fais avec l’espoir que le diagnostic de ces deux hommes aide à reconnaitre la part de vérité partagée que contient le nôtre. Il s’agit ici de la relation entre les Etats, les banques et la banque centrale européenne. Notre thèse constante sur le sujet, depuis le premier jour de la crise grecque, y est entièrement validée. Et l’angle d’argumentation comporte de nouveaux éléments d’évaluation que je crois très utile de ne pas manquer d’utiliser. Ce texte est intitulé « Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? ». Le voici.

« Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d’euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d’être transparente sur l’aide qu’elle avait apportée elle-même au système bancaire. Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %. Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont « obligés » de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave. Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé », affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l’écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l’espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ? »

« Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ? Nous n’avons pas la possibilité ici de développer les dix ou quinze réformes concrètes qui rendraient possible cette métamorphose. Nous voulons seulement montrer qu’il est possible de donner tort à Paul Krugman quand il explique que l’Europe s’enferme dans une « spirale de la mort ». Comment donner de l’oxygène à nos finances publiques ? Comment agir sans modifier les traités, ce qui demandera des mois de travail et deviendra impossible si l’Europe est de plus en plus détestée par les peuples ? »

« Angela Merkel à raison de dire que rien ne doit encourager les gouvernements à continuer la fuite en avant. Mais l’essentiel des sommes que nos Etats empruntent sur les marchés financiers concerne des dettes anciennes. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d’impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser. Faire payer des taux d’intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu’il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu’il n’y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs… »

« Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu’a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la « vieille dette » de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %. Il n’est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en œuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n’est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d’investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s’endettent pour rembourser leurs vieilles dettes. »

« Rien n’empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l’Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l’équilibre si l’Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l’Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ? La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun. Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession « plus grave que celle de 1930″, d’après le gouverneur de la Banque d’Angleterre ? »

« Si l’on s’en tient aux traités, rien n’interdit à la BCE d’agir avec force pour faire baisser le prix de la dette. Non seulement rien ne lui interdit d’agir, mais tout l’incite à le faire. Si la BCE est fidèle aux traités, elle doit tout faire pour que diminue le prix de la dette publique. De l’avis général, c’est l’inflation la plus inquiétante ! En 1989, après la chute du Mur, il a suffi d’un mois à Helmut Kohl, François Mitterrand et aux autres chefs d’Etat européens pour décider de créer la monnaie unique. Après quatre ans de crise, qu’attendent encore nos dirigeants pour donner de l’oxygène à nos finances publiques ? Le mécanisme que nous proposons pourrait s’appliquer immédiatement, aussi bien pour diminuer le coût de la dette ancienne que pour financer des investissements fondamentaux pour notre avenir, comme un plan européen d’économie d’énergie. »

« Ceux qui demandent la négociation d’un nouveau traité européen ont raison : avec les pays qui le veulent, il faut construire une Europe politique, capable d’agir sur la mondialisation ; une Europe vraiment démocratique comme le proposaient déjà Wolfgang Schäuble et Karl Lamers en 1994 ou Joschka Fischer en 2000. Il faut un traité de convergence sociale et une vraie gouvernance économique. Tout cela est indispensable. Mais aucun nouveau traité ne pourra être adopté si notre continent s’enfonce dans une « spirale de la mort » et que les citoyens en viennent à détester tout ce qui vient de Bruxelles. L’urgence est d’envoyer aux peuples un signal très clair : l’Europe n’est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens. »

Jean-Louis pour Jean-Luc MELENCHON

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Jean-Michel Ribes : « Je nous souhaite un vrai printemps »

 

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 aux bons soins de Jean-Louis

Les katzenjammer kids d’outre-Rhin

Les cracks méconnus du rire de résistance

Les katzenjammer kids d'outre-Rhin  dans Humour

La guérilla burlesque contre les cornichonneries régnantes n’a pas été menée seulement en France par les dadaïstes et les situs, aux States par les yippies et les Yes Men, en Italie par les Indiens métropolitains, ou en Suède par les zazous de Christiana. Elle a fait rage aussi dans l’austère Allemagne déjà mise à mal par les insolences de l’humoriste Karl Valentin et par les niches de Max et Moritz. C’est de fait à Berlin qu’a été lancé en 1960 par des turlupins de la très anarchisante Kommune 1 le concept de la « Spassguerilla » « revisitant les procédés de la critique sociale sur le mode de l’impertinence créatrice ». Le catalogue des coups d’éclats loufoques des artivistes d’outre-Rhin est paru en 1997 et est tout de suite devenu culte. Il propose un « arsenal de tactiques d’agitation joyeuse et de résistance ludique à l’oppression : détournements, camouflages, happenings, théâtres invisibles, attaques psychiques, entartages ». Et, grandiose nouvelle, le petit manuel irrésistible du sabotage facétieux, signé par des entités collectives énigmatiques, Autonome a.f.r.i.k.a. – gruppe, Luther Blissett, Sonja Brünzels, vient d’être traduit, adapté en français et remis en partie à jour par une vieille connaissance : Olivier Cyran de la bande à Charlie Hebdo ancienne manière, un des tout premiers loustics à avoir été lourdé par le sordide Philippe Val. Titre du guide-manifeste propulsé fin 2011 chez nous par les éditions Zones : Manuel de communication-guérilla. « Tandis que la politique radicale traditionnelle mise sur la force persuasive du discours rationnel, la communication-guérilla ne s’appuie pas sur des arguments, des chiffres et des faits, mais cherche à détourner les signes et les codes de la communication dominante. Elle travaille à intensifier la charge subversive du non-verbal, du paradoxe, du faux, du mythe. Elle se définit comme l’art de mettre de la friture sur la ligne. »De la friture sur la ligne sapant les modèles d’identification du pouvoir, les désobéissants allemands n’ont pas cessé d’en mettre. On leur doit quelques-uns des faux donquichottesques les plus tordants du dernier demi-siècle.

Les fausses circulaires

En 1992, des papillons de la régie des transports publics annoncent que, pendant le sommet de Munich, les voyages en métro seront gratos. Durant cette période, aucun contrôleur n’ose coller une amende aux fraudeurs. De même, en 1971, quand les quartiers populaires de Berlin-Ouest sont submergés par des centaines de milliers de faux tickets de métro et de faux tickets-restaurants, la répression baisse les bras.

Les faux supporters

En 1969, le président Nixon serre les mâchoires lorsqu’il constate que sont venus en force à un de ses meetings surmédiatisés des cagoulards du Ku Klux Klan agitant une pancarte : « The Klan supports Nixon ».

Les faux bulletins officiels

Pendant la guerre du Golfe, des communiqués portant le sceau de l’administration municipale d’Usnabrück convient les habitants de la région à se porter volontaires pour des actions suicide en Irak. La ville dénonce cette « farce morbide », signale un dépôt de plaintes, et prie les citoyens de coopérer avec les enquêteurs. Mais c’est aussi un faux.

Les faux cadeaux

En 1992, chaque membre du comité de promotion des Jeux olympiques d’été reçoit un sachet de marijuana agrémenté d’un petit mot obséquieux du maire d’Amsterdam : « le Comité olympique néerlandais tient à vous faire découvrir cette spécialité emblématique de notre ville ».

Les fausses manifs

Dans les seventies, des contre-manifestants yippies conspuent les policiers new-yorkais rassemblés devant la mairie pour réclamer des hausses de salaire : « Retournez en Russie, sales communistes ! », « Lavez-vous ! ». À la même époque, les Indiens métropolitains inventent les fausses manifs de droite en scandant dans les rue d’Italie : « Moins de salaires, plus de travail ! ». Boyautantes également, les manifs tonitruantes de minuit contre les tapages nocturnes.

Les fausses affiches

En Grande-Bretagne, des fripons placardent à l’entrée des grands magasins des « free shopping day » (aujourd’hui, tout est gratuit). Tandis qu’on peut lire à Francfort : « Chers clients, afin de mettre à l’essai notre nouveau système antivol, nous vous demandons de bien vouloir passer par les caisses sans payer. »

Alphonse Allais, Marcel Mariën, Abbie Hoffman et les autres sultans du canular justicier peuvent dormir tranquille dans leur tumulus : de nouveaux gredins sont là pour « mettre en panique la surface des choses » (Raymond Borde) ni vu ni connu.

Jean-Louis pour Noël Godin

in Ventscontraires

La TVA sociale, escroquerie politicienne du siècle

La TVA sociale, escroquerie politicienne du siècle dans Opinions C-38-181ef

La « TVA sociale » est un thème controversé qui va finir par devenir une mesure incontournable et une fois mise en place, il sera difficile de revenir en arrière ? Pour faire passer une telle mesure, il faut un contexte de crise et une propagande mensongère d’autant plus facilement acceptable qu’elle sera présentée de manière simpliste, tronquée, faussée et que quand la crise est présente, les craintes annihilent la raison et l’opinion est prête à gober n’importe quel mensonge. Le principe de cette TVA, c’est de remonter de plusieurs points le taux standard qui est de 19.6 pour transférer, dit-on, le financement de la protection sociale depuis le travail vers le consommateur. Ce transfert aurait pour effet de rendre compétitifs les productions françaises et de renchérir les importations de produits à bas coûts. Toute cette rhétorique représente une somme de contresens et de mensonges dignes d’un système totalitaire.

Point 1. La protection sociale serait financée par le travail. C’est faux, sauf si la protection sociale est réduite à l’assurance chômage. La solidarité nationale, et on ne va pas jouer sur les mots, repose entre autres sur des tas de dispositifs, fiscalité locale, impôts sur le revenu, CSG, RDS, etc. L’idée qu’on prend de l’argent sur les travailleurs pour le mettre dans une cagnotte et le répartir vers le RSA, l’ASS, l’AHH, La Sécu etc. est fausse. D’ailleurs, le principe de la solidarité repose sur une indistinction de l’imposition. Il y a une assiette et des dépenses. Les deux sont votées par le Parlement sur proposition du gouvernement. Depuis la fameuse vignette pour les vieux, l’opinion a été préparée à consentir à des impositions ciblées ce qui est une hérésie en politique. On se souvient de la journée de travail supplémentaire pour les vieux et la canicule. Les ressorts de la rhétorique de la TVA sociale sont erronés dès le départ. Mais c’est voulu. C’est le principe même de l’escroquerie intellectuelle érigée en mensonge politique.

Point 2. Le travail sera mieux rémunéré si le travailleur a moins de charges sur la fiche de paye. C’est partiellement faux sur un point. Cela suppose que les salaires augmentent or, si cette réduction de charge a pour objectif de rendre plus compétitif les produits français, les entreprises doivent répercuter cette baisse de charge sur les produits pour les rendre moins chers à l’exportation. Vu l’expérience des restaurateurs et le résultat sur les tarifs de la carte, on peut être dubitatif sur cette baisse de coût. Par ailleurs, les consommateurs sont aussi des travailleurs et si la TVA passe à 23 ou 25, eh bien ce coût de la protection sociale sera financé indirectement par les travailleurs qui paieront plus cher ce qu’ils veulent acheter, étant entendu que les produits vendus en France sont souvent importée et ne sont pas forcément à bas coût. Exemple des écrans plats ou des smart phones.

Point 3. Il faut rendre plus chers les produits importés à bas coût. Là on se fout carrément du Français moyen, à moins qu’il ne soit un illettré du calcul mental. Une chemise venue de Chine vendue 5 euros sera toujours à bas coût, même avec une TVA augmentée à 25 %. Parce que 5 % de TVA supplémentaire sur ce produit, cela représente un prix final de 5.25 euros. En plus, l’hypothèse 25 serait hautement improbable. Pour mémoire, la TVA en France se situe au dixième de point près au niveau de la moyenne européenne.

Point 4. Ces exonérations de charges, elles iront pour l’essentiel dans la poche des entreprises. Car la plupart des multinationales et des PME françaises n’ont pas besoin de mesures spéciales pour continuer à exporter. Cette TVA sociale permettra de sauver quelques centaines de PME et quelques milliers d’emplois. C’est tout et d’ailleurs, Alain Madelin s’est exprimée sur ce sujet en affirmant que l’incidence de ce dispositif est marginale et que la TVA sociale n’a aucun intérêt pour préserver l’emploi. Ce qui n’empêche pas Hervé Morin de désigner ce dispositif comme une TVA emploi.

Point 5. Au final, les Français paieront l’addition et la TVA sociale risque d’être un moyen détourné pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. Le pouvoir d’achat baissera et ce sera la « TVA » du gagner moins car on perd de l’argent si les produits sont vendus plus chers. Mais c’est présenté par nos communicants comme une mesure vertueuse au service de l’emploi. En vérité, c’est un troisième plan de rigueur présenté et conçu pour ne pas apparaître tel aux yeux de l’opinion publique. Conclusion. Si cette escroquerie passe, il n’y a plus rien à espérer de la politique et le PS est pour une fois du côté de la vérité en présentant la TVA sociale comme une faute économique et sociale.

Pour finir, on ne peut pas priver le citoyen d’un éclaircissement idéologique. Cette mesure vise à favoriser les conditions d’un milieu social, technique et productif afin de privilégier ces espèces modernes, à échelle suprahumaine, que sont les entreprises industrielles. L’homme est l’instrument du productivisme, de l’économisme et bientôt, du totalitarisme technologique.

Jean-Louis pour Bernard Dugué

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Dérive autoritaire en Hongrie : que peut faire l’Europe ?

Dérive autoritaire en Hongrie : que peut faire l'Europe ? dans Opinions hongrie-orban-europe-autoritarisme
Des manifestants contre la nouvelle Constitution hongroise à Budapest, le 2 janvier 2011 (Laszlo Balogh/Reuters)

Comment l’Europe doit-elle réagir face à la dérive autoritaire du pouvoir du premier ministre hongrois Viktor Orban ? Alors qu’elle est engluée dans la crise de la zone euro, l’Union européenne risque fort de n’avoir ni les moyens juridiques, ni la volonté politique de faire face à ce qui menace d’être la plus importante régression démocratique depuis la création de l’UE.

Les Hongrois eux-mêmes ont massivement réagi, lundi, en manifestant par dizaines de milliers dans les rues de Budapest, contre l’entrée en vigueur, le 1er janvier, de la nouvelle Constitution ultranationaliste et conservatrice, qui risque de rendre l’alternance impossible dans ce pays d’Europe centrale.

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LA MANIFESTATION CONTRE LA CONSTITUTION À BUDAPEST, LUNDI 2 JANVIER 2011

L’évolution de la Hongrie pose un véritable problème au reste de l’Europe. Car il ne s’agit pas d’une simple « affaire intérieure » hongroise, dès lors que :

  • la Hongrie a signé la Charte des droits fondamentaux de l’Europe, qui fait partie du Traité de Lisbonne et est entrée en vigueur en 2009. Celle-ci établit les « valeurs communes » des Etats membres : démocratie, liberté d’expression, etc. Et donc leur respect ;
  • la nouvelle Constitution hongroise a des répercussions régionales très fortes lorsqu’elle donne des droits aux personnes d’origine hongroise vivant à l’étranger, risquant de relancer les tensions avec ses voisins qui comptent d’importantes minorités d’origine hongroise, comme la Roumanie et la Slovaquie ;
  • la Hongrie risque de se trouver en contradiction avec ses engagements européens, s’agissant en particulier de la réduction de l’indépendance de sa banque centrale adoptée à la veille de Noël par le parlement hongrois contrôlé aux deux-tiers par la coalition de Viktor Orban.

Bruxelles = Moscou

Depuis des mois, à chaque nouvelle mesure autoritaire prise par le premier ministre hongrois, les réactions critiques de Bruxelles ou d’autres instances internationales sont rejetées d’un revers de la main à Budapest. Pire, elles alimentent le nationalisme ambiant, Viktor Orban se plaisant à comparer Bruxelles au rôle de Moscou lorsque la Hongrie faisait partie de la sphère d’influence soviétique (les chars en moins…).

Que faire ? Les Européens sont d’abord embarrassés en raison du précédent autrichien : en 2000, lorsque le parti d’extrême droite de Jörg Haider est entré dans la coalition gouvernementale, une première dans l’espace démocratique de la construction européenne depuis la Seconde Guerre mondiale,

L’Europe avait alors adopté des mesures d’isolement et de sanction politique contre l’Autriche, qui ne se sont révélées ni efficaces, ni très solides juridiquement. Elles ont laissé un goût amer parmi les dirigeants européens, échaudés.

Et, de fait, lorsque Gianfranco Fini, le leader de l’Alliance nationale, le parti post-fasciste italien, est devenu vice-président du Conseil italien en 2001, les réactions ont été plus discrètes, moins épidermiques, permettant sans doute en partie l’évolution de cet homme venu de l’extrême droite vers une posture plus traditionnelle.

Un Etat membre ne peut être chassé de l’UE

La Hongrie est un cas différent, car il ne s’agit pas de la participation de l’extrême droite au pouvoir, mais d’une dérive d’un gouvernement démocratiquement élu qui change la constitution, le mode de scrutin, restreint la liberté de la presse, verrouille les nominations de hauts fonctionnaires et le contrôle des institutions.

L’Union européenne est ainsi faite, par idéalisme ou naïveté selon les points de vue, qu’elle ne prévoit pas de cas d’exclusion de ses rangs de pays membres ayant violé ses règles. Le Traité de Lisbonne a rajouté la possibilité pour un Etat de quitter volontairement l’Union, mais pas d’en être chassé.

En revanche, l’Union dispose de certaines dispositions de rétorsion, comme l’interdiction à un Etat de siéger au Conseil des ministres et de participer aux décisions, en cas de manquement grave à ses obligations. On n’en est pas là, mais il est fort possible que les 26 autres Etats membres n’aient pas le choix.

Le portefeuille, seul point vulnérable

Le paradoxe est que le principal levier international pour calmer les ardeurs hongroises ne porte pas sur les droits de l’homme ou la démocratie, mais sur l’argent…

C’est en raison du changement de statut de la Banque centrale que Budapest est aujourd’hui le plus fragilisé : le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) pourraient ainsi refuser, ou conditionner, le financement dont la Hongrie a cruellement besoin cette année.

Viktor Orban affiche une intransigeance totale, et se nourrit même des critiques étrangères. Dans un pays qui vit encore sous le traumatisme du Traité de Versailles de 1919, à la fin de la Première Guerre mondiale, qui a démantelé la « Grande Hongrie », le reste du monde est la source de tous les maux.

Dans une Europe où les discours populistes, ouvertement xénophobes et d’extrême droite se répandent dangereusement, le « cas hongrois » est devenu un laboratoire du risque. Raison de plus pour que l’Europe réagisse politiquement, pour montrer aux Hongrois qui résistent à cette dérive qu’ils ne sont pas seuls, et juridiquement, pour montrer qu’elle n’est pas, là encore, un ventre mou impuissant.

 

Jean-Louis pour Pierre Haski
Cofondateur Rue89

LIBERTÉS MENACÉES EN HONGRIE ?

En Hongrie, plusieurs dizaines de milliers de personnes (100 000 selon les organisateurs) ont manifesté hier dans les rues de Budapest contre le gouvernement conservateur du Premier ministre Viktor Orban, et la nouvelle constitution entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Cette constitution, décrite comme restreignant les libertés, est accompagnée de plusieurs réformes renforçant les pouvoirs du parti d’Orban, malgré les protestations de l’opposition et de l’Union Européenne.

Tous les journaux hongrois qui parlent du rassemblement d’hier soir utilisent une dépêche et des photos de l’agence MTI (Magyar Távirati Iroda) fondée en 1881, et contrôlée par le gouvernement. « Soirée de manifestation pour la défense de la démocratie« , titre Uj Néplap, avec une photo de la foule participant au rassemblement à la Une. L’information est ensuite traitée avec un petit article en bas de la page 7, avec une autre photo. Fejer Megyei Hirlapmontre sur deux colonnes des pancartes brandies par les manifestants.

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Kelet et Eszak ont choisi la même image que le premier quotidien, mais en la reléguant en bas de Une.

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L’AFP a recensé les principaux changements dans la Constitution, depuis l’introduction « d’une référence explicite à Dieu » au bouleversement de la loi électorale (« Election à un seul tour, au scrutin de circonscription et au scrutin proportionnel de liste, avec 199 députés au lieu de 386. Les petits partis ne pourront plus négocier leur désistement en vue d’un second tour.« ), en passant par l’inscription dans la Constitution du forint comme devise nationale, ce qui obligera le Parlement à voter aux deux tiers en faveur d’un éventuel passage à l’euro. Sans oublier que les femmes s’inquiètent pour le droit à l’avortement, puisque la nouvelle Constitution  »décrète que l’embryon est un être humain dès le début de la grossesse« .

Dans son édition d’hier, le quotidien de gauche Napi Gazdaság constatait à la Une que, malgré l’opposition minoritaire au Parlement, les lois voulues par le premier ministre avaient été adoptées. Y compris celle renforçant le contrôle du gouvernement sur  la Banque Centrale, au grand dam des autorités européennes.

Le Premier ministre a tenté de rassurer la Commission Européenne, en écrivant à son président que la Banque Centrale (MNB) ne serait pas fusionnée avec les autorités boursières (PSZAF) avant mars 2013.

« La Hongrie doit s’attendre à une année difficile« , explique Napi Gazdaság, les changements étant les plus importants que le pays ait connus. Le journal note qu’entre autres, les pouvoirs de la Cour Constitutionnelle (qui avait récemment retoqué une partie de la loi sur le contrôle des médias) sont réduits de manière significative.

Napi Gazdaság ajoute qu’outre la restriction des droits constitutionnels, les Hongrois s’inquiètent pour leurs économies placées dans les banques, craignant que le gouvernement n’y puise pour redresser les comptes de l’Etat.

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Jean-Louis pour Gilles Klein

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L’Espagne à la diète, et la Catalogne à l’eau dessalée

En Espagne, l’Etat a progressivement délégué ses compétences (culture, éducation, santé) aux régions autonomes. Cette décentralisation n’explique cependant pas à elle seule l’alourdissement spectaculaire de leur dette : exemple avec une usine de dessalement ultramoderne construite en 2009 à Barcelone.

L’Espagne à la diète, et la Catalogne à l’eau dessalée dans Opinions Mapa-ElPratLecf9-0344f-4cda7

C’est le dernier jour de l’année 2011. Mais un article de Sud-Ouest mérite l’attention… ‘Barcelone manque d’eau depuis 2005 (année durant laquelle les barrages tombent à 20 % de leur capacité)‘. Donc, avant, il n’y avait pas la Méditerranée et pas d’été caniculaire.

En fin de paragraphe, Jacky Sanudo (Sud-Ouest) rappelle la population de la région autonome, 7 millions d’habitants. Mais il y en avait moins de 2 en 1900 (source). En un siècle, la population s’est multipliée par 3,5 ! Ce total dit tout de l’histoire du siècle, et de la focalisation des Etats sur l’économie littorale et l’import-export par des ports de standards internationaux : ici, Barcelone…

En fin de compte, sept millions de Catalans souffrent d’une ‘pénurie hydrique‘…

*

Que faire alors ? ‘On parle de transférer l’eau du Rhône par citernes via Marseille ou de dévier l’Èbre‘… Parlons, et faisons des rêves en Espagne. Dans un deuxième temps, un projet ‘raisonnable’ semblera soudain acceptable.

L’entreprise publique ATLL (Aigües Ter Llobregat), qui a à sa charge l’approvisionnement en eau potable de 118 communes de la Barcelone industrielle (4,7 millions de résidants)‘ Et oui, l’économie barcelonaise ne doit rien au tourisme !

Le coût de la réalisation s’élève à 230 millions d’euros, financés à 75 % par la Communauté européenne‘ Tout cela date déjà d’il y a deux ans. Mais la proportion arrête le regard. Ainsi, la partie la plus dynamique de l’Espagne (elle-même quatrième économie de la zone euro) a obtenu des financements de Bruxelles. Ce qui choque aujourd’hui ne dérangeait personne il y a encore cinq ans : début des travaux en 2007.

Où se situe l’usine de dessalement [incrustation] ? A proximité de Barcelone, sur le delta du fleuve Llobregat. Le port ? ‘en pleine extension, et dans une immense zone industrielle de la commune de Prat.

Du point de vue des technologies, il n’y a pas grand chose à dire. L’usine est moderne, ‘utilisant le système de filtrage dit « osmose inverse » ’ mise en oeuvre par une filiale de Suez Environnement. Le taux de récupération de l’eau de mer (captée à deux kilomètres au large) est de 45 %, la saumure finissant dans la Méditerranée.

La force de l’eau récupérée sous forme d’énergie fait diminuer la consommation électrique de l’usine : 3,5 kW/h par mètre cube. Des panneaux photovoltaïques posés sur les toits complètent l’installation. Les zones humides environnantes ont fait en outre l’objet d’un soin particulier. Les échassiers dorment en paix.

Chaque jour, 200.000 m3 d’eau dessalée sortent de l’usine de Prat de Llobregat. Cela représente un cinquième des besoins de Barcelone. En cas de besoin – pour l’heure, les barrages sont tous pleins – elle peut monter en puissance.

L’eau ‘naturelle’ coûte entre entre 16 et 25 centimes le mètre cube, l’eau ‘dessalée’ entre 35 et 60 centimes le mètre cube. Jacky Sanudo donne des fourchettes, alors qu’il est si simple de montrer que le liquide sorti d’usine est 2 à 2,5 plus cher que son alternative artificielle.

Mais pour ce prix là, les Barcelonais payent une équipe de trente surhommes ‘qui travaillent sur le site qui tourne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7‘, sans compter ceux qui oeuvrent dans le ‘centre de contrôle ultramoderne‘.

Le monde entier s’extasie, qui en doute ? Les Arabes, les Chinois, les Israéliens, jusqu’aux Australiens… Tous ceux qui ont de l’argent à gaspiller. Mais pour combien de temps, ai-je envie d’ajouter un peu perfidement ?!

*

La conclusion du Sud-Ouest laisse pantois : ‘Face à la pénurie d’eau potable, cette technique va être de plus en plus utilisée‘, annonce l’expert de service. La crise, connaît pas ! La phrase ultime de Jacky Sanudo frise le ridicule comme le K2 le Mont Everest. ‘Et, comme souvent en Europe, la Catalogne a un temps d’avance.

L’aveuglement du journaliste ne fait pas oublier le caractère fouillé de son enquête. Simplement, il y manque le rappel du fonctionnement de l’Union européenne pendant deux ou trois décennies (avec la réussite que l’on admire aujourd’hui)…

Et le contexte géo-historique ! Car le monde occidental a poussé loin la logique de la littoralisation, avec l’abandon des territoires trop enclavés, des ports sans hinterlands [Une poignée de noix fraîches]. Celle-ci va connaître une profonde remise en cause(définitive ?). L’Espagne de 2012, et son énième plan d’austérité en sait quelque chose [source]. La Catalogne figure en réalité le cas général de l’Espagne :Cantona qui bat la campagne.

*

Un article de Claire Gatinois dans le Monde du 19 novembre 2011 résume la situation financière des dix-sept régions espagnoles : Les régions, au coeur de la dette espagnole. Madrid doit réduire les déficits publics, mais se trouve dans l’impossibilité de le faire [De Franco à la Crau]. On le comprendra néanmoins, je ne partage pas les deux présupposés de la journaliste : d’une part les régions autonomes espagnoles ont dépensé par nécessité ou à bon escient et d’autre part la majorité des Catalans veulent devenir indépendants.

En cause : les dix-sept communautés autonomes espagnoles, en charge d’une partie des dépenses publiques comme l’éducation ou la santé. Fin juin, elles cumulaient une dette de 133 milliards d’euros (12,5 % du PIB), sur un total de 702 milliards (65 % du PIB). [...] Sur le banc des plus mauvais élèves : Castille-la Manche, Murcie, les Baléares, Valence et la Catalogne, qui représentent ensemble 37 % de l’économie espagnole. [...] Pendant les années de boom économique, les régions ont vu leurs recettes, notamment les taxes sur le secteur de la construction, s’envoler. Au premier trimestre 2007, le pays recensait 760 000 mises en chantier en rythme annuel. [...] La Catalogne joue déjà les dissidentes en refusant de se soumettre à l’orthodoxie fiscale imposée par Madrid. Il y a quelques mois, elle a indiqué qu’elle réduirait son déficit à 2,7 % du PIB cette année après 3,9 % en 2010 mais pas à 1,3 %, notent les experts de Deutsche Bank. L’objectif est intenable selon la Catalogne.

 

Jean-Louis pour Bruno de Larivière

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La réforme 100% monnaie peut réunir les Indignés et les 99%

Le problème des Indignés est celui de l’unité avec les 99 %. Or, cette unité qui conditionne la réussite du mouvement ne pourra se faire que si ce dernier est porté par UNE demande claire et nette, comme celle qu’avaient les Egyptiens de la place Tahrir. Cette « one demand » n’a pas encore été trouvée. Elle fait cruellement défaut. Dès lors, pourquoi les 99 % agoravoxien(ne)s ne tenteraient-ils pas de rejoindre les Indignés en apportant leur soutien à une demande très capable de les rassembler : la réforme 100 % monnaie, seule à même de remettre le système financier au service de l’humain ?

La réforme 100% monnaie peut réunir les Indignés et les 99% dans Opinions what_is_our_one_demand_pi-92d08

Le problème des Indignés et des OWS est celui de l’unité avec les 99 %.
Il importe qu’elle soit réalisée au plus tôt car sans cela, ils resteront impuissants à faire bouger des politiciens de plus en plus en cheville avec le pouvoir financier, comme l’était déjà Pompidou (d’où le surnom de loi Rothschild pour la fameuse loi de 1973).
Ce serait terrible car les Indignés peuvent être les opérateurs d’une formidable prise de conscience nationale et mondiale qui n’a que très peu de chance d’arriver autrement.
Il est en effet devenu difficile de croire que quelque chose d’intéressant puisse encore sortir des urnes dès lors les élections sont « sous contrôle » du parti unique UMPS. Les candidats ne parlant pas la langue de bois libérale et atlantiste de l’Empire n’ont quasiment pas accès aux médias. Ils ne bénéficient que de très peu de temps de cervelle citoyenne disponible.
Quoi qu’il en soit, actuellement l’espoir des Indignés et des OWS est toujours que les 99 % descendent dans la rue les rejoindre comme cela s’est passé au cours du printemps arabe.
A cette fin, ayant compris que les peuples qui ont réussi leurs « révolutions de velours » savaient très exactement ce qu’ils voulaient (la chute du régime), les Adbusters ont, le 13 juillet, lancé le mouvement OWS en proposant que celui-ci soit porteur d’une simple et unique demande, gage d’unité et donc de réussite :

« Tahrir a réussi avant tout parce que le peuple d’Egypte a posé un ultimatum très clair — Moubarak doit partir — dont il n’a pas démordu jusqu’à la victoire. En suivant ce modèle, quelle est notre tout aussi claire demande ? » [1]

L’affiche du 17 septembre — date du rassemblement initial des OWS dans le Zuccotti Park — avait ainsi pour slogan : « Quelle est notre première et unique demande ? » (What is our one demand ?).
Le problème est qu’étant à la forme interrogative, ce slogan annonçait d’emblée l’échec des organisateurs à réaliser ce qu’ils avaient, avec raison, jugé tellement souhaitable : disposer d’une demande unique qui puisse rassembler la population autour d’elle parce que, précisément, elle ferait consensus.
 Pour dire toute l’importance et l’urgence de disposer au plus vite de cette demande avant d’aller occuper quelqu’espace symbolique ce soit, les Adbusters ont employé l’expression anglaise to « zero in on » qui peut, entre autres, se traduire par l’expression « plonger en piqué », comme le faisaient les fameux zéros kamikazes de l’aviation japonaise durant la deuxième guerre mondiale.
A l’évidence, malgré cette conscience de l’urgence, malgré la multitude des propositions et des discussions qui ont tourné autour de cette question, la cible n’a pas été repérée par les OWS, de sorte qu’actuellement, les Indignés et autres Occupy ne sont porteurs d’aucune demande clairement identifiée et assumée comme telle.
Comme de nombreuses assemblées populaires sont prévues à l’occasion de la journée mondiale du 14 janvier prochain, on pourrait imaginer que la question se trouvera à nouveau mise sur le tapis.
Mais peut-on sérieusement espérer qu’une nébuleuse d’assemblées populaires en vienne à converger sur une demande unique ? Après quatre mois déjà écoulés, combien de temps faudra-t-il encore patienter ?
Et en attendant, combien de 99 % iront rejoindre les Indignés dès lors que ces derniers n’ont toujours pas cette « demande qui éveille l’imagination et qui, si elle était accomplie, nous propulserait dans la démocratie radicale du futur [2] » ?
Pourtant, nous sentons tous l’urgence, nous sentons tous ce climat lourd et oppressant qui donne furieusement envie de plonger en piqué sur cette « one demand » avant qu’il ne soit trop tard.
C’est pourquoi, il nous faut, je crois, nous poser la question : pourquoi nous, agoravoxiens de bonne volonté, qui grâce à ce beau site qu’est Agoravox, contribuons depuis des années, chacun à sa manière, à nourrir une joyeuse conscience prérévolutionnaire qui ne demande qu’à s’actualiser, ne pourrions-nous aider ce processus à converger ? Nous sommes des Indignés depuis tant d’années, ne pourrions-nous nous rassembler autour d’une idée qui, même si elle ne devait pas être la « one demand » finale, contribuerait néanmoins à rassembler sans délai les Indignés et les 99 % ?
Il est parfaitement possible qu’il existe quelque part une meilleure option et il y a sûrement mille choses qui paraîtront aux uns et aux autres plus urgentes ou plus importantes, mais essayez de voir que là n’est pas la question. Ce qui importe, c’est que, si on se base sur ce qui s’est écrit ici sur Agoravox ces dernières années, ces derniers mois, nombreux sont ceux d’entre nous qui, quelles que soient leurs convictions théoriques ou politiques, sont probablement prêt à soutenir l’idée de retirer aux banques tout pouvoir de création monétaire pour le restituer entièrement au peuple (réforme 100 % monnaie[3].
Quoi que ce soit que nous penserions par ailleurs avec une infinité de délicates nuances, ne reconnaissons-nous pas tous volontiers qu’il serait certainement bon que l’humanité puisse accéder à un système économique dans lequel le pouvoir de création monétaire appartiendrait intégralement aux peuples et non aux banques ? Ne pensez-vous pas qu’un consensus puisse se former à ce sujet au sein de l’assemblée populaire virtuelle que constitue la population agoravoxienne ici présente ?
Je ne dis pas que la réforme 100% monnaie serait forcément le « choix du public », cela je ne le sais pas. Mais, encore une fois, il suffit de lire ce qui s’écrit sur Agoravox pour voir que l’idée de prendre le pouvoir de création monétaire aux banques est une idée qui séduit, c’est une idée « porteuse » et, par conséquent, elle est une occasion de rassemblement. Or, pour le moment, c’est tout ce qui compte !
Dès lors, plutôt que de se lancer dans un débat infini pour faire émerger la meilleure idée possible, je propose que nous, les Indigné(e)s agoravoxien(ne)s qui souhaitons que le pouvoir de création monétaire soit retiré aux banques pour devenir privilège exclusif du peuple, nous le disions, tout simplement, tous ensemble, ici même.
Constater combien d’entre nous adhèrent à cette idée pourrait être le point de départ d’une belle aventure car si la participation est bonne, si nous sommes nombreux à prendre position, nous accèderons à une forme d’identité de groupe similaire à celle que connaissent des manifestants qui se rassemblent dans la rue ou sur des places pour faire entendre leur voix.
Même réalisé dans le cyberespace, ce rassemblement citoyen nous fera nous sentir plus forts. Nous aurons réalisé une forme élémentaire de cybermanifestation qui sera, tout naturellement, appelée à grandir et qui pourrait constituer un appui déterminant pour le rassemblement des Indignés et des 99 %.
Que faudrait-il pour enchaîner de la sorte, dès lors que nous ne pouvons obliger les 99 % à adhérer à Agoravox ?
Nous aurions besoin que l’un(e) d’entre nous qui en a la capacité, un(e) geek façon Anonymous, veuille bien nous construire un site dédié [4] où, comme cela se passe pour une pétition en ligne, toute personne pourrait venir déclarer son soutien à cette revendication en donnant simplement son nom et sa ville de résidence ainsi qu’un e-mail pour la vérification.
Un tel site pourrait simplement présenter le texte demandant la souveraineté populaire sur la création monétaire et offrir la possibilité de parcourir la base de donnée des personnes signataires en fonction du nom ou du lieu de résidence — avec, cela va de soi, la possibilité de s’inscrire.
On pourrait imaginer bien des améliorations (comme la possibilité de choisir ou d’écrire des slogans, la possibilité pour les cybermanifestants de se contacter via le site, ou celle d’uploader leurs photos, la visualisation de la cybermanifestation sur une google map, etc.) mais elles ne sont pas indispensables. Car l’important est de parvenir très vite à la conscience de nous-même, à la conscience de notre rassemblement, de notre force.
Mettons les choses au clair : il n’y a pas à attendre du mouvement des Indignés, OWS ou autres qu’il nous donne son soutien ou sa reconnaissance. Il s’agit d’un mouvement sans leader, sans autorité qui soit en position de donner son accord à telle ou telle initiative. Dès lors que nous nous pensons Indignés, noussommes des Indignés et nous sommes d’autant plus fondés à nous auto-organiser comme nous l’entendons que c’est précisément dans l’esprit de ce mouvement qu’il en aille ainsi.
C’est comme cela que peut se réaliser le rassemblement des 99 % et des Indignés : lorsque tout un chacun en vient à déclarer qu’il est avec les Indignés, qu’il est lui-même un(e) Indigné(e).
Rejoignez les dans les rues et les places si vous le pouvez, mais que cela ne vous empêche pas de vous déclarer publiquement comme Indigné(e) en soutenant ce qui deviendra peut-être la « one demand » des OWS, en demandant que le pouvoir de création monétaire cesse d’être aux mains des banques car de là vient la puissance démesurée de la finance et la principale cause de l’exploitation de l’Homme et de la Nature par l’Homme.
Accomplir l’acte individuel consistant à déclarer publiquement son soutien à cette demande indignée, c’est accomplir l’acte citoyen par excellence, celui qui donne au peuple son « âme », c’est-à-dire, la conscience de lui-même et de sa capacité à décider hors de la tutelle infâme des politiciens asservis aux groupes de puissance.
En des temps où nous cherchons à ressourcer la démocratie moribonde qui sert de paravent à l’Empire, la cybermanifestation pourrait constituer un appui majeur puisqu’elle permet l’expression des volontés populaires que la servilité des médias interdit désormais.
Car il existe une multitude de questions cruciales pour lesquelles notre avis ne nous est pas demandé alors qu’il devrait être déterminant.
Songeons par exemple à l’arrêt de l’intervention française en Afghanistan, à la sortie du nucléaire ou à la réouverture d’une enquête internationale sur le 11 septembre 2011. Il est très probable que l’opinion publique serait très favorable à chacune de ces demandes. Mais ni les urnes, ni les médias ne permettent à cette opinion de s’exprimer. Des cybermanifestations dédiées seraient un parfait moyen de revendication populaire puisque tout un chacun pourrait y venir à tout moment et y rester autant que nécessaire même si cela devait durer des années. Aucun mouvement « mortar » ne permet cela, seul le clicktivism met la manif à la portée de tous.
C’est en songeant à tout cela que je vous invite donc pour finir à passer à l’acte en entrant ici dans la première cybermanif des Indigné(e) d’Agoravox.
Bienvenue et merci à vous !


[1] « Tahrir succeeded in large part because the people of Egypt made a straightforward ultimatum – that Mubarak must go – over and over again until they won. Following this model, what is our equally uncomplicated demand ? »
[2] « a demand that awakens the imagination and, if achieved, would propel us toward the radical democracy of the future »
[3] Peut-être faudrait-il lui associer le fait de dénoncer la dette souveraine actuelle comme illégitime. On pourrait toujours considérer qu’il s’agit d’une seule et même idée comportant deux volets : le passé (le passif de la dette souveraine) et le futur (restauration de la souveraineté populaire sur la création monétaire). La présente demande serait cohérente et, ainsi, bel et bien UNE car il serait, je crois, illogique de demander la souveraineté populaire sur la création monétaire tout en fermant pudiquement les yeux sur quarante années de sodomisation du peuple par les banques.
[4] Je veux payer pour l’hébergement.
Jean-Louis pour Luc-Laurent Salvador
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