Archive pour 20 janvier, 2012

Les enfants abandonnés de Grèce

Courrier International publie cette semaine l’histoire d’Anna, une petite fille grecque abandonnée par sa mère qui ne peut plus subvenir à ses besoins. L’article, paru dans Ie quotidien grec I Kathimerini en décembre dernier, avait alors provoqué une vague d’indignation en Grèce et à l’étranger.

Le journal rapportait qu’avec la crise, un nombre croissant de parents dépourvus et désespérés, « tombés dans une impasse économique », étaient contraints de laisser leurs enfants aux soins de centres sociaux ou d’associations caritatives.

Quelque 500 familles auraient récemment demandé de placer leurs enfants dans des foyers dirigés par l’ONG SOS Villages d’enfants, rapportait Marilis Margomenou, l’auteure du papier. Une hausse significative dans un contexte de crise extrême.

Le quotidien britannique The Guardian avait pour sa part publié dans la foulée d’I Kathimirini un reportage à Patras, présentant le cas d’une famille elle aussi contrainte d’abandonner une partie de sa progéniture.

Devant l’émoi suscité par ces informations, Libération s’interrogeait mercredi dernier sur « ces rumeurs d’enfants abandonnés en Grèce ». Les services sociaux de la mairie de Patras ont, écrit Libération « expliqué que les motivations du couple [de l’histoire rapportée par The Guardiann’étaient pas totalement désintéressées et que le problème est en voie de règlement. »

« Pour le président de l’association Sourire de l’enfant, les abandons d’enfants sontdes incidents isolés montés en épingle’ « , écrit Libération qui poursuit :

Même indignation chez Marina Katsimbali, directrice du centre chrétien l’Arche du monde, qui s’occupe des enfants des rues : elle se plaint d’appels téléphoniques incessants, ‘y compris d’Australie et de Nouvelle-Zéland’, et voudrait ‘en finir avec cette histoire, d’autant que la journaliste auteure de l’article s’apprête à modifier sa version’.

« Pourtant, le constat n’en est pas moins unanime sur la réelle dégradation de la situation depuis le début de la crise », tempère le quotidien français qui donne également la parole à Stérios Sifnios, de l’ONG SOS Villages d’enfants, à l’origine de l’histoire d’Anna :

Stérios Sifnios […] souligne qu’il y a une forte augmentation des demandes de familles qui ’n’arrivent plus à joindre les deux bouts alors qu’auparavant il s’agissait surtout de cas sociaux’.

Jointe par Alexia Kefalas, la journaliste en charge de la Grèce pour Presseurop etCourrier International, Marilis Margomenou l’auteure du papier d’I Kathimerini, déclare quant à elle n’avoir aucune intention de changer la version des faits écrits dans son reportage et se dit excédée par la remise en cause d’un phénomène qui prend, à son sens, indéniablement de l’ampleur aujourd’hui en Grèce.

Jean-Louis pour Presseurop

Le FBI ferme Megaupload

Le FBI ferme Megaupload dans Humour 913_fbi_portes_disparus-ccde4

Jean-Louis pour na!

son site

CROATIE : Vers l’Union sans enthousiasme

Le 22 janvier, la Croatie doit ratifier par référendum son traité d’adhésion à l’Union. Mais, au moment d’entrer dans une Europe en crise, la campagne a surtout été marquée par les doutes et une nouvelle rhétorique nationaliste.

Après la signature du traité d’adhésion de la Croatie à l’UE [le 9 décembre 2011], le plus beau, le plus touchant et le plus original message de bienvenue n’est pas venu de Zagreb ni de Bruxelles, mais de Pologne. Sur YouTube, de nombreux Polonais, notamment des jeunes, ont souhaité la bienvenue à la Croatie sans hypocrisie ni faux pathos, dans une ambiance de joie spontanée [en cas de oui au référendum du 22 janvier, la Croatie entrera dans l’UE le 1er juillet 2013].

Les Polonais ont ainsi prouvé que l’Europe actuelle, secouée par la crise, les doutes et les divisions, peut et doit être l’Europe des valeurs communes, de la joie et de l’espoir. Bruxelles a tendu la main à la Croatie, mais la Pologne a ragaillardi l’âme croate.

Les Polonais sont eux-mêmes entrés dans l’Europe en nourrissant de nombreuses craintes, notamment celle de la perte de leur souveraineté et de la mort des paysans. Comme en Croatie, l’Eglise catholique polonaise a plaidé pour l’Europe avec la crainte à peine dissimulée que les grands pays voisins ne se mettent à refaçonner le passé et l’avenir du pays.

Les Croates, plus européens que l’Europe

Contrairement à ces craintes, la Pologne a montré qu’on peut réussir son adhésion à l’UE au moment où la plupart des grands pays, puissants et riches, traversent une crise profonde. La Pologne est restée Pologne et est devenue Europe. Il n’a pas été nécessaire de créer une nouvelle Euroslavie dans les Balkans pour que la Croatie obtienne son ticket d’entrée dans l’UE.

L’histoire des négociations d’adhésion, aussi longues que pénibles, a été pavée des préjugés, d’idées reçues, de peurs et d’ignorance, en jouant les cordes catastrophiste, xénophobe, nationaliste et provinciale, mais également cosmopolite et supranationale.

Ainsi, l’ancien président Tudjman, qui plaidait pour l’Europe a-t-il claqué la porte dans un excès d’orgueil en refusant de rejoindre le Groupe de Visegrad (composé de la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Slovénie), en considérant que la Croatie n’avait pas besoin de s’allier avec les anciens satellites de la Russie.

D’autres, en revanche, à l’instar de l’ancien Premier ministre Sanader, ont été prêts à accepter n’importe quoi pour accélérer l’adhésion, au prix de fausses promesses, comme celles selon laquelle la Croatie allait entrer dans l’UE en même temps que la Bulgarie ou la Roumanie.

L’Europe ne tolère plus d’adhésion au rabais, mais elle n’a pas “détesté tout ce qui était croate”, comme certains ont voulu le croire. Cette Europe s’est employée à pacifier la poudrière balkanique, mais elle n’a pas hésité à reconnaître les acquis de chaque pays sur la voie du respect des conditions imposées.

Après la Slovénie, c’est la Croatie qui a amarré le plus rapidement dans le port européen sans devoir attendre ses voisins.

L’Europe actuelle n’est pas un pays de cocagne. Dans le contexte de la crise, même les plus grands pays, comme l’Allemagne ou la France, ont accepté de se priver d’une part de leur souveraineté.

Une jeunesse libérée des mythes toudjmaniens

Dans cette Europe, personne ne plaide pour la refondation d’une nouvelle Yougoslavie ni pour la résurrection du communisme. Dans cette Europe, la langue croate est reconnue comme une langue officielle, et Zagreb a le droit de demander la protection de tout ce qui relève de son patrimoine, sa tradition ou ses particularités.

Après la signature du traité d’adhésion, de nombreux mythes nationalistes se sont écroulés et les préjugés régionaux sont devenus caducs. Le référendum se prépare sans bagage mythomane, mais avec certaines nouvelles questions posées par la jeune élite intellectuelle, libérée des mythes toudjmaniens. Toutefois, cette dernière propose des réponses qui ne sont pas moins dangereuses.

Dans ses généralisations simplistes cette élite affirme que l’Europe a depuis longtemps trahi ses principes, voire qu’elle s’est elle-même balkanisée bien avant que les Balkans ne deviennent européens, de même que la Croatie s’est balkanisée avant de devenir européenne.

D’après ce courant de pensée, on n’a pas besoin de cette Europe enfoncée dans la crise économique, ni de celle des valeurs, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Bref, on exige une Europe parfaite pour une Croatie qui est elle-même loin de cet idéal.

Ces nouveaux Croates “irréprochables” se montrent plus arrogants que les Français, plus têtus que les Anglais et plus irresponsables que les Grecs. Ils ne s’excuseront jamais de leurs prophéties ratées, mais ils sont prêts à condamner la Croatie tout entière à un avenir stérile en se considérant comme étant plus européens que l’Europe.

Jadis, on se vantait d’être “le plus ancien des peuples européens” ; aujourd’hui, on est fiers d’être “le peuple le plus exigeant”.

Jean-Louis pour Dražen Vukov Colić

 

in Presseurop

 

Article original – Tportal

Traduction : Kika Kurovic

 

PRONOSTIC

Le “oui” sur la bonne voie

Selon l’un des derniers sondages avant le référendum du 22 janvier, réalisé auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, le oui à l’adhésion à l’UE l’emporterait avec 60% des voix. Kukuriku, la coalition de centre gauche au pouvoir depuis novembre, ainsi que le HDZ (conservateur), qui était au pouvoir lors des négociations et qui est aujourd’hui le principal parti d’opposition, ont appelé à voter oui. Tout comme l’Eglise catholique.

Les adversaires de l’adhésion à l’UE, qui pourraient recueillir 31% des suffrages dimanche, se recrutent parmi les partisans des petits partis de la droite nationaliste et les sympathisants de la gauche anticapitaliste. Le oui mène largement dans la population diplômée, gagnant 500 euros ou plus, et vivant dans la capitale Zagreb et dans la province d’Istrie. Les enquêtes prévoient une participation au référendum d’environ 60%.

Des montagnes de nourriture gâchée

En Europe, près de 50% de la nourriture saine « est perdue entre les différentes phases du processus qui mène de la fabrication à la table des consommateurs »,écrit El País. Ce qui représente une moyenne « de la moitié d’un kilo par jour par personne mais avec de grandes variations selon le pays et le secteur », ajoute le quotidien madrilène, après l’adoption d’une résolution le 19 janvier par le Parlement européen. Ce dernier, qui se base sur un rapport présenté par l’eurodéputé italien Salvatore Caronna, réclame des mesures urgentes pour réduire le gaspillage alimentaire d’ici 2025.

Le quotidien madrilène espère que la résolution du Parlement européen permettra une forte prise de conscience.

Annuellement, rapporte le journal, le gaspillage européen

est de 179 kilos de nourriture comestible et saine par personne dont la majeure partie, 42%, est perdue au niveau des ménages (ce qui pourrait être évité à 60%). L’industrie agroalimentaire est ensuite responsable à 39% du gaspillage, le secteur de la restauration à 14% et en bas de l’échelle, les distributeurs à 5%.

Rappelant que 16 millions d’Européens dépendent des aides alimentaires des organisations caritatives, la résolution réclame une amélioration de l’accès aux aliments pour les personnes les plus démunies. Le rapport du député italien réclame notamment un étiquetage double avec la date limite de vente et la date limite de consommation ainsi que la généralisation de la réduction des prix des produits dont le packaging est endommagé ou dont la date de péremption est proche.

Jean-Louis pour Presseurop

Source : L’article d’El País

 

L’actualité de la crise : LA DIFFICILE GESTATION DU PLAN A’

A qui se raccrochent aujourd’hui ceux qui espèrent s’en tirer sans avoir à sortir du cadre ? A ces ultimes sauveurs que sont les banques centrales et le FMI, peut-on constater. Les premières agissant chacune à leur manière, le rôle du second étant appelé à se renforcer.

Pour les banques centrales, ce n’est pas une nouveauté, si l’on se rappelle le rôle déterminant joué par la Fed dès le début de la crise, mais cela l’est en Europe pour la BCE, qui n’a enclenché la vitesse supérieure qu’après avoir beaucoup tardé. Quant au FMI, si sa montée en puissance date du G20 de Londres en avril 2009, peut-on oublier que les États-Unis réclamaient le démantèlement de son activité de prêt lors de la nomination au poste de directeur général de Dominique Strauss-Kahn,en 2007 ?

Désormais au chevet de l’Europe, la BCE et le FMI sont promis à un fabuleux destin. Une division du travail attribue à la première le sauvetage des banques et, tout du moins dans la zone euro, au second celui des États. Mario Draghi joue depuis peu les “Helicopter Ben” (*) en inondant les banques de liquidités, tandis que Christine Lagarde peine à réunir le financement de futurs prêts par précaution aux États, la nouvelle génération des plans de sauvetage désormais de triste mémoire. A l’un la gestion du désendettement de la dette privée, à l’autre celle de la dette publique.

La leçon a été longue a être tirée, mais il a été décidé d’adapter la stratégie de désendettement d’origine, afin de tenir compte de l’insuffisance flagrante de ses résultats et des difficultés croissantes de son application. Non pas en la modifiant, mais en lui donnant plus de temps pour faire ses preuves. En adoptant somme toute une attitude de banquier, ou bien de politique : le premier étale les dettes quand elles ne peuvent pas être remboursées pour ne pas affronter un défaut, le second cherche à refiler la patate chaude à ses successeurs, le plus tard possible.

Le capitalisme financier a été en quelque sorte “un pont trop loin”. Ou, pour le dire comme Mohamed El-Rian, dirigeant américain de Pimco (le plus grand fonds d’investissement sur le marché obligataire), la société a connu avec l’hypertrophie de la finance “la mère de toutes les overdoses de capitalisme”. Prenant à contre-pied ceux qui considéraient que le capitalisme financier était la succession naturelle des états précédents de développement du capitalisme, passant en terme d’activité dominante de l’agriculture à l’industrie pour parvenir à la finance.

En accentuant les déséquilibres dans la répartition de la richesse, et en augmentant l’endettement pour y remédier tout en écoulant une production de plus en plus délocalisée vers les pays émergents, le capitalisme financier a créé les conditions de sa propre implosion. Deux gigantesques bulles de dettes se sont gonflées, privées et publiques, qui n’en font dans la pratique qu’une seule, car elles communiquent. Elles ont atteint une dimension telle que le désendettement permettant de les résorber – après qu’elles ont crevé – pose comme il est vu au fil des semaines et des mois, des problèmes qui restent insolubles.

La nouvelle version de la stratégie de désendettement en cours de concrétisation vise donc à se donner plus de temps, en espérant qu’il sera ainsi possible de ne pas devoir en changer. Il faut pour cela réunir des financements pour étaler la charge financière, soit en accordant des colossaux prêts à trois ans aux banques – dont le montant final, après la seconde injection de fin septembre, dépassera probablement le montant du TARP américain de 700 milliards de dollars – soit en dégageant auprès de la communauté internationale, et en premier lieu des États qui concentrent aujourd’hui les réserves monétaires mondiales, les moyens de prêter à ceux qui doivent se désendetter dans l’urgence, sous forme de prêt relais. La somme n’en sera pas moins conséquente, puisque le FMI envisage de disposer d’une capacité de prêt de 1.000 milliards de dollars.

Mais les obstacles à la réalisation de ce nouveau plan ne manquent pas, à peine prend-il tournure. Les banques sont a priori les mieux loties, puisque les prêts dont elles bénéficient ne sont assortis d’aucuneconditionnalité, excepté de pouvoir mettre en pension à la BCE, qui a assoupli ses exigences de qualité, du collatéral en garantie. Mais elles doivent faire face à de nombreuses difficultés. Aussi bien la baisse de son rendement – résultant d’une addition de facteurs, dont la diminution de la taille de leur bilan et la montée de la récession – que la désaffection des investisseurs à leur égard, corollaire de cette baisse potentielle des dividendes et du risque grandissant qu’elles représentent simultanément. Les prêts relais à trois ans de la BCE seront-ils une médecine suffisante, dans ces conditions, d’autres bouleversements pouvant intervenir entretemps ?

Les États occidentaux doivent pour leur part résoudre une équation autrement plus ardue. Comment réduire une dette exprimée en pourcentage du PIB alors qu’ils sont globalement entrés dans la récession, ou tout au bord, notamment sous les effets des coupes budgétaires qui leur sont imposés ? Il est bien question de procéder à des réformes structurelles afin d’améliorer la compétitivité, mais est-il réellement crédible de concurrencer l’industrie des pays émergents grâce à la baisse du coût du travail et à la diminution du filet de protection social ? La recette s’appuie sur l’idée implicite que la croissance des exportations est la seule issue, impliquant une concurrence acharnée pour que s’en dégagent les heureux élus, précipitant les autres dans la pire des situations.

Ce qui conduit en passant à constater que les réformes structurelles ne sont pas pour tout le monde : elles s’arrêtent aux frontières du monde de la finance. Car si une chose est claire, dans cette crise faite d’incertitudes, c’est que les velléités de régulation financière de départ ont été stoppées, et que celle-ci se résume à peu de chose, une fois effectué son strict inventaire.

Il y a dans l’immédiat un gros os à ce plan. L’exploration de nouveaux financements par le FMI a suscité un concert de réserves hors de la zone euro. Toutes ne sont pas de même nature. En conséquence, on ne voit pas le congrès républicain autoriser le gouvernement américain, qui n’envisage même pas de le demander, à apporter sa contribution. Ni les Chinois obtenir pour eux et d’autres pays émergents les droits de vote supplémentaires qu’ils réclament en contrepartie au sein du FMI. Les deux plus gros contributeurs potentiels faisant défaut, quels montants vont pouvoir être recueillis auprès des autres ? Les 600 milliards de dollars annoncés seront-ils réunis, ou faudra-t-il se contenter de moins ?

Le temps presse pourtant, si l’on en croit Mario Monti. Il vient de trouver le soutien public d’Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques. Ce dernier met un marché en main aux Allemands : soit vous augmentez les capacités de financement du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), soit vous acceptez l’émission d’euro-obligations ! C’est dire la confiance qu’il accorde à la réussite de la politique engagée !

Christine Lagarde n’en pense pas moins et va se rendre à Berlin le 23 janvier pour se prononcer publiquement sur “les défis de l’économie mondiale en 2012 et le rétablissement de la confiance et de la croissance”. Selon une fuite parue dans “Il sole 24 ore”, le FMI s’apprêterait parallèlement à annoncer que l’Europe va connaître en 2012 une récession (chiffrée à -0,5%), l’Espagne atteignant -1,7%, un situation que l’Italie subirait également en 2013. Le gouvernement allemand a déjà dû de son côté abaisser ses propres prévisions, qui prévoient désormais une croissance ramenée à +0,7%.

Il ne faut pas chercher ailleurs plus grand obstacle à la réalisation de la stratégie suivie, même remise au goût du jour. La BCE se substitue au marché et les Etats cherchent à bénéficier, via un montage impliquant le FMI et les pays hors de la zone euro, d’une forme de mutualisation de la dette que l’Allemagne refuse en Europe. Tout cela est très précaire devant une économie qui bat de l’aile.

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(*) Surnom donné à Ben Bernanke, le président de la Fed, en raison de son ralliement à une politique de sortie de crise suggérée autrefois par Milton Friedman : grâce à un lâcher massif de liquidités par hélicoptère, ainsi que procèdent les pompiers pour éteindre les incendies.

Jean-Louis pour François Leclerc

Blog de Paul Jorion

Le prix de la rigueur

Qui a dit que les Roumains avaient un don pour supporter la rigueur ? Juste avant que n’éclatent les protestations des “indignés” à Bucarest, un éditorialiste roumain se scandalisait que le Financial Times suggère que ses compatriotes se soient “familiarisés avec l’austérité”, alors que d’autres en Europe faisaient part de leur admiration envers l’endurance des Roumains face aux mesures imposées par le FMI.

Le prêt de 13 milliards d’euros contracté en 2009 a certes sauvé la croissance du pays, mais à quel prix ? Des manifestations ont accompagné chacune des mesures de rigueur adoptées par l’exécutif roumain : augmentation de la TVA, réduction des salaires de fonctionnaires, semaine de travail de 60 heures… A chaque fois, la catégorie visée est descendue dans la rue.

Mais le ras-le-bol de ces derniers jours, qui a éclaté suite à la démission du très populaire sous-secrétaire d’Etat Raed Arafat pour protester contre la privatisation du système de santé public, a atteint tous les Roumains : de droite comme de gauche, ils ont investi la rue pour s’en prendre à la classe politique tout entière.

Il faut croire qu’ils avaient atteint les limites de leur proverbiale capacité à endurer les sacrifices. Le gouvernement, lui, reste impassible.

Après avoir supporté le discours de responsables politiques qui répètent le dyptique “austérité-solidarité” et rejettent leurs échecs sur l’Europe au lieu de tenter de conjuguer rigueur et croissance, les Roumains ont dit “assez !”.

Les révoltés roumains ne sont ni plus ni moins que le reflet d’un mécontentement qui pourrait embraser toute l’Union européenne. Car les Européens supportent de moins en moins qu’on leur réclame des sacrifices sans leur dessiner de perspective claire ni faire de pédagogie.

Pour que le projet Europe vive encore, il faut autre chose”, écrivait Luca Niculescu, dans Revista 22 après le sommet européen du 9 décembre. Faire comprendre que la stabilité passe par l’austérité reste une tâche difficile face à des peuples déjà éprouvés par la crise. “Il y aura d’autres manifestations”, prévoyait Niculescu. C’est une évidence.

Pour y remédier, les responsables doivent changer d’attitude. Qu’ils en finissent avec ces sommets à chaque fois “cruciaux”.

Ils doivent tout simplement expliquer, avec patience, que la disparition de la monnaie unique signifierait bien plus que le retour à la peseta, au franc ou au mark, et comprendre, comme le souligne le philosophe néerlandais Paul Scheffer, que l’adhésion des citoyens ne se gagne qu’avec des arguments solides. Car la mort de l’euro signifierait tout simplement la fin de l’Union.

Jean-Louis pour Iulia Badea Guéritée

Iulia Badea Guéritée est une journaliste française née en 1972 en Roumanie. Elle est responsable de la version en roumain de presseurop.eu et couvre la Roumanie et la Moldavie à Courrier internationaloù elle tient également un blog. Diplômée en littérature française du XXème siècle et en Droit, elle travaille depuis 2000 à Paris, où elle collabore également avec plusieurs titres de presse francophones et roumanophones. Elle est lauréate 2006 du prix Louise Weiss du meilleur journaliste européen.

in Presseurop

SOPA-PIPA et Blackout, le bilan

Le bilan de la journée anti-SOPA-PIPA traduit l’opinion générale des sites américains, malheureusement, cela ne reste qu’une action de courte durée qui ne va pas empêcher de vivre les politiciens corrompus et à la botte des lobbys. Regardez bien Megaupload, c’est n’est qu’un exemple, d’autres vont tomber, la suite risque d’être mémorable…

SOPA-PIPA et Blackout, le bilan dans Opinions Fotolia_22506237_Subscription_XXL-300x240Ce mercredi 18 janvier 2012 a été marqué par un blackout massif en signe de protestation aux projets de loi SOPA et PIPA. Il est logiquement l’heure d’effectuer un premier bilan.

Les deux textes sont actuellement à l’étude au Congrès Américain et sont susceptibles de bouleverser l’usage et la liberté du web, d’où une protestation générale. Les sites refusent d’être sous le joug de lois qui induiraient purement et simplement leur fermeture. Le web réclame sa liberté et fait le choix symbolique de parer ses pages de noir en guise de protestation. SOPA et PIPA sont assimilées à de la censure, et la Toile compte faire bien plus que grogner pour se faire entendre.

De nombreux sites influents ont choisi soit de fermer leur porte, soit d’afficher ouvertement leur animosité envers les législations américaines PIPA et SOPA. Ce blackout avait pour objectif de sensibiliser le grand public et idéalement d’abroger la mise en place des deux textes. Parmi les participants au Blackout on retrouve :

antisopacopa-300x192 dans Opinions

La liste n’est pas exhaustive, il ne s’agit que des supports disposant d’un maximum de notoriété. En tout, plus de 75 000 adresses ont participé à ce symbolique Blackout. A côté d’eux, d’autres ont réagi. Côté anti-SOPA, on retrouve Zuckerberg qui s’est exprimé par un statut sur Facebook ou encore le gouvernement d’Obama via une lettre. Twitter était aux abonnés absents, son PDG ne donne pas d’opinion sur les projets de loi mais condamne le blackout, qu’il juge stupide.

Les internautes n’ont pas été désœuvrés, bon nombre d’Américains ont pris conscience de l’impact de ces textes et ont manifesté leur soutien au blackout. Mails, messages, statuts, rien n’a été omis. En plus de ceci, des manifestations physiques se sont déroulées dans les rues des grandes villes d’Outre-Atlantique.

Pour le moment, il est impossible de savoir si ces deux lois franchiront le stade de projet mais le blackout semble avoir eu un véritable impact sur les membres du Congrès. Au 18 janvier, on décomptait 80 partisans contre 31 opposants. Au lendemain du blackout, 65 membres s’affichaient comme sympathisants et 101 membres étaient désormais contre le projet. Il est difficile d’obtenir de véritables statistiques, puisque tous les politiciens ne se prononcent pas ouvertement sur leurs intentions de vote …

Le dénouement de cette affaire sera imminent, fin janvier, au plus tard février. En attendant, fermer Megaupload au lendemain du blackout ne risque pas de calmer les ardeurs des réfractaires.

Jean-Louis pour Benji

in Les Moutons Enragés

Source: Gizmodo.fr

Des paroles et des actes : les 4 mensonges de Monsieur Lenglet

Cette fiche élaborée par la commission économie du Parti de Gauche révèle les 4 « erreurs » fondamentales issues de l’argumentaire que Monsieur Lenglet a opposé à Jean-Luc Mélenchon lors de l’émission des Paroles et des Actes sur France 2.

1. « LES PAYS QUI ONT LE MOINS DEPENSÉ SONT CEUX QUI S’EN SORTENT LE MIEUX »

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Monsieur Lenglet présente un premier graphique (ci-dessus) montrant la part de la dépense publique dans le PIB: la France se situe au niveau le plus élevé. Un second graphique montre les courbes de croissance depuis la crise financière : des trois pays cités, la France apparaît en dernière position. Le message est donc celui-ci : ce n’est pas en augmentant encore davantage les dépenses que vous aurez plus de croissance. Cette présentation est entièrement trompeuse.

Graphique 1 : Dépense publique vs. Croissance ? (source: FMI)

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La comparaison faite par Monsieur Lenglet entre part des dépenses publiques dans le PIB et croissance n’a aucun sens. On observe sur le graphique 1 ci-contre qu’aucune corrélation n’existe entre ces deux variables pour les pays de l’UE (source FMI : fiscal monitor 2011). Plus intéressant, le graphique 2 ci-après montre qu’aucune corrélation n’existe non plus entre la part de la dépense publique dans le PIB et les taux d’intérêts sur la dette de long terme. Certains pays, comme le Danemark ou la Finlande, ont une dépense publique en pourcentage du PIB très élevée et des taux d’emprunts très faibles. Inversement, des pays comme le Portugal, la Hongrie ou la Slovénie doivent payer des taux d’intérêt sur 10 ans élevés malgré un faible niveau de dépenses publiques.

Lire le document dans son intégralité (format pdf)…

Jean-Louis pour la COMMISSION ÉCONOMIE DU PG

in LPG

Problématique

Au-delà des polémiques sur la perte du triple A et des procès instruits contre les agences de notation, il serait sans doute plus « productif » de revenir à la politique au sens noble du terme. C’est-à-dire, dans un régime démocratique, à présenter clairement les enjeux, à proposer des solutions. Elles peuvent d’ailleurs être très différentes quant au contenu et à sa mise en œuvre. Les efforts proposés aux peuples seront plus ou moins bien justement répartis. Il appartiendra à ces peuples de choisir et de jauger ces propositions. Mais rien ne serait pire que de se laisser dicter une politique « au fil de l’eau » que d’ailleurs personne ne dicte véritablement.

Problématique dans Grèce jean-luc-melabdb-c6ad2

Jean-Luc Mélenchon ne dit rien d’autre quand il proclame avec force « résistez ! » Les solutions qu’ils préconisent sont discutables, mais le souffle est le bon. Il faut effectivement résister à tous les pseudos-diktats. D’ailleurs, les mêmes agences qui renâclent devant l’importance de la « dette souveraine » sont les premières à redouter, dans le même temps, une politique stéréotypée d’austérité trop poussée mère de toutes les récessions. La récession aggrave la dette (cf la Grèce) C’est en effet un équilibre qu’il convient d’atteindre : celui difficile d’une maîtrise de l’endettement sans compromettre la croissance. Il y aura toujours des ultras qui contestent la nécessité d’une croissance pérenne ; ils préconisent l’entrée dans un autre monde, celui de la décroissance, un retour à des systèmes de production courts, de proximité. Ils encouragent une économie du strict nécessaire, bannissant un productivisme pour eux dépassée. Cette nouvelle philosophie dans les pays « riches » devrait s’accompagner d’un nécessaire rééquilibrage en faveur des pays pauvres. Autrement dit la croissance ici et la décroissance là ; ce rééquilibrage n’a rien de mécanique. On peut même parier que la décroissance dans les pays actuellement développés seraient catastrophique pour les moins riches. Il n’est pas dit que nous n’aurons pas un jour à vivre une telle mutation, mais je crains que cette « révolution » ne soit que l’effet secondaire et subi d’une catastrophe préalable très éloigné d’un volontarisme raisonné et démocratiquement décidé. A distance de cet extrémisme, pas encore d’actualité, il faut pourtant réinscrire la politique au centre de l’action. C’est-à-dire définir très clairement les axes à privilégier ; ils ne peuvent l’être tous ; il y a des choix à faire. Là et là seulement résident les véritables questions auxquelles doivent répondre les candidats à la prochaine élection présidentielle. Il faudrait par parenthèse s’entendre sur les mots. Qui peut prétendre querigueur est synonyme d’austérité ? La rigueur comporte la notion de force, de détermination, de fermeté mais aussi dureté, intransigeance. L’austérité se retrouve plutôt dans l’abstinence, la frugalité, la tempérance, l’ascèse. Il conviendrait effectivement d’afficher une détermination excluant les fluctuations thymiques, avec fermeté sans dureté mais avec intransigeance pour présenter un vrai plan d’avenir au Français. Un plan de rupture effective avec le passé de l’après-guerre, qui tienne compte des conditions actuelles du monde. Si ce plan est juste, équitable, il n’y a aucune raison que nos concitoyens ne l’approuvent pas. Il est assez évident que nous ne pouvons pas persister dans l’endettement à tout va en particulier pour payer du fonctionnement courant. En revanche, la rigueur ne veut pas dire ne pas emprunter pour préparer l’avenir, pour investir dans le productif de demain. En clair, ce n’est pas tant la dette en elle-même qui pose un problème ; c’est la dette pour quoi faire. Enoncer de telles banalités pourraient paraître à la portée de quiconque et on s’interroge sur le mutisme assourdissant des responsables politiques à cet égard. Pourquoi ? Parce que cette banalité remet en cause tout ou partie de notre modèle social. Certains diront que ce modèle hérité de la libération peut être sauvé en rééquilibrant ses modalités de financement : en clair faire plus payer les « riches ». Souvent en France faire payer les « riches » se résume à ponctionner un peu plus les classes moyennes d’ailleurs en voie de disparition. On sait en effet très bien que surtaxer les « hyper-riches », même si la symbolique est forte, ne soldera pas la note. Reste la diminution des dépenses de fonctionnement courant !

Par lesquelles commencer ? Le casse tête est à l’oeuvre …

Jean-Louis pour Jean-Louis Hussonnois

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NOIR ET BLANC : DENISOT MOQUE DUPONT-AIGNAN (C+)

Nicolas Dupont-Aignan en noir et blanc, aussi démodé qu’un speaker de l’ORTF. C’est l’image que le Grand Journal a donnée du candidat souverainiste, à la fin de son interview mercredi soir. Une séquence plutôt orientée, qui ne risque pas de faire grimper la cote du président de Debout la République

Michel Denisot n’a pas été tendre avec Nicolas Dupont-Aignan au Grand Journal. Interrogé à propos du Canard Enchaîné, le président de Debout la République tente de détailler une mesure de son programme concernant l’indépendance des médias. Il est immédiatement rappelé à l’ordre par le présentateur. « Non non, on n’a plus le temps », coupe Denisot.

Mais le meilleur est pour la fin. Au moment de prendre congé, Denisot remercie ses invités: « Merci Nicolas Dupont-Aignan, qui est pour le retour du Franc, la fin de l’Euro, et si ça arrive moi je promets le retour de la télé en noir et blanc ». Sitôt dit, sitôt fait: le candidat passe immédiatement en noir et blanc à l’écran.

Pour la dernière séquence de son interview, Dupont-Aignan apparaît donc en politicien tout droit sorti des années 60. Une image parfaitement vieillotte censée stigmatiser le « ringardisme » de ses propositions.

Des effets spéciaux qui ne semblent pas vraiment du goût du candidat…

Jean-Louis pour Julie Mangematin
in @rrêt sur images


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