Archive pour 17 janvier, 2012

L’Allemagne dans et avec l’Europe, par Helmut Schmidt (I/II)

Homme de mémoire longue, Helmut Schmidt a délivré au Congrès du SPD en décembre dernier sa vision historique de l’Europe, de son futur, et du rôle de l’Allemagne. Dans un monde où le poids relatif de chaque nation européenne ne sera bientôt plus mesuré en pourcents mais en millièmes, l’intégration est une nécessité absolue, juge-t-il, si l’on veut éviter une marginalisation non seulement du rôle géopolitique des nations européennes mais aussi des idéaux qu’elles portent. Intégration qui selon lui doit également arrimer la puissance Allemande au continent, non pas en raison d’une conception idéaliste de l’Europe, mais d’une vision géostratégique où cet ancrage constitue une garantie contre le retour de dissensions internes dont tous – à commencer par l’Allemagne – sortiraient affaiblis.

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Discours d’Helmut Schimdt, Congrès du SPD, décembre 2011 – extraits

Tout homme ayant atteint un grand âge réfléchit naturellement sur de longues périodes de temps – sur le passé historique et également sur l’avenir souhaité et projeté.

Néanmoins je ne pourrais pas donner de réponse simple à cette question très simple : il y a quelques jours, Wolfgang Thierse m’a demandé : « Quand l’Allemagne sera-t-elle finalement un pays normal ? » J’ai répondu : dans un avenir prévisible, l’Allemagne ne sera pas un pays « normal ». Parce qu’à cette possibilité s’oppose notre inimaginable mais unique responsabilité historique. Tout comme par ailleurs le poids démographique et économique de notre position centrale, au milieu de notre continent très petit, mais si diversement organisé en nations.

Les motifs et les racines de l’intégration européenne.

Même si parmi les environ 40 États européens, la conscience nationale ne s’est développée que récemment dans quelques Etats – comme l’Italie, la Grèce et l’Allemagne – de sanglantes guerres ont eu lieu partout et toujours. On pourrait aussi décrire cette histoire européenne – vue depuis le centre de l’Europe – comme une suite presque ininterrompue de combats entre la périphérie et le centre et vice versa entre le centre et la périphérie. Le centre est toujours resté, encore et encore, le champ de bataille décisif.

Chaque fois que les Etats ou les peuples du milieu de l’Europe ont été faibles, les voisins de la périphérie sont entrés dans ce centre affaibli. La plus grande dévastation et le plus lourd tribut humain sont survenus durant la guerre de 30 ans, de 1618 à 1648, qui pour leur plus grandes parts se sont déroulés sur le sol allemand. L’Allemagne n’était à l’époque qu’un terme géographique, qui n’était que vaguement défini par une région de langue allemande. Plus tard sous Louis XIV, les Français sont venus, puis à nouveau sous Napoléon. Les Suédois ne sont pas revenus, mais les Britanniques et les Russes l’ont fait. La dernière fois sous Staline.

Mais, lorsque les dynasties ou les Etats du centre de l’Europe étaient forts ou quand ils se sentaient forts, ils ont alors conquis la périphérie. C’était déjà arrivé lors des croisades, qui étaient également des conquêtes. Non seulement en Asie mineure et à Jérusalem, mais aussi en direction de la Prusse orientale et des trois Etats baltes. Dans la période récente ce fut le cas pour la guerre contre Napoléon, et cela s’applique aussi aux guerres de 1864, 1866, 1870-1871.

C’est la même chose avec la deuxième guerre de trente ans, de 1914 à 1945. Cela correspond aussi aux avancées d’Hitler jusqu’au Cap Nord, le Caucase, au sud vers la Grèce, la Crète, le sud de la France, et même Tobrouk à proximité de la frontière entre la Libye et l’Egypte. La catastrophe européenne, provoquée par l’Allemagne, a aussi été la catastrophe des Juifs d’Europe et celle de l’Etat national allemand.

Avant cela, les Polonais, les pays baltes, les Tchèques, les Slovaques, les Autrichiens, les Hongrois, les Slovènes et les Croates ont partagé le sort des Allemands – en ce sens où tous ont souffert pendant des siècles de leur position centrale dans la géopolitique de ce petit continent européen. Ou pour le dire différemment : nous, les Allemands avons fait souffrir les autres en vertu de notre position de puissance centrale.

Aujourd’hui, ces combats de revendications territoriales, ces conflits frontaliers ou d’appartenance linguistique, qui ont joué un rôle majeur dans la conscience des nations dans la première moitié du 20ème siècle, sont devenus de facto, sans signification. Au moins pour nous Allemands.

Bien que dans la conscience de l’opinion publique et dans les opinions exprimées en Europe, la connaissance et le souvenir des guerres de l’époque médiévale aient considérablement diminué, la mémoire des deux guerres mondiales du 20ème siècle et de l’occupation allemande jouent encore un rôle dominant, de façon subtile.

Pour nous, Allemands, il m’apparaît décisif que pratiquement tous les voisins de l’Allemagne – et presque tous les Juifs dans le monde – commémorent l’Holocauste et les atrocités qui se sont déroulées durant l’occupation des pays périphériques. Nous, Allemands, ne sommes pas suffisamment conscients du fait que presque tous nos voisins entretiennent toujours des soupçons à notre encontre, et ce pour encore de nombreuses générations à venir.

Ainsi, les générations allemandes nées plus tard doivent vivre avec ce fardeau historique. Et la génération actuelle ne doit pas l’oublier : ce furent les doutes sur le développement futur de l’Allemagne qui ont jeté en 1950 les bases de l’intégration européenne.

Churchill avait deux motivations en 1946, lorsqu’il a appelé dans son grand discours de Zurich les Français à se réconcilier avec les Allemands et à bâtir les Etats-Unis d’Europe avec eux : tout d’abord la défense commune contre une Union soviétique menaçante, mais ensuite l’intégration de l’Allemagne dans une grande Union occidentale. Car Churchill prévoyait de façon avisée la remontée en puissance de l’Allemagne.

Tout comme en 1950, quatre ans après le discours Churchill, Robert Schuman et Jean Monnet avaient proposé le plan Schuman, dix ans plus tard, Charles de Gaulle, en offrant sa main tendue à Konrad Adenauer, agissait pour le même motif.

Tout cela provenait d’une vision réaliste, celle d’un éventuel développement futur de la puissance allemande, toujours aussi redouté de façon semblable. Ni l’idéalisme de Victor Hugo qui en 1849 avait appelé à l’unification de l’Europe, ni aucune autre forme d’idéalisme n’étaient à l’œuvre en 1950-1952, au début de l’intégration européenne alors limitée à l’Europe occidentale. Les principaux hommes d’État en Europe et en Amérique (Nommons George Marshall, Eisenhower ainsi que Kennedy, mais surtout Churchill, Jean Monet, Adenauer et de Gaulle ou encore de Gasperi et Henri Spaak) n’ont pas agi en raison d’un idéalisme européen mais en fonction de leur connaissance de l’histoire européenne. Ils ont agi en ayant une vision réaliste de la nécessité de prévenir la poursuite de ce combat entre la périphérie et le noyau allemand.

Qui ne comprend pas ce motif premier de l’intégration européenne – et en est toujours l’élément fondamental – méconnait le préalable le plus précieux pour résoudre cette crise actuelle, la plus dangereuse pour l’Europe.

Durant les années 1960, 1970 et 1980, plus la République Fédérale d’Allemagne prenait du poids économiquement, militairement et politiquement, plus aux yeux des hommes d’Etat de l’Europe occidentale l’intégration européenne était une assurance contre une possible perversion de la puissance des Allemands. En 1989-1990, par exemple, la résistance initiale de Margareth Thatcher, Mitterrand ou Andreotti contre une réunification des deux États allemands d’après guerre était clairement alimentée par la préoccupation de voir au centre de ce petit continent européen une Allemagne puissante.

A ce stade, je m’autorise une petite digression. J’ai écouté Jean Monnet lorsque je participais au comité Monnet « pour les Etats-Unis d’Europe ». Cela se déroulait en 1955. Pour moi, Jean Monnet est resté l’un des esprits français les plus visionnaires que j’aie rencontré dans ma vie – sur la question de l’intégration, mais aussi sur son concept de l’approche des petits pas vers l’intégration européenne.

Depuis lors, j’ai été et je suis resté un chaud partisan de l’intégration européenne et un chaud partisan de l’intégration de l’Allemagne, en raison de la vision de l’intérêt stratégique de la nation allemande, et non pas par idéalisme. Cette vision m’a guidée dans les années 1950 pour approuver le plan de Rapacki, alors ministre des Affaires étrangères polonais. Au début des années 1960, j’ai écrit un livre contre la stratégie officielle occidentale de riposte nucléaire stratégique contre l’Union Soviétique que défendait l’OTAN, à laquelle nous appartenions alors comme aujourd’hui.

L’Union européenne est nécessaire

De Gaulle et Pompidou ont poursuivi l’intégration européenne pour rattacher l’Allemagne dans les années 1960 et au début des années 1970 – mais ils n’étaient pas prêts à engager leur propre Etat en aucune manière. Ensuite, les bonnes relations entre Giscard d’Estaing et moi-même ont amené une période de coopération franco-allemande. Une période qui a été poursuivie avec succès après le printemps de 1990 entre Mitterrand et Kohl. Dans le même temps, la communauté européenne s’était élargie étape par étape entre 1950-1952 et 1991, de six à douze États membres.

Grâce aux travaux préparatoires de Jacques Delors (alors président de la Commission européenne) Mitterrand et Kohl ont donné naissance à Maastricht en 1991 à la monnaie commune européenne, qui dix ans plus tard, en 2001, est devenue une réalité. Fondée sur une autre inquiétude Française devant une Allemagne trop puissante – ou plus précisément d’un Deutsch-Mark trop puissant.

Depuis, l’Euro est devenu la deuxième monnaie de l’économie mondiale. La monnaie européenne est à l’intérieur comme à l’extérieur beaucoup plus stable que le dollar américain – et plus stable que le Deutsch-Mark durant ses 10 dernières années d’existence. Tous les discours et les écrits sur une soi-disant « crise de l’euro » ne sont que ragots inconsistants des médias, des journalistes et des politiques.

Depuis Maastricht (1991-1992) le monde a considérablement changé. Nous avons connu la libération des nations de l’Europe de l’Est et l’implosion de l’Union soviétique. Nous avons assisté à l’essor phénoménal de la Chine, l’Inde, le Brésil et des autres « pays en développement » que l’on appelait précédemment « tiers monde ». Les économies d’une plus vaste partie de la planète sont devenues « globalisées » durant la même période. Pour le dire simplement : presque tous les états du monde sont dépendants les uns des autres. Mais tout d’abord, tous les acteurs sur les marchés financiers mondialisés ont entre-temps acquis un pouvoir incontrôlé.

Rapidement – de façon presque inaperçue – l’humanité a connu une croissance explosive, passant pratiquement à 7 milliards. Quand je suis né c’était simplement 2 milliards. Tous ces changements fondamentaux ont des conséquences énormes sur les peuples d’Europe, de leur situation et de leur bien-être.

Par ailleurs, toutes les nations européennes vieillissent de plus en plus et le nombre de leurs citoyens diminue. Au milieu du 21ème siècle, près de 9 milliards de personnes devraient vivre sur la planète, et les nations européennes ne représenteront en tout qu’environ 7% de la population mondiale. 7% sur 9 milliards ! Jusqu’aux années 1950, depuis deux siècles, les Européens comptaient pour plus de 20 % de la population mondiale.

Mais depuis 50 ans, nous, Européens sommes en régression – non seulement en valeur absolue, mais surtout par rapport à l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. La part européenne du PIB mondial – qui représente la création de valeur de toute l’humanité – est en diminution aussi rapide. Elle va baisser jusqu’en 2050 à environ 10%. En 1950, elle était encore d’environ 30%.

Chaque nation européenne ne représente qu’une fraction seulement de 1% de la population mondiale. Ce qui signifie que si nous voulons avoir l’espoir que nous, Européens, ayons une certaine importance dans le monde, nous ne pouvons y parvenir qu’ensemble. Parce le poids de chaque Etat – la France, l’Italie, l’Allemagne ou la Pologne, la Hollande ou le Danemark ou la Grèce, peu importe – ne se mesurera plus en valeur de pourcentage mais de millièmes.

De ce fait, il résulte que l’intérêt stratégique à long terme de toutes les nations européennes est celui d’une unification intégrale. Cet intérêt stratégique de l’intégration européenne gagnera en importance. Ce n’est pas à l’heure actuelle largement compris par ces nations. Leurs gouvernements n’en sont pas conscients.

Mais si l’Union européenne ne parvient pas à instaurer durant les deux prochaines décennies un pouvoir commun – même limité – à même d’agir, une marginalisation auto-infligée de chaque Etat européen et de la civilisation européenne ne peut pas être exclue. Au moins peut-on éviter un retour des compétitions et des luttes de prestige entre les Etats de l’Europe. Si c’était le cas, une intégration de l’Allemagne ne pourrait guère se produire. Le vieux conflit entre centre et périphérie pourrait devenir réalité une fois de plus.

Dans le monde entier, le processus des Lumières, l’expansion des droits de l’homme et de sa dignité, les constitutions fondées sur la primauté du droit et la démocratisation ne recevraient plus aucun élan en provenance d’Europe. Vue ainsi la communauté européenne devient une nécessité vitale pour les États nations de notre vieux continent. Cette nécessité va au-delà des motivations de Churchill et de De Gaulle. Elle va également au-delà des motivations de Monnet et de celles de Konrad Adenauer. Elle dépasse aujourd’hui aussi les motivations de Ernst Reuter, Fritz Erler, Willy Brandt et d’Helmut Kohl.

J’ajoute : assurément, cette question sera toujours celle de l’intégration de l’Allemagne. Donc nous, Allemands devons gagner en clarté au sujet de notre propre tâche, de notre rôle dans le contexte de l’intégration européenne.


Jean-Louis pour ContreInfo

Publication originale EurozoneRemarks, traduction Contre Info

SARKOZY, CHAMPION DE LA POPULARITÉ NÉGATIVE (LE FIGARO)

Connaissez-vous la « popularité négative » ? Pour la présidentielle, le Figaro.fr propose un petit site flambant neuf: « Le scan ». Le concept: un « baromètre web de la présidentielle », qui abonde de statistiques en tout genre et de jolis graphiques. Curieusement, Nicolas Sarkozy arrive toujours nettement en tête des statistiques de popularité proposées par le site… Petite étude méthodologique.

Première surprise: la courbe de Nicolas Sarkozy surnage systématiquement sur le graphique de « l’évolution générale de la popularité des personnalités ». En glissant sa souris sur le tableau, on peut voir apparaître des chiffres, généralement supérieurs pour le président français.

Comment ce tableau a-t-il été fabriqué ? Tout en bas de la page, le lien « méthodologie » donne la réponse:« Le Scan écoute un grand nombre de sources en temps réel: un panel de sites d’information et de blogs constitués par la rédaction, la majorité des JT, et les grands réseaux sociaux que sont Facebook et Twitter. » Comment ces données sont-elles analysées ? « Dès qu’une des personnalités étudiées est citée, le contenu qui la concerne est analysé par un moteur sémantique exclusif développé par la société Exalead (filiale du groupe Dassault). Cette technologie permet de détecter si la citation à propos d’une personnalité porte un “sentiment”, c’est à dire une connotation positive ou négative à son sujet. « 

En bleu Nicolas Sarkozy, en rose françois Hollande picto

 

SARKOZY, CHAMPION DE LA POPULARITÉ NÉGATIVE (LE FIGARO) dans Opinions original.45062.demi
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Pas grand chose à voir, donc, avec la popularité des candidats: le graphique représente le nombre de citations à « connotation positive » liées à chacun. D’où les chiffres: par exemple, le 15 janvier dernier, le nom de Marine Le Pen totalisait 284 connotations jugées positives par le moteur de recherche du groupe Dassault. Mais l’internaute attentif peut remarquer une seconde surprise, cachée en haut à droite du graphique. Un bouton permet de basculer le tableau en « négatif » ! Que peut donc bien être la « popularité négative »? Un tableau recensant le nombre de citations à connotations négative pour chaque candidat.

Nouvelle surprise: Sarkozy est toujours au dessus, et plus que jamais. Le chef de l’Etat totalise beaucoup plus de « sentiments négatifs » que ses concurrents. Le président est donc à la fois le plus populaire et le plus impopulaire. Résultat: les tableaux perdent tout leur sens. Seule information révélée par ces courbes: Sarkozy est davantage cité de façon générale – ce qui semble logique- et totalise plus de commentaires de toutes sortes. Comparatif des deux tableaux:

Popularité « négative »

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Popularité « positive »

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Le graphe est donc parfaitement trompeur. Une simple règle de trois aurait permis au super « moteur sémantique exclusif » de Dassault de calculer les taux de sentiment positif des candidats. Résultat: @si peut vous révéler un scoop. Au 15 janvier, François Bayrou obtient le meilleur taux avec 67% de connotations positives, François Hollande le talonne avec 57%, puis vient Marine Le Pen avec 52% et enfin… Nicolas Sarkozy avec seulement 40% de « sentiments positifs » de la part des Français. Le tout avec les mêmes chiffres que le Figaro.fr.

Dans de telles circonstances, comment un graphe montrant une avance considérable de Nicolas Sarkozy peut-il se retrouver en page d’accueil du « scan »? La réponse est peut être dans ce commentaire de l’@sinaute qui nous a signalé le site: « le journal de Dassault développe un logiciel Dassault qui « écoute » (sic) notamment les blogs de la rédaction du journal de Dassault, pour évaluer objectivement le candidat soutenu par Dassault ! »

Jean-Louis pour Julie Mangematin

in @rrêt sur images

L’austérité fait descendre les « indignés » roumains dans la rue

L'austérité fait descendre les « indignés » roumains dans la rue dans Opinions ajxr4yhceaaxvk7
Scène de manif à Bucarest (Tris Acatrinei via Twitter)

(De Bucarest) Depuis quatre jours, la Roumanie bouillonne. Dimanche dans la capitale Bucarest, des milliers de personnes ont occupé toute la journée la place centrale de l’Université, symbole de la révolution de 1989, pour crier leur mécontentement envers une classe politique corrompue et des mesures d’austérité extrêmement dures.

Simona, une jeune cadre, déclare :

« Je proteste contre le gouvernement le plus malhonnête que la Roumanie ait connu depuis vingt ans, et contre son absence total de dialogue avec la société ».

Mais derrière les slogans anti-présidentiels, les manifestants, qu’ils soient étudiants, retraités, actifs ou chômeurs, ont avant tout crié leur ras-le-bol de la pauvreté.

Adi, étudiant en histoire, s’indigne :

« Ils nous ont volé notre futur et la chance d’une vie meilleure ici. Aujourd’hui, il faut quitter le pays pour réussir ».

Hausse des prix

Mihnea, un adolescent de 15 ans dit être descendu dans la rue pour appuyer sa mère : professeur, elle a vu son salaire réduit de 25%.

Fortement touchée par la crise, début 2009, la Roumanie a été obligée de se tourner vers le FMI et l’Union Européenne pour emprunter quelques 20 milliards d’euros.

En 2010, le gouvernement du président Basescu a alors pris des mesures d’austérité drastiques pour limiter les déficits : réduction d’un quart des salaires des fonctionnaires, gel des des retraites et augmentation de la TVA de 19 à 24%.

« Essence, électricité, chauffage… Les prix ont explosé et je ne peux plus faire face », déplore Bogdan, un jeune père de famille au chômage. Pendant un an, les Roumains semblaient avoir accepté ces efforts difficiles sans protester.

Mais mardi dernier, on leur a demandé le renoncement de trop. Le docteur roumain d’origine palestinienne, Raed Arafat, fondateur du service médical d’urgence SMURD et personnage très populaire, a annoncé sa démission du gouvernement pour marquer son opposition au projet de libéralisation du système de santé.

Pour le soutenir, les Roumains se sont vite mobilisés sur les réseaux sociaux. Cristian Parvulescu, politologue, analyse :

« Cet incident n’a été qu’une occasion pour les gens de manifester leur frustrations qui, pour certains, s’accumulent depuis la chute de Ceausescu ».

Certes, la proposition a été retirée par le président Basescu deux jours plus tard.

Mais le geste n’a pas calmé les esprits. Alors que tout le weekend les manifestants ont attendu une réaction publique, le premier ministre, Emil Boc, a annoncé lundi que le docteur Arafat était simplement « invité » à la rédaction d’une nouvelle loi sur la santé. Tout en déplorant les violences et pillages de boutiques qui ont fait une cinquantaine de blessés en marge des manifestations.

Présidentielles en vue

Ces derniers jours, il a fait grand beau à Bucarest. Un soleil qui ne serait pas étranger à la mobilisation des Roumains, selon Parvulescu. Le politologue voit même dans la météo une explication à l’absence de réaction du pouvoir face à ces manifestations sans précédent.

« Peut-être que le gouvernement attend la neige et le froid pour stopper les revendications », plaisante-t-il.

Alors que les élections présidentielles sont prévues à l’automne, de plus en plus de protestataires demandent un vote anticipé.

Lundi soir, il neigeait sur la Roumanie. Mais sur la place de l’Université comme ailleurs dans le pays, des rassemblements se préparaient.

Jean-Louis pour Mihaela Carbunaru
in Rue89

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR Tribune des droits humains
Tribune des droits humains

La mise en examen du procureur Courroye, une décision « capitale »

Le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, a été mis en examen mardi 17 janvier dans l’affaire des « fadettes » du Monde, à la suite d’une plainte de journalistes pour violation du secret des sources. Il l’a lui-même annoncé dans un communiqué transmis à l’AFP.

Cette mise en examen pour « collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal et illicite » et pour « violation du secret des correspondances », notifiée par la juge parisienne Sylvia Zimmermann, ce procureur proche de Nicolas Sarkozy la « conteste vigoureusement sur la forme et sur le fond ».

Courroye : « C’est d’une extrême gravité »

En décembre, la Cour de cassation avait déjà jugé « illégale » l’enquête diligentée par Philippe Courroye pour découvrir qui avait informé des journalistes du Monde dans l’affaire Woerth-Bettencourt. Les listings d’appels téléphoniques (ou « fadettes ») de plusieurs journalistes avaient été récupérés par la police sur ordre du procureur. Pour la juridiction suprême du pays, cela constituait une violation de la loi de 2010 sur le secret des sources des journalistes.

Courroye a annoncé mardi avoir déposé « immédiatement » deux recours devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris :

« Cette mise en examen est, au regard du fonctionnement de la justice, d’une extrême gravité puisqu’elle touche au pouvoir d’enquête du procureur de la République, mission qu’il exerce, aux termes de la loi, au service de l’intérêt général. »

En effet, cette mise en examen est « d’une extrême gravité ». Selon le magistrat Denis Salas, maître de conférence à l’Ecole nationale de la magistrature et membre du conseil d’administration de l’association française pour l’histoire de la justice (AFHJ), il est déjà arrivé que des procureurs soient mis en examen :

« Les magistrats n’ont pas d’immunité. Je me souviens par exemple du cas d’un vice-procureur mis en examen pour vol et incarcéré. »

« Le procureur Courroye est l’un des plus importants du pays »

Cependant, la mise en examen du procureur Courroye recèle un caractère exceptionnel pour deux raisons, selon lui :

« D’abord, le procureur Courroye est l’un des plus importants du pays, il est à la tête du deuxième parquet de France après celui de Paris.

Ensuite, le mettre en examen dans une affaire aussi sensible est une vraie manifestation d’indépendance de la justice.

Pour moi, c’est une décision capitale. »

L’affaire est sensible dans la mesure où l’on soupçonne l’Elysée d’avoir cherché à « éteindre », par tous les moyens, l’affaire Woerth-Bettencourt en débusquant les sources des journalistes les mieux renseignés sur ce dossier mettant en cause l’ancien trésorier de l’UMP.

En octobre, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, un proche du Président Sarkozy, a été mis en examen par la juge Zimmermann dans la même affaire.

Jean-Louis pour Augustin Scalbert

in Rue89

Occupy Wall Street.. Bon anniversaire l’OWS !

Le capitalisme se meurt, selon Ionesco, il ne serait pas conscient de sa fin prochaine. Mais l’OWS se porte très bien, apparu il y a quatre mois par un frais dimanche de septembre 2011 à New York.

Le capitalisme se meurt, le capitalisme est mort, vive le capitalisme ! Façon de dire.. Si ce n’est aujourd’hui, ce sera pour demain, ou l’an prochain. Qu’est-ce qu’une année à l’échelle de l’histoire ? Une petite journée à peine, perçue dans la perspective du temps humain.

Le capitalisme est en état de mort clinique, son état de santé ne s’est pas amélioré depuis le dernier bilan du 24 décembre 2011. Mais les « experts », les docteurs à faux nez continuent de nier, ils parlent de crise, comme crise de dents, crise de goutte, crise de colique néphrétique (les douleurs paroxystiques sont bien là, violentes, spontanées ou provoquées, secousses de la fosse lombaire..),tout cela va finir par s’arranger entend-on partout.

Les courtisans et le haut-clergé se déchirent les reliefs de richesse, s’étripent allègrement, s’échinent pour sauver les meubles, profiter des derniers immenses privilèges, quitte à forcer le bastringue de tour de vis en tour de vis, de tour de vices en tours de vices.

Et le bon petit peuple, hallucinés, tout formaté à coup de H et de spectron, assommé d’informations, tout occupé à jouer avec ses nouvelles sonnettes, inconscient  »des enjeux » comme dit la novlangue, se dispute les dernières miettes du festin et s’étourdit dans les dernières flamboyances de l’orgie.

Course à l’abîme sans la moindre préoccupation d’ordre éthique, encore moins d’ordre esthétique ou philosophique, encore moins d’ordre pratique.

C’est du tout-à-l’économique-tout-à-fric.

Quel puissant et obscène symbole que celui de ce prétentieux rafiot couché sur le flanc !

Annonces rigolotes de « pilules d’immortalité », de voyages sur la Lune, sur Mars, de découvertes de gisements d’huile illimités.

Et ils y croient les pauvres bougres, ils y croient.

Question : qu’est-ce qu’on fait des déchets ?

Question : que se passe-t-il si demain, comme c’est leur fantasme quotidien (bien légitime en regard des nôtres), 4 milliards d’Indiens et de Chinois vivent comme des Américains ?

Question : sont-ils heureux ? Ou même, sont-ils certain de n’être pas malheureux ces soutiers exténués et malades du capitalisme ?

LFC notait déjà, il y a 70 ans, que le capitalisme est une grande galère sur laquelle tout le monde rame.. Et encore, il n’avait pas vu les monstrueux échafaudages du capitalisme financier de notre temps, celui qui crée des milliards et des milliards sans avoir plus aucun besoin d’autres réalités qu’un amas de computers et d’ « instruments financiers ».

Est-ce pour cela que l’Homme serait sorti du néant ? Fabriquer et trafiquer des marchandises à longueur de vie ? Chevaucher en hordes serrées des absurdes ferrailles ?

Question : le capitalisme et le consumérisme constituent ils une civilisation ?

Mais là ne sont pas les questions. La fin est imminente car elle est immanente, inscrite dans leurs gènes.

Personne ne s’est encore aperçu que l’évangile du développement permanent est une hérésie en regard des lois de la nature. Personne.. Hormis peut-être les banksters eux-mêmes, les « experts », le haut-clergé, les grands serviteurs de sa majesté Capitalisme, cette mince frange des 1% dénoncés par l’OWS.

Les caciques de la politique quant à eux n’ont jamais remis le dogme en doute, ne le remettent jamais, ne le remettront jamais en doute, en aucune circonstance.

Mélanchon a bien dit que Madame Le Pen et son Front sont « les chiens de garde du capitalisme », capitalisme qui trouve ses partisans sur l’ensemble de la palette politique, de la droite à la gauche tout confondu, sauf bien évidemment pour le « Front de Gauche », dont il serait l’ennemi.

Monsieur Mélanchon, qui pourrait presque faire le deuxième tour avec Madame, ne s’aperçoit-il pas que son programme n’est qu’une exploitation sous licence du dit capitalisme ? Quelques aménagements, quelques changements de propriétaires suffiront dans sa théorie pour faire l’affaire, on redistribue un peu mieux, on met l’état et ses fonctionnaires au côté des banksters et vogue la galère !

Croissance et développement seraient aussi les deux mamelles des lendemains qui chantent pour la gens prolétaire.

Quant à Hollande, à DSK le socialiste, à Aubry, à toute cette coterie, ce clan clinquant de la social-démocratie, n’en parlons pas ! Les seules concessions qu’ils consentent à l’idée de révolution, c’est la taxe Tobin, un truc vieux de 20 ans, emplâtre sur une jambe de bois, et quelques tours de passe-passe très-élimés.

Personne n’ose le discours politique ajusté à l’époque et aux besoins de l’époque. Personne. Sauf l’OWS, ce mouvement de contestation « global », qui réfute le système dans son ensemble. Pas seulement le capitalisme, qu’il faut purement et simplement détruire, mais tout ce qui va avec, tout ce qui le sous-tend : l’industrie de la réclame, la politique Tartuffe, l’écologie Tartuffe, le sport spectacle, les pratiques institutionnalisées du mensonge, de l’hypocrisie, la société de surconsommation, la société du spectacle et de l’illusion, toutes notions de développement, durable ou pas, toute la paranoïa du désir jamais assouvi, l’idée absurde du toujours plus, les croyances surannées dans l’idée de progrès, la confiance aveugle dans la technologie pour régler les problèmes ici-bas, l’acceptation et la sanctification même de la violence, le massacre sans le moindre état d’âme du monde animal, la dévastation de la planète, l’exportation du modèle de vie des banksters jusque dans les banlieues les plus reculées, jusque dans les chaumières les moins concernées..

Ah ! J’en oublions tant nombreux sont les malformations du capitalisme et de la société de surconsommation..

Le système s’est établi sur des constructions si absurdes qu’il n’a désormais besoin de personne pour s’effondrer.

Songez à la beauté, à la grandeur, à l’incroyable dimension des chiffres : 2000 milliards de dette pour la France (sans compter les engagements sur les retraites), sur le dos de 20 millions de le Guignon, autant que le PIB de l’Inde, vivier de 600 millions de travailleurs candidats peu exigeants à l’état d’exploités.

Le poids des déchets par an a plus que doublé en 40 ans, ne cesse de doubler.. 2500 fois le poids de la tour Eiffel.. Et le développement du continent plastique, et la présence des 32 000 têtes nucléaires..

Tout cela nous fait de malheureux la peinture achevée.

L’OWS n’occupe plus le devant de la scène comme il le faisait avant le temps des démantèlements et des bastonnades, mais il n’est pas mort, calquant ses cycles sur ceux de la nature, ce qui est garant de sa survie. Il hiberne, tout simplement.

Alors certes, il fait les choux gras de la presse Newyorkaise, rubriques faits divers :

- Miss New York critique l’OWS

- Des activistes de L’OWS installe une famille privée de logement dans une maison saisie

- Un groupe de dirigeants du mouvement « African American » fidèle à la mémoire de MLK se joignent à l’OWS pour une marche de Wall Street à Madison Square Garden au nom de la nécessité de continuer le combat pour la justice sociale.

Occupy Wall Street.. Bon anniversaire l’OWS ! dans Opinions adbusters_blog_global-uprising_s-e9bcaL’OWS est apparu en public le 17 septembre 2011, quatre mois, juste avant l’hiver. Mais il a des racines profondes. D’ici a affirmer que l’OWS est pour quelque chose dans l’avalanche de catastrophes sur catastrophes* provoquée par le capitalisme, il y a loin.

Mais l’OWS semble être le seul visionnaire, le seul Témoin.

Au printemps, plus vivace qu’avant, très-précocement, il refleurira.

* Catastrophe sur catastrophe :

6. John Pierpont Morgan est l’homme qui a compris, (…) que la libre concurrence, (…) avait fait son temps, et qu’à l’anarchie de surenchère qui amenait catastrophe sur catastrophe dans l’industrie, il fallait enfin substituer des alliances entre les puissances productives, …
Aragon, Les Beaux quartiers, 1936, p. 196.

Jean-Louis pour  Montagnais

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Longuet, Hollande et le « Costa Concordia » : L’indécence d’un ministre de la République

Profiter d’une tragédie humaine telle que le naufrage du paquebot « Costa Concordia », où le triste bilan des morts et disparus n’est même pas encore clos, pour s’adonner à une critique bassement partisane face à un rival politique : telle est l’inqualifiable exercice de vile rhétorique auquel vient de se livrer, sur les antennes de LCI, Gérard Longuet, aujourd’hui Ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, dans son attaque frontale de François Hollande.

 De fait : « Il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs. (…). Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance », a déclaré de manière pour le moins abrupte et déplacée, comparant en outre là l’incomparable, le Ministre.

 Car cette phrase, pour stupide qu’elle soit, ainsi que le rappela Laurent Fabius lorsqu’il invoqua, pour la stigmatiser, un célèbre mot du poète Schiller (« contre la bêtise, même les dieux ne peuvent rien »), s’avère, avant tout, honteuse, dotée, par-delà son indécence, d’un irrespect manifeste envers les victimes de cette immense catastrophe maritime.

UNE PHRASE SUICIDAIRE PLUS QU’ASSASSINE

 Mais ce qu’il y a peut-être de pire, en cette phrase suicidaire plus qu’assassine, c’est ce qu’elle révèle, en réalité, en profondeur : un incroyable mépris, doublé d’une non moins suspecte dose d’arrogance (voir à ce propos, quoique dans un autre genre, la fameuse et toute récente formule de Christian Estrosi lorsqu’il osa qualifier « Le Fouquet’s » de « brasserie populaire des Champs »), de la part de certains membres de l’actuel gouvernement français, face aux plus vulnérables de notre société.

 Oui : ces phrases chocs de Longuet comme d’Estrosi choquent ! Elles heurtent la conscience en ce qu’elle a de plus noble et blessent la dignité humaine. Je connais, du reste, bien des pays démocratiques et européens, y compris ceux que cet autre infatué de Sarkozy n’hésita pas à railler ces derniers temps, qui, face à de tels propos, aussi incongrus qu’intolérables, auraient poussé leurs ministres vers la porte de sortie. Exit Longuet et Estrosi !

 Que Gérard Longuet, ce mandarin de l’actuelle majorité présidentielle, soit aussi piètre ministre qu’il est mauvais orateur (« communicant » dit-on dans le jargon médiatique), c’est ce dont tout spectateur un tant soit peu avisé en matière de politique (intérieure et étrangère) se sera inévitablement rendu compte lorsque ce même Ministre de la Défense dut se contenter, sur le plateau d’un journal télévisé de grande écoute, de jouer le pathétique second rôle, flanqué en cette occasion-là d’un Bernard-Henri Lévy aussi souverain qu’aguerri, pour commenter, lamentablement faut-il le préciser, l’intervention de l’armée française, fût-elle seulement dans les airs, lors de la révolution libyenne.

Car, là non plus, Longuet, hésitant et balbutiant, parfois hagard et souvent maladroit, pour ne pas dire franchement incompétent, ne connaissait manifestement pas son dossier : une honteuse et irresponsable lacune, surtout en un temps de guerre comme celui-là, là encore !

 Mais qui, chez les valets politiques de Sarkozy, pour lesquels la forme prime trop souvent sur le fond et où de faciles slogans font tout aussi souvent office de débats d’idées, se soucie encore véritablement, aujourd’hui, du sens réel, profond et ultime, des mots ?

 Car comparer, comme vient de le faire effectivement Gérard Longuet, un candidat aux futures élections présidentielles (que ce soit, par ailleurs, François Hollande ou tout autre) à un capitaine de bateau (celui du « Costa Concordia », en l’occurrence) accusé, face à ce drame humain, du double crime d’homicides multiples et d’abandon de navire, n’est-ce pas là, tout simplement, mépriser en réalité, par-delà l’insulte faite ainsi à la mémoire des morts et ce second outrage ainsi infligé aux blessés, la République même, son statut politique comme ses valeurs morales, et, par conséquent, sa propre fonction de serviteur de l’Etat ?

 On aimerait entendre, sur cette incommensurable bourde de son ministre, chez qui l’abjection le dispute ici à l’idiotie, le toujours très rationnel et mesuré – l’un des seuls, parmi ces agités du bocal politicien, de la bande à Sarkozy, – François Fillon.

Mais à Dieu ne plaise : « sauve qui peut », diraient probablement les rats, s’ils savaient parler, en quittant le navire en train de couler, sans vouloir verser à mon tour en d’ineptes et mauvais jeux de mots, au milieu de la tempête… et non seulement, en ce douloureux cas, politique !

 Jean-Louis pour DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

*Philosophe, auteur de « Critique de la déraison pure – La faillite intellectuelle des ‘nouveaux philosophes’ et de leurs épigones » (François Bourin Editeur).

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Affairisme, Audimat, Amoralité publique… ce vrai « triple A » à perdre

Un vendredi soir l’agence Standard and Poor’s retirait à la France son sacro-saint triple A. L’agence de notation financière abaissait d’un cran la note de la dette tricolore à long terme, de « AAA » à « AA+ ». Le triple A permettait surtout de s’endetter un peu plus en empruntant à bas coût sur les marchés financiers. Le perdre devait en théorie entraîner une hausse immédiate des taux d’intérêt auxquels la France finance sa dette. Le retrait du triple A allait provoquer des dégradations en cascade des notes de tous les organismes publics dits « subsouverains », notamment les collectivités territoriales et entreprises ayant l’Etat à leur capital et bénéficiant ainsi de la garantie de l’Etat. La région Ile-de-France et la ville de Paris, l’Unedic, tous notés « AAA » seraient bientôt dégradés, comme la Poste et la Caisse des dépôts et consignations. Les banques françaises se voyaient frappées de la même menace pour détenir 120 milliards participant de la dette publique nationale. Oui, la France frôlait la fin de son monde ce vendredi là. Le calendrier Maya avait mal fait ses comptes.

Le lundi suivant, contrairement à l’Agence Standard & Poor’s, l’Agence Moody’s, maintenait le triple A de la France. La Bourse parut fêter cette bonne nouvelle, marquant par une petite hausse. Chacun commença à percevoir que les avis des Agences n’échapperaient pas au contexte électoral ni aux pressions. Les mauvaises langues disent même que le président Obama et son homologue français auraient un intérêt, non pas boursier mais électoral, à évoluer dans une situation suffisamment tragique pour leur permettre de s’imposer comme chef de guerre qu’il serait insensé de renvoyer au cœur même de la bataille. Les mêmes mauvaises langues dénoncent l’usage habile de ces temps de crise, en partie bien réelle, pour accabler les présidents sortants de tous les maux. Si les peuples acceptent de gros sacrifices, les mauvaises habitudes de certains élus de tous bords ne renoncent pas à perdurer. Le théâtre politique recourt abondamment à toutes les grosses ficelles et cordes, y compris celles qui étranglent le peuple.

Triple « A » ? Il semble que depuis 30 ans cette notion recouvre bien d’autres aspects que ceux qu’on lui reconnaît présentement. Le « A « de Argent serait passé en maître, qu’il ait même quintuplé ces derniers temps ne serait pas exclu.

Chacun sait l’argent qui coule à flot dans les jeux du stade, celui des nouveaux gladiateurs footballeurs. Celui des « grands » patrons, lesquels n’ont bien sûr que la grandeur des capitaux, la grandeur d‘âme étant passée de mode. Mais aussi, l’argent des syndicats officiels souvent chargés de singer une fausse contestation afin que la vraie révolte ne se produise jamais. Il s’agit « d’encadrer les manifestants » afin « d’éviter tout débordement ». Les formules sont bien installées, comme les leaders de nos très chers syndicats, dans leur fauteuil doré. Au plus dur de la crise, les confédérations affichent ainsi une parfaite santé financière. Les principales centrales sont propriétaires de vastes et confortables locaux. Sur place, toute pensée pour le travail à l’usine y semble totalement écartée. Cette évocation ne prendra place que dans les discours entretenant la belle illusion de lendemains plus enchanteurs. Oui, l’argent, y compris chez ceux qui seraient sensés défendre les droits et améliorer la condition sociale et matérielle de tous ceux qui en manquent le plus, d’argent, pour parvenir à la fin du mois, ou continuer de se soigner. Oui, la société est bien plus malade qu’eux, et d’abord de l’argent.

Le siège du Medef est ainsi valorisé à pas moins de 24 millions d’euros. Du reste, puisqu’il s’agit de défendre les plus gros patrons, la logique résidentielle peut se justifier. L’ignorance des petits patrons de PME, aussi. Pour ce qui la concerne, l’UIMM dispose d’un bas de laine avoisinant 505 millions d’euros. A la tête de la CFDT, François Chérèque aura pareillement semblé incapable de cacher les belles économies de son organisation évaluées à 350 millions d’euros, dont 34,7 millions de « trésorerie disponible ». La CGT ? Elle dispose de 42 millions d’euros. L’argent.

Globalement, la syndicratie perçoit 4 milliards par an de la collectivité nationale et locale, pour seulement 8 % de syndiqués. L’argent ?

Bien entendu, du « A » de Argent à celui de Affairisme, il n’y a qu’un pas. Sous prétexte que le cadre du financement n’aurait pas été suffisamment défini pendant des années, les pires abus auraient été inévitables dans tout l’éventail du champ politique. On n’allait quand même pas exiger des plus hauts représentants du peuple qu’ils se montrèrent pleinement exemplaires et honnêtes, alors qu’aucun texte de loi ne les y obligeait expressément. Chacun garde en mémoire l’affaire de la MNEF et des emplois fictifs de la Ville de Paris (et sans doute de bien d’autres, pour peu que cela ait vraiment changé). Aujourd’hui l’affaire Guérini à Marseille et dans les Bouches du Rhône. Et les plus emblématiques pour se situer à la hauteur réelle des enjeux, l’Affaire ELF (pour peu qu’il n’y en ait qu’une) jusque l’affaire Bettencourt et Karachi. Aucun doute à avoir, faute d’accéder à toute la vérité, l’affairisme n’a pas eu le mal du pays en France. Sans insister sur des « affaires » d’autre nature, notamment de mœurs, se voyant en général classées sans suite. L’ancien Ministre Luc Ferry, soutenu par un ex patron des RG aura donc évoqué des faits graves touchant à un élu de premier plan. Par chance, un été vînt à point nommé, comme une mouche vole au dessus d’un mystère susceptible d’avoir bien des prolongements. Le soleil aura su clore le débat.

L’Argent ? Son influence serait dévastatrice, aussi pour ceux qui en manquent cruellement et injustement, dans un pays comme le notre, battant notamment tous les records d’épargne. Hélas, le sens du partage serait tout autant incomparable, mais à la baisse.

Selon une étude de l’Insee sur la pauvreté, près d’un ménage français sur huit survit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 950 euros de revenu mensuel, toutes aides ou allocations comprises. Le supposé « assistanat » reste sans commune mesure avec, par exemple, le financement « syndicratique ». La fraude sociale s’élèverait à 20 millions d’euros, mais la fraude fiscale, à 100 fois plus, pour peu qu’elle ne soit jamais chiffrable. Les paradis fiscaux auraient des anges gardiens très discrets et armés jusqu’aux dents, faute d’avoir des ailes. Les familles monoparentales sont les plus touchées par la misère. Ce seuil de pauvreté est calculé par rapport au niveau de vie moyen en France, s’établissant à 1.580 euros par mois (19.000 euros par an). Autant dire un niveau déjà a minima pour peu que l’on sache le prix des loyers. Les 10% de personnes les plus modestes ont donc un niveau de vie annuel inférieur à 10520 euros et les 10% les plus aisées un niveau de vie d’au moins 35.550 euros, soit 3,4 fois plus. Sans insister sur ceux qui perçoivent cette somme chaque mois, ou chaque jour. Un écart qui n’a cessé de se creuser. Bien entendu, les détournements par le Luxembourg et les niches fiscales ne sauraient être pris en considération. L’argent.

Le chômage, le désoeuvrement matériel et affectif qu’il induit, fonderaient la cause essentielle des 130 000 tentatives de suicide (dont 11 000 morts en 2011) constatées annuellement dans notre pays. Un chiffre avoisinant étonnamment celui des SDF. Ce taux de suicides en France est l’un des plus élevés de l’Union européenne, voire, du monde. Quoi qu’il en soit, si l’argent coule à flot dans certains circuits décisionnaires et oligarchiques, la perte d’un emploi a pour première conséquence une chute immédiate des ressources. Le traumatisme du million de chômeurs qui valut au Président Giscard d’Estaing sa défaite (en liaison déjà avec des « affaires » de diverses natures) est bien loin. Ce chiffre est devenu au fil du temps un rêve désormais inaccessible. Les divers présidents et gouvernements passèrent, les divers patrons de syndicats aussi. Les millions de chômeurs firent plus que tripler. Pour peu que l’on comptabilise les temps partiels subis ou contrats de formations et emplois temporaires, les mauvaises langues osent avancer le chiffre de 5 millions de chômeurs dans notre France de 2012. Voire plus. Des lunettes à triple foyer n’y suffiraient pas. Les divers types de chômeurs permettent de noyer le poisson honteux. Les ministres passent. L’argent ? Il en manquerait pour cette cause nationale.

Ainsi, près de 900 usines ont dû fermer et plus de 100.000 emplois ont été détruits en France lors des trois dernières années, selon une analyse réalisée par l’observatoire Trendeo. Les effets de la crise sont attestés. L’OCDE a récemment indiqué que le chômage en France devrait atteindre les 10,4% à la fin 2012. L’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE) table plutôt sur un taux de chômage à 10,7% ou 11 % à la fin 2012. Une première sans équivalent depuis 1997. A l’image d’Areva, BNP Paribas ou PSA, la succession des plans de restructuration ne ferait que commencer. L’argent ? Si certains « triplent » le leur au travers de stock options et primes diverses se rajoutant à des salaires de centaines d’années de Smic, une majorité écrasante, mais surtout écrasée, de nos concitoyens, rentre dans un période de vaches maigres. Le veau d’or ne verra sa dimension tripler que pour une infime minorité. L’argent.

Chacun s’accorde à situer le début de l’irresponsabilité d’état en matière de finance publique au début des années 80. La cause serait entendue que cela dure « depuis 30 ans ». Au sortir du Giscardisme, pendant de nombreuses années, l’accroissement de la pauvreté n’aura eu d’équivalent que celui de la Bourse. La libération des ondes radiophoniques déboucha rapidement sur le règne absolu de quelques radios très commerciales. La privatisation de TF1 autant que « la 5* » offerte un temps à Berlusconi, tout commença à converger vers le Capitalisme le plus outrancier. Le « A » de Argent se prolongeait bientôt dans le « A » de Audimat.

Un ministre de la culture festive plein de talent serait venu enrober la politique dans une coloration délicieuse de spectacle permanent. Les concerts « humanitaires » financés à grand renfort publicitaire par tous les amis du showbiz passèrent bientôt pour des réformes majeures. Il fallait être « de Gauche » (caviar) pour être intelligent. On allait changer et chanter la vie, et la fête semblait primer sur la dette. Si le chômage et la précarité augmentaient sans cesse, les festivités venaient redonner du cœur à l’ouvrage des « travailleurs » de moins en moins nombreux. Ne pas dépasser les 2 millions de chômeurs s’imposait en promesse héroïque. Les grands travaux ne se firent pas sur le champ social mais dans l’architecture. Le Service Public ne cessa de croître. Les mauvaises langues voyaient dans ce mammouth une parfaite illustration du clientélisme. Le parti majoritaire d’alors était volontiers assimilé à celui de la fonction publique. L’argent ? Il nous faut le trouver aujourd’hui pour assumer le paiement des retraites de tous ces employés à vie.

L’audimat fît à cette époque ses premiers ravages dans la théâtralisation du politique, lequel commençait à devoir pousser la chansonnette sur les plateaux de télévision pour prétendre à quelque crédibilité et « modernité ». La bonne conscience, ou l’inconscience (notamment au niveau de la dette) dégoulinait dans les beaux quartiers rassemblant la Cour de l’époque, toujours actuelle.

Le double « A » de l’Argent et de l’Audimat ne tarda pas à se joindre au « A » de l’Amoralité quasiment instituée en modèle de comportement au même titre que le machiavélisme. Dans la vie comme en politique il fallait être « un tueur ». Manipuler relevait du talent, à l’exemple du sommet. Ce triple A, le vrai, domine depuis la gouvernance et les repères généraux de notre pays. Le Vivre-ensemble est devenu secondaire.

La crise de 2008 vînt interrompre subitement cette grande déchéance insouciante et presque joyeuse, alors que la France se vivait encore comme au temps des colonies, entendant prendre la tête d’une Europe impossible pour prolonger son ancienne dimension impériale.

Le moment est venu pour elle de perdre ce « triple A » là, qui la caractérise depuis trop longtemps, celui du règne de l’argent et de l’audimat de gouvernance, dans la plus grande amoralité publique. En plein cataclysme économique international, notre pays se doit de résoudre au mieux sa propre « crise ». Il n’est pas exclu que cela se fasse notamment au travers d’une élection présidentielle, pleine de surprises.

Jean-Louis pour Guillaume Boucard

in Agoravox

Ne tirons pas sur les ambulances

Ne tirons pas sur les ambulances dans Opinions navire-2-97e1aPour avoir été toute ma vie professionnelle au cœur de ces catastrophes épouvantables dans lesquelles les victimes sont nombreuses, je ne peux qu’éprouver des sentiments très contradictoires à la lecture des réactions diverse après cette horrible tragédie du « Costa Concordia » Les enquêtes en cours détermineront les responsabilités et là n’est absolument pas l’objet de ma note.

En revanche la terrible vision des femmes et des hommes s’écrasant pour passer avant les autres, piétinant les enfants, les plus âgés, les plus faibles pour obtenir une place immédiate dans un canot de sauvetage aléatoire est malheureusement l’image d’une réalité cruelle, celle de la panique du sauve qui peut et moi avant tous les autres. Les propos entendus de la part des témoins, nous ramènent à certaines réalités profondes qui estompent un instant les grands altruismes de salon. Souvent l’homme voyant la mort de prêt retrouve ses instincts les plus cruels. Personne ne peut dire qu’elle serait sa réaction dans une situation semblable : pas question de faire le malin. Il n’y a que quelques âmes particulièrement bien trempées pour échapper à ce réflexe de conservation. Pour ce qui concerne les critiques qui ont pu s’élever sur la qualité, la rapidité ou l’efficacité des secours dans de telles conditions, j’ai la même humilité. Il n’y a que ceux qui n’ont aucune approche véritable des difficultés de telles interventions pour se lancer dans des procès acerbes et irréfléchis. Une telle catastrophe présente des difficultés énormes de gestion. Il y a la barrière du langage qui rend difficile la circulation de l’information sereine. Il y a cette horrible panique qui rend les plus calmes, sourds, aveugles et tout à coup irrationnels. Il y a l’importance considérable des moyens à faire converger tout à coup en plein milieu hostile et difficile d’accès. Ces situations sont exceptionnelles heureusement. Elles réclament pour tous et avant tout de l’humilité : ne tirons pas sur les ambulances !

L’immensité sépare, les simulations et prévisions, la virtualité, du réel.

Jean-Louis pour Jean-Louis Hussonnois

son blog

Le Web salue la « victoire » d’Anne-Sophie Lapix face à Marine Le Pen

Depuis ce dimanche, les hommages pleuvent sur Anne-Sophie Lapix, présentatrice de « Dimanche Plus » sur Canal qui a réussi à déstabiliser Marine Le Pen en interview.

La journaliste a choisi d’interroger la candidate du FN sur son programme économique et face aux questions chiffrées, Marine Le Pen s’est montrée hésitante et agressive.

La candidate a bafouillé des « Madame » des dizaines de fois, s’est moqué de « la calculette », a répété que « ce n’est pas aussi simple que ça » mais a surtout semblé très mal-à-l’aise.

Comme l’explique Anne-Sophie Lapix au NouvelObs.com :

« Son projet politique brasse des milliards sans apporter d’explication sur la provenance des chiffres. Je ne l’avais jamais interrogée sur les questions économiques, c’est un angle d’attaque que je recommande. »

C’est à Bruxelles que Sarkozy a perdu notre triple A

La « dégradation de la France » a beaucoup fait gloser depuis son annonce par Standard & Poor’s. Il faut cependant se pencher avec attention sur le texte du communiqué pour comprendre les vraies raisons de cette décision : l’agence de notation y détaille en effet les erreurs du duo Merkel-Sarkozy pour gérer la crise de l’euro, et fait reposer l’abaissement de sa notation sur cet échec politique européen, plutôt que sur l’état de l’économie française.

Standard & Poor’s est ainsi particulièrement critique vis-à-vis du projet de nouveau traité européen qui doit imposer une forme de règle d’or à l’échelle continentale. Alors que le texte est toujours en discussion à Bruxelles et doit être finalisé à la fin du mois, l’agence estime d’ores et déjà qu’il ne va pas assez loin, qu’il n’est pas suffisamment opérationnel et qu’il se fonde sur un mauvais diagnostic. Dans chacun des communiqués sur les pays de la zone euro concernés, l’agence de notation écrit : .

« L’accord (du 9 décembre 2011) ne constitue pas une avancée suffisamment importante, ni dans son étendue, ni dans son montant, pour permettre de résoudre structurellement les difficultés financières de la zone euro. »

« Cet accord politique n’offre ni les ressources additionnelles, ni la flexibilité opérationnelle suffisantes pour soutenir les plans de sauvetage européens et ne constituerait pas non plus une mesure de soutien suffisante pour les Etats de la zone euro faisant l’objet d’une pression accrue des marchés. »

L’obstination allemande pointée du doigt

S&P point ici du doigt l’obstination franco-allemande à refuser la création d’eurobonds et le rejet de la méthode communautaire (fédérale) associant le Parlement et la Commission au profit d’un processus intergouvernemental juridiquement incertain – ce que les eurodéputés du Groupe Spinelli ont bien résumé avec la formule de « coup de chefs d’Etat », les présidents de groupes parlementaires menaçant même de voter mercredi 18 janvier une résolution contre le texte final.

La rédaction provisoire du traité contredit ou affaiblit en effet certaines dispositions du paquet « gouvernance » adopté par le Parlement en septembre et devant instaurer à terme une véritable coordination économique approfondie.

« L’efficacité, la stabilité et la prévisibilité des politiques et des institutions européennes n’ont pas été suffisamment renforcées » par l’accord intergouvernemental de décembre, résume donc de manière cinglante Standard & Poor’s, mettant définitivement à bas les efforts de communication du couple « Merkozy » pour cacher les erreurs de leur « gouvernance européenne ».

Standard & Poor’s contre l’austérité

L’agence va même plus loin dans la critique des dirigeants européens, estimant que, notamment dans le cas des pays périphériques, « un processus de réformes basé sur le seul pilier de l’austérité budgétaire risque d’aller à l’encontre du but recherché » et que les solutions prônées par Paris et Berlin s’appuient sur « un diagnostic incomplet des causes de la crise », oubliant le problème de « l’accroissement de déséquilibres extérieurs et de divergences en matière de compétitivité ».

Si l’Allemagne, dans ce contexte, n’est pas dégradée, c’est, selon S&P, parce que, à la différence de la France, la force de son économie domestique contrebalance l’abaissement de son « score politique », selon l’expression de l’agence de notation.

Il reste donc deux semaines, jusqu’au sommet européen du 30 janvier, pour que le candidat-Président consente enfin à s’engager lui-même et à entraîner ses partenaires dans la voie de l’Europe fédérale, au risque de voir la note des pays européens continuer à glisser dangereusement.

Jean-Louis pour Vincent CHAUVET

Président du MoDem SciencesPo et membre du Club Jade

in Rue89

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