Archive pour 4 janvier, 2012

TVA sociale : tout sur la nouvelle lubie de Sarkozy

Le 1er janvier, Jean Arthuis a dû se réveiller de bonne humeur. Depuis dix-huit ans, l’ancien ministre des Finances tente, tribune après tribune, de faire infuser dans l’opinion l’idée d’une TVA sociale – malgré le désamour des Français pour la fiscalité indirecte. Or, dans ses vœux, le 31 décembre, Nicolas Sarkozy a prononcé deux phrases heureuses à son oreille :

« Le financement de notre protection sociale ne peut plus reposer principalement sur le travail, si facilement délocalisable. »

« Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main d’œuvre à bon marché. »

Deuxième source de réjouissance pour le sénateur mayennais : l’accession à la présidence de l’Union européenne d’un pays pionnier de la TVA sociale, le Danemark.

1 – La TVA sociale, qu’est-ce que c’est ?

La TVA sociale, c’est l’utilisation d’une partie du produit de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour financer la protection sociale (à la place ou en appoint des cotisations sociales).

Ce dispositif est appliqué au Danemark depuis 1987, en Allemagne depuis 2007 (mais cela n’affecte pas les produits alimentaires de première nécessité) et… dans une partie de la France : en 1994, dans les DOM, le taux de TVA a été relevé de deux points en contrepartie d’une exonération de cotisations sociales.

2 – De père inconnu

L’économiste Alain Grandjean (un des concepteurs de la taxe carbone) explique que la TVA sociale est « une idée assez évidente sauf chez les économistes orthodoxes » mais qu’elle est « souvent considérée comme une idée de droite car elle plaît aux entreprises ».

Personne ne sait très bien qui a été le premier à la formuler. Dans les cercles qui militent en faveur de la TVA sociale, certains évoquent « un groupe de chefs d’entreprises » qui aurait proposé un tel dispositif en 1985. Qui composait ce groupe ? Mystère.

Arthuis, lui, raconte que l’idée lui est apparue « comme une évidence » en 1993 :

« Je pronostiquais des délocalisations multiples et j’en avais marre d’entendre Balladur dire que la mondialisation était une chance pour la France et ajouter des contraintes sur les travailleurs et les entreprises… »

3 – Ses défenseurs

Les défenseurs de la TVA sociale partent du principe suivant : la protection sociale profite à tout le monde, pas seulement aux travailleurs. Pour eux, il est donc plus logique qu’elle repose sur la consommation (via la TVA) plutôt que sur les salaires (via les cotisations sociales payées par l’employeur et le salarié).

Si la TVA vient remplacer tout ou partie des cotisations, avancent-ils, elle permet d’améliorer la compétitivité des entreprises du pays qui applique cette mesure. A prix inchangé, leurs produits coûtent moins cher à fabriquer.

Si les entreprises baissent leurs prix en conséquence, leurs ventes intérieures et leurs exportations ont des chances d’être stimulées. Comme les produits importés deviennent, eux, un peu plus chers pour les consommateurs, la production locale est avantagée et les délocalisations relativement découragées.

Ce sont les arguments développés successivement par Jacques Chirac (en 1996), Nicolas Sarkozy (qui avait promis une « expérimentation » pendant sa campagne de 2007), Jacques Attali (dans son rapport pour relancer la croissance) ou encore du député-maire socialiste d’Evry Manuel Valls.

4 – Ses détracteurs

Les détracteurs de la TVA sociale rappellent toujours que, contrairement à ce que peut laisser croire son intitulé, c’est une mesure qui n’est pas du tout « sociale ».

Avec la TVA, tous les consommateurs sont taxés de la même manière, alors que les cotisations sont proportionnelles au salaire. En outre les « points de TVA supplémentaires » provoquent une hausse des prix.

Poutou, Mélenchon, Hollande et Le Pen sont contre une telle mesure, tout comme les associations de consommateurs et les syndicats de salariés. Bayrou n’y croit pas (même si le responsable du pôle « économie » de son équipe de campagne s’appelle Jean Arthuis).

Jean-Louis pourMathieu Deslandes
Journaliste Rue89

L’actualité de la crise : LA POURSUITE DE LA SARABANDE

Quand la ronde devant les micros et les caméras n’a pas encore repris et que celle des rencontres et sommets reste à venir, vers où et quoi se tourner pour saisir le temps qu’il fait ?

Dans l’attente de l’éventuelle dégradation de la note française – dont la menace continue de planer – et du taux consenti à l’occasion des nouvelles émissions obligataires publiques, ce sont les banques qui continuent de donner bien du souci. Un nouveau record a été enregistré pour leurs dépôts nocturnes dans les coffres de la BCE, démentant ceux qui pensaient que leur montant allait progressivement diminuer et qu’elles allaient investir. Le système bancaire est comme figé : après avoir vu engrangé par précaution près de 500 milliards d’euros de liquidités, il se place sans investir dans une situation d’attente afin de refinancer ultérieurement ses propres opérations.

Parallèlement, une discrète disposition de la BCE a ces derniers temps été parallèlement mise à contribution, pour un niveau avoisinant les 15 milliards d’euros : les marginal lending facilities (les facilités de prêts marginales, dits aussi d’urgence). Ces prêts sont consentis aux banques quand elles font face à des difficultés imprévues, ou leur servent plus prosaïquement à habiller leur bilan en fin de trimestre ou d’année. Plus onéreux, car consentis à un taux de 1,75%, ils ne sont généralement utilisés qu’à très court terme ; mais s’ils devaient se prolonger, ce serait le signal d’un gros problème, enfoui quelque part au sein de l’Eurozone…

Autre facette de la disette de capitaux, la BCE vient d’accorder 31 milliards de prêts en dollars afin de permettre à des banques non identifiées de refinancer leurs opérations en dollars, leurs emprunts dans cette monnaie arrivant à échéance et les fonds monétaires américains n’étant pas revenus sur le marché à leur hauteur habituelle.

Plusieurs mégabanques – dont UBS, Lloyds et ING – se sont parallèlement engagées dans des émissions d’obligations structurées (garanties par des actifs), ou ont annoncé y procéder. Les analystes attendent leur résultat, étant déjà acquis que les émissions de dette senior non sécurisée – en temps normal affectionnées – ne trouveraient pas preneur par les temps qui courent.

Signe que les temps sont difficiles, certains préconisent de redonner sa chance à la titrisation, arguant qu’elle pourrait trouver une seconde jeunesse en dépit du mauvais souvenir qu’elle a laissé (et des pertes massives qu’elle a procurées). Opposant les dérives américaines sur le marché hypothécaire qu’elles ont occasionné à la bonne conduite supposée des banques européennes, lorsqu’elles utilisaient ces instruments financiers. Ces mêmes bonnes âmes font valoir que la réglementation a changé et que ces produits doivent être mieux documentés, que les investisseurs sont avertis, et enfin que les banques doivent maintenant conserver une partie des titres qu’elle émettent, sans pouvoir totalement évacuer le risque comme elles prétendaient auparavant le faire. Les marchés entendront-ils cette chanson ? La frilosité extrême dont les banques font preuve entre elles incite à la circonspection…

Désormais suspectées, enjointes d’augmenter leurs fonds propres par les autorités régulatrices, coupables d’avoir trop répété qu’elles étaient en excellente santé, les banques sont entrées dans la sarabande pour y rejoindre les États.

Additionnés, les besoins de refinancement des États et du système bancaire européen représentent cette année un très gros morceau à avaler, incitant les investisseurs à augmenter leurs taux d’intérêt, déséquilibrant les budgets des uns et les bilans des autres. Ce danger avait été anticipé, expliquant les délais très courts dans lesquels les États étaient enjoints de réduire leur endettement (et leurs besoins de refinancement), mais cela n’a pas fonctionné comme espéré… Le désendettement ne peut pas se conduire à un tel rythme, il va falloir en convenir, mais ce n’est pas sans conséquences pour les banques.

La BCE a du intervenir, et va à nouveau le faire fin février, afin de donner un relais financier aux banques. Mais le soutien dont les États ont besoin pour simplement rouler dans des conditions supportables leur dette continue de faire défaut. Induisant une interrogation qui va prendre de l’ampleur à propos de sa soutenabilitéet de l’éventualité de la restructurer.

Les prêts de la BCE aux banques sont désormais à trois ans, une échéance donnant un délai supplémentaire pour qu’entretemps intervienne la remise en ordre des finances publiques, et que le terrain soit dégagé pour elles. Encore un nouveau pari mal placé ! Faudra-t-il se résigner, dans trois ans, à renouveler cette opération et accréditer ainsi l’idée que le système bancaire privé est pour une période indéfinie sous assistance publique ? Ce sera un fâcheux paradoxe pour les tenants de la poursuite de lalibéralisation.

Un tel calendrier n’est pas tenable, car la spirale descendante dans laquelle l’économie européenne se trouve va réclamer avant cette échéance que des mesures soient prises en faveur du roulement la dette publique et de la poursuite de sa restructuration entamée pour la Grèce, au risque sinon d’événements imprévisibles.

Trois événements auront marqué la journée qui ensemble illustrent parfaitement la situation:

1/ Pour se recapitaliser, la première banque italienne Unicrédit aura du consentir une décote de 43% sur la valeur de ses actions.

2/ Afin de rembourser la Deutsche Bank d’un prêt de 125 millions d’euros arrivant à échéance, la région espagnole de Valence a du faire appel à la garantie du Trésor espagnol afin de trouver un prêt relais.

3/ L’Allemagne a placé avec succès une émission obligataire à 10 ans, mais l’opération a attiré 5,14 milliards d’euros d’offres, soit à peine plus que son objectif de 5 milliards d’euros.

Jean-Louis pour François LECLERC

blog de Paul JORION 

« Sale mec » de Hollande : l’UMP en fait tout un fromage !

« Sale mec » de Hollande : l'UMP en fait tout un fromage ! dans Humour sale_mec

Jean-Louis pour Chimulus

in Rue89

La présidentielle approche, les conseillers se recasent

A l’Elysée et dans les cabinets ministériels, c’est la saison des transferts vers l’administration ou le privé. Par peur d’une défaite de Nicolas Sarkozy ?

Le mouvement s’est enclenché un an avant la présidentielle. Depuis mai, 61 collaborateurs ont quitté les ministères et l’Elysée, pour se recaser dans l’administration ou le privé – notre décompte n’inclut pas les départs liés aux remaniements partiels du gouvernement.

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François Molins à l’aéroport du Bourget le 28 décembre 2007 (Antoine Gyori/Reuters)

Certains de ces recasages ont fait du bruit, relançant le débat sur les nominations politiques ou lepantouflage :

Frédéric Mitterrand, champion du turn-over

Ces cas médiatisés cachent une tendance de fond. Certains cabinets affichent même des taux de turn-over importants depuis le printemps dernier :

  • cinq départs depuis mai chez Frédéric Mitterrand (Culture), soit un quart de son équipe, et autant chez Nadine Morano (Formation professionnelle) ;
  • quatre départs chez Xavier Bertrand (Travail), Eric Besson (Industrie), Luc Chatel (Education), Claude Guéant (Intérieur) et Valérie Pécresse(Budget), soit 20% de leur staff.

Nicolas Sarkozy lui-même n’y échappe pas, avec six départs depuis le printemps (sur un cabinet qui réunissait 46 personnes en début d’année). Ses conseillers ont obtenu de belles promotions.

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Catherine Pégard à l’Elysée, le 30 août 2011 (Philippe Wojazer/Reuters)

Outre Catherine Pégard, Joël Bouchité, conseiller sécurité et ancien patron des Renseignements généraux, a été nommé préfet de l’Orne. François Richier, membre de la cellule diplomatique, est devenu ambassadeur en Inde.

Cet ancien grand flic et ce diplomate font partie des 47 hauts fonctionnaires partis depuis le printemps. Leur statut leur garantissait de pouvoir retrouver un poste dans l’administration. Ce n’est pas le cas des « contractuels », ces conseillers issus du privé ou de la politique.

« Il y en a plein qui rament à la sortie »

Si la gauche arrive au pouvoir, ceux-ci ne pourront compter que sur leurs réseaux personnels… et sur l’allocation chômage versée par leur ancien employeur. L’Elysée a d’ailleurs pris ses précautions : comme en 2007, son budget inclut une « provision pour risques » – trois millions d’euros sur trois ans– pour les conseillers qui se retrouveraient sur le carreau.

Mieux vaut donc préparer sa reconversion bien avant la présidentielle. « Ce n’est pas parce qu’on est en cabinet qu’on trouve un job en trois semaines, il y en a plein qui rament à la sortie », explique Jean-Marie Caillaud, conseiller spécial de Nathalie Kosciusko-Morizet à l’Ecologie. A 39 ans, il a enchaîné les postes en cabinet. Il résume ses options en cas d’alternance politique :

« Soit je suis nommé dans la fonction publique, soit j’ai trouvé un super plan dans le privé, soit je serai chômeur. »

Le recasage de contractuels dans la haute fonction publique a d’ailleurs commencé, via des nominations au tour extérieur. Et avec un débouché privilégié : les corps d’inspection de l’administration.

Jean-Philippe Pierre, chef de cabinet de Frédéric Mitterrand, a rejoint le Contrôle général économique et financier, à Bercy. Jérôme Peyrat, conseiller deNKM, a été nommé à l’Inspection générale de l’administration du développement durable. « Ce n’est pas si simple », défend Jean-Marie Caillaud, son ancien voisin de bureau :

« Les corps [de hauts fonctionnaires, ndlr] ont leur mot à dire. Ce n’est pas le fait du prince, il faut montrer qu’on a une certaine valeur. Quand on a de l’expérience en cabinet, en quoi est-on moins légitime qu’un énarque de 25 ans ? »

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Le gouvernement dans la cour du ministère de l’Intérieur après le petit déjeuner de début d’année, le 4 janvier 2011 (Benoît Tessier/Reuters)

Réseauter pour se recaser

Pour se recaser, les réseaux font souvent la différence. Surtout lorsqu’on ne bénéficie pas de ceux des grandes écoles comme l’ENA.

Les chefs de cabinet – qui gèrent l’agenda de ministres – ont ainsi leur amicale, dont Jean-Marie Caillaud est un des fondateurs. Son nom ? La Griffe, en référence à l’instrument utilisé pour signer à la chaîne les circulaires et le courrier du ministre. L’association réunit près de 200 anciens ou actuels « chefs de cab » :

« L’objectif est essentiellement amical. Pour les contractuels qui sont dans la difficulté, c’est aussi un matelas d’aide. Il y a des anciens dans les entreprises publiques ou privées, dans les collectivités. C’est un vivier de contacts potentiels. »

Les conseillers parlementaires – chargés des relations avec les élus – ont aussi leur association, Connexion Parlementaire. Utile pour « nouer des liens » et se recaser, admet son président, Xavier Taquillain.

A 29 ans, son parcours reflète celui de beaucoup de contractuels. Il a commencé comme stagiaire auprès de Jean-François Copé, au ministère du Budget. Collaborateur du groupe UMP à l’Assemblée nationale, il a suivi en juillet Jean Leonetti, nommé ministre des Affaires européennes.

Selon lui, ce n’est pas – ou pas uniquement – le risque d’une défaite qui explique cette vague de départs. Il préfère souligner le rythme de travail « colossal » :

« On ne compte pas nos heures, parce qu’on est au service d’un patron. Il y en a peut-être qui ont peur de perdre, mais il y a des gens qui ont envie de penser à eux, qui ont des enfants, qui se retrouvent devant des propositions intéressantes dans le privé… »

Dans le privé, consulting et lobbying

Cette tentation du privé concerne autant les contractuels que les hauts fonctionnaires. Les directeurs adjoints de cabinet de François Baroin etXavier Bertrand viennent ainsi, respectivement, de partir chez Sogetien, filiale du groupe de consulting Cap Gemini, et chez Barthélémy Avocats, cabinet spécialisé dans le droit social.

Ces choix le confirment : le conseil aux entreprises est une voie toute tracée pour se recycler. C’est celle qu’a suivie Olivier Pagezy, conseiller spécial deValérie Pécresse au Budget, parti au cabinet Ricol Lasteyrie. De son côté, Julien Vaulpré, chargé des sondages à l’Elyséea créé un cabinet avec Raymond Soubie, l’ancien conseiller social du président.

Autre débouché naturel : le lobbying, permettant de rentabiliser sa connaissance du pouvoir et son carnet d’adresses. Cette mission se cache sous des intitulés comme « directeur des affaires publiques » (comme Jacques Géraud, le « dir cab » de Gérard Longuet à la Défense, recruté par Areva) ou des « affaires institutionnelles » (comme Saïd Rahmani, conseiller énergie d‘Eric Besson à l’Industrie, parti chez une filiale de General Electric).

« Dans toutes les grandes entreprises, ils ont besoin d’avoir des liens avec les pouvoirs publics », résume Xavier Taquillain. Ce marché de l’emploi qui risque pourtant d’être embouteillé en cas de défaite de Nicolas Sarkozy.

Le jeune conseiller du ministre des Affaires européennes, qui exclut l’hypothèse de la défaite, est pourtant optimiste sur les éventuels recasages dans le privé. Logique, explique-t-il :

« Il y aurait beaucoup de conseillers des cabinets sur le carreau, mais il y aurait aussi des postes dans les entreprises qui se libèreraient : les gens de gauche qui avaient quitté les cabinets pour le privé reviendraient au gouvernement… »

 

Jean-Louis pour François Krug
Journaliste Rue89

« Viktor Orban ne reculera devant rien »

Notre choniqueur hongrois Janos Xantus interrogé sur TV5Monde le 3 janvier 2011

Janos Xantus, cinéaste et metteur en scène de théâtre, vit à Budapest. En 1984, son film « L’esquimaude a froid », est remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes. Hier il a manifesté pour protester contre l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution hongroise mais aussi pour réclamer l’avènement d’une 4e République.« En Hongrie, nous n’avons pas l’habitude de manifester car durant 40 ans de dictature communiste, nous n’avons pas pu le faire. Ici, les syndicats qui étaient des organisations fantômes commencent à peine à exister. Il y a désormais de nouveaux dirigeants et c’est une joie car ces nouvelles personnalités seront peut-êtres les politiciens de demain. Viktor Orban ne reculera devant rien. C’est un politicien très arrogant et ce sont les situations dangereuses, extrêmes, qui lui donnent sa force. Cette constitution, c’est la partie visible de l’iceberg. Chaque jour nous sommes surpris par ce qui peut encore se passer ici. Tous les jours des lois absurdes sont proposées au Parlement. Nous voulons construire la 4e République, celle d’après la constitution de Viktor Orban. La manifestation d’hier a été l’occasion de rassembler différentes organisations civiles, les syndicats mais aussi des politiciens, de gauche surtout, et qui avaient pour consigne de ne pas parler. Ce rassemblement était important car il a montré que les forces démocratiques étaient capables de dire quelque chose ensemble, ce qui n’est pas évident dans ce pays. C’est un point important car les sondages montrent que les électeurs qui ne voteront pas pour le parti au pouvoir, le Fidesz, ne savent pas à qui ils donneront leur voix lors de la prochaine présidentielle en 2014. Je suis très optimiste de nature mais une chose est sure, pour qu’une démocratie soit légitime, les gens doivent agir pour construire le système dans lequel ils souhaitent vivre. Les Russes nous ont rendu notre liberté mais il il faut la travailler ».

L’article se poursuit par une interview d’Andras Sarato, directeur de Klubradio, la radio d’opposition en danger  – avec un lien vers l’article de ventscontraires.net sur le même sujet :

« Les autorités n’accordent des entretiens qu’aux médias publics, totalement contrôlés. Ils mentent tous les jours à propos de la situation de Klubradio. Ils racontent que notre dossier n’était pas sérieux. Le conseil des médias a décrété qu’il fallait davantage de musique que de débats sur les ondes. Nous avons répliqué avec un pied-de- nez : nous avons chanté les informations !… »

> L’ensemble du dossier consacré à la situation hongroise par Silvina Carbone est accessible ICI

 

Jean-Louis pour Mina Lopez

Paris le dimanche 15 janvier 2012, journée des alternatives : « Leur dette, notre démocratie » organisée par Attac en partenariat avec Médiapart

Dimanche 15 janvier 2012, journée des alternatives :
« Leur dette, notre démocratie »
organisée par Attac en partenariat avec Médiapart

(tract de la journée)

Les dirigeants européens veulent imposer en urgence un nouveau traité pour rassurer les marchés. Ceux-ci viennent de nommer directement des banquiers à la tête des gouvernements grec et italien. Les agences de notation pèsent lourdement sur la campagne présidentielle française, où les candidats à la victoire du second tour font assaut de « responsabilité » pour rassurer les spéculateurs.

C’est dans ce contexte qu’Attac organise en partenariat avec Médiapart une journée des alternatives le 15 janvier « Leur dette, notre démocratie », de 9h30 à 18h, à l’Espace Reuilly (21 rue Hénard, Paris 12ème, métro Montgallet).

Plusieurs tables rondes rassembleront des animateurs des luttes sociales et citoyennes et des chercheurs venus de France, d’Europe et d’ailleurs, pour mettre en débat la dette publique, sa légitimité, les mouvements sociaux qui émergent et les stratégies pour refonder l’Europe sur des bases démocratiques.

Déroulé de la journée (pour plus d’info, lire le programme complet) :

- 9h30-12h30 La dette publique contre les peuples: pour l’audit citoyen

- 14h-15h30: Indignation et pouvoir des citoyens: refonder la démocratie ?

- 15h45-16h30: Le tribunal populaire des banques
(une coproduction théâtrale Attac-Compagnie NAJE)

- 16h30-18 h30: Crise européenne: peut-on encore éviter le pire ?

Avec notamment des participant-e-s aux mouvements indignés : Raquel Freire (Movimento 12 março, Portugal), Cristina Asensi (Movimiento 15M, Espagne), Isham Christie (Occupy Wall Street, USA), Manolis Glezos (Grèce) et les réalisateurs de Debtocracy…

Mais aussi : Stéphane Hessel, Frédéric Lordon (Economistes atterrés), Dominique Plihon (Attac), Yves Sintomer (politiste), Eric Toussaint (CADTM), Aurélie Trouvé (Attac), Thomas Coutrot (Attac), Susan George, Bernadette Groison (FSU), Nicolas Haeringer (Attac), Jean-Marie Harribey (Attac), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Geneviève Azam (Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Philippe Corcuff (sociologue) et bien d’autres.

Jean-Louis pour Attac France

ESPAGNE : LE JOURNAL PÚBLICO EN FAILLITE

Le quotidien espagnol de gauche, Público (basé à Barcelone), a annoncé hier qu’il s’était mis en cessation de paiement. Lancé il y a quatre ans, le journal est rattrapé par la crise économique, et le manque de ressources publicitaires, malgré la suppression de 20% de ses effectifs en septembre dernier et des ventes en hausse.

Interrogé par @si à Madrid, le journaliste scientifique du quotidien, Manuel Ansede, indique que le journal continue à paraître avec une équipe comptant au total 160 personnes (journalistes et employés) répartis dans trois villes : Barcelone, Séville et Madrid.

Le directeur de la rédaction, Jesus Marana, explique dans un éditorial pourquoi le journal se déclare en cessation de paiement, et dit qu’il pense « aux 160 familles menacées par une perte d’emploi et aux dizaines d’employés et de créanciers concernés.« 

« Il est évident que la principale cause de la situation actuelle est la crise économique et ses conséquences dans le domaine de la communication. Público est né fin septembre 2007, et depuis les recettes publicitaires de la presse espagnole ont chuté de 50%. Ce déséquilibre est compensé par une augmentation constante de la diffusion sur le papier (plus de 87.000 exemplaires par jour selon contrôle) et par l’audience (299 000 lecteurs selon le dernier classement), ce qui met la diffusion de Público à la quatrième place de la presse quotidienne nationale. Sans oublier cinq millions de visiteurs uniques pour le site Internet.« 

Publico mercredi 4 janvier 2012picto

nouveau media

Bien qu’il soit faiblement endetté, le journal n’a pas réussi à obtenir un prêt bancaire. Mais la rédaction n’en a pas moins maintenu « son engagement de refuser les publicités pour la prostitution ou de produits de promotion sans rapport avec la ligne éditoriale du journal », ajoute Marana.

Libération évoque la crise de ce quotidien et souligne que « Público est aussi le seul journal espagnol à refuser la publicité pour la prostitution, qui rapporterait environ 4 millions d’euros annuels et dont bénéficient El País ou El Mundo. »

Le directeur de Público rappelle enfin son indépendance face aux partis et au gouvernement : « Ce journal n’a jamais été au service de groupes politiques ou du gouvernement. Comme indiqué dans nos comptes, seuls 7,5% des recettes publicitaires proviennent du gouvernement; c’est-à-dire 2,7% des recettes totales de ce journal.« 

« Selon la fédération d’associations de journalistes d’Espagne (Fape), le secteur des médias a fortement souffert de la crise, ayant perdu au moins 4.421 postes de travail depuis novembre 2008, dans un pays au taux de chômage de 21,52%, un record parmi les pays industrialisés.,remarque l’AFP. Dernière victime en date: le journal gratuit ADN, qui a cessé de paraître fin 2011.« 

Nous avons reçu à plusieurs reprises le correspondant à Paris du quotidien espagnol. Retrouvez le iciou ici.

Jean-Louis pour Gilles Klein

in @rrêt sur images

La Maison des Potes

A l’occasion de la nouvelle année, la maison des Potes vous offre le numéro 132 de leur magazine.

A télécharger ici

 

Ce numéro est dédié aux associations qui organisent des luttes sociales pour un monde plus juste et plus fraternel, et qui diffusent le médicament de l’action collective qui permet aux plus démunis d’affronter la crise avec Force et Optimisme.

Retrouvez notre magazine, tous les trimestres dans vos boîtes à lettre en vous abonnant en ligne.
Par ailleurs, nous vous invitons à recevoir notre newsletter mensuelle par e-mail.

A très bientôt pour faire, ensemble, de l’égalité une réalité.

Jean-Louis pour l’équipe de la fédé

 

Nous vivons un désastre annoncé

Dans Le Progrès de Lyon, un entretien de Paul Jorion avec Francis Brochet

>> Vous écrivez, dans « La guerre civile numérique » (Editions Textuel, 2011)), que nous sommes dans une « situation prérévolutionnaire ». N’est-ce pas exagéré ?

Non, le parallèle peut être fait avec 1788 : tout le monde a bien analysé la situation, mais la classe dirigeante reste « assise  sur ses mains », comme on dit en anglais, elle espère que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes. C’est criminel.

>> Vous pensez donc que les gens vont se révolter ?

Oui… Les mouvements d’indignés sont des protestations qui restent assez domestiquées. Dans certains pays, les gens réagissent en fonction de leur degré de souffrance : ils manifestent un peu quand ils souffrent un peu, et davantage s’ils souffrent plus… Mais en France, on n’a pas cette tradition. On encaisse jusqu’à un certain seuil, et puis ça explose.

>> Et vous pensez que nous y sommes ?

Oui, on arrive à un seuil. Cela se manifeste de manière indirecte, dans le nombre de gens qui se disent prêts à voter pour le Front national. Je discutais l’autre jour avec un chauffeur de taxi : il m’a fait une analyse de la situation qu’on dirait d’extrême gauche, et à la fin il m’a expliqué qu’il allait voter pour Marine Le Pen… Cela n’avait pas de sens au niveau politique, mais c’était sa manière à lui d’exprimer son indignation.

 >>La campagne présidentielle peut-elle permettre de mieux débattre et d’avancer vers des solutions ?

Les candidats « éligibles », Messieurs Sarkozy et Hollande, resteront dans le cadre défini par la Banque centrale européenne et le FMI, c’est-à-dire l’absence de mesures véritable, comme depuis 2010. Les gens manifesteront leur désaccord par des votes de protestation, par les votes blancs et nuls, et par l’abstention. Les gens vont voter contre des candidats, pas pour des programmes.

Jeudi 12 janvier, 20h30, Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon : « Quand le peuple agit : révoltes, révolutions, réformes », débat entre Paul Jorion, Nicolas Baverez et Sophie Wahnich. Renseignements :             04.72.07.49.49      et www.croix-rousse.com.

Jean-Louis pour Paul JORION

La Hongrie, c’est aussi notre affaire

Face à la dérive autoritaire et nationaliste du Premier ministre Viktor Orbán, l’Europe ne peut rester indifférente. Communauté de valeurs démocratiques autant qu’union économique, elle se doit de faire pression sur Budapest pour qu’elle reste dans le droit chemin, estime Le Monde.

Comme pour sortir d’un horrible cauchemar, les Hongrois, enfin, se réveillent. Le spectacle de dizaines de milliers de citoyens défilant, lundi 2 janvier, dans les rues de Budapest pour protester contre l’entrée en vigueur d’une Constitution qu’ils jugent antidémocratique constitue un sérieux coup de semonce pour le premier ministre, Viktor Orbán. Jamais, jusqu’à lundi 2 janvier, l’opposition n’avait réussi à s’unir suffisamment pour être audible. C’est fait.

Autre initiative notable, treize anciens dissidents hongrois, dont certains furent, aux côtés de M. Orbán, les fers de lance de la lutte contre le régime communiste, ont signé un appel dans lequel ils soulignent que « la société hongroise n’est pas seulement victime de la crise économique, elle est aussi victime de son propre gouvernement« . Ce gouvernement, disent l’écrivain György Konrád, l’ancien dissident anticommuniste László Rajk, l’ex-maire de Budapest Gábor Demszky, et d’autres, « s’est emparé des outils de la démocratie et en prive ceux qui pourraient les utiliser pour remédier à leurs problèmes« . Les signataires ont lancé une pétition soumise aux institutions européennes le 7 janvier.

L’Union européenne (UE) se trouve dans une situation délicate face à cet enfant terrible qui n’en est membre que depuis sept ans. Elle ne peut rester indifférente aux pratiques du gouvernement Orbán : atteintes au pluralisme des médias, menaces sur l’indépendance de la justice. Elle a déjà vigoureusement protesté en 2010. Fin décembre, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a adressé une lettre – la deuxième en quinze jours – à M. Orbán pour le mettre en garde contre les risques de sa politique. Cet avertissement ne semble guère avoir eu d’effet, pas plus qu’une lettre d’Hillary Clinton dans le même sens. L’UE a encore la possibilité de recourir à l’article 7 du traité de Lisbonne, qui prive du droit de vote les Etats membres violant les règles démocratiques.

Sanctionner un gouvernement issu d’élections démocratiques n’est, cependant, pas aisé. Le précédent autrichien a d’ailleurs laissé de mauvais souvenirs à Bruxelles : en 2000, les Européens avaient durement réagi à l’arrivée d’un parti d’extrême droite dans la coalition gouvernementale à Vienne, puis avaient fini par renoncer à agir, constatant l’inefficacité de leurs protestations. La montée en puissance de l’opposition hongroise, de la société civile et des intellectuels est importante, car elle augmente la pression sur l’UE, qui se veut d’abord une communauté unie par les valeurs démocratiques.

Bruxelles ne doit pas transiger non plus sur la politique économique du gouvernement hongrois. En vertu d’un curieux credo nationaliste, M. Orbán semble avoir décidé que son pays, pourtant gravement atteint par la crise, pouvait s’en sortir seul. Il refuse de se plier aux conditions posées par l’UE et le FMI pour accorder leur aide. Ces deux institutions ont donc suspendu les pourparlers avec Budapest. Elles ont raison. L’Europe ne doit pas subventionner un pays qui se moque de ses règles.

OPINION

Deux poids, deux mesures

Le fait que l’UE persiste à regarder ailleurs tandis que Victor Orbán met en place un « régime autocratique » en Hongrie pose quelques problèmes à laSüddeutsche Zeitung. Le quotidien de Munich rappelle que les Etats-Unis jugent la situation préoccupante au point de réfléchir à reprendre leur programme en langue hongroise sur Radio Free Europe, l’ancienne station d’information destinée aux pays communistes, tandis que l’UE semble ne rien vouloir entendre et continuer ses relations avec le « démocrate Orbán« . Ainsi, pour la “SZ”

Le Parti populaire européen, dont le Fidesz fait partie, se conduit tout bonnement comme un congrès de blanchisseurs pour l’autocrate de Budapest. Il ne suffit pas d’appliquer la solidarité aux questions d’argent et d’économie : il faut considérer aussi le bien-être démocratique des peuples. Car une chose est sûre: avec de telles lois, la Hongrie n’aurait jamais été acceptée au sein de l’UE. En tant qu’Etat membre, cependant, on pardonne tout à son gouvernement. L’Europe a besoin d’examiner la conscience de ses convictions démocratiques. La Hongrie donne suffisamment de raison pour cela.

Jean-Louis pour Presseurop
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