Archive pour 5 janvier, 2012

L’inégalité vertigineuse des patrimoines s’aggrave

La publication par l’Insee des résultats de l’enquête Patrimoine réalisée fin 2009-début 2010 apporte enfin des données fraîches sur l’évolution de la richesse des ménages. Les derniers chiffres disponibles dataient de 2004. Au sein de ce patrimoine, les biens immobiliers dominent, avec 62 % du total des actifs détenus, contre 20 % pour les actifs financiers et 18 % pour les biens professionnels. L’enquête montre à quel point cette richesse est inégalement répartie. Les 10 % les mieux dotés détiennent 46 % de la masse des patrimoines, alors que la moitié la moins riche des ménages ne se partage que 7 % du total. Si la valeur du patrimoine médian s’établit à 150 200 euros, les 10 % les plus riches possèdent au minimum 552 300 euros d’actifs, alors que les 10 % les plus modestes détiennent au maximum 2 700 euros : 205 fois moins ! Un rapport qui a augmenté de 30 % depuis 2004. Et qui est sans commune mesure avec l’écart des revenus disponibles, qui ne varient que de 1 à 4,2 entre les 10 % les plus modestes et les 10 % les plus aisés.

Comment l’Equateur s’est libéré de la dette

La dette et la soumission des Etats aux banques qu’elle entraîne n’ont rien d’une fatalité. Plusieurs peuples latino-américains s’en sont affranchis avec succès. C’est notamment le cas de l’Argentine, du Venezuela et de l’Equateur. Nous expliquons ici comment le gouvernement Correa s’y est pris en Equateur pour faire passer la dette de 24 % à 11 % du PIB sans faire payer le peuple.

I.    Lien entre l’arrivée au pouvoir de Correa et la lutte contre la dette illégitime

Pour comprendre la dynamique de l’audit intégral de la dette publique en Équateur, il faut revenir sur le poids qui représentait le service de la dette dans l’économie équatorienne et sur le rôle important que la lutte contre cette dette illégitime a joué dans l’arrivée de Correa au pouvoir.

a) La dette Publique en Équateur avant l’audit

La dette publique contractée par les dictatures des années 70 en Équateur (1976-1979) n’a pas cessé de s’accroitre entre 1970 et 2007. Pendant cette période, l’État équatorien a remboursé 172 fois le montant de la dette de 1970 1  mais le volume de cette dette a été multiplié par 53.

Un exemple qui montre l’ampleur du transfert de fonds publics équatoriens vers le système financier privé : entre 1990 et 2007,  la Banque Mondiale (à travers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement – BIRD) a prêté 1,44 Milliards de US$ à l’Équateur alors que celui-ci lui a remboursé 2,51 Milliards de US$ (transfert net donc d’environ1,07 Milliards de dollars uniquement avec la Banque Mondiale).

Depuis les années 80 et jusqu’en 2005, le service de la dette représentait environ le 50% du budget de l’état (entre 3 et 4 milliards de US$ par an) alors que les dépenses en santé étaient d’environ 4% (autour de 400 millions de US$)2.

Comme en Grèce, la dette a été l’outil  du FMI mais aussi de la Banque Mondiale pour imposer les plans d’austérité, les privatisations et les reformes structurelles (qui sont allées jusqu’à modifier la constitution équatorienne à plusieurs reprises). Cela prenait à chaque fois la forme de « lettres d’intention » (sorte de contrat qui fixait la feuille de route des reformes à mettre en place) que l’Équateur signait pour avoir accès à des prêts auprès de ces deux organismes au fur et à mesure que les mesure prévues dans celles-ci devenait effectives.

Évidemment cela a impliqué une énorme instabilité politique liée aux forts mouvements sociaux du pays, le peuple ne voulant pas accepter les différents plans austérité qui se succédaient sans fin, ainsi entre 1997 et 2007 l’Equateur a connu 7 présidents différents (trois renversés par des manifestation populaires: Abdala Bucaram, Jamil Mahauad et Lucio Gutierrez).

A chaque moment de instabilité, le FMI et la Banque Mondiale en profitaient pour restructurer la dette : à plusieurs reprises, la restructuration de la dette s’est faite en souscrivant un nouvel emprunt couvrant la totalité de l’ancienne dette, ce nouvel emprunt ayant des clauses et des conditions chaque fois plus difficiles à assumer par l’Équateur (cf ANNEXE I.  Histoire de la construction de la dette équatorienne).   Profitant ainsi faire signer des nouvelles lettres d’intention (les prix sur le marché secondaire des titres de la dette baissaient à cause de la instabilité politique).

b) L’arrivée au pouvoir de Correa et le lien à la lutte contre la dette

Suite au soulèvement populaire qui a mené à la destitution de Président Lucio Gutiérrez (auto-proclamé le meilleur allié de Bush!!), le 20 avril 2005, un gouvernement de transition se met en place, le vice-président de l’époque, Alfredo Palacio devient alors le nouveau Président de l’Équateur. Rafael Correa est nommé alors Ministre d’économie et des finances.

Très vite il va critiquer les projets de Traité de Libre Commerce (TLC), mais surtout il décide de s’attaquer au FEIREP (Fondo de Estabilización, Inversión y Reducción del Endeudamiento Público – Fond de Stabilisation, Investissement et Réduction de l’Endettement Public). Il s’agit d’un fond mis en place en 2002, sous la pression du FMI, par la « Loi organique de Responsabilité, Stabilisation et Transparence Fiscale ».

Ce fond, destiné à gérer les revenus issus de l’exploitation du pétrole (axe principal de l’économie équatorienne)  stipulait que le 70% des revenus pétroliers devaient être destinés au service de la dette publique (paiement de la dette et achat/vente des titres pour maintenir un prix élevé de ceux-ci), 20% devait servir à la stabilisation du prix du pétrole et 10% devait être destiné à l’investissement social.

Correa veut faire changer la loi et mettre 80% des revenus pétroliers au service de l’investissement social (éducation, santé, création d’emplois…) et uniquement 20% au service du paiement de la dette. La Banque Mondiale menace alors de ne plus prêter de l’argent à l’Équateur si une telle loi était votée.

N’ayant pas le soutien du président Palacio, Rafael Correa a préféré démissionner (il n’est resté que quatre mois au gouvernement) que se plier à la Banque Mondiale. Ceci devient le premier pas de la marche qui le mènera jusqu’à  la présidence de la République.

II.    La Commission pour l’Audit Integral de la dette Publique (CAIC – Comision para la Auditoria Integral del Crédito Publico)

Correa prend ses fonctions le 15 janvier 2007. Il réduit tout de suite le poids du service de la dette dans le budget de l’État à 25% (il était de 47% en 2006). 3  Le 9 jullet 2007, Rafael Corea crée par un décret présidentiel, la Commission pour l’Audit Intégral de l’Endettement Public (Comisión para la Auditoría Integral del Crédito Público –CAIC ).

La définition de l’ « Audit Intégral » dans ce décret est la suivante:

« Action fiscale orienté vers l’examen et l’évaluation du processus de contractualisation et/ou renégociation de la dette publique, l’usage de ces ressources et l’exécution des programmes et projets avec financement externe, avec le but de déterminer sa légitimité, transparence, qualité, efficacité, efficience, considérant les aspects légaux, économiques, sociaux, de genre, régionaux, écologiques et des nationalités et peuples ».

La commission était conformée par 12 membres issus des mouvements sociaux et des ONG équatoriens et 6 membres issus de campagnes internationales pour l’annulation de la dette du tiers-monde et 4 représentants de l’État (Ministère de « Hacienda », Tribunal des Comptes, Commission anti-corruption et l’administration fiscale).

Cette commission s’est réunie pour la première fois le 23 juillet 2007 et elle a rendu son rapport final au président Correa le 23 septembre 2008 et au public le 20 novembre 2008. L’assemblée constituante, qui se réunit à partir du 30 septembre 2007 travaillera de très près avec la CAIC (Alberto Acosta, présidente de l’assemblée constituante état l’ancien leader du mouvement pour l’annulation de la dette), ce qui aboutira à la rédaction de plusieurs clauses sur la dette publique dans la nouvelle constitution (cf annexe II).

L’audit équatorienne a commencé par une enquête sur tous les documents concernant les obligations émises par l’Etat («contrat d’obligations», «contrat d’agence», «contrat de garantie », les fichiers joints, les conditions…).

Cette analyse a mis en lumière de nombreuses clauses illégitimes :

  • Anticipation des échéances pour la totalité des remboursements de la dette en cas de défaut de paiement
  • Révocation de la souveraineté
  • Contrainte du Procureur général à signer dans le sens de la demande des créanciers
  • Contrats empiétant sur les lois et la Constitution du pays
  • Déclaration dans laquelle les parties affirment que le contrat ne viole aucune loi du pays, et qu’en cas d’illégitimité, il ne peut pas être contesté

De plus, en procédant à des simulations de paiement sans intérêt, cet  audit a explicité les mécanismesqui génèrent la dette publique.

D’autre part, l’audit de la dette a dévoilé instrumentalisation juridique de la nation au profit des banques privées.

Ainsi la loi de « responsabilité fiscale » avait permis de donner le privilège du paiement de la dette publique avant toute autre dépense publique, limitant ainsi toute dépense sociale et ne fixant aucune limite pour le cout de la politique monétaire. »

Le rapport de la commission juge que la totalité de la dette commerciale de l’Équateur est illégale et/ou illégitime. Ainsi, à partir de novembre 2008 Rafel Correa suspend le paiement d’une grande partie de la dette (il se déclare en « default », c’est à dire moratoire pour tous les bonds Global 2012 et Global 2030 qui représentent le 85% de sa dette commerciale).
Au total, Le gouvernement équatorien refuse de payer le 70% des bonds de la dette  équatorienne, jugés illégitimes. Leur valeur va alors chuter d’environ 80% dans le marché secondaire. L’équateur va alors utiliser 800 millions de US$ pour acheter des bonds pour 3 Milliards de sa propre dette (cela signifie pour le pays une économie totale de 7 Milliards de US$).

En 2006, la dette publique externe était de 10,2 Milliards de US$ et représentait le 24% du PIB. En mars 2010 son montant était de 8,68 Milliards de US$, ce qui représentait le 15% du PIB.  Selon,  Piedad Mancero, économiste membre de la CAIC, les prévisions pour le service de la dette en 2011 seraient de 11,7% du budget de l’État (le budget 2011 est 23,9 Milliards de US$).

Aujourd’hui l’Équateur n’a plus recours au marché international de la dette dont les agences de notation lui ont coupé l’accès. C’est pour cette raison que l’Équateur est un des moteurs principaux de la Banque du Sud et la nouvelle architecture financière qu’elle propose. La construction d’une nouvelle intégration Régionale Latino-américaine est la seule perspective possible pour que l’Équateur ne voit pas revenir les dangers de l’endettement à nouveau.

Jean-Louis pour Jean-Luc Mélenchon

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1     Dette publique extérieure en 70: 195 Millions US$ – Source: Banque Mondiale (Global Development Finance 2007)
2    Dette publique externe en 3 juillet 2007: 10,4 Milliards US$ – Source Ministère Économie et Finances Équatorien, Willian Hugo Arias Palácios, coordinateur de l’Audit sur a dette Commerciale de l’Equateur (dans film documentaire « Debtocracy »)
3     Rapport de la Commission pour l’Audit Integral de la Dette Publique (CAIC)

Sarkozy pour la révolution libérale à l’école

e chef de l’Etat propose de faire la révolution libérale à l’école. Dorénavant de l’école primaire à l’université le chef d’établissement deviendrait un chef d’entreprise qui recrute et paie les enseignants d’après ses gouts. C’est ce que veut l’autonomie des établissements défendue par Nicolas Sarkozy.

A travers l’apologie de l’entreprise Acadomia, c’est le modèle du chèque éducation que proposait le FN auquel se rallie Nicolas Sarkozy.

On connait désormais le projet de Sarkozy : donner aussi l’école aux marchands.

Jean-Louis pour Jean-Luc Mélenchon

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Sûr, pas cher et créateur d’emplois : les trois mensonges du nucléaire

Sûr, pas cher et créateur d'emplois : les trois mensonges du nucléaire dans Opinions nucleaire-mensonges

Dans la centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, le 19 avril 2011 (Benoit Tessier/Reuters)

L’argumentaire du lobby nucléaire, largement repris par Nicolas Sarkozy dansson discours de Pierrelatte, repose sur la sûreté maximale des centrales françaises, l’avantage compétitif dû au bas coût de l’énergie nucléaire et enfin l’avantage en termes d’emplois de la filière nucléaire.

Il s’agit de trois mensonges que le rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire(ASN) et surtout les déclarations de Jacques Repussard, directeur de l’institut de recherche et de sûreté nucléaire (IRSN), anéantissent.

1

Le mensonge sur la sûreté

 

Tout d’abord, le rapport de l’ASN, s’il ne réclame pas la fermeture de centrales, met l’accent sur les incontestables faiblesses particulières de certaines centrales soumises au risque sismique ou aux risques d’inondations, voire aux deux comme Fessenheim.

Nos centrales sont exposées à des risques non maîtrisés et en conséquence, la sûreté absolue dont se gargarisent les défenseurs du nucléaire est un mythe. Ainsi, le directeur de l’IRSN déclare :

« EDF et Areva…n’ont pas fait leur “révolution culturelle”. Fukushima a changé la donne et révélé qu’un accident grave était possible, même dans un pays considéré comme sûr. Nous devons accepter que l’impossible puisse se produire et il faut pouvoir y remédier.

Depuis 2003, nous mettons les gouvernants en garde quant aux risques liés aux séismes, sans être vraiment écoutés. J’espère que nous le serons cette fois. Sinon, ils devront s’en expliquer. Il ne faut plus laisser croire que le nucléaire est une technologie parfaite. Le gouvernement et EDF ont sous-estimé le risque d’un accident et du rejet du nucléaire par la société. »

On ne saurait être plus clair. Il est évident que le gouvernement et EDF décident, en toute connaissance de cause, et alors que les travaux ne sont pas réalisés, voire pas même programmés, de laisser fonctionner des centrales à risque. Il en va d’autant plus ainsi que l’ASN a délibérément écarté de son champ d’application toute une série de risques dont ceux de chute d’avions et de terrorisme.

Pourtant, la démonstration faite par Greenpeace est particulièrement éloquente. Il conviendra du reste de savoir la position que choisira de prendre la commission dans le cadre du contrôle des stress tests sur ce sujet. Quoi qu’il en soit, la responsabilité qui est prise n’est pas seulement morale, elle est aussi juridique et engage à titre personnel ceux qui la prennent.

2

Le mensonge du nucléaire pas cher

 

Le rapport de l’ASN fixe une liste impressionnante de travaux à réaliser dont EDF considère qu’ils avoisineront les 10 milliards d’euros et dont les experts considèrent qu’ils seront beaucoup plus élevés.

Cela signifie donc que la poursuite de l’exploitation actuelle des centrales nucléaires va faire grimper brutalement le prix de revient du kilowatt-heure nucléaire des anciennes centrales. Le coût de revient du kilowatt-heure nucléaire des nouvelles centrales EPR pourrait s’élever jusqu’à 0,80 euro pour une centrale dont le prix de revient devrait être supérieur à 7 à 8 milliards d’euros.

A ces prix et à ces niveaux d’investissement, la question de la comparaison avec le prix de revient des kilowatt-heure d’énergies renouvelables est évidemment posée. Elle l’est d’autant plus que la comparaison avec les prix européens est faussée car la taxation est très différente selon les nations et car la France encourage la consommation électrique alors que d’autres pays la décourage.

La réalité des coûts est donc aujourd’hui de 0,97 euroo le kilowatt-heure en France entre 1,22 euro au Danemark et non pas 1,27 euro contre 2,69. Si, de surcroît, les prix n’étaient pas administrés et avaient suivi la courbe européenne, la France serait aujourd’hui dans la moyenne.

EDF reconnaît aujourd’hui qu’une hausse de 30% du prix de l’électricité sera nécessaire pour couvrir ces investissements. Rappelons que le cash-flow dégagé par la rente nucléaire financée par tous les Français a été utilisé à tout sauf à investir en France sur la sécurité des centrales, l’entretien des réseaux et les provisions raisonnables pour le démantèlement et le traitement des déchets à long terme.

Rappelons aussi que l’industrie nucléaire est une des seules au monde à n’être pas assurée, ce qui signifie que les citoyens français ont payé les centrales, vont payer plus cher leur électricité et sont de surcroît les assureurs d’une industrie non sécure ! Tout ceci fait que la prétention des défenseurs du nucléaire à une énergie moins coûteuse et plus rentable est totalement fausse.

3

Le mensonge sur les emplois

 

Enfin, la question des emplois est bien entendu centrale. Le lobby nucléaire n’a jamais osé prétendre que le nucléaire allait créer des emplois. Le président de la République défendait les emplois existants… Sauf que c’est la cécité et le déni de réalité dans lequel se complaisent industrie nucléaire et défenseurs qui menacent aujourd’hui les emplois et en particulier ceux d’Areva.

Et il est probable que le coût réel des travaux qui devront être réalisés conduira à la fermeture de Fessenheim et peut-être à d’autres centrales, avec, bien entendu les conséquences sur l’emploi quoique la fermeture d’un site nucléaire ne signifie en aucune manière la disparition de l’emploi. C’est au contraire une pérennisation des emplois pour des décennies et tout d’abord pour assurer la sûreté puis organiser le démantèlement.

En revanche, la destruction des emplois dans les filières renouvelables est bien réelle, à commencer bien sûr par celle du photovoltaïque.

Ainsi, l’industrie nucléaire vit sur trois mensonges dont les conséquences devront être assumées par les citoyens pour des décennies en termes économiques, en espérant qu’il n’y en aura pas d’autres.

Jean-Louis pour Corinne Lepage

in Rue89 Planète 

TÉLÉCHARGEMENT : COMBIEN RAPPORTERAIT LA LICENCE GLOBALE

Éternel débat autour de la « licence globale » : faut-il mettre en place un système d’abonnement permettant aux internautes de télécharger et de s’échanger des films ou des musiques, parfois piratés ? L’idée refait surface à l’occasion d’une étude publiée par le parlement européen (ici en PDF), et signalée par La Tribune.

Le principe de la licence globale est simple : faire payer en amont les utilisateurs sous forme d’un forfait, pour qu’ils puissent télécharger à leur guise fichiers musicaux, films, lgiciels… Une façon de légaliser l’échange de contenus piratés entre particuliers (via le Peer to Peer), et de palier le manque à gagner des ayants-droit (auteurs, sociétés de production…). Ce principe suscite généralement la franche opposition des sociétés de production. Par exempl, le PDG d’Universal Music France, Pascal Nègre, qui n’y voit pas de « business model » viable, dans le cas de la musique.

Dans l’étude, réalisée par un cabinet de consulting français, ce débat – habituellement abstrait et un pêu utopique– est abordé par son angle économique. Les auteurs se sont intéressés aux revenus que pourraient rapporter la licence globale aux ayants-droits (dans le domaine de l’audiovisuel, l’étude ne s’intéressant pas à la musique).

latribune

Conclusion : le prix idéal d’un forfait autorisant le téléchagement et le partage (limité à 50 personnes pour chaque utilisateur) serait de 4,99 euros par mois. Ni trop peu, afin de ne pas détourner les utilisateurs des autres modes de consommation, comme la VOD. Ni trop cher, afin de rester attractif. En France, les revenus générés pour les ayants-droits pourraient théoriquement s’élever à 399 millions d’euros, si la moitié des ménages s’abonnait à ce forfait. Une somme sept fois supérieure aux revenus dégagés aujourd’hui par la VOD (« vidéo à la demande »). Un chiffre un brin optimiste, puisque l’étude indique que les DVD rapportent aux ayant-droits « seulement » 227 millions par an…

Sur le même sujet, la député Aurélie Filipetti, en charge de la culture dans l’équipe de campagne du PS, avait fait une sortie remarquée en décembre 2011, avec une proposition de « licence créative ». Et pour tout comprendre sur la licence globale, lisez notre article détaillé.


Jean-Louis pour Julie Mangematin

in @rrêt sur Images

Bienvenue au Kopimisme, la nouvelle religion suédoise qui prône la copie sur internet

En Suède, certaines religions sont dites « reconnues », ce qui leur donne un nombre non négligeable de privilèges, même si la pratique religieuse individuelle est libre et peut s’exercer hors du cadre de ces religions.

Dans l’aristocratie des « religions reconnues », nous nous réjouissons de l’arrivée d’une nouvelle venue, le Kopimisme, qui vient d’y être admise par les instances officielles de l’Etat.

Ce mot vient de l’anglais « copy me » ; l’Eglise kopimiste, fondée en 2010, revendique 3000 membres dans une dizaine de pays. Ce mouvement religieux juge que « l’information est sacrée »et que « la copie est un sacrement ».

Le kopimisme s’inscrit dans le mouvement qui a aussi donné lieu au « parti pirate », qui a recueilli près de 9 % des voix dans une élection locale à Berlin.

Les valeurs du kopimisme, centrées sur l’idée de générosité, feraient honneur à toute religion ou philosophie, et s’expriment ainsi :

 « L’information est sacrée » 

 « Copiez, téléchargez, partagez ».

Le culte consiste à copier et faire circuler ce qui parait sur internet. La copie est un sacrement.

Comme toutes les religions « reconnues » dans la sphère culturelle à laquelle appartient la Suède, l’Eglise kopimiste a le droit de voir ses pratiques respectées. La liberté religieuse, au sens que les Anglo-Saxons donnent à ce mot, interdit de poursuivre devant les tribunaux un kopimiste qui n’a fait qu’exercer son culte.

Depuis la séparation de l’Église et de l’État en 2000, la Suède a reconnu vingt-deux religions, en plus de l’Église de Suède (luthérienne) , parmi lesquelles les Témoins de Jehovah opposés à la transfusion sanguine, l’ »Eglise » (si, si, si …) de Scientologie, les Mormons rêvant de polygamie et le Pentecôtisme s’imaginant « parler en langues ».

Un rapport du département d’État américain publié fin 2010 lui en donne acte. Car bien sur, le peuple supérieur, les Américains, surveillent la Suède, comme les autres pays, pour s’assurer qu’elle applique bien la « liberté religieuse » au sens où les Anglo-Saxons l’entendent.

Donc vi vi vi, la Suède fait les choses comme il faut. Avant, elle avait une Eglise d’Etat (luthérienne) mais maintenant, elle distribue toutes sortes de privilèges à tout un tas de « religions » qui ont la chance d’être « reconnues ».

On estime que 5 % environ de la population est musulmane (450 000 à 500 000 personnes).

On trouve aussi de toute : des Témoins de Jéhovah, des Mormons, des Sikhs reconnaissables à leur poignard à la ceinture, des Hari Krishna, etc …

La plupart de ces groupes ont une pratique faible (d’après le rapport du Département d’Etat précedemment mis en ligne) mais les communautés se regroupent à l’occasion de grandes fêtes quelques fois par an, et elle bénéficient du droit légal de voir leur pratique protégée.

Si une personne pense avoir été discriminée pour sa religion, elle remplit un dossier auprès du Discrimination Ombudsman (DO), et celui-ci, c’est à dire l’Etat, fait avancer son dossier à sa place, au besoin jusqu’au procès. Il a traité 101 plaintes pour discrimination religieuse en 2010. Ah ! mais ! La liberté religieuse est protégée, qu’on vous dit !

Les « discours de haine » contre les religions sont interdits et poursuivis.

Une éducation religieuse à toutes les religions du monde est obligatoire dans les écoles publiques. Ainsi bien sur que des programmes sur l’Holocauste, l’antisémitisme et le racisme.

Dans un tel contexte, on ne voit pas pourquoi l’Eglise Kopimiste ne demanderait pas les mêmes privilèges que les autres.

Certes, elle est récente, mais rien n’oblige à ce qu’une Eglise reconnue soit ancienne.

Certes, certaines de ces pratiques vont contre la loi (en l’occurence, les lois sur les droits d’auteur) mais c’est également le cas de maintes autres religions reconnues. L’Eglise catholique est autorisée à réserver la prêtrise aux hommes, nonobstant le fait qu’en principe la discrimination sexiste est interdite. Les associations juives ne cessent de se dire le peuple élu (ce qui veut dire que les autres peuples ont un statut religieux inférieur), et les textes sacrés musulmans multiplient les passages contraires aux droits des femmes, des homoxesuels et des « infidèles ». Ne sont réellement combattues que les dérives les plus extrèmes des religions : il est évident que, religion ou pas, un crime « d’honneur » est châtié et un sacrifice humain le serait aussi. Mais, en dehors de ces cas extrèmes, les entorses à la loi acceptées au nom de la religion se comptent par dizaines, et ceci en faveur de TOUTES les religions, même si certaines sont plus enclines que d’autres à essayer de substiruer leur « loi divine » aux « lois humaines » d’un Etat démocratique.

Dans un tel contexte, ce n’est que justice que l’Eglise kopimiste demande une petite dispense d’application des lois sur les droits d’auteur en faveur des plus pieux de ses membres, qui ne font qu’appliquer à la lettre le dogme selon lequel la copie sur internet est un sacrement.

Jean-Louis pour Catherine Segurane

in Agoravox

Occupation des agences Pôle Emploi le mardi 17 janvier 2012

Mouvement d’occupation des agences Pôle Emploi le mardi 17 janvier 2012. Occupation par les chômeurs et précaires, tout le monde peux venir en aide !

Le gouvernement se refuse à répondre positivement au mouvement des chômeurs et précaires. Gérer l’exclusion ce n’est pas la combattre. Voilà pourquoi nous devons nous mobiliser. Le développement du rapport de force qui doit nous permettre de gagner des droits sociaux pour tou-te-s dépend de chacun d’entre nous.

« Date de la fin de l’évènement indéterminé ! » « On occupera jusqu’à obtenir gain de cause ! »

L’occupation de Pôle Emploi c’est le 17 janvier. Après la coordination nationale, « nous » expliquerons où en sont les occupations, et quelles sont les prochains temps forts.

la Coordination nationale de Occupons Pôle Emploi.

Jean-Louis pour france@fruncut.org

NB : Je re-publie cet article tous les jours jusqu’au 17 janvier

Orbán est la séquelle d’une histoire agitée

Pour comprendre le repli nationaliste et identitaire de l’actuel gouvernement hongrois, c’est dans l’histoire du pays qu’il faut chercher, estime un expert de la littérature magyare. En particulier dans la fragilité de sa bourgeoisie et les frustrations nées des défaites militaires

Ils étaient 100 000, les manifestants qui, l’autre nuit, autour de l’Opéra, des palais gouvernementaux et sur les avenues les plus élégantes de Budapest, s’étaient réunis pour protester contre la nouvelle Constitution voulue par le Premier ministre Viktor Orbán et votée par le seul centre droit.

Ils étaient nombreux, plus nombreux que jamais, représentant cette société civile sonnée par la crise économique, mais qui, comme les garçons de la rue Paul [du célèbre roman de Ferenc Molnár publié en 1906] menaient un combat d’ores et déjà perdu. Dans le théâtre de l’Opéra, sous les ors et les lustres, le gouvernement fêtait l’instauration du nouvel Etat malgré la réprobation de la communauté internationale.

Selon la nouvelle Constitution, la Banque centrale sera désormais soumise au pouvoir politique (drôle d’idée, en ces temps de turbulences financières), de même que la Cour constitutionnelle et les médias (de nombreux journalistes ont déjà été licenciés en vertu de la nouvelle loi sur la presse), tandis que les dirigeants de l’actuel Parti socialiste peuvent être poursuivis rétroactivement pour des “crimes communistes” datant d’avant 1989.

A cela s’ajoutent de nombreuses mesures législatives, qui vont du statut des Hongrois de l’étranger au mariage hétérosexuel. Désormais, la Hongrie est un pays plus autoritaire, antimoderne, qui inquiète l’Union européenne et l’Amérique de Barack Obama, de même que le Fond monétaire international, qui a gelé les négociations sur un prêt massif destiné à soutenir un forint exsangue.

Viktor Orbán, qui est né libéral, mais qui a été bien vite contaminé par le populisme, et le parti Jobbik, d’extrême droite, ont ranimé un esprit réactionnaire qui a pris le contre-pied de l’Occident. Ceux qui ont lu les romans de Sándor Márai (1900-1989) ou de Gyula Krúdy (1878-1933) auront quelque difficulté à reconnaître dans la réalité d’aujourd’hui la Hongrie qu’ils y dépeignent. Mais c’est précisément ce hiatus qui permet de comprendre les borborygmes fascisants de la nouvelle Hongrie.

Peurs et orgueuil

Márai, comme beaucoup d’autres écrivains nés dans la première moitié du siècle dernier, racontait, en particulier dans son chef d’œuvre Les confessions d’un bourgeois, le monde splendide et cossu du grand Budapest impérialo-monarchique : une vie intellectuelle brillante, la tolérance et les bonnes manières étaient la marque de cette civilisation observée par Elias, dont l’amour pour sa patrie était contrebalancé par un cosmopolitisme naturel et éclairé. Il ne pouvait en être autrement pour ceux qui étaient nés dans des maisons garnies de livres où l’on parlait couramment en famille trois ou quatre langues.

Partout, la bourgeoisie avait été le moteur de l’Europe moderne, y compris en Hongrie. Mais il y avait un problème. Le long du Danube, la bourgeoisie, après des siècles de guerres et de domination étrangère, était née en retard et, en dépit des splendeurs de la Belle époque, elle était extrêmement fragile.

Au temps où Márai écrivait, ce monde bourgeois n’existait déjà plus, enseveli sous les décombres de la Première Guerre mondiale. Terrorisée par une brève et sanguinaire révolution bolchévique, puis tranquillisée par le fascisme de l’amiral Horthy (1920-1944) dont elle aimait les symboles et les mots d’ordre nationalistes et féodaux. Depuis 1948, quarante années de démocratie populaire ont naturellement poursuivi l’euthanasie de cette bourgeoisie.

Introduite du jour au lendemain en 1989, l’économie de marché a redonné de l’oxygène aux classes moyennes. Mais cela n’a pas suffi. Le faible forint a rapidement fait déchanter ceux qui rêvaient de bien-être, de renaissance, de prospérité à l’occidentale. Ainsi se sont libérées les peurs et l’orgueil dans lesquels la Hongrie a vécu pendant des siècles, coincée entre l’Occident et l’Orient.

Le rêve d’une Grande Hongrie

Les valeurs de la démocratie, du pluralisme, du dialogue, de la diversité semblent superflus, lorsque, dans la vie quotidienne, on a du mal à faire ses courses et à payer ses factures. Survient alors la tentation du repli sur soi, en rêvant d’une Grande Hongrie, à laquelle on ajoute un soupçon de victimisation pour les blessures de l’histoire – des guerres contre les Turcs à l’invasion soviétique en passant par le traité de Trianon, par lequel la France priva la Hongrie des deux-tiers de son territoire à la fin de la Grande Guerre.

Dans les moments de difficulté, cette vieille maladie fait que la Hongrie tend à mettre en avant fièrement son altérité suicidaire, corroborée par cette douce langue altaïque que personne ne comprend en Europe. Lorsque Orbán a mis au défi la communauté internationale avec sa nouvelle Constitution –  ”Personne ne peut se mêler de ce que nous faisons”, a-t-il dit –  c’est aussi dans cet esprit là qu’il s’exprimait.

Les réformes, la modernité, le marché peuvent attendre. Mieux vaut s’en remettre à des mythes non définis comme la pureté, la sacralité de la terre (que les étrangers mondialisés peuvent acheter pour une poignée de forints), ou des hommes forts aux commandes.

Une fois encore, les classes moyennes ont été broyées. Par la complexité de l’Etat et par l’inflation. Une fois encore, la tentation non pas de battre les adversaires politiques, mais de les effacer, de les juger et de les réduire au silence, reprend le dessus. Mais, afin que les cousins hongrois ne s’éloignent pas une fois de plus de la famille européenne, il faut comprendre pourquoi ils sont tombés malades.

 

Jean-Louis pour Bruno Ventavoli

in La Stampa - Turin

De 1960 à 2011, l’historique du PIB en France

En ce début d’année, période propice aux bonnes résolutions, commençons par nous rafraîchir la mémoire sur quelques notions élémentaires d’économie, histoire d’être mieux informés, « la différence entre un optimiste et un pessimiste tenant au fait que le pessimiste est habituellement mieux informé. » (Claire Booth Luce).

Le PIB d’un pays est le produit intérieur brut, agrégat calculé par la Comptabilité nationale de chaque pays depuis les années 1950.

Son évolution annuelle en volume (donc hors inflation) définit la fameuse « croissance ».

De 1960 à 2011, l'historique du PIB en France dans Opinions pib_1

On observe à quel point la récession de 2009 a été majeure… On observe également le lent « atterrissage » du taux de croissance par décennie, qui semble viser le 0% à terme.

Jean-Louis pour Olivier Berruyer

son blog

Oui, un enfant de riches coûte plus cher à l’Etat qu’un enfant de pauvres

Pour justifier la réforme du quotient familial de Hollande, son conseiller Michel Sapin argue que le système actuel favorise les familles aisées. Rue89 a fait les comptes.

Oui, un enfant de riches coûte plus cher à l'Etat qu'un enfant de pauvres dans Opinions hollande-quotient-familial-inside
Un billet de 10 euros plié dans la forme d’un bateau (RedGlow82/Flickr/CC)

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, était mardi sur LCI pour expliquer le choix de son champion de « rapprocher », voire fusionner, la CSG, contribution sociale généralisée, et l’impôt sur le revenu.

Le député de l’Indre, qui multiplie depuis quelques jours ses apparitions médiatiques, s’en est pris au quotient familial, que le PS remplacerait bien par un crédit d’impôt forfaitaire pour chaque enfant. Une telle réforme permettrait aux parents qui payent peu ou pas d’impôts sur le revenu de profiter eux aussi du coup de pouce de l’Etat. Michel Sapin :

« Aujourd’hui, un enfant de riches, ça apporte beaucoup plus de baisse d’impôts qu’un enfant de pauvres. Est-ce normal ? Non. Il faut faire en sorte que ce soit juste. »

Mais que rapporte (ou coûte) au juste un enfant de riches ? Et un enfant de pauvres ?

Enfant de riches

Prenons un couple de « riches » qui gagne, selon le seuil avancé par François Hollande en 2007, 8 000 euros par mois : 4 000 euros par personne. Ce couple dispose donc d’un revenu annuel de 96 000 euros.

Sans enfant, il devrait s’acquitter, selon un simulateur disponible sur le site de l’administration fiscale, de 14 787 euros d’impôts au titre de l’impôt sur le revenu.

Imaginons à présent qu’il ait trois enfants à charge, âgés par exemple de 2, 8 et 16 ans. Le nombre de part du foyer fiscal passe de deux à quatre et le montant du chèque au Trésor public chute alors à 6 740 euros, soit une « baisse » d’impôt de 8 047 euros !

Le couple bénéficie par ailleurs d’une réduction d’impôt pour frais de scolarisation de son aîné de 183 euros.

Si le couple engage un professeur à domicile pour ses enfants, il peut également bénéficier d’un crédit d’impôt. Montant : 7 500 euros maximum si le salaire du prof atteint 15 000 euros par an (soit 1 250 euros par mois).

Si le couple a recours à une garde d’enfant hors du domicile, pour son plus jeune enfant, il peut obtenir un second crédit d’impôt d’une valeur maximum de 1 150 euros.

Economies réalisées : 16 880 euros sur l’année.

Enfant de pauvres

Prenons maintenant un autre couple, avec le même nombre d’enfants, dont le revenu mensuel serait de 2 400 euros (deux salaires de 1 200 euros). Salaire annuel : 28 800 euros.

Ce couple ne paye pas l’impôt sur le revenu. Impossible donc de faire baisser, grâce à ses enfants, le montant du chèque dû à l’administration fiscale, ni d’obtenir de réduction d’impôt pour frais de scolarisation.

Le couple peut lui aussi obtenir un crédit d’impôt s’il emploie un professeur à domicile. Encore faut-il qu’il puisse le faire… Et quant à payer celui-ci 15 000 euros par an alors qu’il ne dispose que d’un salaire annuel de 28 800, c’est peu probable.

Le couple pourra par contre lui aussi obtenir un crédit d’impôt s’il a recours à une garde d’enfant hors du domicile de 1 150 euros.

Economies réalisées : 1 150 euros sur l’année.

Sapin est donc dans le vrai.

Et les prestations familiales ?

Certains pourraient lui opposer le fait que l’enfant de pauvres apporte à ses parents plus d’aides sociales que l’enfant de riches.

Vérifions. Plusieurs aides sociales sont liées à la présence d’enfants au sein d’un foyer. Elles ne sont pas toutes cumulables et correspondent parfois à des situations très particulières.

Certaines sont communes à toutes les familles. C’est le cas :

Aux économies réalisées par le couples de « riches », il faudrait donc ajouter286,44 euros mensuels d’allocations familiales et 452,22 euros d’aide mensuelle pour la prise en charge par une assistante maternelle du plus jeune des enfants.

Total annuel des aides familiales et baisse d’impôt pour cette famille « riche » : 25 743,92 euros.

D’autres aides dépendent des ressources des parents. Un couple dit « pauvre » peut ainsi toucher :

Les parents « pauvres » d’un enfant de moins de 3 ans peuvent aussi recevoir :

Un parent qui élève seul son ou ses enfants peut, par ailleurs, bénéficier du RSA(Revenu de solidarité active) avant d’avoir ses 25 ans.

Si le deuxième parent est décédé ou s’il n’a pas reconnu l’enfant, le parent seul peut recevoir 88,44 euros par mois au titre de l’allocation de soutien familial.

Afin d’illustrer cela, reprenons notre couple de « pauvres » et ses trois enfants en imaginant que ces derniers soient âgés, eux aussi, de 2, 8 et 16 ans. Le couple pourrait donc toucher, en aides communes à tous les couples et en aides spécifiques aux couples « pauvres » :

  • des allocations familiales à hauteurs de 286,44 euros par mois ;
  • une allocation de rentrée scolaire de 284,97 euros pour le cadet et de 311,11 euros pour l’aîné ;
  • une allocation de base, pour le petit dernier, de 180,62 euros par mois (qui n’est pas cumulable avec le complément familial) ;
  • une aide pour la prise en charge du plus petit par une assistante maternelle hors du domicile : 565,27 euros par mois.

Total annuel des aides familiales et crédit d’impôt pour cette famille « pauvre » : 14 134,04 euros.

Michel Sapin a toujours raison : un enfant de riches rapporte plus qu’un enfant de pauvres. Et « coûte » plus cher à l’Etat.

Jean-Louis pour Renaud Février

in Rue89

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