Archive pour 16 janvier, 2012

L’Europe se dégrade elle-même

 

 

La dégradation de 9 pays de la zone euro, parmi lesquels la France, montre clairement que la politique européenne de fonds de sauvetage doublée de l’austérité fiscale a mis à plat le continent. Il est temps qu’Angela Merkel et ses partenaires trouvent une solution crédible à la crise, écrit Wolfgang Münchau.

« La semaine dernière avait été le théâtre d’une brève euphorie, mais la réalité nous a rattrapés. La nouvelle tombée le 13 janvier n’est pas vraiment une surprise. La dégradation de la note de la France était un choc annoncé.

Tout comme l’échec des négociations entre les investisseurs et le gouvernement grec au sujet d’une participation volontaire à la restructuration de la dette publique hellène. Une proposition fondamentalement irréaliste a été rejetée. Ne feignons pas d’en être étonnés.

Pourtant, ces deux événements sont importants parce qu’ils nous dévoilent le mécanisme à l’œuvre derrière ce qui nous attend probablement cette année. La zone euro est emportée dans une spirale faite de dégradations, de chute du produit intérieur brut, de hausse de la dette et de nouvelles dégradations. La récession n’en est qu’à ses débuts.

Il est désormais probable que la Grèce se déclare en défaut de paiement pour l’essentiel de sa dette et qu’elle soit même contrainte de quitter l’euro. Quand cela se produira, les feux de la rampe se braqueront aussitôt sur le Portugal, et ce sera le signal d’une nouvelle série de dégradations contagieuses.

Une géographie économique remodelée

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), institution dépourvue de moyens, est lui aussi menacé de dégradation [mécaniquement] puisqu’il a emprunté sa notation à ses membres. Compte tenu de son organisation, sa capacité de prêt effective s’en trouve ainsi affectée. Même si la dégradation de la note française n’est pas une surprise, les Etats membres de la zone euro ne disposent d’aucun plan de secours, tout juste de quelques scénarios destinées à colmater les brèches dans l’urgence.

Ils pourraient décider de gérer simultanément le FESF et son successeur permanent. Ou d’allouer immédiatement à ce dernier l’ensemble des capitaux du FESF. Ce qui creusera un peu plus des budgets nationaux à l’aube d’une année difficile.

En dégradant la note de la France et de l’Autriche mais pas celle de l’Allemagne et des Pays-Bas, Standard & Poor’s a également réussi à donner une forme à ce que pourrait être la géographie économique en cas d’éclatement. Politiquement, il aurait été beaucoup plus facile de faire face à une dégradation de tous les membres titulaires d’un triple A.

L’Allemagne est dorénavant le seul grand pays à se voir décerner la meilleure note. Une décision qui va compliquer la tâche de Berlin quand il lui faudra accepter les obligations de la zone euro. La différence de notation s’enfonce comme un coin entre la France et l’Allemagne et déséquilibrera encore un peu plus leur relation.

La nouvelle de la relégation a suscité une réaction épidermique qui nous prouve une fois encore que la crise et la recherche d’une solution se déroulent dans des univers parallèles. Le commentaire d’Angela Merkel, qui a déclaré que l’UE devait maintenant se hâter de boucler le traité fiscal, est caractéristique de cette rupture. Quoi qu’il advienne, la discipline fiscale reste leur/ seule réponse.

Cette réaction à la crise passe à côté du poids écrasant du secteur privé dans le déséquilibre interne de la zone euro. La conclusion du traité fiscal, aujourd’hui principale priorité de la politique de l’Union, est au mieux une diversion hors de propos.

Il est plus que probable qu’elle ne fasse qu’accentuer la tendance à une austérité pro-cyclique du genre de ce que nous avons vu en Grèce. Je m’attends par ailleurs à voir l’UE infliger des réglementations vengeresses aux agences de notation. Que cela soit justifié ou non, ce n’est là encore qu’une diversion.

Un système qui continue de se déliter

Il y a quelque temps, je soutenais que le sommet de décembre était la dernière chance d’un redémarrage intégral du système. A l’époque, on aurait pu envisager un marchandage grandiose portant sur un budget commun de la zone euro, des euro-obligations, une politique capable de maîtriser les déséquilibres internes de la zone et, dans ce contexte, l’imposition de restrictions sévères aux budgets nationaux.

Merkel et ses acolytes à Berlin et à Bruxelles ont voulu se targuer d’une réussite parce que le sommet des 8 et 9 décembre ne débouchait sur aucune des solutions évoquées ci-dessus, à l’exception du rééquilibrage du budget.

Maintenant que Merkel a obtenu ce qu’elle voulait, le système continue de se déliter. A chaque tour de la spirale, le coût financier et politique de résolutions inefficaces se fait plus lourd. Nous avons dépassé le stade où les électorats et leurs représentants sont prêts à payer le prix toujours plus élevé qu’implique la réparation du système.

La semaine dernière, une poignée de députés vétérans de la CDU au pouvoir, que je considérais auparavant comme des ténors de la modération, ont affirmé qu’un départ de la Grèce de la zone euro ne serait finalement pas si grave. Les attentes évoluent rapidement, et il en va de même de la disposition à accepter une fin brutale.

Et non, l’énorme injection de liquidités à laquelle a procédé la Banque centrale européenne (BCE) ne va pas non plus résoudre le problème. Loin de moi l’idée de sous-estimer l’importance de cette décision. La BCE a empêché un effondrement du crédit, et c’est tout à son honneur.

Le retour de l’argent à long terme et sans limite pourrait même avoir un impact marginal sur la volonté des banques de prendre part aux enchères de la dette publique. Avec de la chance, cela pourrait nous permettre de surmonter la rude période de refinancement de la dette au printemps prochain. Mais une averse de liquidités ne suffit pas à répondre au problème sous-jacent d’une absence d’ajustement macroéconomique.

Même les réformes économiques, aussi nécessaires soient-elles pour d’autres raisons, ne peuvent résoudre ce problème. C’est une illusion européenne de plus. Nous en sommes désormais au point où, pour sortir efficacement de la crise, il faudrait une autorité fiscale centralisée et puissante, dotée du pouvoir de fiscaliser et d’allouer des ressources dans toute la zone euro. Ce qui, bien sûr, n’arrivera pas.

Telle est l’ultime implication de la dégradation des notes de la semaine dernière. Nous n’en sommes plus au stade où un bricolage technique pourrait encore fonctionner. La boîte à outils est vide. »

Jean-Louis pour Wolfgang Münchau

 

in Presseurop

Article original – Financial Times

Traduction : Raymond Clarinard

CONTREPOINT

Une intrusion anti-démocratique

Face à la dégradation tous azimuts « aussi gonflée que contradictoire » de neuf pays de la zone euro par S&P, la Süddeutsche Zeitung est passablement indignée « Un monopole jette la pierre à la politique de gouvernements démocratiquement élus », déplore le quotidien de Munich, appelant à responsabiliser ces “examinateurs auto-proclamés” :

L’agence lance son message que personne n’avait demandé, au bon moment, deux semaines avant le prochain sommet de l’UE : ‘Faites ce que nous vous disons. Vous n’avez pas le choix.’ Elle n’hésite pas à mettre des pays du club de l’euro à un même niveau avec des pays en développement. Qui prête de l’argent à l’Italie ou à l’Espagne court le même risque que s’il envoyait son argent en Inde, en Colombie ou aux Bahamas. C’est absurde, c’est ridicule. […] Mais il y a plus dangereux : Standard & Poor’s […] tente d’intervenir directement dans la politique européenne. C’est n’est pas la tâche d’une agence de notation. Les Américains poussent de plus en plus ouvertement les Européens du continent à adopter les principes anglo-saxons dans leurs politiques économique et financière. C’est-à-dire, imprimer de l’argent quand nécessaire, pour sauver des banques et initier des programmes de relance. Qui ne le fait pas obtient des mauvais notes.

 

10 entretiens filmés pour mieux comprendre la Décroissance Politique

Le collectif décroissance 2012 vous propose 10 entretiens filmés pour mieux comprendre la Décroissance Politique. Ils vont être successivement mis en ligne pour la fin du mois de février. Le premier film est paru : Notre candidatE est la Décroissance.

Les thèmes sont les suivants :
1. Notre candidatE est la Décroissance.
2. La Décroissance : mais c’est quoi ce mot repoussoir ?
3. Aux origines de la Décroissance.
4. La Décroissance : l’histoire d’un mouvement.
5. Quelle stratégie politique pour la Décroissance.
6. Décroissance : démondialisation, protectionnisme ou relocalisation ouverte ?
7. Crise de la dette et Décroissance : le plan B.
8. Quel projet pour la Décroissance : la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie.
9. Décroissance, démographie et immigration.
10. Décroissance et relations internationales : institutions, démographie et relations nord-sud.

A bientôt pour la prochaine diffusion, et les suivantes….

Jean-Louis

Standard et Poor’s : La vérité est ailleurs

Début janvier, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de mettre en oeuvre la taxation des transactions financières. Lors d’un discours à l’Elysée vendredi 6 janvier, il déclarait  »Le fait que les transactions financières soient les seules transactions exonérées de toute taxe, c’est inacceptable ».

Autant dire que ce discours a échaudé la plupart des dirigeants de la zone euro. Le président du Conseil italien Mario Monti, a rappelé qu’à ses yeux, il était « nécessaire que les différents pays européens n’aillent pas en solitaire dans l’application ». L’Allemagne est favorable au principe d’une telle taxe, mais veut une solution européenne. (challenges.fr)

Moins d’une semaine plus tard, l’agence Standard & Poor’s dégradait la note de la France, qui perd ainsi son fameux 3A.

Standard et Poor’s : La vérité est ailleurs dans Opinions setp-e90ae

La France sort donc du peloton de tête des 5 pays arborant un AAA et se retrouve « isolée de l’Allemagne », expression largement diffusée depuis cette annonce dans les médias.
Tout cela n’arrive évidemment pas par hasard. A trois mois des élections présidentielles françaises et..quelques jours après l’entreprise téméraire de notre hyper président consistant à vouloir faire cavalier seul sur la taxation des transactions financières histoire de nous montrer ses biscoteaux.
Or, taxer les transactions financières ne pouvaient que déplaire aux banques – qui l’ont exprimé- et aux groupes financiers qui vivent de la spéculation. Même si l’annonce du déclassement de la France est assortie de celles de la dégradation d’autres pays.
Etranges chronologies…

inspecteur_gadget-2-e4f77 dans OpinionsD’abord, ce qui est frappant en général, ce sont les séquences de la relation anachronique qui s’est instaurée entre l’Europe et les agences de notation.
Prenons une chronologie constatée au mois de décembre dernier :Lundi 5/12 : Merkel et Sarkozy se rencontrent pour préparer leur projet de nouveau traité européen. Le projet prévoit d’instaurer des sanctions en cas de dérapage des finances publiques et des règles d’or imposant le retour à un quasi-équilibre budgétaire.

Lundi 5/12 soir : « Standard & Poors annonce le placement sous surveillance la note de de six pays européens bénéficiant encore du plus haut rang, AAA : l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande et le Luxembourg -ainsi que neuf autres pays de la zone euro. La notation pourrait être abaissée d’un cran au niveau de AA+ et même de deux crans dans le cas de la France. »
Jeudi 8/12 : Un accord est trouvé entre 23 pays de l’Europe.
Vendredi 9/12 : L’agence Moody’s annonce l’abaissement de la note de 3 des plus importantes banques françaises. http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/moody-s-degrade-trois-banques-francaises-6869971.html
Pour le présent, cette dégradation de la note française est-elle un avertissement, une façon de tancer très vertement le président sarkozy au travers de ce camouflet ? Car elle survient bien à-propos, même si elle est assortie d’annonces concernant d’autres pays.
Qui est derrière Standard and Poor’s ?
  »Le site Internet de S&P nous indique que l’entreprise fondée en 1860 a été racheté par McGraw-Hill Companies en 1966. Mais qui est McGraw Hill ?
Quand on s’intéresse aux possesseurs de McGraw Hill, on retrouve de drôles d’entreprises :
- Capital World Investors, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- The Vanguard Group banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- State Street Corporation, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- Oppenheimer Funds, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- Jana Partners, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- Price Associates, entreprise de consulting en management.
- Dodge & Cox, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- BlackRock Institutional Trust Company, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- Fiduciary Management, banque d’investissement dont l’objet est de spéculer sur les marchés internationaux.
- Ontario Teachers’ pension plan board, fonds de pension dont l’objet est de spéculer sur les marc
Le site Internet de S&P nous indique que l’entreprise fondée en 1860 a été rachetée par McGraw-Hill Companies en 1966…
Les grands actionnaires de Standard & Poor’s sont donc majoritairement des banques d’investissement qui utilisent les informations de S&P pour spéculer et gagner plus d’argent grâce aux prédictions auto-réalisatrices de l’agence de notation comme l’explique cette étude du FMI de 1998 qui conclue que « les crises monétaires peuvent être totalement obtenue par la spéculation d’acteurs privés et décorrélées des politiques publiques. Plus spécifiquement, les crises monétaires peuvent résulter de pensées auto-réalisatrices auprès des spéculateurs du marché des changes. » Dont Standard & Poor’s est l’entreprise qui donne le la. »
 
 
« Elles n’en sauraient pas plus que vous et moi ? 
Si on écoute l’interview de David Thesmar (France info le 9 décembre), Professeur d’économie à HEC et auteur du « grand méchant marché », on est frappé de l’entendre dire clairement que ces agences n’en savent pas plus que vous et moi sur la situation des pays et des banques. En gros, les consultants glanent les informations qui fondent leurs alertes sur… le web !
Ecouter l’interview de David Thesmar sur france info (à partie de la minute 4°51) :
ConclusionSi ces agences ont un rôle de « certification » de la solvabilité des pays, quel est leur code de déontologie ? Car on ne peut s’auto-proclamer censeur sans avoir une charte d’éthique, ainsi que des règles partagées et transparentes..Ce qui ne semble pas être le cas.

En effet,
« Fin 2003, le groupe italien Parmalat coule, un trou de 14 milliards d’euros dans les comptes. Quelques semaines avant le krach, l’antenne italienne de Standard & Poor’s créditait encore Parmalat de son triple AAA- couvrant, volontairement ou non les malversations. Courant 2008, la crise des subprimes s’étend. Les banques vacillent ou s’écroulent, bourrées de titres financiers pourris. Des « junk bonds » pourtant évalués par les agences – crédités même d’un triple AAA pour la moitié d’entre eux. Et en France même : pour l’Assemblée générale de 2008, Fitch Ratings, Moody’s et Standard & Poors accordent tous des A, des AA et des + à Natixis. »

Deux poids, deux mesures..

Hypothèse
La dégradation de la note de la France à trois mois des élections, serait-elle d’abord une sanction de la France pour avoir voulu toucher aux sous des spéculateurs au travers de la taxe sur les transactions financières ? Accessoirement, ce serait une mise en garde adressée au prochain président et son gouvernement, et ce, avant d’être la sanction de l’état de la dette.
Peut-être. Cette hypothèse est envisagée par plusieurs analystes. Mais alors, qui tire les ficelles ?
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Jean-Louis pour Kali

L’élection de Martin Schultz ancre la connivence entre socialistes et droite en Europe

Communiqué du 16/01/12 – Jean-Luc Mélenchon

Je serai absent de Strasbourg mardi 17 janvier (matin). Tant mieux !

Je suis très heureux de ne pas participer à la mascarade de l’élection du social-démocrate Martin Schultz, candidat commun des socialistes et de la droite à la présidence du Parlement européen. Je dénonce la collusion et les renvois d’ascenseur entre les socialistes et la droite dans les institutions européennes. En pleine agression de la finance contre les peuples en général et contre la France en particulier, je n’apporterai  pas mon soutien à cette collaboration sans principe. L’Union des « oui » au Traité de Lisbonne est devenue l’union du « oui » à l’austérité et au libéralisme ! Martin Schultz en est la caricature. Il a voté, entre autres,les résolutions en faveur des sanctions contre les dépassements de déficits autorisés, les nouveaux pouvoirs des agences de notation, la libéralisation du gaz et le paquet ferroviaire sans oublier la directive service.

Il avait voté pour le président de droite du Parlement. Il est récompensé pour ses bons et loyaux services. Sans moi !

Pour ma part, à la même heure, je reçois Bernard Thibault, et je préfère cela !

Transmis par Jean-Louis

Théophraste R. ? Un vulgaire plagiaire !

Théophraste R. ? Un vulgaire plagiaire ! dans Opinions breveon2222-38a03

La météo sous tous les angles, les concours et les démonstrations culinaires, les nouvelles et les anciennes stars, l’obésité et l’anorexie, la délinquance bien ciblée et les brigades spéciales « en live », les recettes pour transformer son chez soi avec grand renfort de « ooh » et de « aah », les séries télévisées et leurs rires pré-enregistrés, les lofts et les concours d’aventure, les variétés et leur humour gras, les pubs que l’on revoit 50 fois, la FM qui diffuse chaque jour quelques dizaines de titres en boucle… Tout cela tend à lobotomiser les masses et non à les épanouir.

Si cela n’était pas le but, alors on aurait d’autres programmes : on parlerait du sport amateur sous toutes ses formes et on aurait moins de foot, les particuliers et les associations pourraient s’exprimer, on aurait des tests de produits non financés par les marques, on aurait des cours de langues, des documentaires de culture générale, des émissions étrangères sous-titrées, on pourrait assister à des conférences scientifiques, on aurait moins ou pas du pubs ou de bêtisiers, on ferait sortir des médiathèques des milliers de bons films français et étrangers, tant pis si le noir et blanc et le sous-titrage font moins vendre…

Jean-Louis pour Théophraste R. (recopiant sans pudeur kristo58, un lecteur commentant, le 7 janvier 2012, l’article « Où serons-nous le 12 janvier ? Que sera 2012 ? Qui sommes-nous, que voulons-nous ?).

in Le Grand Soir

PS. Dimanche 15 janvier au JT de 20 H de TF1, Claire Chazal a tenu près de 20 minutes sur l’échouage du paquebot Concordia.

Grèce : chroniques d’un naufrage imposé

« Un jour de mai 2010, le Fond Monétaire International, l’œil de l’Union Européenne et la Banque centrale Européenne ont fait irruption dans notre vie quotidienne. La Troïka et les « Troïkans » modifient nos existences et nos comportements. Il y a un avant et un après. Comme lors d’une entrée en guerre ou d’une occupation. Un vent mauvais, un poison ambiant, une mise à mort de nos petites et grandes habitudes une mutation collective rapide, suspendue à la perte de nos repères. Désormais on plonge, y compris dans les quartiers chics … dans les poubelles » écrit l’anthropologue Grigoriou Panagiotis qui tient la chronique ordinaire de l’agonie d’une société sacrifiée au nom des règles comptables.

Grèce : chroniques d’un naufrage imposé dans Grèce arton3169

Grigoriou Panagiotis

Nous vivons en prime time le premier vrai renversement en Europe occidentale, parmi les pays de cette Union Européenne, relevant de sa vieille numismatique. Car cette fameuse construction, jamais adoptée réellement par les peuples, se résume et finira par l’euro. Euro barbe à … Papadémos que nous haïssons davantage, jour après jour.

C’est aussi cela le renversement, l’effacement des opinions politiques, les idéologues faciles de tout bord ne sont plus au petit lait mais à la cigüe. La coupure est « entre eux, et nous » comme on entend dire partout. Ceux qui en ont et ceux qui finiront par mourir. Donc, au fil des semaines, tout débat politique devient vite anachronique, « ils auront notre peau ou sinon, nous allons les exécuter ».

Nous sommes déjà dans l’utopie, le non lieu. Tout reste à faire. Les supposées grandes mesures et autres mesurettes ou petites phrases des campagnes électorales nous semblent dépassées. Elles appartiennent au monde théâtral d’hier, une scénographie qui dissimule tant bien que mal sa seule fonction, tenir fermés les stores de la démocratie, ainsi que les paupières des citoyens.

J’ai retrouvé hier mon ami Th. Journaliste, au chômage depuis 377 jours, ses allocations Assedic ont duré juste le temps d’une année calendaire. Et quelle année terrible ! En tout cas, nous étions au chaud dans un café des quartiers nord de la ville. Pour toutes les tables, consommation minimaliste et sociabilité au sommet. Un café simple à 1,6 euros, c’est encore trop mais pour être bien au chaud, c’est rentable. « Chez moi il fait froid je n’allume plus le chauffage, rester deux heures ici cela va nous requinquer un peu » explique cet ami. Nous nous sommes alors dit, que même les révoltés de 1968 en Europe occidentale ne sortaient pas tant du cadre, y compris pour les adeptes du messianisme prolétarien. On voulait tout et on avait déjà pas mal en ce temps.

En 2012 désormais, la messe est dite. On en finira bientôt avec les élections et autres opérettes, pour consolider le pouvoir direct de la grande main si visible. Les partis institutionnalises, y compris à gauche ont du mal déjà, à faire admettre leur légitimité à travers la mascarade parlementaire. Les tranchées de l’avenir sont déjà remplies de toutes les munitions possibles et imaginables. Bancocratie du dernier capitalisme réel, guerre de Cent Ans, chaos ou sinon, réorganisation et réorientation des affaires humaines vers un autre topos ? Plus sage ?

Puis, nous savons que les papadémiens et les papandroïdes veulent faire de notre planète Europe, pays par pays, un nouveau Tiers-Monde, dirigeants bancocrates, allemands et français en tête. Il y en a même chez nous qui œuvrent pareillement, moins autonomes et plus dociles, mais tout autant néfastes pour les peuples. Nous nous interrogeons par contre sur la faisabilité de ce … grand projet. En Grèce par exemple, le déclassement des couches moyennes s’accélère, mais l’habitat ne suit pas l’aménagement du territoire propre à la ghettoïsation, et ceci malgré les efforts de la Troïka. D’où sans doute la volonté de briser également la petite propriété dans le foncier, si rependue ici.

Donc, il faut accélérer les « reformes ». Lucas Papadémos vient de monter ses dents. Soit les syndicats (« vendus » depuis des années comme on le sait), cèdent sur l’ultime démantèlement des conventions collectives restantes au sein du privé (diminution des salaires), et sur le licenciement d’un grand nombre de fonctionnaires, soit le gouvernement va légiférer, et vite.

Pour arrondir les ongles des vautours, « des techniciens français de la task force (sic), vont se rendre en Grèce prochainement, afin d’évaluer les 800 000 agents du public, et ainsi préparer le terrain des licenciements » (www.in.gr 12/01/2012). Après la BCI allemande et Siemens, après les potentiels prenants américains des hydrocarbures au sud de la Crête et le FMI, c’est à dire Goldman Sachs, voilà sans doute la participation amicale de la Présidence Sarkozy, merci pour le film ! Le comble serait que le P.S. français nous prépare alors la seconde bobine, Achtung. Au secours alors, français, italiens, allemands et autres peuples …. de la métastase de l’euro, passons à autre chose enfin, la méthadone de la social-démocratie a fait son temps.

Papadémos, « le banquier des escrocs internationaux » selon certains chroniqueurs chez nous, a même osé s’adresser au très bas peuple en anglais pour ainsi faire passer son business plan, en répétant cette maxime connue de tous, extraite du discours d’investiture de John Fitzgerald Kennedy (20 Janvier 1961) : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays ». En grec d’abord et ensuite en anglais. Certains éditorialistes, pour ne pas évoquer les réactions dans la rue, ont été écœurés.

Tel Giorgos Trangas, toujours populaire et populiste dans ses papiers radiophoniques sur Real-fm (12/01/2012) : « Cette espèce de porc (sic) Lukas Papadémos, le collabo des banques qui s’adresse au peuple en anglais, sa vraie langue … ce que nous pouvons faire alors, eh bien c’est de te donner des coups de pieds si on te retrouve, tous les jours, la violence est produite, exercée sur onze millions de Grecs, [par] cette espèce de banquier pourri, car les familles qui meurent de faim sont les victimes des patrons de Papadémos, ce valet de Goldman Sachs et des autres banques. Mais c’est terminé vous ne pouvez plus tromper le peuple et raconter des bobards, il n’y a plus rien, ni démocratie ni parlement, un jour le peuple vous détruira… Eh Papadémos, je te préviens, je te prie, il ne faut pas t’adresser au peuple ainsi… ». Propos très violents mais qui ne surprennent plus personne chez nous, on les profère et on les entend tous les jours, les amabilités habituelles du débat (pseudo)démocratique deviennent alors inutiles, une fois le téléchargement du virus des banques terminé.

Je n’ai aucun souvenir de telles propos radiophoniques avant la Troïka. Jamais. Effarants quelque part et au fond tragiques. En Grèce et au Portugal nous sommes au stade du premier fonctionnement du logiciel malicieux, les Italiens ont tout juste achevé l’installation, et les autres banconautes de la zone euro commencent tout juste le téléchargement. J’ose même prédire au risque de me tromper légèrement que le téléchargement vers la console française durera jusqu’aux élections, rapide non, finalement ?

Chez nous, la console fonctionne déjà après installation. Malgré les bugs. Bytecode financier. Nous enregistrons en effet deux suicides tous les trois jours et dans la presse on prétend que déjà 70.000 jeunes grecs, tous anciens joueurs de la console, se sont installés aux États-Unis, sans doute pour se …consoler ou pour trouver un patch (chiffres fournies par le correspondant du quotidien Proto Thema à New York, 12/01/2012). Je n’arrive pas à croire à ces chiffres et les autorités grecques n’en fournissent guère.

Entre temps une dame, très élégante a ouvert la porte du café où nous nous étions installés. Il neigeotait dehors et un vieux labrador hésitait devant l’établissement. Ce pauvre chien n’a pas osé entrer finalement, mais les clients ont vite réagi : « Fermez la porte madame, ne la tenez pas si longtemps ouverte, vous le voyez, ce pauvre chien ne veut pas entrer et nous, nous avons également froid ».

Mon ami Th. a utilisé son dernier argent pour se nourrir. Il ne paiera plus taxes, impôts et autres obligations ex-citoyennes, ni chauffage, à part quelques bûches. « Je ne peux plus. Terminé. Je vais liquider mon assurance vie, au mieux onze mille euros de m…. Je changerai tout en dollars, je vivrai ainsi durant un an au moins ».

La dame, si élégante, elle est partie visiblement étonnée. Appartenant davantage à l’ancien monde que nous, elle ne comprenait pas notre insistance sur cette fermeture de la porte. Mais l’échange fut poli et sans agressivité, c’est le principal.

Pourtant, notre nouveau monde nous apporte également autre chose. Tout n’est pas misère et chute libre. Une personne dirigeant une structure semi-étatique dans le domaine des lettres est venue rencontrer mon ami Th. dans ce même café. Georgia, une amie de son épouse. Th. espérait trouver une piste pour travailler, même pour deux mois. En vain. Georgia ne reçoit plus son salaire depuis Août. Mais, elle nous a raconté les derniers épisodes de la métachronologie de notre condition humaine. « Traducteurs, universitaires et écrivains, souvent connus, se mettent à cohabiter car, pour certains, s’occuper d’un appartement dont ils sont même les propriétaires devient intenable.

D’autres, se font saisir leurs maisons par les banques. Les universitaires se retrouvent avec le tiers de leurs revenus d’il y a deux ans. Ils se demandent pour quelles raisons se rendent-ils encore à l’université. Mais déjà, deux traductrices connues, la cinquantaine passée qui cohabitent, retrouvent un autre sens à attribuer à leur vie. Nous vivons ayant peu, mais ensemble, soudés. Qui sait, à force de se retrouver, on finira par inventer autre chose pour se débarrasser des partis politiques et des banques… Ce qui inquiète par contre davantage, c’est la suppression de notre budget de fonctionnement par l’État. Tout ce travail, toutes ces années, les livres, les idées, les belles histoires … ».

Lettres mortes ?

Jean-Louis pour Grigoriou Panagiotis

in ContreInfo

France-Europe, la vie après le triple A…

La dégradation de la note de la France par Standard and Poor’s va certainement renchérir le coût de la dette française. Mais c’est surtout l’Espagne et l’Italie, qui ont été dégradés de deux crans par S&P, qui se retrouvent en très mauvaise posture. Ce qui rend urgent un tournant majeur dans la politique européenne, estime Guillaume Duval dans sa chronique pour Radio Nova.

 

L’Etat français a perdu la note AAA que lui attribuait jusque là l’agence de notation Standard and Poor’s. C’était attendu mais ça va quand même relancer la crise de l’euro, non ?
Probablement. Cette décision était en effet attendue : Standard and Poor’s avait prévenu avant Noël. De ce fait, les acteurs financiers ont déjà, pour l’essentiel, pris en compte ce changement : le coût de la dette française a déjà significativement augmenté. Cette dégradation risque cependant d’avoir un impact supplémentaire non négligeable. On avait observé ces derniers jours une détente sur les marchés des dettes de l’Espagne et de l’Italie, les pays les plus menacés : les banques, abreuvées massivement d’euros par la Banque centrale européenne avant Noël, s’étaient remises à acheter de la dette d’Etat, faisant baisser un peu les taux d’intérêt. Or ces deux pays ont été dégradés de deux crans par S&P.

Davantage que celle de la France, c’est surtout la situation de ces deux pays qui risque de s’aggraver de nouveau significativement. Ainsi que celle du Fonds européen de stabilisation financière qui va pouvoir mobiliser encore moins de fonds à des taux d’intérêt bas, puisqu’il ne reste presque plus que 4 Etats classés AAA dans la zone euro. Or, s’il faut mettre en œuvre un plan de soutien à l’Espagne et/ou à l’Italie ce sera une beaucoup plus grosse affaire que pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal : ces trois pays pèsent ensemble 5,8 % du PIB de la zone euro, l’Espagne seule en pèse 11 % et l’Italie 17 % …

Et s’il faut pour cela avoir une fois de plus recours au FMI, cela signifie que, de facto, la zone euro aura durablement perdu une bonne part de sa souveraineté et sera placée sous tutelle internationale…
Mais est-ce que cette dégradation est justifiée à vos yeux ?

Il y a sans doute un biais anglosaxon dans le fait que le Royaume-Uni ne soit pas concerné lui aussi par les dégradations de S&P, malgré des perspectives économiques très sombres et une politique économique  très restrictive qui n’offre là aussi aucune perspective que l’économie de ce pays se redresse. Mais pour ce qui concerne la zone Euro, les critiques de S&P paraissent malheureusement assez justifiées.

L’agence de notation critique en effet le fait que le 9 décembre dernier, les Etats européens n’ont pris aucune mesure de nature à renforcer immédiatement les moyens de lutte anti spéculation de la zone. Elle critique également les politiques budgétaires uniformément restrictives qui conduisent à la récession, ce qui laisse présager, non pas une limitation mais au contraire une poursuite de la dérive des dettes publiques comme on a déjà pu le constater en Grèce. Sur ces deux points il est difficile de donner tort à S&P…

Quelles conséquences faudrait-il tirer de cette dégradation ?

La conclusion logique devrait être un tournant majeur dans la politique européenne vis-à-vis des orientations suicidaires suivies depuis deux ans sous l’impulsion d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy. Il faudrait remettre à plus tard le projet de nouveau traité qui ne rassure visiblement personne et risque de mobiliser inutilement toutes les énergies politiques pendant de longs mois. En l’état actuel des discussions, il n’apporte en effet quasiment rien par rapport aux mesures déjà prises pour renforcer la discipline budgétaire et ne propose aucune avancée sensible sur d’autres terrains pourtant essentiels comme notamment l’harmonisation fiscale.

Il faudrait par contre se décider enfin à renforcer tout de suite les mécanismes européens antispéculation en accordant notamment une licence bancaire au futur Mécanisme européen de stabilité afin de lui permettre de se refinancer le cas échéant auprès de la BCE. Il faut aussi décider en commun immédiatement d’un grand plan de soutien à l’activité en Europe pour la conversion écologique de nos économies. Ce qui permettrait aussi d’accélérer l’indispensable transition énergétique en Europe.

Jean-Louis pour Guillaume Duval

La rue et le web élus au troisième tour

En affirmant , le 13 janvier à la Dépêche du Midi ; « la victoire se joue au premier tour » François Hollande nie la spécificité des autres partis et électeurs de 
gauche , souvent plus sincèrement de gauche que lui et le PS.
Cette phrase est plus que malheureuse et certains envisagent déjà de la lui faire payer au prix fort en organisant un troisième tour social plutôt que de voter, 
comme des godillots, au second.
Ainsi, de leur point de vue, quelle que soit l’issue, forcément décevante, du deuxième tour, la rue sera prête.
Jean-Louis

2. Emprunter plus pour produire moins…

Je ne suis pas forcément réjoui lorsque des relais dans la presse ou le monde politique confirment ce que je pense. Perdu dans ma bulle, loin du monde, je préfère croire que la cause de ma radicalisation n’est somme toute que le résultat de ce qu’affronte aux quatre coins du monde : violence, pauvreté, déchéances, arbitraire, et j’en passe. Je me dis, depuis longtemps déjà, qu’à force de remplacer le salaire décent par l’emprunt, la vision et l’anticipation politique par l’urgence (de la dette, de la guerre, des « réformes », etc.), peuples pays et dirigeants n’existent plus que par leur statut de « clients ». A force d’observer l’Argent fuir toute activité à long terme, tout investissement stratégique, toute rémunération du Travail pour se démultiplier au sein des arcannes financières, il me paraissait naturel, qu’au bout du compte (ou du conte), on se dirigeait vers un monde ou la seule ambition ou projet politique serait de rester suffisamment « respectable » aux yeux de la gouvernance financière pour pouvoir encore et toujours emprunter. Cette mécanique me paraissait si absurde (et si désastreuse pour mon propre pays, la Grèce), que j’avais tendance à supposer que le problème était en moi, que j’étais déconnecté, fantasque et que d’autres paramètres, qui m’étaient inconnues, faussaient mon analyse d’apprenti sorcier.

Hélas, même la Standard and Poors conclue pareillement en expliquant la perte du triple A de plusieurs pays européens. Le sommet européen, affirme-t-elle a fait une mauvaise analyse : ce n’est pas l’orthodoxie budgétaire la problème, c’est la productivité, les déficits commerciaux. Il ne faut pas plus de rigueur, il faut plus d’exportations. Bien entendu la S. and P. a autre chose à la tête : il faut compresser encore plus le coût du travail, rendre la « flexibilité » encore plus effective en réduisant les protections du Travail au sein de l’espace européen. Cependant, et en partant de son constat on peut argumenter différemment : c’est la monopolisation des capitaux par le secteur financier qui freine la productivité au profit de la spéculation.

Tous ceux qui ne mettent pas en cause les us et coutumes financières ne peuvent agir que sur la marge, sur les miettes que « loue » la finance à l’économie réelle et au développement des Etats.

Justice et finance sont des termes oxymores : jamais le secteur financier n’a prétendu faire dans du moral ou du social. Mais, encadré, limité, contrôlé, il le faisait plus ou moins jusqu’aux années 1980, faute de mieux : le secteur de l’économie réelle offrant alors des bénéfices comparables à ceux de la finance et ses restrictions légales. C’est le constant détricotage de ces restrictions, l’absolue autonomie de la finance, la dépendance idéologique et politique des Etats à son égard (quoi qu’en disent nos élites politiques), qui sont à l’origine de la crise permanente que nous subissons. Car parallèlement, toutes les restrictions qu’on enlevait à la finance on les réintroduisait au sein des Etats, de leurs fiances et de leur fonctionnement. Cela s’est fait presque en catimini, loi après loi, directive après directive, décrets d’applications après décrets d’applications, mais avec cohérence. Ainsi, le citoyen pouvait peut-être manifester contre la privatisation des services essentiels ou stratégiques de l’Etat (transports, télécommunications, éducation, énergie, etc.), mais n’avait pas la moindre idée de la privatisation de l’Etat lui-même et de son budget. Il observait bien les débats sur les impôts, le déficit budgétaire ou le commerce extérieur, mais on lui expliquait que pour la dette, un clic sur l’ordinateur procurait (auprès du mystérieux marché) les milliards journaliers nécessaires. Il y avait, surtout chez nos élites libérales, un discours contradictoire : d’une part on discourait sur les dépenses exagérées des Etats, mais d’autre part, on n’expliquait pas pourquoi cette rigueur était nécessaire puisque on pouvait toujours se procurer à moindre frais les sommes manquantes.

Ainsi on pouvait sans vergogne discourir sur le scandale de la sécurité sociale ou de la caisse des retraites, mais sans jamais pointer du doigt les dettes abyssales de l’Etat lui même. Cela permettait, entre autres, d’occulter le rôle de l’impôt : le gouvernement actuel ne s’est pas senti obligé d’expliquer en quoi consistait la baisse des impôts, le bouclier fiscal etc., si ce n’est pour donner une prime au cynisme : si on ne le fait pas, les riches partiront. Depuis, il a fait ce que font tous les gouvernements libéraux (c’est à dire tous au sein de la zone euro), il a peu à peu remplacé l’impôt par des taxes, c’est à dire qu’il fait payer à l’ensemble des citoyens les cadeaux octroyés aux plus favorisés. Sans empêcher pour autant un glissement de plus en plus raide vers la dette. C’est tout de même étonnant que la dette, toujours plus importante depuis les années 1980, connaît des pics asymptotiques chaque fois que des pères fouettards de la rigueur (Juppé, Balladur, Raffarin, Fillon) sont aux affaires. En trente ans, la seule période ou la dette a diminué est celle ou Jospin était premier ministre, et pour être exact, la (courte) période Villepin.

Ce n’est pas anodin : toute l’infrastructure idéologique du libéralisme (et du Sarkozisme qui en est une variable exotique), est basée sur la critique d’un Etat dépensier et des méfaits du coût du Travail. On peut dire ce que l’on veut mais la preuve est faite que la coordination des mesures « Dette – Travail – Budget » ont été efficaces sous Jospin tandis qu’elles ont creusé des déficits abyssaux sous Sarkozy. La preuve est faite aussi que le choix, encore et toujours le même, de sauver avec les deniers des citoyens le secteur financier chaque fois qu’il est en faillite (c’est à dire de privatiser les bénéfices et de « collectiviser » les pertes) garanti une impunité du secteur financier et lui permet de continuer sans vergogne son chantage vis à vis des Etats en perpétuant les fonds dits spéculatifs, en misant tout (ou presque tout) dans le marché obligataire. Inutile de souligner (et là c’est « l’expert » qui parle) que le marché obligataire est la cuve commune ou se dilue l’argent gris et noir de toutes les activités délictueuses, de tous les trafics illégaux.

Mais là aussi, c’est une autre histoire.

Jean-Louis pour Michel Koutouzis

son site

Des ampoules radioactives chez soi ?

Allons bon, pas moyen de s’éclairer sans risques….

Des ampoules radioactives chez soi ? dans Opinions danger-ampoule-fluocompacte-8accd

Chaque foyer comporte en moyenne 25 lampes électriques, celle du réfrigérateur comprise. Pas le choix pour les usagers, on nous impose les ampoules fluo-compactes, basse consommation, car les ampoules à incandescence sont considérées comme énergivore.

Le grand mot est lancé : Energivore….. C’est la mode. Je veux bien économiser l’énergie mais quand je vois tout le gaspillage qui est fait par le quidam moyen, je me pose des questions. Un exemple ? Facile, un client lambda prend une chambre d’hôtel, et quand il va manger, il laisse les lumières allumées de la chambre, et trop souvent le chauffage plein pot avec la fenêtre ouverte. Mais je m’égare…..

Revenons aux ampoules écologiques. Gros doutes sur le sujet. Déjà il y a du Mercure dedans. D’où la nécessité d’un couteux recyclage. On nous vend ces satanées ampoules avec le blabla du style, durée de vie dix fois supérieure, ce qui est censé compenser le surcoût desdites ampoules, mais voilà…. C’est vrai à condition de ne jamais les éteindre. Ennuyeux, car Versailles en pleine nuit dans le deux pièces cuisine, totalement inutile, et puis pour dormir….

De plus, leur quasi absence d’émission calorique inutile contraint à monter le chauffage. Car s’est surtout l’hiver que l’on éclaire. Donc économie de quoi ?

Le dossier n’est pas brillant. Et puis, scoop. L’association écologique Robin des Bois en rajoute une couche en affirmant que certaines de ces lampes sont radioactives. A dose certes très faible, mais en toute illégalité, les fabricants y incorporeraient divers éléments, comme le Tritium, le Krypton 85, le Thorium 232 ou le Prométhium 147. Cela pour en accélérer l’allumage, ou en améliorer le rendu lumineux, souvent jugé trop blanc.

Hervé Grimaud, le directeur général de Recylum (l’éco organisme officiel chargé de recycler les ampoules usées pour en extirper le Mercure) s’abrite derrière les déclarations des fabricants, selon lesquels, si radioactivité il y a, « cela ne peut concerner que des modèles très spéciaux, destinés à l’éclairage public des stades, gares, aéroports ou à d’autres usages professionnels ». Génial. Autrement dit, si vous attendez votre TGV la nuit dans une gare, vous vous prenez une dosette de radiations.

Mais une dosette, plus une dosette, plus une dosette = overdose. Accumulation des radiations, c’est cela qui tue.

Jacky Bonnemains, président de Robin des Bois, précise aussi que l’usage professionnel concerne aussi les éclairages de bureau, ainsi que des phares automobiles. Et de conclure que « l’addition de radionucléides aux biens de consommation est interdite ».

Alors les fabricants, reconnaissants qu’ils se trouvent dans l’illégalité viennent de soumettre une « demande de dérogation au titre des articles R.1333 et R.1333-5 du Code de la Santé Publique ».

Pour savoir si une lampe est radioactive, il faudrait miser sur la curiosité du consommateur. Il faudrait poser la question au vendeur. Mais voilà, comme probablement la lampe a été fabriquée en Chine, impossible.

Avant de ressembler à des vers luisants, profitons encore des quelques ampoules à incandescence, et puis poussons les fabricants à fabriquer des ampoules non nocives. Au moins ce sera réellement écologique.

Jean-Louis pour Clojea

in Agoravox

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