Archive pour 19 janvier, 2012

Les Etats Unis vont fermer Mégaupload..

Et ça va continuer… à  qui le tour?…. Merci Spike!

Les Etats Unis vont fermer Mégaupload.. dans Opinions Debrideur_Megaupload_1image//quick-tutoriel.com

Megaupload, qui compte parmi les vingt sites les plus importants au monde, n’est plus accessible. Le site et les différents services satellite qui l’entourent semblent avoir été mis hors ligne après une action de la justice américaine. Celle-ci confirme l’ouverture d’une procédure criminelle de grande envergure.

Selon nos constatations, Megaupload n’est plus accessible en France, que ce soit depuis une ligne Free, Bouygues ou Numericable. Simple problème technique ? Il semblerait que la réponse soit plus grave, au moins pour le fameux Kim Dotcom, ses associés et ses employés. Le département de la Justice américain confirme l’ouverture d’une procédure criminelle. Il estime que Megaupload aurait engrangé plus de 175 millions de dollars grâce à des activités frauduleuses, et provoqué plus de 500 millions de dollars de manque à gagner auprès des ayant-droits. Le motif ne fait donc aucun doute : Megaupload est accusé de favoriser les infractions au droit d’auteur.« Cette action est justifiée par le cas de crime contre le copyright le plus important jamais identifié par les Etats-Unis et vise directement le mésusage d’un site public de stockage et de distribution pour commettre et faciliter les crimes contre la propriété intellectuelle », annonce le DoJ.

Officiellement ouverte le 5 janvier dernier par un grand jury de l’état de Virginie, la procédure a conduit à l’arrestation, jeudi 19 janvier, de Kim Dotcom (qui se faisait également appeler Kim Schmitz), fondateur et patron de Megaupload, en Nouvelle Zélande. Deux de ses associés ont également été interpellés. Le DoJ évoque par ailleurs une liste de complices supposés qui n’ont pas encore été localisés. Il affirme que chacun d’entre eux risque de multiples peines de prison, allant de cinq à vingt ans, pour racket en bande organisée, conspiration en vue d’infractions au droit d’auteur ou blanchiment d’argent.

Plus de vingt mandats d’arrêt ont été lancés dans huit pays différents. Le FBI indique par ailleurs avoir saisi plus de 50 millions de dollars d’actifs, de matériel et de serveurs aux Etats-Unis, au Canada et au Pays-Bas, ce qui explique vraisemblablement pourquoi les différents sites Megaupload ne répondent plus. 18 noms de domaine associés à la « conspiration Megaupload » ont également été saisis.

MegaSong stars Megaupload

L’exposé des charges établi par le FBI reprend certains des arguments régulièrement avancés par les détracteurs du service, comme le système qui vise à récompenser les uploaders ayant mis à disposition des fichiers très téléchargés. Ils reprochent également à Megaupload d’avoir participé à la construction d’un écosystème de sites tiers, recensant les fichiers hébergés par ses soins, lui évitant d’avoir à lui même fournir un moteur de recherche sur son propre service.

Est également soulignée l’absence de sanctions prises à l’encontre des utilisateurs du service qui y hébergeaient des fichiers illégaux. Les Feds remarquent que si Megaupload respectait la procédure de cease and desist (supprimer un fichier violant le droit d’auteur lorsque celui-ci était signalé par les ayant-droits), les comptes utilisateurs associés restaient quant à eux ouverts.

Ping Megaupload
Quid du statut d’hébergeur ?Régulièrement critiqué, Megaupload s’était jusqu’ici toujours retranché derrière son statut d’hébergeur pour justifier de la légalité de ses activités. C’est cette posture confortable que semble vouloir démolir l’exposé des charges mis au point par le FBI et le DoJ, en arguant du fait que Megaupload n’agissait pas comme un simple intermédiaire technique, mais bel et bien comme le promoteur et l’instigateur d’activités liées au téléchargement illégal.

Si les usages illégaux de Megaupload étaient manifestes, il est vrai que le service en tant que tel n’a rien d’illicite, tout comme un client P2P n’a rien d’intrinsèquement illicite. La société avait d’ailleurs argué du fait que son site était utilisé par des entreprises très sérieuses pour stocker et diffuser leurs documents, et s’estimait jusqu’ici parfaitement à l’abri du DMCA (loi américaine qui définit et protège, entre autres, le statut d’hébergeur).

En décembre dernier, Megaupload s’était lancé dans une vaste campagne de communication afin de faire connaitre ses services. Il s’était alors offert les services d’une brochette de stars qui, tout au long d’un clip musical, affirmaient à quel point elles étaient ravies d’utiliser (légalement) Megaupload. La maison de disques Universal avait bien maladroitement donné grand écho à cette manoeuvre, en demandant le retrait du clip en question des plateformes de partage, au motif que celle-ci enfreignait le droit d’auteur, ce qui n’était manifestement pas le cas.

A cette occasion, Megaupload avait annoncé son intention de révolutionner l’univers de la distribution de films et de musique, avec le lancement de nouveaux services comme Megabox, qui devaient permettre de profiter, légalement cette fois, de contenus musicaux ou vidéo. Il faudra attendre le résultat de la procédure en cours pour savoir si, oui ou non, ces services verront le jour.


Jean-Louis pour Alexandre Laurent

L’actualité de la crise : DE NOUVEAUX EFFETS D’ANNONCE

« Nous sommes au bord de la récession technique » vient de reconnaître Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroupe, une notion qui correspond à deux trimestres successifs de recul du PIB. Réaffirmant que “la consolidation budgétaire est une approche qui ne connait pas d’alternative”, il a aussi attiré l’attention « sur la nécessité qu’il y a de doter l’Europe d’une véritable politique de croissance”. Rappelant que cette question est inscrite à l’ordre du jour du sommet du 30 janvier prochain, il a estimé que “la consolidation budgétaire est nationale et que la croissance doit pouvoir disposer d’éléments d’inspiration européenne”.

On s’arrêtera sur cette dernière formulation, qui exprime par son flou les contraintes politiques dans lesquelles la réflexion est menée sur ce terrain. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’ont en effet comme projet que de créer un “fonds de croissance et de compétitivité” en raclant les fonds de tiroir des crédits non utilisés l’année dernière dans le budget communautaire, puis en leur apposant un label ronflant.

Il ne s’agit là que d’un des volets d’une offensive médiatique qui en comporte deux autres : le lancement d’une taxe sur les transactions financières, destinée à faire valoir que les financiers sont également mis à contribution, puis une première mesure de “convergence fiscale”, présentée comme le fruit du démarrage de la gouvernance économique européenne, destinée à harmoniser la taxation des bénéfices des entreprises en éludant de se pencher sur la manière dont les transnationales y échappent.

Angela Merkel résiste contre vents et marées pour que se poursuive sans faiblir l’application de sa stratégie de réduction à marche forcée des déficits publics, Nicolas Sarkozy l’accompagne pour tenter de se donner des marges de manœuvre. Il ne reste plus à cet attelage qu’à amuser la galerie, ainsi qu’à prier que le vent tourne pour qu’elle fonctionne enfin après avoir sans cesse trébuché.

La baisse des dépôts nocturnes des banques à la BCE ainsi que la détente constatée ce matin sur le marché obligataire, avec la réussite des dernières émissions espagnole et française, en serait-il le signal ? L’affirmer serait prématuré. Ces dépôts restent très importants et des raisons techniques liées à la baisse des “réserves obligatoires” que les banques doivent déposer auprès de la BCE pourraient être à l’origine de leur diminution. Quant aux taux sur le marché de la dette souveraine, le refinancement de la dette est une opération qui va se poursuivre tout au long de l’année, ces résultats vont donc devoir être confirmés.

La placidité des marchés surprend même les analystes, qui l’attribuent à l’annonce du FMI ainsi qu’à la conviction qu’un accord sera en fin de compte trouvé à Athènes, l’ensemble intervenant après l’injection massive de liquidités de la BCE et dans l’attente de la prochaine.

Dans l’immédiat, les projecteurs vont être à nouveau braqués sur les banques, car la crise rode, elle disparait ici pour réapparaître là. Les 31 banques européennes, à qui l’EBA – leur régulateur européen – ont enjoint de renforcer leurs fonds propres d’ici juillet prochain, doivent communiquer demain vendredi leurs plans en vue d’y parvenir. On jugera s’ils sont crédibles. D’une manière générale, on analysera comment seront répartis les montants des fonds que les banques espèrent lever, leurs ventes d’actifs ou la diminution de leurs crédits, une fois les réserves utilisées et les conversions d’obligations hybrides réalisées (si l’EBA les accepte). Car les banques font feu de tout bois et utilisent tous les moyens à leur disposition, en essayant de n’aller sur le marché que quand elles ne peuvent pas faire autrement. Cela va être l’occasion toute trouvée de bénéficier d’un petit cours sur certaines ficelles des bilans bancaires, si les informations sont fournies…

La situation de Commerzbank, la seconde banque allemande qui tente à tout prix d’éviter d’avoir recours à des fonds publics, est suivie attentivement. Les banques espagnoles sont pour leur part en tête de la course, si l’on considère le montant des renforcements des fonds propres qu’elles doivent accomplir. Par leurs retraits des banques de plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est, les établissements autrichiens pourraient durement les affecter et cela va être examiné de près. Enfin, les plans des banques italiennes vont également être particulièrement scrutés, après l’accueil mouvementé reçu par Unicredit sur le marché qui conduit ses consœurs à chercher d’autres solutions.

Accréditant que tout ne va pas pour le mieux dans le secteur, Moody’s prévoit de placer des banques européennes non identifiées sous surveillance au cours de ce trimestre. « La plupart des banques européennes sont vulnérables à la crise de la dette en zone euro qui reflète l’érosion de la confiance des investisseurs et l’affaiblissement de l’économie régionale », estime l’agence, qui s’interroge à propos de la « capacité de beaucoup de banques européennes à conserver la confiance des investisseurs », ainsi qu’à refinancer toute leur dette cette année.

Selon Greg Bauer, l’auteur du rapport qui l’annonce, « l’abaissement attendu des notations de banques reflète l’accentuation des pressions sur le secteur bancaire depuis la seconde moitié de 2011″.

Pour revenir aux grandes et petites manœuvres des dirigeants européens, une tentative d’élargir le directoire franco-allemand en y faisant participer Mario Monti a tourné court, étant donné l’offensive que celui-ci mène en faveur des euro-obligations, l’annulation du mini-sommet prévu à Rome entre eux trois le sanctionnant. “Je continue de chercher en quoi nous devrions faire plus” s’est interrogée Angela Merkel, avant de mettre les points sur les “i” : “Je voudrais conseiller à mes collègues de moins se préoccuper de l’Allemagne et davantage de leurs déficits budgétaires et de leur dette externe”. Cela s’appelle claquer la porte.

Sur un autre front, Christine Lagarde essaye plutôt de les ouvrir. Elle va officiellement explorer la possibilité de donner au FMI la force de frappe financière dont les Européens n’arrivent pas à se doter et dont le fonds ne dispose pas. Mais à peine en a-t-elle fait l’annonce que chacun a émis des réserves ou mis des conditions à sa participation financière.

Le refus catégorique des Etats-Unis réitéré, David Cameron a rappelé que la vocation du FMI était de sauver les pays et non les monnaies, une manière de faire monter les enchères afin d’obtenir que soit mis un coup d’arrêt à la régulation financière européenne, en contrepartie de la participation financière britannique. Exprimant le sentiment général et se réfugiant derrière l’anonymat, un fonctionnaire japonais a confirmé que “le Japon est prêt à apporter son soutien pour stabiliser les marchés, y compris via un prêt au FMI, si les pays européens eux-mêmes font des efforts importants”. Une position partagée par le gouverneur de la banque centrale canadienne, Mark Carney. Plus gros contributeur potentiel en raison de ses réserves, la Chine en reste à ses intentions : elle réclame une augmentation de ses droits de vote au sein du FMI, que les Américains bloquent.

Les dirigeants chinois ont fait donner l’agence de notation Dagong Global Credit Rating, choisissant comme toujours un biais quand ils veulent faire passer des messages. L’agence constate donc qu’à “une bulle de dettes des gouvernements s’ajoute une bulle de dettes du secteur bancaire” et que “L’interaction entre les deux prend l’eurozone dans un cercle vicieux”. Elle prolonge son analyse en préconisant de s’appuyer sur la BCE, les fonds du FMI et du futur MES étant selon elle “très insuffisants”.

S’ajoutant à des mesures européennes cosmétiques, la décision du conseil d’administration du FMI pourrait dans ces conditions se résumer à l’un de ces effets d’annonce auxquels nous sommes à force devenus coutumiers. Un premier point pourrait être fait au G20 finances de Mexico, du 25 au 28 février prochains.

La politique est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiciens.

Jean-Louis pour François Leclerc

in Le blog de Paul JORION

Interpol reçoit un ministre biélorusse interdit de séjour dans l’UE

  • Interpol reçoit un ministre biélorusse interdit de séjour dans l'UE dans Opinions bielorussie-interpol

Des Biélorusses participent à une « flash mob » pour réclamer des changements politiques et économiques à Minsk, le 8 juin 2011 (Vasily Fedosenko/Reuters)

Le 18 janvier, le ministre de l’Intérieur biélorusse Anatoli Koulechov est arrivé à Lyon, à l’invitation du secrétaire général d’Interpol, Ronald K. Noble, alors qu’il est théoriquement interdit de séjour dans l’Union européenne (comme le président de son pays, Alexandre Loukachenko). L’organisation internationale de coopération policière a signé avec la Biélorussie un accord, par lequel le pays reconnaît le passeport d’Interpol.

Cette visite choque et inquiète une dizaine de réfugiés politiques biélorusses en France. L’une d’elle s’exprime en leur nom, dans cette lettre ouverte à Ronald Noble envoyée à Rue89. Interpol a été invité à réagir à cette tribune.

Monsieur le secrétaire général,

Nous, les Biélorusses exilés en France, nous vous adressons cette lettre ouverte en guise de protestation contre la visite officielle du ministre de l’Intérieur biélorusse Anatoli Koulechov.

Les droits de l’homme ne sont pas respectés

Notre inquiétude concerne la volonté d’Interpol de collaborer avec la police biélorusse. Vous savez, certainement, que les droits fondamentaux de l’homme, la liberté de l’expression et la justice ne sont pas respectés en Biélorussie.

Vous devez également être au courant que les trois dernières élections présidentielles n’ont pas été reconnues par les gouvernements occidentaux en tant qu’élections démocratiques.

Ainsi, le président de Biélorussie, les ministres, la plupart des hommes politiques pro-Loukachenko, des juges et des journalistes sont interdits d’entrer dans l’Union européenne et aux Etats-Unis.

Des crimes contre son peuple

Ces sanctions individuelles (interdiction de visa et gel des avoirs) ont été prises par le Conseil des affaires étrangères (31 janvier, 21 mars et 23 mai 2011) à l’encontre des personnalités directement impliquées dans les fraudes durant les élections présidentielles et la répression. En raison de la dégradation persistante de la situation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit, cette « black list » ne cesse de s’agrandir.

L’homme que vous avez invité à Lyon pour signer les accords sur le « Document de voyage d’Interpol » a commis des crimes contre son propre peuple. Anatoli Koulechov est interdit d’entrer en Union européenne et en France puisqu’il joue un rôle important dans le système de répression établi par Alexandre Loukachenko.

Notamment, il a été responsable de la violente dispersion d’une manifestation pacifique le 19 décembre 2010, durant laquelle plusieurs manifestants ont été gravement blessés, torturés, humiliés. Des centaines d’innocents ont été arrêtés et jugé en cinq minutes, sans preuves, sans avocats, tous les candidats à la présidentielle ont été jetés en prison.

De tels accords ne peuvent être signés

Sans vouloir amoindrir l’importance de l’initiative du « Document de voyage d’Interpol » pour la sécurité mondiale, nous restons persuadés que les accords dans le domaine de la justice ne peuvent pas être signés avec les autorités qui s’avèrent ne pas être légitimes et dont les actes ne peuvent être considérés que comme criminels.

Nos compatriotes ne croient pas à l’efficacité de la police biélorusse et à la justice pénale. Le procès et l’enquête sur l’explosion dans le métro de Minsk le 11 avril 2011 laissent beaucoup de doutes et de soupçons chez la plupart de Biélorusses, entre autres chez des victimes directes de l’explosion et de leurs familles.

Durant tout le procès, les témoins et les victimes ont subi une forte pression de la part de la police, surtout tout ceux qui posaient des questions et exigeaient des investigations peu arrangeantes pour la version officielle. Il faut aussi savoir que dans notre pays, un criminel n’est pas forcement celui qui a commis le crime, mais souvent celui qui s’oppose à la dictature en place.

Cette invitation a offusqué beaucoup de Biélorusses

L’invitation d’Anatoli Koulechov par le secrétariat général d’Interpol à Lyon et l’octroi d’un visa français ont offusqué beaucoup de Biélorusses, au pays et en exil.

Depuis l’affaire d’Ales Bialiatski, vice-président de FIDH, jugé à tort pour fraude fiscale grâce à l’assistance des autorités lituaniennes et polonaises, toute collaboration avec les autorités biélorusses en matière de justice et d’investigation doit être arrêtée ou menée avec l’ultime prudence.

Nous espérons que votre vigilance au regard de la collaboration d’Interpol avec les autorités biélorusses n’arrêtera pas de s’accroître.

Nous vous prions de croire, monsieur le secrétaire général, en l’assurance de nos respectueuses salutations.

Jean-Louis pour les réfugiés biélorusses en France et Alice Syrakvash 

in Rue89

Voeux de Sarkozy à Lyon : un meeting présidentiel

Sur le carton d’invitation, il était écrit « voeux aux forces économiques et aux acteurs de l’emploi ». Dans les faits, le chef de l’Etat a déroulé un discours contre les « mensonges » des candidats de l’opposition à la présidentielle. Devant une assistance de 2500 personnes, chefs d’entreprise mais aussi militants UMP, au Palais des Congrès de Lyon.

La première fois que Nicolas Sarkozy est venu à Eurexpo à Lyon, c’était le 5 avril 2007, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Il était candidat depuis très longtemps et avait tenu meeting devant 15 000 personnes. Ce 19 janvier, il ne l’est pas encore. Officiellement en tout cas. Après une visite chez l’industriel Seb en Isère, il devait adresser ses voeux « aux forces économiques et aux acteurs de l’emploi ».

Sarko Lyon voeux 2012

L’objectif de 5 000 personnes à demi rempli

Nicolas Sarkozy n’est donc pas candidat mais il veut du monde pour l’écouter.L’objectif de 5000 personnes avait été affiché. Le jour J, toutes les chaises étaient occupées. Mais après comptage, le hall aux rideaux tirés n’accueillait que 2500 personnes.
Pourtant, la préfecture du Rhône n’avait pas ménagé ses efforts, ni les générations et syndicats patronaux. Selon le journal lyonnais les Potins d’Angèle, 18 000 invitations auraient même été envoyées.

Et pour être sûr d’avoir suffisamment de gens pour faire la claque, l’UMP du Rhône avait mobilisé tout le ban et l’arrière ban que compte sa fédération : élus et militants étaient présents. On trouvait même des jeunes populaires, étudiant voire lycéens qui avaient déserté leurs cours, assez loin des « forces économiques et acteurs de l’emploi ».

Un discours contre les « mensonges » des « autres »

Parce qu’il n’est pas candidat, le chef de l’Etat n’a cité aucun des noms de ceux qui se sont déjà déclarés dans la course à la présidentielle. Mais il a attaqué leur « mensonges » pendant une bonne moitié de son discours :

« Certains disent qu’il faut refuser la mondialisation. Ils mentent. (…) Certains disent il faut refuser l’Europe. Ils mentent. (…) Certains disent la solution, c’est la fermeture des frontières. Ils mentent. (…) La France a besoin de fonctionnaires. Mais leur dire « on peut vous embaucher plus nombreux et payer plus », c’est un mensonge ».

Nicolas Sarkozy s’en est aussi pris à Lionel Jospin, sans le citer également :

« La fatalité est un mot qui ne fait pas partie de mon vocabulaire. (…) Je ne serai jamais l’homme d’un nouveau Vilvoorde ».

Il a aussi brocardé ceux qui se sont réjouis de la dégradation de la note de la France par les agences de notation.
Quant aux annonces qu’il a faites à la fin de son propos, il les avait déjà annoncées, la veille, au sommet social à l’Élysée.

Les militants UMP ne voient que le président

A la sortie, autour des douze immenses buffets que les équipes de Nicolas Sarkozy avait généreusement dressés, les invités semblaient se répartir en deux catégories : les militants ou sympathisants UMP, et les autres.

D’un côté, on a vu « l’homme de la situation » avec un discours « pragmatique ». A l’image de cette sympathisante « de droite » :

« Il a dit la vérité. J’espère qu’il va remporter haut la main les élections. Depuis 30 ans nous vivons au-dessus de nos moyens. Nicolas Sarkozy n’est pas arrivé dans de bonnes conditions. Mais si on ne l’avait pas eu, on serait au niveau de la Grèce ».

De l’autre côté, certains chefs d’entreprise invités avaient l’impression d’avoir été floués parce qu’ils avaient entendu non le Président de la République mais un candidat à la présidentielle. Comme ce dirigeant d’un organisme de formation :

« On était dans un meeting de campagne électorale. Il n’a fait qu’attaquer ses adversaires. S’il faut faire des sacrifices, qu’il diminue les revenus des parlementaires et ses propres revenus».

A 14 heures, le buffet était fermé et les quinze cars de CRS ont pu se retirer sirènes hurlantes.

Photo :Maxppp

Jean-Louis pour Laurent Burlet

in Rue89 Lyon

Lois Pipa et Sopa : les géants du Web feront-ils céder le Congrès US ?

Au lendemain du « blackout » de nombreux sites internet américains, l’avenir des lois Sopa et Pipa est incertain.

Ces deux lois quasi-identiques visent à défendre les droits d’auteur, en facilitant le blocage des sites contrevenants. En clair, elles étendent le pouvoir du Département de la justice et des ayant-droits pour empêcher l’accès aux sites web qui publient des vidéos, images, musiques ou des textes littéraires protégés par le copyright.

Elles durcissent également les peines de prison encourues par les consommateurs de fichiers « piratés » et obligeraient les systèmes de paiement en ligne à ne plus travailler avec les sites qui enfreindraient les droits d’auteur.

La grève du Web convainc treize sénateurs

La Stop Online Piracy Act – « loi d’arrêt du piratage en ligne » –, la première des deux lois, est passée devant la Chambre des représentants des Etats-Unis en octobre 2011. Sa petite sœur, la Protect IP Act – « loi sur la protection de la propriété intellectuelle » –, est, elle, devant le Sénat depuis novembre, en attente de vote. La Sopa est suspendue provisoirement, pendant l’analyse de la seconde loi.

Mercredi 18 janvier, une action de groupe sans précédent a bouleversé la Toile : une trentaine de sites se sont rendus indisponibles. Une sorte de grève du Web menée entre autres par quelques-uns des sites les plus populaires :

  • Wikipedia : la fameuse encyclopédie en ligne, en partie gérée par les internautes ;
  • Failblog et dérivés : sites de divertissement, blogs d’images humoristiques ;
  • Reddit : site d’échange et de partage de liens entre internautes ;
  • Twitpic : site de mise en ligne de photos via Twitter ;
  • Tumblr : plateforme de microblogging ouverte à tous.

Ces derniers, pour inciter les internautes à agir, ont mis en place une opération originale : un formulaire leur proposait de rentrer leur code postal. En cliquant sur « entrée » ils étaient directement mis en communication avec leur représentant. Selon Tumblr, plus de 87 000 appels ont été ainsi réalisés. Les sénateurs ont entendu le message : au moins treize d’entre eux auraient déjà changé d’avis.

Lois Pipa et Sopa : les géants du Web feront-ils céder le Congrès US ? dans Opinions google-blackout_0
Capture d’écran de la « home » de Google, le 18 janvier 2012

Le veto d’Obama contre la Pipa

Barack Obama a déclaré samedi 14 janvier qu’il ne soutiendrait aucune action contre le piratage si elle amenait une « modification de l’architecture du Web ».

La menace qui fait si peur : toute infraction au droit d’auteur amènera les pages web en question à être supprimées par le biais des serveurs DNS, menaçant l’architecture et la sécurité même d’Internet. Le président américain partage désormais l’opinion des géants d’Internet : cette loi a bon fond mais n’emploie pas la bonne méthode.

Si la Pipa obtient la majorité, Barack Obama usera de son droit de veto lors du vote du 24 janvier. Le combat ne sera pas gagné, car les partisans des lois en question pèsent lourd : les labels musicaux, producteurs, éditeurs, ou encore associations d’ayant-droits accusent le président américain de se ranger aux côtés des pirates d’Internet, dont Google serait le capitaine. Le sujet sera remis sur le plateau par le biais de la Sopa.

Les internautes du monde entier concernés

Que se passerait-il, concrètement, si l’une de ces lois était adoptée ?

  • Sur Google : le moteur de recherche devra repenser tout son fonctionnement, forcé de surveiller toute information qu’il relayera. Un travail monumental. Bien que le site ait fonctionné mercredi, son logo était masqué par un bandeau noir.
  • Sur Wikipédia  : les créateurs eux-mêmes ont déclaré mercredi qu’ils se servent de citations venues de tous horizons. Si la censure passe, leur contenu sera grièvement dégradé. Jimmy Wales, co-créateur de l’encyclopédie libre, estime que le système déjà mis en place est le meilleur : S’il y a un problème de violation de droits, on demande aux créateurs ou gestionnaires du site d’enlever l’article ou la page problématique.
  • Sur YouTube : quelque 300 millions d’utilisateurs détiennent un compte, dont le site est responsable. Si un seul publie une vidéo qui enfreint les droits d’auteur, la plateforme entière peut fermer. A l’heure actuelle, YouTube a des millions de raisons d’avoir peur.
  • Sur Facebook : même si le plus grand réseau social du monde n’a pas participé au blackout, il est, comme tous les sites dont les membres peuvent mettre des photos ou des vidéos en ligne, concerné par ces deux textes.
  • Sur Twitter : le site de microblogging n’a pas fermé hier non plus. Comme tous les sites dont les membres postent du contenu, il pourra aussi être menacé par cette nouvelle législation, dès lors que, par exemple, un lien vers un site illégal de téléchargement y sera posté.

Le Web américain constituait le gros des troupes qui manifestaient leur opposition à ces lois. Pourtant, tous les utilisateurs de ces sites sont concernés, bien que les sites soient basés aux Etats-Unis.

Jean-Louis pour Sophie Rozwadowski

in Rue89 

Vu d’ailleurs : la faillite de l’euro serait celle de l’Europe (Le Quotidien du Peuple)

« L’Union européenne est [...] une grande création innovatrice sans précédent, car c’est après l’apparition en Europe du premier Etat national et de la Commune de Paris, la troisième contribution que l’Europe apporte au monde entier en matière de création et d’innovation du système structurel. Comme n’importe quelle nouveauté, que ce soit l’Euro ou bien que ce soit la Zone euro, il lui faut sur le plan de l’innovation structurelle, un peu de temps pour parvenir à sa maturité en partant de zéro » A l’instar d’un Chou En Laï qui jugeait dit-on, un peu prématuré de se prononcer sur le succès de la Révolution Française de 1789, l’éditorialiste du Quotidien du Peuple estime qu’il faut laisser du temps à l’Europe pour corriger « les insuffisances, les failles et les défauts structurels qui existaient depuis le début de la conception de l’euro : l’établissement d’une union monétaire supranationale sans appui et soutien d’une politique budgétaire financière unifiée. » Mais l’épreuve devra-être surmontée, avertit-il, sans quoi « l’insuccès et l’échec de l’Euro seraient la débâcle de l’Union européenne qui disparaîtrait à jamais et serait alors un grand désastre pour le monde entier. »

Vu d’ailleurs : la faillite de l’euro serait celle de l’Europe (Le Quotidien du Peuple) dans Grèce arton3180

Dix ans après sa mise en circulation officielle, l’euro affronte, le 1er janvier 2012, la pire crise de son histoire et la célébration des 10 ans de l’euro se déroule dans un contexte économique particulièrement sombre, difficile et incertain. Deux jours plus tard, c’est-à-dire le 3 janvier, le gouvernement grec déclare qu’à moins que l’Accord du deuxième prêt d’aide de 130 milliards de dollars US serait conclu dans l’immédiat avec International bonds, il y aurait risque pour la Grèce de se retirer de la Zone euro. Ainsi une décennie après la mise en circulation le 1er janvier 2002, la monnaie unique est descendue à 1,2797 dollar, son plus bas taux depuis septembre 2010 et on se demande quels genres d’autres défis se dresseront devant l’Euro et devant la Zone euro ?

La Zone euro s’est étendue et développée au cours de ces dix années et le nombre de ses pays membres s’est accru des douze au début à dix sept actuellement, alors que la population qui utilise l’Euro dépasse les 330 millions d’habitants et que la valeur de la monnaie en circulation a atteint 870 milliards d’euros, ce qui fait que l’Euro est devenu tout juste après le Dollar américain la deuxième des plus grandes et plus importantes monnaies de réserve du monde.

En tant que monnaie unique de la plupart des pays européens, l’Euro traduit et exprime le rêve de l’unification de toute l’Europe, c’est pourquoi il revêt une importance qui dépasse de loin celle d’une monnaie. La naissance de l’Euro a permis aux pays membres de la Zone euro de profiter des grands et énormes avantages procurés par l’intégration économique, car l’utilisation de l’euro diminue sensiblement le risque et le coût dus à la fluctuation du taux de change, renforce l’assimilation et la concentration du marché européen et contribue au développement du commerce entre les pays membres de la zone, tandis que le taux d’intérêt bas réduit le coût de financement des activités économiques au sein de la zone euro, ce qui fait que depuis la mise en circulation de cette monnaie, le taux d’inflation parmi les pays membres a été en moyenne seulement de 2%, ce qui a beaucoup profité aux larges masses populaires de la zone euro.

Toutefois, la crise financière internationale et la crise économique internationale, qui ont au début éclaté aux Etats-Unis et qui se sont par la suite étendues rapidement à travers le monde entier, ont brisé la prospérité superficielle de la Zone euro, ont détruit le mythe de l’intégration européenne et ont mis à nu les insuffisances, les failles et les défauts structurels qui existaient depuis le début de la conception de l’euro : établissement d’une union monétaire supranationale sans appui et soutien d’une politique budgétaire financière unifiée, ce qui a provoqué l’éclatement de la crise de la dette souveraine dans certains pays de la Zone euro et cette crise est en train de s’étendre rapidement et a tendance à gagner en ampleur en s’intensifiant et en s’aggravant. Devant cette situation, un grand tapage se déchaîne et les clameurs de « l’Euro s’écroule et s’effondre ! » et de « la Zone euro se désagrège et se désintègre » redoublent d’intensité.

Pour l’Euro et pour la Zone euro, quelles décisions à prendre et quels choix à faire pour l’année 2012 ? Voilà un grave et sérieux défi non négligeable qui se déroulera par la suite mois par mois et qu’il n’y a aucun moyen d’échapper !

La nouvelle année vient à peine de commencer que déjà l’émission d’obligations s’effectue successivement dans plusieurs pays européens, dont l’Italie, l’Espagne, la France et le Pays-Bas. Dans le cas où ce lancement gouvernemental des emprunt publics se déroule et s’accomplit de manière parfaite, la crise de la dette en Europe s’atténuera et s’apaisera, dans le cas contraire, celle-ci s’aggravera et s’empira et la menace de la fin de l’Euro et de la Zone euro à tel point que la scène politique européenne pourrait être profondément bouleversé et déstabilisé. Aux mois de février et de mars prochains, les élections présidentielles auront lieu successivement dans plusieurs pays de l’Europe, dont le Grèce et la France, et le déroulement des événements politiques mettra à l’épreuve l’opinion publique et les politiciens des pays de la Zone euro pour voir s’ils auront l’intelligence, la détermination et le courage d’affronter et de surmonter les difficultés et de traverser ensemble la situation pénible et difficile.

Vu à court terme, la crise de la dette qui persiste à ne pas se dissiper oblige les gouvernements des pays de la Zone euro à à adopter et à prendre des mesures et des dispositions de rigueur, de restriction et d’austérité, ce qui amène l’économie à entrer dans un cercle pernicieux caractérisé par un taux de chômage élevé, par la perte de confiance de la masse populaire, par la diminution d’investissements dans les entreprises, par la déflation de crédit sur le marché monétaire et par la prudence affichée par les institutions financières qui agissent avec beaucoup de précautions. Il est fort possible que la décadence et la dégradation de l’économie de la zone euro se poursuivent, mais vu du long cours de l’histoire, le processus de l’intégration européenne répond entièrement au courant historique du développement de la société du genre humain, l’Union européenne est elle-même une grande création innovatrice sans précédent, car c’est après l’apparition en Europe du premier Etat national et de la Commune de Paris, la troisième contribution que l’Europe apporte au monde entier en matière de création et d’innovation du système structurel.

Comme n’importe quelle nouveauté, que ce soit l’Euro ou bien que ce soit la Zone euro, il lui faut sur le plan de l’innovation structurelle, un peu de temps pour parvenir à sa maturité en partant de zéro. L’insuccès et l’échec de l’Euro seraient le débâcle de l’Union européenne qui disparaîtrait à jamais et serait alors un grand désastre pour le monde entier. Par conséquent, les Etats membres de la Zone euro se sont lancés il y a déjà deux ans dans un grand combat pour défendre et pour protéger la monnaie unique et ce sera un combat de longue durée qui en aucun cas ne doit essuyer ni échec, ni défaite ni insuccès.

En partant de certains indices qui se montrent déjà, l’avance et le progrès de l’Euro et de la Zone euro tout en surmontant beaucoup de difficultés ne sont aucunement une illusion ni un espoir chimérique. Deux faits démontrent que le système structurel mis au point par l’Union européenne en vue de traiter et d’apporter une solution à la crise de la dette souveraine s’est bien formé et que les préparatifs sont déjà faits, c’est-à-dire que la décision a été prise au sujet de la direction et de l’orientation à suivre :

Primo, pour la première fois de son histoire, la Banque centrale européenne (BCE) a lancé l’opération de refinancement à long terme LTRO (Long Term Refinancing Operation), ce qui indique que l’UE tient compte du contrôle macroéconomique en adoptant pour la première fois des mesures de stimulation anticycliques qui permettront de réduire les risques de la déflation du crédit et de l’apparition de la faillite de type Lehman Brothers dans le secteur bancaire ;

Secundo, les pays de la Zone euro s’engagent à appliquer strictement et rigoureusement les « contrats financiers ». L’application de ce genre de contrats qui renoncent partiellement à la souveraineté financière nationale indique que la solution de la crise de la dette en Europe commence à dépasser le cadre technique pour accéder au plan du système structurel, ce qui sera favorable à la neutralisation et à la disparition de la crise qui pourra même être éliminée définitivement.

L’année 2012 ne sera aucunement la fin du monde, pour nous, nous souhaitons, nous espérons et nous sommes certains qu’elle ne sera également pas la fin ni de l’Euro ni de la Zone euro. Le Phénix a le pouvoir de renaître après s’être consumé sous l’effet de sa propre chaleur et nous sommes sûrs qu’après avoir apaisé les convulsions politiques et sociales l’Euro et la Zone euro deviendront plus forts et plus solides.


Jean-Louis pour Shi Jianxun, Commentateur spécial du Quotidien du Peuple, Directeur de l’Institut d’études sur les problèmes financiers et économiques et sur les marchés boursiers et Professeur de l’Institut de l’Economie et de la Gestion de l’Université Tongji.

Publication originale Le Quotidien du Peuple

Parachutes dorés au sommet, précarité pour les autres

« La santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » s’interrogeait Laurence Parisot, emboitant le pas à Denis Kessler pour qui le monde se diviserait entre patrons « riscophiles » et salariés « riscophobes ». Avec à la clé la justification de rémunérations stratosphériques pour ceux qui auraient fait, au péril d’eux même, le choix d’affronter le danger. Loin de ces propos d’estrade, la réalité économique est fort différente, nous rappelle Robert Reich, à partir de l’exemple américain. Pour les uns, des salaires et primes de départ mirobolants, venant couronner des échecs insignes, pour les autres une incertitude du lendemain et une précarité toujours croissantes.

Parachutes dorés au sommet, précarité pour les autres dans Opinions arton3175Par Robert Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton, 16 janvier 2012

Le candidat Républicain à l’investiture Mitt Romney décrit la campagne électorale de 2012 comme celle du « procès de la libre entreprise » qu’il définit comme la possibilité de réussir en « travaillant dur et en prenant des risques » Le sénateur de Caroline du Sud Jim DeMint, un favori du Tea-Party, déclare soutenir Romney parce que « nous avons vraiment besoin de quelqu’un qui comprenne comment le risque, la prise de risque … est notre façon de créer des emplois, d’offrir des choix, d’accroitre la liberté. » Le Président de la Chambre de Commerce, Tom Donahue, défendant Romney, explique que « cette économie est bâtie sur le risque. Si vous ne prenez pas de risque, vous ne pouvez pas réussir. »

Un instant. Par qui donc croient-ils que les risques soient supportés ? Leurs fadaises sur la prise de risque de la libre entreprise mettent sans dessus dessous la réalité. Plus on est situé en haut dans le système économique, plus il est facile de faire de l’argent sans prendre aucun risque financier personnel. Plus on est en bas de l’échelle, plus les risques sont élevés.

Wall Street est devenu le coeur de cette libre entreprise sans risques. Les banquiers risquent l’argent des autres. Si les affaires tournent mal, ils perçoivent dans tous les cas leurs commissions. L’ensemble du secteur des hedge funds est organisé pour couvrir les paris de gros investisseurs qui peuvent faire de l’argent que le prix des actifs sur lesquels ils ont parié monte ou descende. Et si le pire se produit, les plus grands banquiers et investisseurs savent désormais qu’ils seront renfloués par les contribuables parce que leurs entreprises sont trop grosses pour qu’on les laisse faillir.

Mais les pires exemples de la libre entreprise sans risque sont fournis par les PDG qui empochent des millions après des échecs spectaculaires.

Vers la fin 2007, Charles Prince a démissionné de son poste de PDG de Citgroup après l’annonce que la banque aurait besoin de 8 à 11 milliards de dollars supplémentaire en raison des pertes liées aux subprimes. Prince est parti avec 30 millions de dollars de cadeaux princiers, sous la forme d’une retraite, d’actions et de stock options, avec en plus un bureau, une voiture et un chauffeur pour cinq ans.

Le mandat de cinq ans de Stanley O’Neal à la tête de Merrill Lynch s’est achevé à la même période, lorsqu’il était devenu évident que Merrill devrait supporter des dizaines de milliards de pertes sur les prêts hypothécaires, et qu’elle était rachetée à un prix bradé par Bank of America. O’Neal a obtenu une rémunération de 162 millions de dollars.

Philip Purcell a quitté Morgan Stanley en 2005 après que les actionnaires se soient révoltés contre lui. Il est parti avec 43,9 millions de dollars, plus 250 000 dollars par an pour le restant de ses jours.

Les récompenses en cas d’échec ne concernent pas seulement Wall Street. Dans une étude publiée la semaine dernière, GMI, un cabinet d’étude réputé qui observe les rémunérations des dirigeants, a analysé les plus grosses primes de départ reçues par les ex-PDG depuis 2000.

Dans cette liste, on trouve :

Thomas E. Freston, qui n’a occupé que neuf mois la fonction de PDG de Viacom avant d’être remercié, et est reparti avec une prime de départ de 101 millions de dollars.

William D. McGuire, qui en 2006 a été contraint de démissionner de son poste de PDG de UnitedHealth après un scandale sur les stock-options, et qui, en dédommagement de ses ennuis, a obtenu 286 millions de dollars.

Hank A. McKinnell, Jr., dont le mandat de cinq ans en tant que CEO de Pfizer a été marqué par une baisse de 140 milliards de dollars de la valeur boursière de l’entreprise. Nonobstant, McKinnell est reparti avec un gain de près de 200 millions, la couverture médicale gratuite à vie, et une pension annuelle de 6,5 millions de dollars. (Lors de la convention annuelle de Pfizer en 2006, un avion a survolé les lieux en tirant une banderole « Rends les, Hank ! »)

Douglas Ivester, PDG de Coca Cola, a démissionné en 2000 après une période de stagnation de la croissance et de baisse des bénéfices, emportant une prime de départ d’une valeur de 120 millions de dollars.

A tout le moins, les récompenses en cas d’échec ont augmenté. En septembre dernier, Leo Apotheker a été mis à la porte de Hewlett-Packard, avec une prime d’une valeur de 13 millions de dollars. Stephen Hilbert a quitté Conseco avec une prime estimée à 72 millions de dollars, bien que le cours de l’action de Conseco durant son mandat ait plongé de 57 à 5 dollars, en route vers la faillite.

Mais alors que la prise de risque économique diminuait au sommet de l’échelle, elle augmentait pour ceux qui sont en dessous. Plus de 20% de la main-d’œuvre américaine est maintenant « précaire » : travailleurs temporaires, entrepreneurs et consultants indépendants – ne bénéficiant d’aucune sécurité.

Même les salariés à plein temps, qui ont travaillé durant des décennies dans une entreprise, peuvent désormais se retrouver sans emploi du jour au lendemain – sans parachute, sans aucune aide pour trouver un autre emploi, et sans assurance santé.

Dans le même temps, la proportion des grandes et moyennes entreprises (employant 200 salariés ou plus) offrant une couverture complète des soins de santé a continué de baisser, passant de 74% en 1980 à moins de 10% aujourd’hui. Il y a vingt-cinq ans, les deux tiers de ces entreprises procuraient également une assurance santé à leurs retraités. Aujourd’hui, elles sont moins de 15% à le faire.

Le risque de ne pas toucher de retraite s’est également accru. En 1980, plus de 80% des grandes et moyennes entreprises octroyaient à leurs salariés des retraites dont le montant mensuel était garanti. Ce chiffre est aujourd’hui inférieur à 10%. Au lieu de quoi, elles proposent des plans de retraite à « cotisations garanties » où le risque est pris par les salariés. Lorsque la bourse sombre, comme en 2008, les plans de retraites sombrent avec elle.

Et le risque d’une perte de revenu ne cesse de s’accroître. Même avant le krach de 2008, le Panel Study of Income Dynamics de l’Université du Michigan a constaté que, sur une période de deux ans, environ la moitié des familles ont subi une baisse de leurs revenus. Il observe également que ces baisses sont devenues progressivement plus importantes. Dans les années 1970, la perte moyenne de revenu était d’environ 25%. A la fin des années 1990, elle était de 40%. Au milieu des années 2000, les revenus des familles, variaient en moyenne deux fois plus que durant les années 1970.

Ce que Romney et les pom pom girls de la libre entreprise ne veulent pas que vous sachiez, c’est que les risques liés à l’activité économique se sont progressivement éloignés des PDG et de Wall Street pour retomber sur les salariés moyens. Ce ne sont pas seulement les revenus et la richesse qui se sont fortement accrus au sommet. La sécurité économique s’est renforcée là aussi, laissant sur le sable le reste d’entre nous.

S’il s’agit de faire le procès de la libre entreprise, la véritable question est de savoir si le système est truqué en faveur de ceux qui sont au sommet, et sont récompensés quelques soient leurs échecs, tandis que le reste d’entre nous se fait avoir, même en travaillant dur.

Le jury rendra son verdict le jour des élections. D’ici là, Obama et les démocrates ne devraient pas permettre à Romney et aux républicains de se présenter en défenseurs de la prise de risque et de la libre entreprise. Les Américains doivent connaître la vérité. La seule façon pour que l’économie prospère, c’est qu’il y ait une plus grande prise de risque au sommet, et une plus grande sécurité économique pour ceux qui sont situés en bas.


Jean-Louis pour Robert Reich, traduction Contre Info
 


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Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3175

Protectionnisme : l’exemple du Mercosur

Le Marché Commun du Sud, ou Mercosur, qui rassemble l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, le Brésil et le Venezuela, vient de décider de mesures de protection de son marché intérieur contre les importations à bas prix en provenance de la Chine et de la zone dollar. C’est une preuve, affirme Jean-Luc Mélenchon qu’il est possible de « relancer les économies nationales, de lutter contre le chômage et de protéger l’environnement en relocalisant les productions. »

Protectionnisme : l’exemple du Mercosur dans Opinions arton3177

La protection d’un marché intérieur, quelle que soit sa taille, bref, le protectionnisme qui fait hurler les libéraux, c’est possible. Et avec lui la relocalisation de l’activité. La démonstration concrète vient d’en être faite. La nouvelle est passée relativement inaperçue. Et pour cause, elle pourrait donner des idées à d’autres pays.

Les 20 et 21 décembre dernier, les pays membres du Mercosur étaient réunis à Montevideo. Le Mercosur est une sorte de marché commun en Amérique du sud. On y trouve le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay comme Etats membres à part entière. Et notamment le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur comme Etats associés. Ces pays ont alors décidé de mettre en place des mesures protectionnistes aux frontières du Mercosur. Horreur !

Vous voudrez bien noter que ces pays ne sont pas tous dirigés par des bolcheviks-populistes-archaïques. Les importations d’une centaine de produits vont ainsi être plus fortement taxées pendant une période d’un an, période qui pourrait être renouvelée si nécessaire. Les pays du Mercosur ont choisi cette méthode pour freiner les déséquilibres commerciaux dus à un yuan et un dollar fortement dévalués par rapport aux monnaies d’Amérique du sud.

De telles mesures « protectionnistes » fonctionnent. L’année dernière, l’Argentine a réussi à faire pression sur le fabricant des téléphones Blackberry, l’entreprise canadienne RIM. Avec la mise en place de quotas limitant les composants importés, RIM a finalement été contraint d’installer une usine d’assemblage de ces téléphones sur le territoire argentin. RIM qui préférait fabriquer ses téléphones en Chine où le coût du travail est 15 fois inférieur à celui de l’Argentine n’a finalement pas eu le choix et a fini par installer une usine en Argentine.

Le Mercosur nous montre ainsi que de simples décisions politiques permettent de mettre fin à la folie du libre-échange afin de relancer les économies nationales, de lutter contre le chômage et de protéger l’environnement en relocalisant les productions. A l’exact opposé de ce que fait l’Union européenne.

Jean-Louis pour Jean-Luc Melenchon

son blog

Tribune : Pour un démontage concerté de l’euro

« Bien que nos concurrents américain et chinois aient intérêt à la survie de la monnaie unique européenne, celle-ci est condamnée, tôt ou tard, à une explosion incontrôlable. C’est pourquoi, afin d’éviter ce désastre, les signataires de ce texte proposent qu’une concertation européenne soit engagée en vue d’aboutir au démontage nécessaire de l’euro. » Les douze économistes signataires, parmi lesquels Jean-Luc Gréau, Jacques Sapir et Jean-Claude Werrebrouck, estimant que « l’obstination des gouvernants à foncer, à marche forcée, dans l’impasse de l’euro ne peut conduire qu’à une aggravation générale de la situation économique en Europe. », proposent ici un plan de sortie de l’euro.

Tribune : Pour un démontage concerté de l’euro dans Grèce arton3179

La véritable cause de la crise de l’euro, c’est la montée inexorable de la dette extérieure dans la moitié des pays de la zone. La nécessité de faire appel à des capitaux étrangers indique que la question cruciale est que leurs ressources propres n’ont pas été utilisées suffisamment pour développer les capacités productives des pays concernés et les rendre compétitives. Si l’on retranche les créances que possède chacun des pays, une dette extérieure nette touche les deux tiers des membres de la zone euro.

Les plus affectés sont les pays les moins compétitifs, comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne ainsi que l’Irlande. Un deuxième groupe de pays comprend l’Italie, où la dette extérieure nette est de 27 %, et la France, dont les 30 % sont dus pour l’essentiel à une accumulation de sorties de capitaux d’investissements directs à l’étranger ; pour la Finlande et l’Autriche, la dette nette demeure minime, représentant moins de 8 % de leur PIB. Non seulement les autres pays de la zone euro ne sont pas concernés, mais ce sont au contraire des créances extérieures nettes qui apparaissent pour les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et surtout pour l’Allemagne.

Dans ces conditions, l’obstination des gouvernants à foncer, à marche forcée, dans l’impasse de l’euro ne peut conduire qu’à une aggravation générale de la situation économique en Europe. Bien que nos concurrents américain et chinois aient intérêt à la survie de la monnaie unique européenne, celle-ci est condamnée, tôt ou tard, à une explosion incontrôlable. C’est pourquoi, afin d’éviter ce désastre, les signataires de ce texte proposent qu’une concertation européenne soit engagée en vue d’aboutir au démontage nécessaire de l’euro. Celui-ci pourra se faire selon les six modalités suivantes.

1) Des monnaies nationales seront recréées dans chacun des pays de la zone. Cela se fera en échangeant un euro existant contre une unité de cette nouvelle monnaie. Pour les billets, il suffira d’une courte période de transition, pendant laquelle les anciens billets en euros – émis par chaque banque nationale et portant aujourd’hui un signe distinctif selon le pays (marque « U » pour la France) – seront surchargés d’un tampon, avant qu’une quantité suffisante de nouveaux billets n’ait été imprimée en vue d’un échange. Pour les pièces, l’échange pourra se faire très vite puisque celles-ci comportent déjà une face nationale.

2) A la date du démontage de l’euro, les parités monétaires des nouvelles monnaies nationales, les unes par rapport aux autres, seront définies d’un commun accord, afin de rétablir des conditions normales d’échange. Là se trouve le seul moyen de résoudre valablement le problème principal, qui est celui des dettes extérieures nettes. On tiendra compte de la hausse des prix de chaque pays depuis la création de l’euro et de la situation de ses échanges extérieurs. Les dévaluations ou réévaluations nécessaires seront définies vis-à-vis d’une unité européenne de compte, dont la valeur internationale sera calculée par une moyenne pondérée des taux de change des monnaies nationales, comme c’était le cas pour l’ancien écu.

3) A l’intérieur de chacun des pays resteront inchangés, à la date du démontage, les prix des biens et des services, de même que les valeurs des actifs et des comptes bancaires. La disparition de l’euro fera que la dette publique de chaque Etat sera convertie dans la monnaie nationale correspondante, quels que soient les créanciers, à l’exclusion de ceux qui détiennent des créances commerciales. En revanche, les dettes extérieures des agents privés, de même que leurs créances commerciales extérieures, seront converties dans l’unité européenne de compte. Bien que cette solution favorise les pays forts et défavorise les pays faibles, elle est la seule réaliste afin d’assurer la pérennité des contrats conclus antérieurement.

4) Sans qu’il soit besoin d’établir un contrôle des changes, tous les gouvernements déclareront des vacances bancaires pendant une période limitée. Ils fermeront temporairement les banques pour déterminer celles qui sont viables et celles qui devront faire appel à la banque centrale. Les cotations seront arrêtées pendant cette période. La solution consistera sur la base d’un principe universel à décider que la garantie sera supportée par les banques centrales, qui abandonneront leur indépendance et retrouveront les statuts d’avant les années 1970. L’Etat protégera les épargnants, en prenant si besoin le contrôle d’une partie du système bancaire.

5) Les taux de change nominaux des monnaies nationales resteront fixés, durant cette même période, selon les parités décidées d’un commun accord. Ensuite, ils feront l’objet d’un flottement concerté sur le marché, à l’intérieur d’une marge de fluctuation de + 10 %. Un nouveau système monétaire européen pourrait alors être étudié afin de stabiliser les taux de change réels.

6) Cette opération serait facilitée si, préalablement au démontage de l’euro, son taux de change s’était fortement déprécié vis-à-vis des autres monnaies. La fin d’un euro cher ne sera sans doute pas acceptée par tous nos partenaires ni par la Banque centrale européenne, mais la France pourra y contribuer préalablement en abrogeant la loi Giscard de 1973. Celle-ci, qui interdisait le financement de la dette publique par la banque centrale, avait d’ailleurs été consolidée une première fois dans le traité de Maastricht, puis une seconde dans le traité de Lisbonne.

Dans le futur, nous pensons que l’on ne pourra pas faire l’impasse sur les problèmes qui ont été masqués par la crise de l’euro, en particulier l’emballement de la création monétaire privée et la dérive mondiale des systèmes bancaires, conséquence de l’abolition du Glass-Steagall Act. [1]


Jean-Louis pour  Gabriel Colletis, Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Jean-Luc Gréau, Roland Hureaux, Gérard Lafay, Philippe Murer, Laurent Pinsolle, Claude Rochet, Jacques Sapir, Philippe Villin, Jean-Claude Werrebrouck, économistes.

Publication originale Le Monde, via Roland Hureaux

 

in ContreInfo

Illustration : Soudaine et Attendue, couverture du Spiegel du 20 juin 2011

 


[1] Adoptée en 1933 (abolie en 1999) à la suite de la crise de 1929, la législation bancaire stricte Glass-Steagall Act a, notamment, séparé les banques de dépôt des banques d’investissement aux Etats-Unis

 

 


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Bientôt une agence de notation européenne

« Une agence européenne de notation devrait voir le jour cette année », rapporte Diário de Notícias. Le quotidien lisboète écrit que Roland Berger Strategy Consultants – le plus grand cabinet en stratégie d’Europe – a confirmé être en pourparler avec plusieurs institutions financières de l’UE et de Suisse, pour tenter de lever environ 300 millions d’euros pour la création d’une agence européenne de notation.

Le but est de créer « une organisation privée à but non lucratif », qui pourrait être lancée au premier trimestre de cette année, écrit le quotidien, selon lequel elle « promet une plus grande transparence » et sera capable de concurrencer les trois principales agences américaines, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch.

Selon Roland Berger, le but de la création d’une agence européenne de notation, que plusieurs responsables européens ont appelé de leurs voeux, comme la chancelière allemande Angela Merkel ou le président de la Commission José Manuel Barroso, est  :

de dépasser les problèmes principaux des agences de notation, principalement leur structure monopolistique, et les conflits d’intérêts qui existent dans leur structure actuelle […] Elle fonctionnera avec un modèle rentable de financement pour les investisseurs. Le modèle sera basé sur les analyses issues des accords de Bâle II en matière d’infrastructure et de crédit. L’ensemble du processus de notation sera modifié pour assurer plus de transparence. Une plateforme en ligne sera créée dans laquelle toutes les agences seront invitées à publier leurs évaluations. Les investisseurs devront s’engager à publier leurs propres classements ou notations.

Jean-Louis pour Presseurop

Source : L’article de Diário de Notícias

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