Archive pour 26 janvier, 2012

Caliméro Sarkozy a besoin de Juppé droit dans ses bottes

Envoyer Juppé à sa place. Il fallait oser. C’est à ca qu’on le reconnait d’ailleurs. Sarkozy, le très courageux Sarkozy qui veut se bagarrer avec ceux qui l’invectivent, n’a plus le courage d’affronter ses adversaires.

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Merci à Wingz

Il envoie des troisièmes couteaux fatigués et issus d’un autre siècle et de la Chiraquie dont il ne reste pas grand chose.

Ce soir Juppé doit se coltiner une émission télé pour aller porter la bonne parole et tenter de faire avaler le (dépôt de) Bilan de 5 ans de fléau mortifère.

sarkostique calimero sarkozy humour 9Merci à Laurent

Sarkozy fait en ce moment son caliméro. Et dieu qu’il le fait bien. Celui qui aurait confisqué les services secrets pour son propre profit, celui qui voyage dans un avion à 260 000 000 millions d’euros, celui qui termine son mandat en pirogue après l’avoir commencé en Yatch … Celui là veut qu’on pleure pour lui.

 

sarkostique calimero sarkozy humour 5Merci à Tropical Boy

Il ne cracherait pas sur une brigade des applaudissements de l’imploration improvisée. Genre qui en poussant des cris déchirants et en se tailladant les veines, lui crierait qu’il faut qu’il se présente. Cela ferait du bien à son ego.

 

sarkostique calimero sarkozy humour 2Merci à Na !

Et cela changerait surtout par rapport à la réalité. La dernière fois qu’il a voulu s’approcher un peu plus près des indigènes de ce pays il a valsé en l’air, et mordu la poussière ! Bon c’était pas pire que la tarte à la crème qu’il a goutté avec le nez il y a quelques années.

La baisse dans les sondages continue. Sarkozy n’est crédible pour personne, à part pour la pravda de droite de Dassault, qui ferait n’importe quoi pour sauver sonpoulain baudet mal en point.

sarkostique calimero sarkozy humour 4Merci à Bar

De là à ce que Juppé soit le sauveur de la candidature du parti qui a ruiné et décrédébilisé la France. Du parti qui met en avant tout ce que notre pays compte comme grande intelligence et hauteur d’âme*.

 

sarkostique calimero sarkozy humour 7Merci à Tropical Boy

Et quand les carottes sont carbonisées façon bain prolongé dans une piscine atomique, il reste les bonnes vieilles recettes dignes de l’ORTF : squatter sans complexe ni savoir vivre un maximum de chaînes télé pour faire croire qu’on a quelque chose à dire.

C’est pitoyable et inquiétant de constater qu’en plus de 5 années, Sarkozy n’a pas compris que les français ne sont des veaux qu’un temps. Un jour ils comprennent qu’on veut leur faire manger du foin. Et ils veulent donner des coups de sabot.

sarkostique calimero sarkozy humour 3Merci à Bar

Un gamin de 5 ans pourrait lui expliquer qu’il va niquer le film du dimanche soir pour rien. Plus personne ne l’écoute, et les rares qui lui donnent une oreille ont envie de lui faire avaler une enclume en une seule fois, éventuellement à la vinaigrette. (qui a dit par le fondement ?! :o ) )

sarkostique calimero sarkozy humour 1Merci à Placide

Dimanche soir, amis téléspectateurs, prenez un livre, allez au cinéma, curez la fosse septique, mais n’allumez pas la télévision. Il n’y a rien à voir.

* Pour ceux qui en veulent un condensé, il faut visiter un site qui sûrement finir comme son modèle Megaupload : fermé !  Megamorano.com

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Merci à Bar

Jean-Louis, cent fois pour Sarkostique le Sarkozy blog officiel satirique 

 

 

La crise de l’euro, nouvelle phase de la crise de l’économie mondiale (I/IV)

« Ce texte poursuit la réflexion engagée au cours d’un texte précédent consacré à la « guerre des monnaies ». Il s’agit en fait, par delà la « chronique des évènements » de la crise, en particulier dans leur dimension financière et monétaire ( crise des dettes « souveraines », avenir et « survie » de l’euro) de rappeler dans quelle problématique cette crise s’est inscrite depuis maintenant plus de trois ans. Pour nous, le fil conducteur reste celui de l’analyse marxiste à travers l’évolution du capitalisme de « concurrence ». La crise a au moins un mérite : elle « révèle » la concurrence mais elle tend aussi à l’exacerber. Elle met donc en évidence les nouvelles conditions de valorisation du capital, de recherche du profit. Elle se traduit par des processus complexes et différenciés de « destruction-création » de valeur et illustre aussi les mécanismes liés à la « surracumulation » du capital , à la surproduction de marchandises (toujours relative) qui en découle. » L’économiste Robert Rollinat, professeur à Paris X Nanterre, propose ici sa lecture de la crise.

La crise de l’euro, nouvelle phase de la crise de l’économie mondiale (I/IV) dans Grèce arton3190 

 

Par Robert Rollinat, Professeur d’Université. Economiste, décembre 2011

Tous ceux qui se réfèrent à Marx l’ont appris depuis longtemps : pour survivre, le capitalisme doit continuer, vaille que vaille, à « extorquer » la plus-value pour réaliser le profit. C’est un impératif absolu pour le fonctionnement du système mais aussi pour sa reproduction. C’est aujourd’hui ce qui lui donne ce caractère prédateur et brutal, non seulement au niveau du travail et de l’emploi, mais dans tous les domaines de la vie sociale.

LA CRISE DE L’EURO : LA CHINE, L’EUROPE ET L’AMERIQUE

Pour illustrer concrètement les mécanismes généraux de la concurrence dans le cadre du « capitalisme mondialisé » , on peut simplement, au niveau européen, rappeler quelques éléments récents de la chronique financière de l’automne 2011.

Le mardi 13 septembre 2011, alors que les Bourses européennes continuaient leur dégringolade, que les taux d’intérêt des obligations d’Etat italiennes s’envolaient, la Chine réaffirmait « sa confiance dans l’économie européenne et dans l’euro », tout en engageant des discussions, par l’intermédiaire du fonds souverain China Investment Corp., pour le rachat d’une partie de la dette « souveraine » de l’Italie. En effet, selon un économiste chinois autorisé cité par l’A.F.P., pour la Chine, « les obligations italiennes pourraient s’avérer de bonnes affaires » et la Chine « devrait voir si elle peut tirer un avantage de cette opportunité (la crise de la dette) pour faire une percée dans ses relations et sa coopération avec des pays européens comme l’Italie et la France ». Pour la Chine, « l’aide » à l’Europe serait une occasion de diversifier le placement de ses réserves de change (2300 milliards d’euros), trop exclusivement orientées vers les obligations d’Etat américaines mais aussi (selon le « China Daily » cité par « Le Monde » du 15 septembre) de réaliser, en ces temps de crise, « des fusions et des acquisitions dans la zone euro, plus particulièrement pour les entreprises de haute technologie ».

Finalement, ce même 13 septembre, les discussions entre la délégation du fonds souverain chinois et l’Italie échoueront, accentuant, le jour même, la rechute des Bourses en Europe et à Wall Street, mais l’ épisode est révélateur de l’ampleur de la crise de l’euro et l’impuissance politique et financière des pays créanciers censés « sauver » la Grèce de la faillite. Si, bien évidemment, les Chinois avaient pu prendre en charge une partie de la dette italienne (plus de 1900 milliards d’euros), d’une toute autre dimension que celle du Portugal ou de la Grèce, les « marchés » et surtout les banques créancières en très grosse difficulté ( notamment françaises et allemandes) en auraient été soulagées d’autant. Peut-être la dette souveraine italienne n’aurait-elle pas été dégradée par Standard & Poor’s une semaine plus tard avec maintenant un endettement équivalent à 120% de son Produit Intérieur Brut.

L’Italie, troisième économie de l’Union monétaire et selon un expert, ultime « pare-feu » de la France, est directement menacée d’une crise de liquidité de ses banques et ne sera pas en mesure, pour des raisons sociales et politiques évidentes, de mettre en pratique les plans « d’austérité » préconisés par la Banque Centrale Européenne. Restera alors le recours à un « fonds de sauvetage » de la zone euro encore dans les limbes et dont l’Italie devait justement être un des principaux contributeurs.

Ce n’est donc pas faire preuve de catastrophisme que de considérer que l’ensemble du système de banques européen est maintenant menacé. L’impuissance des différents « sommets » et réunions « de crise » à simplement stabiliser ( sinon résoudre) la situation, révèle le profond désarroi politique des responsables d’une Europe économique « virtuelle », construction institutionnelle et juridique artificielle, mise au service des partisans de la mondialisation et des dirigeants du capital international.

Que le premier ministre chinois Wen Jiabao se dise aujourd’hui « prêt à aider les Européens » s’ils font preuve « de plus de responsabilité et s’ils mettent de l’ordre dans leurs maisons » n’est pas simplement une outrecuidance vexatoire, cela témoigne de l’évolution de la crise mondiale depuis 2008 : de nouveaux rapports de force politiques et économiques, une nouvelle configuration géo-politique mondiale se sont progressivement mis en place où, incontestablement la « vieille Europe » mais aussi les Etats-Unis se voient directement contester leur place au plan international.

L’accélération de la crise ouverte de la zone euro commencée en Août 2011 a pu être aussi considérée comme une nouvelle phase de la rivalité entre l’euro et le dollar [1]. Certains analystes ont cru y voir un « complot » des anglo-saxons contre la monnaie européenne. Selon « l’eurosceptique » « Financial Times » de Londres, des financiers à « Wall Street » et à la « City » auraient été suspectés de participer à des attaques contre l’Euro afin de mettre les banques européennes (et françaises en particulier) en difficulté afin de faciliter ainsi leur rachat par des banques américaines (thèse reprise en France par Laurence Parisot, responsable du MEDEF). En fait, il n’était nul besoin d’organiser un complot pour que les spéculateurs, notamment ceux liés aux « hedge funds », fonds de placement à risque, décident de « jouer à la baisse » la dette grecque pour concrétiser leurs gains. C’est ce qui s’est effectivement passé début septembre.

Il est aussi évident que les Etats-Unis ( pays surendetté et qui a donc besoin que les autres pays, notamment la Chine, lui achètent une part de son énorme dette) doivent aujourd’hui faire en sorte que le dollar reste, par-delà ses difficultés, la monnaie de référence internationale et qu’ils ont donc tout intérêt à « décrédibiliser » l’euro. Pourtant la faillite d’un Etat européen aurait aujourd’hui d’énormes conséquences pour l’économie mondiale. C’est la raison pour laquelle, Timothy GEITHNER, secrétaire au Trésor américain et artisan des « plans de relance » du Président OBAMA est venu, le 16 septembre à la réunion de l’Eurogroupe en Pologne pour inciter les Européens à « agir de façon décisive et à parler d’une seule voix ». La « division » des Européens fait peser un « risque catastrophique à l’économie mondiale » a t’il estimé, considérant que la croissance européenne « pourrait être virtuellement à l’arrêt à la fin de l’année » . Mais le Président de l’Eurogroupe lui a, au cours de cette même réunion, répondu qu’il n’y avait plus, dans la zone euro, « aucune marge de manœuvre pour lancer un nouveau plan de soutien à l’économie ».

En effet, les mécanismes dits « keynésiens » de relance [2] , en fait surtout jusqu’à présent la création massive de monnaie par la planche à billets (la « monétisation » des dettes) n’ont fait que repousser les échéances, sans permettre la relance des investissements. Ils n’ont contribué qu’à l’augmentation incontrôlable de l’endettement des Etats. Désormais inopérants, ils rendent nécessaire une nouvelle « purge » du système où cette fois, il faudra bien tenter de solder les comptes. C’est la raison pour laquelle les banques européennes, renflouées à grand frais par les Etats après 2008 et qui avaient ensuite, pour élargir leurs profits, massivement prêté à des pays insolvables seraient maintenant contraintes de « sacrifier » une partie de leurs créances afin de pouvoir être rapidement « recapitalisées ».

FAILLITES-RECAPITALISATION DES BANQUES : UN NOUVEAU 2008 ?

Aujourd’hui, selon des données récentes, les banques de l’Union monétaire seraient dotées de 32.500 milliards d’euros d’actifs, dont une part de crédits pourris ou toxiques. Ce montant représente 350% du PIB de cette même zone euro (aux Etats-Unis, ce même ratio est d’environ 80%). Cela confirme le fait que, pour les banques européennes (et le capital financier auquel elles sont adossées), le crédit a constitué, dans la période 2008-2010, un élément très important, bien que parfaitement artificiel et pervers, de valorisation du capital.

Non seulement ces banques ont massivement souscrit aux emprunts d’Etat émis par des Etats souverains du Sud et de l’Est européen, non seulement elles ont « accompagné » des projets d’investissement non rentables (les autoroutes portugaises et des nouveaux aéroports espagnols aujourd’hui non exploités en sont un bon exemple) mais elles ont aussi pris des participations, voire directement le contrôle de banques dans ces mêmes Etats. Ces banques (dans la plupart des cas des filiales des grands groupes bancaires européens) n’ont pas été en mesure d’impulser une activité productive rentable donc de « rembourser » les avances en capital consenties. Ce sont ces trois éléments cumulés qui constituent aujourd’hui les bases de l’endettement considérable des principaux réseaux de banque européens.

Mais c’est le cadre européen de l’euro, « monnaie unique » et aussi les fonds européens qui ont été le véhicule de la politique « monétaire » de la Banque Centrale Européenne qui a pu fournir, à très bas taux, aux banques créancières, le crédit nécessaire à ces diverses opérations. Ces banques prêteuses en ont tiré, pendant un temps, de substantiels bénéfices puisque prêtant elles-mêmes à un taux beaucoup plus élevé. C’est le défaut de paiement de la Grèce qui a été le révélateur d’un surendettement qui trouve sa source, à la fois dans la poursuite de la dérégulation financière et dans l’appât du gain des banquiers [3].

Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement pour les banques de tenter de récupérer leurs créances sur la Grèce, pays quasi-insolvable, mais aussi, avec des montants plus importants encore, sur l’Italie, l’Espagne (dont les notes de dettes souveraines ont été de nouveau rabaissées début Octobre 2011) mais aussi sur le Portugal et d’autres pays est-européens. Alors qu’il y a quelques mois à peine, ces banques avaient fait l’objet de « tests » de résistance positifs (« stress » tests), elles révèlent brutalement l’insuffisance de leurs fonds propres, leur sous-capitalisation. Encombrées de titres de dette souveraine fortement décotés (négociables parfois à moins de la moitié de leur valeur d’émission), elles en appellent de nouveau aux Etats, et en premier lieu au « couple » franco-allemand, censé garantir la stabilité de la zone euro.

En France, la faillite de la Banque DEXIA est venue confirmer la difficulté de la situation. DEXIA est l’exemple-type de ces banques qui avaient « prospéré » avec la crise, à partir, en France, essentiellement d’activités « de marché » et de souscription de dettes « souveraines » [4] .

La faillite de DEXIA est annonciatrice d’autres défaillances bancaires en Europe.

Désormais, la crise du « politique » aux Etats-Unis, en Allemagne, en France et dans tous les pays endettés interfère directement avec la crise financière et sociale. Aucune mesure partielle ne peut résoudre les problèmes de fond. Toutes les mesures financières actuellement prises relèvent de l’urgence, destinées à parer au plus pressé, sans vraiment « rassurer les marchés », c’est-à-dire le capital et la finance spéculative [5].

Le Fonds Européen de Stabilisation Financière (FESF), laborieusement mis en place il y a quelques mois ne dispose pas de moyens suffisants pour les recapitaliser (c’est-à-dire augmenter leurs fonds propres). Les banques les plus exposées aux dettes souveraines des pays en détresse comme la Grèce ou l’Italie (mais aussi l’Espagne dont la dette a été de nouveau dégradée à la mi-octobre) sont donc maintenant directement menacées de faillite, avec toutes les conséquences sociales et politiques qui peuvent en découler. En un mois, leurs cours de Bourse se sont effondrés [6] et leur capitalisation boursière s’est brutalement réduite. Se recapitaliser consisterait pour elles à s’adresser aux « marchés », à leurs actionnaires (notamment à leurs dirigeants qui ont profité largement des « bonus ») pour augmenter le niveau des fonds propres, voire à solliciter des « repreneurs » étrangers. Mais qui accepterait de s’engager maintenant vers des opérations aussi risquées ? Donc, l’ultime recours de la finance, face à la menace d’une déconfiture bancaire généralisée, ce sont désormais les Etats.

C’est bien ce qui s’est encore passé le 27 Octobre 2011 à Bruxelles, à l’issue d’une folle semaine de négociations et d’un nouveau « sommet » volontairement dramatisé. Pour « sauver » la Grèce, il a été nécessaire de lui consentir une aide supplémentaire de 30 milliards d’euros et surtout, les banques prêteuses ont été cette fois contraintes d’accepter une décote de 50% de leurs titres sur ce pays, « effaçant » ainsi une partie de leur dette publique. Cet abandon de créances, considéré comme « volontaire » n’entraînera pas les mécanismes classiques « d’assurance » (notamment les fameux CDS, : Credit Default Swaps,) qui sont censés protéger les créanciers de la faillite d’un emprunteur. L’endettement de la Grèce envers le FMI et la Banque centrale européenne ne sera pas réduit d’un dollar.

Mais quelle sera la contrepartie de cette aide ? Que la Grèce poursuive les plans d’austérité en cours et accélère les privatisations pour atteindre quinze milliards d’euros. Ces mesures devraient alors, à l’horizon 2020 ( !!), ramener l’endettement de la Grèce de 160 à 120% de son Produit Intérieur Brut, lui permettant alors de revenir « sur les marchés » [7]. En fait, tout cela supposerait un redémarrage de l’économie grecque (en « croissance négative » depuis 2008) et un bond de ses exportations (seulement 7% du PIB dont tourisme et armement maritime, le plus faible taux de la zone euro) et aussi des rentrées fiscales provenant d’activités économiques rentables. Les récents développements de la situation dans ce pays ne vont pas dans ce sens.

L’avenir reste très problématique dans la mesure où le FESF censé constituer un « fonds de sauvetage » financier de la zone euro n’a pas été « autorisé », suite au refus de l’Allemagne, à avoir accès aux ressources en principe « illimitées » de la Banque Centrale Européenne. Simplement sa « force de frappe » a été théoriquement accrue puisqu’il pourrait désormais « garantir » jusqu’à 1000 milliards d’euros de prêts émis par les Etats européens. Mais cet échafaudage instable de garanties révèle d’emblée ses limites si l’on veut bien considérer que les principaux contributeurs à ce fonds (en 2ème, 3ème, 4ème position : la France, l’Italie et l’Espagne) pourraient, dans un proche avenir, être amenés à solliciter son aide.

Qui pourrait donc désormais, dans ce chaos politico-financier, « sauver » l’Euro en participant au « fonds de sauvetage » européen et au renflouement des banques créancières de pays en déficit ? Les pays dits « émergents » ont été sollicités pour fournir leur « aide ». Parmi ceux-ci, la CHINE revient en première ligne. Déjà souscriptrice d’obligations émises par le FESF, elle pourrait apporter encore de 35 à 70 milliards d’euros. La condition : accéder rapidement au « statut d’économie de marché » de l’Organisation Mondiale du Commerce, c’est-à-dire permettre à ses marchandises (et à ses investissements) d’accéder plus librement aux pays européens. La Chine, la plus grande économie du monde à surplus d’exportation, donc avec des réserves considérables, serait financièrement la mieux placée pour aider l’Europe. Elle demandera cependant des garanties solides pour souscrire aux dettes souveraines de l’eurozone ainsi que l’accès à ses marchés. D’un autre côté, pour poursuivre ses exportations, affirmer son influence en Europe, elle a tout intérêt à « sauver » la zone euro, l’empêcher si possible d’entrer dans une nouvelle phase de dépression.

Ces conflits « d’hégémonisme » ne découlent pas directement des mécanismes généraux de la concurrence mais ils lui sont liés. Ils révèlent surtout la place prise par les nouveaux venus dans les échanges mondiaux. L’interdépendance mondiale accrue , la « pression » chinoise, pourraient, selon certains, favoriser une plus grande intégration du capital au niveau européen, pour d’autres contribuer davantage à aiguiser les rivalités commerciales au sein même de l’eurozone [8].

Le scénario qui semble le plus probable, à l’aube de cette année 2012, est bien celui de nouvelles faillites ou de fusions-restructurations de banques au sein même de la zone euro comme le prévoit le dernier rapport trimestriel de la Banque Centrale Européenne elle-même. Selon ce rapport , l’indicateur du « risque systémique », celui qui renseigne sur la solidité du « réseau bancaire » dans son ensemble, n’a jamais été aussi élevé, bien supérieur à celui qui avait prévalu lors de la crise des subprimes. Les actions des grandes banques européennes ont en effet perdu près des deux tiers de leur valeur depuis le début de 2011 et les contrats financiers de « garantie » comme les CDS, Credit Defaut Swaps, censés faire face au défaut des Etats, des entreprises, des banques elles-mêmes risquent d’être inopérants. La perte de « confiance » est telle que le manque de liquidités peut aujourd’hui faire tomber une Banque, et par contagion d’autres banques car tout se conjugue : la crise des dettes souveraines, la fragilité du système bancaire et le marasme grandissant des économies. La crise de liquidités est telle que la BCE a du, une nouvelle fois, le 20 décembre, mettre à la disposition des banques européennes, à « guichet ouvert », près de 500 milliards d’euros pour éviter la déconfiture.


Texte communiqué par l’Auteur


[1] Voir notre texte précédent : « La guerre des monnaies comme révélateur de la crise du capitalisme » , mars 2011, 12 pages.

[2] En fait, les monétaristes « à la FRIEDMAN » considéraient également que les Etats, via la Banque Centrale, devaient, en période de crise, permettre la croissance de la masse monétaire et des dépôts bancaires. Dans un texte célèbre, FRIEDMAN avait ainsi estimé que si, en 1929, la Réserve Fédérale avait agi ainsi, la crise aurait pu être évitée aux Etats-Unis.

La divergence avec les « vrais » keynésiens porte en fait sur le « volume » de la création ex-nihilo de monnaie. C’est ainsi que Paul KRUGMAN (dans ses chroniques du « New York Times ») mais aussi Martin WOLF (dans le « Financial Times » de Londres, relayé par « Le Monde » ) n’ont eu de cesse, depuis 2009, de critiquer la « timidité » des plans de relance américains et surtout l’incapacité des gouvernements européens à suivre la même voie.

[3] Cette dimension « cupide » de la Banque, parfois difficile à comprendre pour les non-initiés, a été, pour les Etats-Unis, bien analysée dans l’ouvrage de Jeff MADRICK : « Age of Greed. The Triumph of Finance and the Decline of America. 1970 to the Present », Knopf éditeur, 2011

[4] La banque Dexia, déjà « sauvée » en 2008 (avec 6 milliards d’euros) par la France et la Belgique était spécialisée en France dans les prêts aux collectivés locales. Privatisée et entrée dans la logique des « banques de marché », elle était à la fin de l’été 2011, « plombée » par 95 milliards d’euros d’actifs « toxiques » dont elle n’a pu se délester mais aussi fortement engagée sur les dettes grecque, espagnole et italienne. Après la cession des actifs encore « rentables » (la filiale turque Denizbank et le secteur de « banque privée ») ce sont, cette fois encore, les Etats belge et français qui ont été appelés à la rescousse pour liquider les pertes. En France, le portefeuille de prêts aux collectivités locales évalué à 70 milliards d’euros serait repris par la Caisse des dépôts et la Banque Postale. Une fois de plus, socialisation des pertes après privatisation des gains. En avril 2011, le PDG s’était vu attribuer 600.000 euros de bonus au titre de l’exercice 2010.

[5] Ainsi, le 16 septembre 2011, trois ans jour pour jour après la faillite de Lehman Brothers, les banques centrales (FED, BCE, Banque d’Angleterre, Banque du Japon) ont décidé une « action coordonnée » pour fournir, de manière illimitée des dollars à tous les établissements financiers européens. La Banque Centrale Européenne a, quant à elle, décidé de fournir, « à guichets ouverts » et, pour le moment sans limite, les liquidités demandées par les banques. Assurer d’urgence la « liquidité » du système, c’est éviter le grippage complet des financements bancaires, notamment ceux du commerce international (le dollar restant encore la principale devise d’échange sur les marchés des matières premières)

[6] Les banques françaises ont été les plus attaquées en Bourse. L’indice Euro Stox des valeurs bancaires européennes a perdu 46% entre le 7 juillet et le 12 septembre 2011. Entre le 1er juillet et le 12 septembre, la capitalisation boursière de BNP Paribas a diminué de 52%, celle de la Société générale de 60%, celle du Crédit agricole de près de 55% (moyenne des banques européennes : baisse de 33% sur les trois derniers mois). En deux mois plus de 69 milliards d’euros se sont ainsi volatilisés pour les trois banques françaises. A noter qu’il y a 3 mois, ces banques avaient satisfait aux « stress tests » (indicateurs de solvabilité) et Madame Parisot avait encore affirmé il y a peu : « les banques françaises sont les plus solides du monde ». Fin septembre, on apprenait pourtant que les fonds américains avaient, en trois mois, réduit de plus d’un quart leurs placements dans les banques européennes. Les banques européennes ont de nouveau très attaquées en Bourse fin Octobre, suite à la « décote » des titres grecs. La première banque italienne UNICREDIT a annoncé le 15 Novembre 2011, une perte historique de 10,5 milliards d’euros. Sa capitalisation boursière est tombée de 43 à 14,5 milliards d’euros entre avril 2010 et Octobre 2011 suite à la dépréciation de ses filiales en Europe de l’Est.

[7] Pendant tout ce temps, la spéculation a continué. La « finance de l’ombre » et notamment les « hedge funds » qui avaient d’abord « joué », avec succès, les banques françaises à la baisse en Septembre, ont pu racheter, à très bon compte, de la dette grecque (40 milliards d’euros depuis la fin juillet selon une estimation de la City de Londres). Même décotés de 50%, ces titres de dette pourraient être encore très rentables pour leurs détenteurs.

[8] C’est ainsi qu’il faut tenter de mesurer l’impact de la vague récente d’investissements chinois en Europe. En Grèce, le géant chinois Cosco veut faire du port du Pirée sa porte d’entrée dans l’Union européenne (investissement de 3,4 milliards d’euros). De nouveaux contrats sont prévus avec la Chine qui investirait dans les services bancaires, les télécommunications et même l’industrie de la bière. Elle est déjà candidate à la privatisation des chemins de fer.

Jean-Louis pour Robert Rollinat

 


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http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3190

Les oies du Capitole

Quelles journées ! Que de fortes images encaissées dans le haut Doubs, le territoire de Belfort. PSA, Alsthom, les noms de boites ont désormais des visages si près de moi. Et leurs voix me suivent à présent dans l’oreille de la mémoire. Retour de Besançon où nous étions si nombreux, je n’ai guère eu le temps de poser sac à terre ! Ne m’en demandez donc pas plus que je peux en écrire dans les conditions où je le fais. Mais n’est-ce pas déjà trop d’ajouter à mes interminables discours ces notes tout aussi longues. Je n’y reviens que pour d’autres sujets que ceux abordés par mes passages télé et mes interventions publiques. Ici quelques mots sur moi-même. Juste un signal d’humanité conservée dans une vie devenue très exclusivement attelée au travail et à la lutte contre le manque de sommeil. Puis je reviens sur le Front National. L’assaut est lancé. Je vous donne des arguments en les exposant noir sur blanc. Ils sont pris dans les causes du moment. Ma demande est que vous ne me laissiez pas faire tout seul le travail. Il est temps d’aider. Au bouton de veste. Un par un autour de soi, aller au contact pour convaincre et ramener à la République ceux qui s’en éloignent, parfois sans s’en rendre compte.

Ce qu’il y a de très agréable dans l’immense fatigue que je ressens au bout de trois semaines d’activité sans pause c’est que ma sensibilité aux offenses diminue. Les coups qui me sont portés sur un plan aussi personnel que celui auquel se sont risqués certains ne pénètrent plus aussi profondément qu’auparavant. Bientôt, peut-être, ils ne m’atteindront plus du tout. Dans les comptes de la fin, ces blessures de campagne m’auront alors aidé davantage qu’elles m’auront fait saigner. Je ne parle déjà plus du flot habituel des insultes ordinaires venant au fil de tant de plumes sans dignité qui me font « éructer » telle ou telle petite phrase, c’est à dire roter , « tonner » « m’emporter » et ainsi de suite. D’ineptes ignorants, sans culture ni connaissances des sujets que je traite se permettent tout contre moi, et cela ne finira pas, on m’en a prévenu. Il est tout simplement incroyable que ma cote de popularité continue de grimper malgré tout cela. Je ne parle pas de la floraison de portraits photo pris à la tribune, poings et visage fermés par l’effort qui me détruit en ce moment les cordes vocales. Je ne parle déjà presque plus des tentatives incessantes de violation de ma vie privée. Par exemple sur mon appartenance à la franc-maçonnerie.

« L’affaire » fut « révélée » par un « journaliste » du « Parisien », Erick Ackemand. Il commença par écrire que je refusais d’en parler avant de passer outre et de le faire quand même en allant trouver deux ou trois nigauds en mal de se donner de l’importance. Ceux-là firent des « confidences » que le mange-ragots se fit un devoir d’étaler sur son papier. Pensez ! Quelle trouvaille ! Ces bêtises sans intérêt n’aboutirent qu’à augmenter le nombre des curiosités malsaines et des fous qui, depuis, s’en prennent à moi. Quand vinrent mes biographes, que faire ? Eux ne pouvaient faire moins que d’en traiter puisque le fait était ainsi déjà « révélé ». Et moi je ne pouvais faire moins que d’en parler sauf à donner l’impression que j’avais quelque secret honteux à cacher. Je n’ai aucun secret. Je suis discret. Ce n’est pas du tout pareil ! Il n’y a rien de honteux à appartenir à la même histoire que l’auteur de l’Internationale et à celui de la Marseillaise. Il n’y a rien de dérangeant à partager une vision de la République à laquelle se rattachait le quart des membres du conseil de la commune Paris de 1871. Mais j’ai déjà dit cent fois pourquoi selon moi un élu ne doit pas faire acte de ses appartenances philosophiques ou religieuses puisqu’il a vocation à représenter tous les citoyens. Ce viol de ma liberté, qui serait dénoncé à grand cris si un  autre le subissait du fait de son homosexualité ou de ses passages à la messe ou à la synagogue, est au contraire un encouragement à en commettre d’autres. Mais c’était bien l’intention de nuire qui animait le voyeuriste Erick Ackemand du « Parisien ».  Il se régale depuis, m’ont dit certains de ses collègues,  car pour une raison que j’ignore il est extrêmement hostile aux francs-maçons. A présent voici le pire qui est à vivre : l’insistance à m’interroger sur le sujet en commençant par la phrase : « puisque vous avez décidé de reconnaitre votre appartenance» etc. Le mot « reconnaitre », suffit à situer ce que l’intéressé pense du sujet et doit donc le situer politiquement à l’égard des maçons qui l’entendent ! Sans oublier « irez-vous à la loge une fois élu » ? Imaginez la question posée à un élu juif : continuerez-vous d’aller à la synagogue ? A un chrétien : irez-vous à l’église ? Et ainsi de suite.  Je n’ai jamais décidé de dire quoique ce soit. Cela m’a été imposé de force par Erick Ackemand du « Parisien », contre mon gré. Et depuis je subis l’inquisition de rustres  qui souvent ne connaissent rien au sujet, ni au danger auquel ils nous exposent. Mais le plan est ainsi pris.

Quand je dis que je ne veux pas parler de ma vie et de ma famille, on me demande en « off » ce que j’ai à cacher. Quand je réponds publiquement que je dois respecter la liberté des miens qui n’ont pas demandé à avoir une vie publique et que je donne l’exemple de ma fille, une adulte qui a le droit de ne pas vouloir de mon genre d’existence, même si c’est une militante, que se passe-t-il ? Le baveux suivant éructe : « puisque vous acceptez de parler de votre fille est-ce que vous ne cédez pas à la pipolisation » ? Les hyènes gémissent du désir d’aller plus loin. Je le sens. Les nouveaux inquisiteurs ont en commun avec leurs ancêtres une dose de perversité sans laquelle ils ne pourraient pas faire ce travail. Que faire ? Comment me défendre et protéger les miens ? Rien n’y ferait si bien que la seule arme qui reste à ma portée. En faire autant. Raconter la vie familiale et affective de ceux qui me violent, « révéler » les noms des francs-maçons des différentes rédactions qui pratiquent le voyeurisme à ce sujet. Ce serait alors tomber aussi bas que ceux qui m’assaillent. Mais quand ai-je choisi le terrain de combat ? Je n’évoque tout cela qu’en relation avec la bataille que je mène en moment et le drapeau que je porte. Car je suis engagé jusqu’aux oreilles dans la bataille avec l’extrême droite. Et pour ceux-là, juifs, arabes et franc-maçons ont beaucoup à craindre si l’on tient compte de ce qui se dit et se lit dans les réseaux. Pour ces exaltés, à ma manière, je suis impliqué par les trois catégories de leurs névroses. Ceux qui m’exhibent de cette façon savent ce qu’ils font et à quoi ils m’exposent. Ne l’oubliez jamais mes chers lecteurs : ce n’est pas un jeu que tout cela.

« Libération » prétendait « alerter » en titrant comme on s’en souvient. On croyait l’hypocrisie à son comble ! Comme si on avait attendu cette « alerte » pour savoir que le danger est là alors même que « Libération » en a fait un argument récurant de ses appels au « vote utile » socialiste depuis des mois. Le gros titre fonctionnait comme une banalisation incroyable et même comme une injonction. Mais à présent il y a pire. C’est « Marianne ». La une en  gros  titre : «  Je vote Le Pen ». Maurice Safran écrit un éditorial répugnant de bonne conscience pour soi-disant nous « alerter » lui aussi ! Superbe révélation, cher Maurice ! Alors que tout son éditorial fonctionne comme la énième mise en cause « des politiques » qui n’est rien d’autres que la justification du vote contre républicain de l’extrême droite. « Je vote Le Pen » est un titre de racolage hypocrite comme l’a été la une aguicheuse sur la prostitution.  Ce qui fait le plus mal c’est que je croyais tous ces gens amis. Je veux dire, en plus des liens personnels qui peuvent s’établir au fil des ans et des rencontres, je croyais que nous avions le même horizon de valeurs. Je découvre petit à petit qu’il n’en est rien. Qu’ils mènent un autre combat auquel je ne comprends rien mais dont les indices s’accumulent. Pourquoi ces braves gens ne s’interrogent-ils pas sur le point où est rendu le combat antiraciste dans notre pays ? Pourquoi, au lieu de mettre, comme des petits poujades parfumés, tout le monde dans le même sac ne demandent-ils pas des comptes à ceux qui devraient en rendre ? Pourquoi n’aident-ils d’aucune façon ceux qui comme nous passons à l’attaque après avoir publié des brochures et des livres d’argumentaires en début de campagne et qui continuons à le faire ? Pourquoi ne viennent-ils pas assister aux séances de formations de nos militants et de ceux de la CGT ? Quelque chose ne tourne plus rond. Vraiment pas rond. Quand l’ambassadeur d’Israël à l’ONU va rendre visite à madame Le Pen et revient joyeux et content, quand toute la presse bien-pensante a voté un blanc-seing de laïcité à la dame alors qu’elle est juste grossièrement anti arabe et antimusulmane, quand, sans autre examen, il lui est attribué une position favorable à la retraite à soixante ans  et ainsi de suite, sans trêve et sans limite je m’inquiète de voir tous les anticorps se retourner au service de la maladie. Il y a des raisons de se demander ce qui se passe vraiment. Quand le même « Marianne » et quelques autres trouvent mon vocabulaire « excessif » contre le Front National et essaient même de me tirer des regrets de la bouche, je vois clairement que toute boussole est perdue a cet endroit. Alerte en forme de connivence, titraille aguicheuse, banalisation, protection de flanc garde, hum, hum : les oies du capitole commencent mentalement à marcher au pas qui porte leur nom.

Etrange dépêche de l’AFP après un passage média il est vrai spécialement confus de madame Le Pen. On y lisait que Marine le Pen se serait engagé sur la retraite à soixante ans ! Bigre. Après toutes les injures qu’elle avait déversé sur les syndicalistes pendant le mouvement de grève contre la réforme, c’est une presque une conversion gauchiste ! En fait, en regardant de plus près, on constate qu’elle invente ses réponses à mesure que lui sont posées les questions. Voyez précisément cet échange sur France Inter ce 25 janvier.
Patrick Cohen : « Autre sujet économique : les retraites. Dans votre programme, vous ne dites pas précisément ce qu’on fait de l’âge légal ou de la durée de cotisation. Est-ce qu’il faut modifier ou non la réforme accomplie par le gouvernement actuel ? »
Marine Le Pen :  « Ah si, il me semble au contraire que c’est très clair. J’ai dit clairement que je pense que la meilleure option est la retraite à la carte avec une retraite pleine à 40 annuités… de cotisation. »
Patrick Cohen :  « Une retraite à la carte… avec 40 annuités. Donc on reviendrait à 40 annuités de cotisations… »
Marine Le Pen :  « Avec une retraite pleine à 40 annuités. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous travaillez moins, deux ans de moins, vous avez une légère décote et vous pouvez obtenir votre retraite avec une légère décote. Si vous travaillez plus, vous pouvez obtenir une retraite qui soit supérieure. »
Patrick Cohen :  « Et l’âge légal ? »
Marine Le Pen :  « 60 ans ? Je crois que c’est un âge correct ».

Récapitulons. D’abord elle se prononce pour la « retraite à la carte ». Puis le journaliste lui fait dire l’âge préférable pour le départ à la retraite et elle répond « soixante ans ». Puis le journaliste lui demande si c’est l’âge légal de départ et elle répond oui aussi. Soit Le Pen essaye d’enfumer, soit elle n’y connaît rien. Car ce qu’elle dit est contradictoire : on ne peut pas vouloir « une retraite à la carte » et un « âge légal » de départ. Ce sont deux choses contradictoires. Voyons donc par étape.

Si elle est pour une « retraite à la carte », c’est pire que Fillon ! Si elle est pour l’âge légal à 60 ans avec 40 années de cotisations, il faut qu’elle s’explique sur le niveau de la pension, le salaire de référence pour la calculer et ainsi de suite. Sans oublier le financement de tout cela. Ces points sont décisifs comme le savent tous ceux qui ont participé au mouvement contre la réforme des retraites. On a raison de se méfier et d’être très exigeant. Car sur la retraite, Le Pen a changé d’avis souvent. Ses réponses sur France Inter signifient-elles un nouveau changement ? Dans le texte, son projet présidentiel pour 2012 fait l’impasse sur la question de l’âge légal comme et dit seulement : « l’objectif doit être fixé de revenir le plus rapidement possible au principe de 40 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. » Cette définition, c’est bien celle de la « retraite à la carte » où l’on part à taux plein quand on a ses années de cotisation. Cela peut-être à soixante-deux, soixante-cinq et ainsi de suite selon l’âge auquel on a commencé à cotiser et le nombre d’années validées. Dans ce cas il n’y a pas d’âge légal de départ. C’était clair d’ailleurs il y a peu pour le FN. En janvier 2011, alors qu’elle est présidente du FN, le site du parti d’extrême droite indique que  « le FN soutiendra le maintien à 40 annuités maximum de cotisation sans considération d’âge légal de la retraite ». C’est cohérent et correspond à la définition de la « retraite à la carte ». Mais il y a déjà eu autre chose chez ces gens-là. En 2007, Marine Le Pen était la directrice stratégique de campagne de Jean-Marie Le Pen. Ils proposaient de relever l’âge légal à 65 ans. Et le 27 septembre 2010, pendant le mouvement social, le FN avait organisé un colloque sur la question. C’est Jean-Marie Le Pen, alors président qui l’avait conclu au nom du FN. Il s’était prononcé pour « une retraite à la carte ». Car la « retraite à la carte » et « l’âge légal » sont incompatibles. Ne vous embrouillez pas. Je fais un petit paragraphe d’explications.

Il existe deux âges légaux pour la retraite en France aujourd’hui. Le premier c’est l’âge légal de départ. Il était à 60 ans et il est progressivement relevé à 62 d’ici 2017. Sauf régime spécial, il est impossible de partir à la retraite avant cet âge même si un salarié a le nombre d’années de cotisations requises. Le second c’est l’âge légal pour avoir une retraite à taux plein, même sans le nombre d’années de cotisations obligatoire. Il était à 65 ans. Il passera progressivement  à 67 ans d’ici 2017. A partir de cet âge, un salarié qui n’a pas toutes ses années de cotisations ne subira pas de décote. Faisons le point. L’âge légal de départ est une protection collective. Il ouvre le droit au départ en retraite indépendamment de la durée de cotisation. Un salarié fatigué qui n’a pas cotisé 41,5 années peut choisir de partir à la retraite même s’il n’a pas le nombre d’années de cotisations requises. Actuellement sa retraite sera minorée par la décote mais il n’est pas obligé de continuer à travailler. En 2010, plus de 8% des salariés partis à la retraite l’ont fait sans avoir cotisé la durée requise. Ils ont préféré partir à la retraite malgré la décote car ils étaient épuisés ou parce qu’ils considéraient que le montant de leur retraite serait suffisante pour vivre. C’est donc une liberté. Personne n’est obligé de partir à 60 ans (repoussé à 62). A l’inverse, dans le cadre d’une retraite « à la carte », un salarié qui n’a pas atteint la durée de cotisation requise est obligé de continuer à travailler. Il ne peut pas décider de partir à la retraite, même avec une retraite plus faible. Qui propose la « retraite à la carte » ? L’Institut Montaigne, le MEDEF, François Bayrou. Au total, la proposition de Le Pen est moins favorable aux salariés qui ont 40 années de cotisation après 60 ans. Imaginons un salarié qui à 62 ans n’a pu valider que 35 années de cotisation. Avec Fillon il peut partir avec une décote. Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote. Avec Le Pen, il ne peut pas partir. Avis aux benêts qui la croient : Le Pen c’est pire qu’avec Fillon.

Cette mystification n’est pas la première chez la dame. Voyez plutôt. On a beaucoup entendu parler des 200 euros nets que promet Mme Le Pen aux salariés gagnant jusqu’à 1,4 SMIC. Mais peu se sont penchés sur le détail de cette proposition et ses conséquences. Il faut d’abord préciser qu’il ne s’agit pas d’une augmentation en bonne et due forme du salaire. C’est une exonération de cotisations salariales à hauteur de 200 euros. Elle ne retourne pas au salarié, précisément en raison du fait que cet argent est déjà le sien. Car il faut bien comprendre que les cotisations salariales qu’elle prétend rendre aux salariés leur appartiennent déjà. Ils les récupèrent sous forme de « salaire différé » en remboursement de soins, retraites, allocations familiales et ainsi de suite. Cela signifie aussi que le salaire brut versé aux salariés, sur lequel est calculée la retraite ne bougera pas. Mais surtout, le capitaliste n’aura pas un euro de plus à payer pour les salaires. Et la part du travail n’y gagne pas un centime dans le partage des richesses créées.

Invitée du club Ethic de Mme Sophie de Menton le 24 janvier, Marine Le Pen a d’ailleurs confirmé son opposition à toute hausse directe des bas salaires : « je ne crois pas à une augmentation du SMIC qui repose sur l’entreprise » C’est clair. Qui donc doit payer les augmentations de salaires. Réponse de la dame : «  c’est pourquoi l’Etat assumera la hausse du pouvoir d’achat. » Incroyable. Les contribuables se cotiseront pour se payer des hausses de salaires ! Inutile de dire qu’une telle trouvaille est déjà applaudie par les dirigeants patronaux ! Ainsi ce porte-parole de l’UIMM, le puissant syndicat patronal de la métallurgie, cité par le magazine Challenges, qui parle de « propositions très alléchantes ». On le comprend. Comme l’a dit madame Le Pen au cercle des patrons qui l’écoutait : « je ne suis pas votre ennemie ! » Dont acte. On devine alors qui va payer les 200 euros de  madame Le Pen. Le budget de l’Etat. C’est à dire, les travailleurs eux-mêmes sous forme d’impôt ! Pourquoi ? Parce que la loi prévoit que toute exonération de cotisation sociale décidée par le gouvernement doit être compensée à l’euro près par un versement du budget de l’Etat à la caisse de sécurité sociale concernée.

Et si le budget de l’Etat compense ces 20 milliards de cotisations perdues, cela signifie que ce sont les travailleurs eux-mêmes qui paieront leur hausse de salaires en impôts. Loin d’augmenter la part de richesses destinée aux salaires, la proposition de Le Pen va donc au contraire mettre en péril la sécurité sociale. Car elle coute 20 milliards de recettes en moins aux caisses de sécurité sociale. Cela reviendrait à doubler le déficit actuel de la sécu ! Pour avoir une idée du cout de cette trouvaille sur les finances publiques il faut se souvenir que le pays paye 50 milliard pour sa dette chaque année. La dette supplémentaire crée par Marine Le Pen représente une charge constante égale à quarante pour cent de l’actuel service de la dette du pays !

« Ah, mais ! direz-vous, madame le Pen a prévu de faire financer cette dépense par une nouvelle taxe sur les importations ». Les comptes sont donc censés s’équilibrer. Notons l’absurdité par rapport au programme annoncé par elle. Le FN ne peut pas prétendre d’un côté qu’il compte faire reculer les importations en les taxant et de l’autre espérer que cette recette sera durablement élevée pour boucher les 20 milliards de trous supplémentaires dans les caisses de la sécu. D’autant que le produit des droits de douane supplémentaires est estimé par le FN à environ 17 milliards par an. Cela ne suffit déjà pas à boucher le trou. Et cela est d’autant moins crédible que le projet du FN prétend déjà utiliser ces mêmes 17 milliards de droits de douane pour financer d’autres mesures. Comme « combler le déficit de la branche vieillesse », ce qui représente 6 milliards. Ou encore pour « financer la dépendance » ! Donc le FN n’a pas en réalité de solution pour financer ces 20 milliards de trous à part de préparer un nouveau recul de la sécurité sociale. Avis aux benêts qui la croit : madame Le Pen vous prends votre montre pour vous donner l’heure en échange.

Jean-Louis pour Jean-Luc Mélenchon

son blog

Plaidoyer en faveur d’un pluralisme économique

L’économie sociale et solidaire manque d’un socle théorique solide pour se développer. Une analyse récente propose de s’appuyer sur l’économie comportementale et la théorie évolutionniste, pour dépasser l’homo-economicus et la maximisation du profit comme horizons indépassables des humains et des entreprises.

En cette période de voeux pour 2012, proclamée année des coopératives par l’Organisation des Nations Unies, nous souhaitons vivement que s’y réalise le projet scientifique du pluralisme économique, tel que viennent de le proposer trois collègues de l’Euricse (European Research Institute on Cooperative and Social Entreprises) dans un article qu’il nous semble essentiel de faire connaître tout en le discutant à la marge.

Alors que la crise financière, économique et sociale, à laquelle on prête aujourd’hui la forme d’un w, amène certains à se tourner vers les organisations de l’économie sociale et solidaire comme une autre voie, alternative, celle-ci pour se développer nécessite de s’appuyer sur une pensée solide, un socle théorique. Ce dernier fait pourtant aujourd’hui défaut commencent par constater nos trois auteurs, Carlo Borzaga, Sara Depredi et Ermanno Tortia pour, ensuite, et c’est l’essentiel, proposer à la communauté scientifique des pistes pour y remédier. Partageant ce constat, la chaire d’économie sociale et solidaire de l’université de Paris Est Marne-la- Vallée souhaite également contribuer à la construction d’une nouvelle discipline scientifique à même de relever cet immense défi. Elle a trouvé dans ces pistes un allié de poids.

Si la crise du capitalisme que nous traversons tend à faire redécouvrir l’économie sociale et solidaire, ses organisations existent depuis bien longtemps et elles représentent un poids économique non négligeable que l’on chiffre aujourd’hui à 10% de l’emploi salarié en France. D’où vient alors cette sorte d’inexistence théorique qui la frappe, en obère son développement et sa reconnaissance ? C’est le premier mérite de nos trois auteurs que de commencer par apporter des éclairages sur ce point.

Le premier est d’ailleurs assez couramment avancé. Enoncé entre autre par J. Stiglitz (2009), il consiste à pointer la pensée orthodoxe dominante en économie qui s’appuie sur deux piliers, l’intérêt privé et le marché autorégulateur, pour concevoir le meilleur des mondes. Dans ce paradigme, pas de place donc pour l’économie sociale et solidaire. Le second, qui renvoie aux travaux du côté des organisations de l’économie sociale et solidaire, est plus original en soulignant leur double limite : soit ces travaux sont trop théoriques et idéologiques, appuyés sur des valeurs générales, soit émiettés lorsqu’ils sont empiriques, consacrés à tel ou tel cas particulier sans montée en généralité. Afin de sortir de cette impasse théorique où les organisations de l’économie sociale et solidaire sont soit des objets non identifiés par la théorie dominante, aussi bien néoclassique que néo-institutionnaliste, soit mal construits par les travaux qui s’y intéressent faute de base théorique unifiée, nos auteurs soutiennent qu’une « inversion de logique » est nécessaire en vue d’ouvrir sur un nouveau « projet scientifique ».

Selon ce dernier, « au lieu d’interpréter ces formes organisationnelles et entrepreneuriales, et leur rôle économique et social au moyen de modèles développés dans d’autres buts (…), il convient de donner la priorité à des modèles et à des théories en accord avec les principes et les valeurs qui déterminent depuis longtemps les activités de ces entreprises ». Le deuxième grand mérite de l’article est alors de proposer des premières pistes théoriques pour prendre le virage de cette « inversion de logique ». Elles sont au nombre de deux : celle de l’économie comportementale et celle de la théorie évolutionniste. En quoi ces deux pistes théoriques peuvent-elles permettre de construire des modèles adéquats pour rendre compte de manière positive de l’économie sociale et solidaire, débouchant au final sur une autre conception de l’efficacité économique ?

Contre l’homo oeconomicus et son règne absolu de l’intérêt personnel et matériel, l’économie comportementale a modélisé d’autres formes de comportements permettant de rendre compte d’une gamme beaucoup plus riche de situations. En introduisant l’altruisme, l’inclinaison à la réciprocité ou encore des motivations dites intrinsèques qui se distinguent de la motivation monétaire (dite extrinsèque), l’économie comportementale a développé de nombreux modèles qui ont pu réconcilier la théorie avec les faits dans le cadre d’expériences conduites par les économistes. Ainsi, dans l’exemple célèbre du jeu du dictateur où une personne a le choix de partager ou non avec un autre individu une somme monétaire qu’elle a reçue, les expériences montrent que les personnes placées dans cette situation de jeu décident en moyenne de donner 30% de la somme reçue, invalidant l’hypothèse de l’homo oeconomicus et confortant celle de l’altruisme. Ces nombreux modèles doivent être aujourd’hui explorés et développés afin d’apporter une base théorique solide aux organisations de l’économie sociale et solidaire car ils reposent sur des hypothèses plus conformes à leurs réalités. Ce projet, précisent nos trois auteurs, ne doit cependant pas consister à substituer les préférences dites sociales (l’altruisme, etc.) aux préférences égoïstes de l’homo oeconomicus, mais il convient, au contraire, de les articuler au sein d’un continuum. Et ceci en raison même des expériences menées par cette nouvelle économie comportementale qui montrent que les comportements varient en fonction des règles et des dispositifs, en fonction de leur contexte institutionnel. D’où l’intérêt de mobiliser la seconde piste, celle de la théorie évolutionniste.

De son côté, la théorie évolutionniste n’aborde plus l’entreprise en termes de maximisation du profit (approche néoclassique) ou de minimisation des coûts de transaction (approche néoinstitutionnaliste), mais en termes d’émergence de pratiques organisationnelles et d’évolution des institutions au sein de systèmes ouverts, c’est-à-dire changeants tout en ayant leur propre cohérence. Ce changement de perspective provoque un élargissement des conceptions de l’entreprise en tant que système ouvert dont les membres pourront construire le surplus qu’ils en attendent de manière différente sous la contrainte toutefois de sa viabilité. Pour certains systèmes, la minimisation des coûts ne sera plus nécessaire, voire même compatible avec des formes plus inclusives de leur excédent social. Cette approche de l’entreprise et de ses formes viables contribue ainsi à réviser la notion d’efficacité économique qui ne se réduit plus à la seule maximisation du profit. Cette approche est, en effet, aussi une théorie de l’évolution des institutions au cours de laquelle les formes sociales de l’efficacité apparaissent diverses selon le jeu des acteurs et des rapports sociaux. Alors que l’approche dominante tend à interpréter comme un ovni l’organisation de l’économie sociale et solidaire, les formes de celle-ci sont au contraire à même de trouver une positivité dans le cadre de l’approche évolutionniste. Enfin, il y a un lien à développer entre l’économie comportementale et la théorie évolutionniste afin de mieux comprendre comment les comportements dépendent des contextes institutionnels dans lesquels ils se forgent et comment les institutions évoluent en fonction des crises et des instabilités endogènes et/ou exogènes provoquées par des résultats non viables, qui ne sont plus ceux que les individus attendaient au vue de leur croyance. Il n’y a là nul problème de circularité logique mais une causalité dynamique et historique. Ainsi présentées et associées, ces deux pistes outillent bien « l’inversion logique » recherchée et débouchent sur un projet scientifique véritablement fondateur dont l’adresse d’ailleurs ne se limite pas aux seuls économistes, mais concerne toutes les sciences sociales. A ce projet, nous voulons pour finir apporter sinon une correction tout au moins un ajout qui nous paraît essentiel dans l’optique d’un commencement de sa réalisation dès 2012.

Cet ajout concerne une dimension oubliée par nos trois auteurs de la théorie dominante en économie, basée sur l’intérêt personnel et le marché autorégulateur. En effet, cette dernière n’est pas qu’une théorie positive expliquant les faits. Elle est aussi, voire même d’abord, une théorie normative imaginant le meilleur des mondes. Cette dimension est d’ailleurs dans leur article moins oubliée que refoulée dont on peut apercevoir à certains endroits le retour. Tel est le cas lorsque les auteurs en appellent à une définition d’un concept plus large d’entreprise dont « les mécanismes (de contrôle) doivent être pensés pour le bien-être des parties prenantes alors que les objectifs économiques et financiers ne sont que des outils permettant d’atteindre ces buts » (souligné par nous). Le devoir être de la théorie normative et de l’Ethique fait ici son retour.

Dans un ouvrage récent, L’empire de la valeur, visant aussi à « refonder l’économie » sur une base plurielle, André Orléan pointe également cette double nature de la théorie économique de la valeur, normative et positive. Même si, finalement, ses propositions tirent davantage du côté positif d’une nouvelle explication et interprétation des faits. Pourtant, la réalisation même du projet scientifique d’un pluralisme économique suppose de lui adjoindre un volet normatif. C’est aussi de ce volet que la théorie dominante tire sa force. Les théories en sciences sociales ont nécessairement, en raison de la nature de l’objet qu’elles construisent, une dimension normative puisque les humains y seront dotés de valeur. Plutôt que d’en faire seulement une donnée, les sciences sociales argumentent aussi sur les valeurs comme telles en exerçant un rôle performatif, faisant passer certaines valeurs, démontrées comme meilleures que d’autres, dans les comportements et les réalités sociales. Nous souhaitons donc aussi que la théorie normative du pluralisme économique avance en 2012, espérant y contribuer dans le sillage de nos travaux commencés sur l’altruité (H. Defalvard, 2011 (http://www.univ-mlv.fr/chaireeconomie- sociale-solidaire/fonds-documentaire/publications-centre-de-ressources/).

Cet article a d’abord été une communication à la conférence du comité de recherche de l’Alliance coopérative internationale en septembre 2010, avant d’être publié en anglais dans le Journal of Co-opérative Studies (avril 2011) puis en français dans la revue Recma (juillet 2011).

En savoir plus
C. Borzaga, S. Depedri, E. Tortia, « Diversité des organisations dans les économies de marché et rôle des coopératives et des entreprises sociales : Plaidoyer en faveur d’un pluralisme économique » in REVUE INTERNATIONALE DE L’ÉCONOMIE SOCIALE, v. 2011, n. 321 (2011), p. 32-49. – URL: http://www.recma.org/node/1467 - vedi dettaglio

C. Borzaga, S. Depedri, E. Tortia, « Organizational Variety in Market Economies and the Role of Cooperative and Social Enterprises: A Plea for Economic Pluralism » in JOURNAL OF CO-OPERATIVE STUDIES, v. 44, n. 1 (2011), p. 19-30. – URL: http://www.coopstudies. org/Journal.htm - vedi dettaglio

Jean-Louis pour Hervé Defalvard

Non à la constitutionnalisation du Concordat !

François Hollande dans son projet, rendu public ce jour, affirme défendre les principes fondamentaux de la loi de 1905. Mais la rédaction proposée ne retient de fait que l’article 1 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat consacré à la liberté de conscience. En n’inscrivant pas l’ensemble des principes fondamentaux du titre 1 et donc l’article 2 qui stipule que l’Etat « ne reconnaît, ne finance, ni ne subventionne aucun culte », il censure l’un des deux piliers fondamentaux de la loi de 1905. Et faisant cela, le candidat socialiste ne lève aucune des ambiguïtés concernant les reculs et aménagements aux contournements de l’interdiction de financement des cultes inscrite dans la loi.

Mais en proposant d’ajouter dans la Constitution « sous réserve des règles applicables en Alsace Moselle », le candidat socialiste porte directement atteinte à la laïcité en envisageant de constitutionnaliser l’exception concordataire. Ainsi serait entérinée l’inégalité des citoyens devant la loi ! C’est la liberté de conscience de ceux qui croient en une autre religion que celles reconnues par le Concordat comme des athées et des agnostiques qui est niée. Ce serait clore de la pire des manières qui soit ce débat.

Pour le Parti de Gauche la laïcité souffre déjà d’être attaquée par Nicolas Sarkozy et salie par le Front national, elle n’a pas besoin d’être ainsi trahie par ses amis supposés. Défendre la laïcité, c’est rappeler qu’en République une et indivisible la loi de 1905 « a vocation à s’appliquer à tout le territoire national » comme l’affirme le programme du Front de Gauche défendu à l’élection présidentielle par Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Louis pour Le Parti de Gauche

Hollande : 60 mesures insuffisantes pour lutter contre la finance

Dans son meeting du Bourget, François Hollande a annoncé qu’il voulait combattre la finance, ce dont le Front de Gauche s’est félicité. Ce faisant, le candidat socialiste est venu confirmer la justesse de notre orientation.

Dans le même temps, le Parti de Gauche avait regretté, dans les mesures déjà annoncées dimanche, l’absence de toute proposition concernant les salaires ainsi que la non remise en cause du cours libéral de l’Europe enfermée dans le traité de Lisbonne.

Les 60 mesures annoncées ce matin, qui viennent préciser le discours de dimanche, ne proposent toujours rien sur ces deux sujets déterminants pour qui veut défaire la finance. De manière générale, la volonté de vouloir revenir à l’équilibre du budget en 2017 ne peut permettre une politique de rupture avec les politiques économiques et sociales libérales en cours. C’est sans doute la raison des imprécisions. La nouvelle proposition sur les retraites, revient à entériner le passage aux 41 ans et demi de cotisation, ce qui enterre, sans le dire, le droit à la retraite à 60 ans.

La Gauche ne gagnera les élections qu’en refusant l’austérité, en répondant aux attentes sociales, en promouvant la répartition des richesses et en se donnant les réels moyens de gouverner face aux banques et à la dérive libérale de l’UE. C’est ce que propose Jean-Luc Mélenchon et le programme du Front de Gauche « l’Humain d’abord ».

Jean-Louis pour Martine Billard,
co-présidente du Parti de Gauche

410 euros mensuels pour vivre c’est encore trop pour YVES FROMION

COMMENT LA DROITE NOUS A FOUTU DANS LA MERDE !

Depuis 2002, la politique de la droite a été inspirée par une vision idéologique de la pauvreté, selon laquelle le fait de sortir du chômage ne serait qu’une question de volonté. La fainéantise n’explique cependant pas que le nombre de chômeurs ait augmenté d’un million depuis 2008.

S’il existe des chômeurs de mauvaise volonté, cet obstacle au retour à l’emploi arrive cependant loin derrière l’absence de qualification (60 % des bénéficiaires de minima sociaux n’ont pas le niveau du CAP), le manque de solution de garde d’enfant pour les parents isolés ou encore l’absence de moyen de transport. Par idéologie, la droite s’est donc laissée obnubiler par un problème secondaire.

La principale réforme du gouvernement, la création du Revenu de Solidarité Active (RSA), était de faire en sorte que le retour au travail soit toujours financièrement plus intéressant que l’inactivité. Un objectif légitime mais basé sur l’idée que la seule incitation financière allait permettre aux personnes sans travail d’en retrouver un. En outre, la généralisation du RSA a été décidée après un simulacre d’expérimentation. Une véritable expérimentation aurait pourtant permis d’observer que le dispositif était trop complexe pour être attractif pour les personnes concernées. A peine 400.000 personnes touchent aujourd’hui le “RSA activité”, loin des 2 millions de personnes attendues.

L’idée de contraindre les bénéficiaires de minima sociaux à travailler, comme si l’inactivité résultait d’un choix, a été aussi avancée par le gouvernement de manière récurrente.

Les trois leviers essentiels de la lutte contre la pauvreté ont été délaissés. Le gouvernement n’a tout d’abord pas conduit de politique pour lutter contre l’emballement des prix du logement, principal facteur d’appauvrissement des Français. Les prix à l’achat ont plus que doublé depuis 2000 et les loyers des ménages modestes ont augmenté de 50 %. Cette évolution alimente le déclassement des classes moyennes, évincées des centres-villes, ainsi que l’exclusion des ménages les plus en difficulté (+40 % d’expulsions locatives depuis 2002).

Le gouvernement a alimenté la construction de logements chers par des dispositifs d’aide à l’investissement locatif sans contrepartie sociale (Robien puis Scellier) et par des mesures d’aide à l’accession à la propriété sans condition de ressources (crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt voulu par Sarkozy en 2007, remplacé par le “prêt à taux zéro +” depuis 2011). Revendiquée par le gouvernement, l’augmentation du nombre de logements sociaux est en trompe-l’œil : il s’agit surtout de logements faiblement inférieurs aux loyers du marché, tandis que le nombre de logements réellement accessibles aux personnes en difficulté demeure très faible.

La loi sur le “droit au logement opposable” (DALO), dernière réforme importante décidée par Jacques Chirac, a montré son inefficacité en l’absence de politique volontariste de construction de logements abordables. L’Etat ne peut garantir des logements aux plus défavorisés s’il n’y a pas assez de logements construits.

Le gouvernement a aggravé la situation en ce qui concerne les sorties du système scolaire sans diplôme. Dans le marché du travail actuel, cette dernière équivaut à une condamnation au chômage tout au long de la vie : le taux de chômage des personnes sans diplôme atteint 40 %.

Le nombre de jeunes sortant sans diplôme du système scolaire reste à un niveau très élevé de 130.000 par an, soit presque un cinquième de la classe d’âge. Mais depuis 2007, les réductions d’effectifs dans l’éducation, l’assouplissement de la carte scolaire qui a accentué la ghettoïsation, et la suppression de la formation pratique des enseignants ont considérablement affaibli le système scolaire.

En outre, alors que toutes les études s’accordent à reconnaître l’importance d’une prise en charge précoce de la petite enfance pour lutter contre les inégalités à la racine, la scolarisation en maternelle à l’âge de 2 ans a connu un recul sans précédent, en passant de 35 % d’une classe d’âge à 15 % depuis dix ans.

Le gouvernement a enfin laissé s’appauvrir les politiques d’insertion destinées aux plus défavorisés. Un accompagnement renforcé des personnes en difficulté permettait d’améliorer de manière significative le retour à l’emploi. Nicolas Sarkozy a au contraire pris des décisions qui ont dégradé l’efficacité de l’appareil d’insertion des personnes en difficulté.

Les départements, auxquels le RMI a été décentralisé en 2003, font face aujourd’hui à un écart annuel de 1,7 milliard d’euros entre la dépense qu’ils doivent supporter au titre du RSA et les ressources apportées par l’Etat pour compenser la décentralisation. Leur budget étant très contraint, ils ne peuvent le boucler qu’avec une diminution de leurs dépenses en faveur de l’insertion des bénéficiaires.

La loi créant le RSA a en outre voulu faire de Pôle emploi le principal acteur de l’insertion des bénéficiaires de minima sociaux. Mais elle ne lui a pas donné les moyens nécessaires alors que les conditions de la fusion entre ANPE et ASSEDIC ont désorganisé la nouvelle entité.

Le budget annuel des politiques de l’emploi a enfin baissé de 6,5 milliards d’euros entre 2002 et 2011. Cette baisse s’est faite principalement au détriment des dispositifs destinés aux personnes en difficulté, tels que les contrats aidés.

(inspiré d’un article récent du Nouvel Obs…)

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QUELQUES CHIFFRES :

- RSA pour un célibataire sans revenu, sans enfant après déduction de l’aide au logement : 410 euros (brut 466, 99 euros, APL : 56,99 euros)

- RSA pour une femme enceinte sans revenu après déduction de l’aide au logement : 544 euros

- RSA pour un célibataire sans enfant ayant un travail à mi temps (salaire 590 euros) : 185,80 euros

- RSA pour un célibataire et 1 enfant recevant le SMIC (1096,94 euros) : 181,58 euros

- RSA pour une femme salarié avec 4 enfants scolarisés (salaire : 1355 euros) recevant l’APL et les allocations familiales : 172 euros…

Le seuil de pauvreté 2012 correspond à 650 euros (50 % du niveau de vie médian)

(Chiffres Eurostat 2012)

 

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PETIT COMPLEMENT POUR REFLECHIR LOIN DES DOGMES…

 

Galbraith recommandait quelques méthodes « pour garder bonne conscience ». L’une d’entre elles consiste à considérer que le traitement de la pauvreté dépend de l’Etat.

Or l’Etat est par nature incompétent et inefficace. « Puisqu’il est à la fois incompétent et inefficace, on ne saurait lui demander de se porter au secours des pauvres : il ne ferait que mettre davantage de pagaille et aggraverait encore leur sort. » Une autre méthode consiste à « affirmer que les aides publiques ont un effet négatif sur l’incitation à travailler. Elles opèrent un transfert de revenus des actifs vers les oisifs et autres bons à rien et, de ce fait, découragent les efforts de ces actifs et encouragent le désoeuvrement des paresseux. » Au paragraphe « Les délices de l’oisiveté » de sa contribution, Laurent Cordonnier inverse la proposition dite de « la trappe à chômage » (ou le fait qu’un niveau trop élevé des allocations incite à ne pas reprendre un travail) : « Tout le problème est que cet appel au bon sens est asymétrique. La véritable curiosité consisterait en effet à se demander comment il se fait qu’en France, par exemple, 25% des salariés (insistons : un quart de la population salariée !) aient « fait le choix » de travailler pour un revenu mensuel moyen inférieur à 1,14 fois le SMIC… alors qu’ils n’auraient pratiquement rien à perdre à se mettre en roue libre pour toucher le jackpot de l’assistance ? » Sans doute, l’argument est un peu court puisqu’il ne prend en compte ni la toute relativité, financière et temporelle, du « jackpot », ni surtout les dimensions autres que simplement économique du rapport au travail, c’est-à-dire « sociale » – le travail comme moyen d’appartenance et de reconnaissance – et « symbolique » – le travail comme moyen de s’accomplir personnellement -.

Toutefois, si un niveau considéré comme trop élevé des allocations est un facteur de désincitation pour certains, l’inverse est probablement vrai et un niveau de salaire considéré comme trop bas devrait en toute logique inciter à l’inactivité et, dans ce cas, les effets s’annuleraient peu ou prou. Par ailleurs, face à l’accusation récurrente d’assistanat, comme le souligne Najat Vallaud Belkacem dans une tribune duMonde daté du 28 octobre, d’une part, « Contrairement à une légende entretenue par la droite, les minima sociaux en France ne sont pas généreux » car ils atteignent 60% du salaire médian en Europe et jusqu’à 75% dans les pays les plus solidaires comme l’Allemagne, d’autre part et alors qu’on annonce une hausse de la TVA – impôt indirect qui touche davantage les pauvres en proportion – « les vrais assistés sont en réalité les plus riches, bénéficiaires ces dernières années de plus de 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux pendant qu’on démantelait l’école publique, les hôpitaux ou les retraites. »

 

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Jean-Louis pour Buridan

son site

Transparence des élus : et si on appliquait enfin les sanctions ?

Des déclarations de patrimoine oubliées, des prêts difficiles à contrôler, une justice qui classe tous les dossiers : la Commission pour la transparence financière de la vie politique perd patience. Elle réclame que les élus concernés soient déclarés inéligibles, comme le prévoit la loi.

QUI CONTRÔLE QUOI ?
  • Elus et dirigeants d’entreprises publiques : ils doivent déclarer leur patrimoine à la Commission pour la transparence financière de la vie politique.
  • Président de la République : il remet sa déclaration au Conseil constitutionnel.
  • Ministres : leurs déclarations de patrimoine et d’intérêts doivent être rendues publiques sur Internet.
  • Parlementaires : ils devront aussi déclarer les éventuels conflits d’intérêts aux déontologues de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Cette sanction radicale aurait dû s’appliquer à pas moins de 13% des sénateurs, 9% des conseillers généraux et même 25% des conseillers régionaux, 199 élus au total. Ils étaient censés remettre à la Commission une déclaration de patrimoine au début puis à la fin de leur mandat, dans un délai de deux mois.

Une obligation destinée à repérer les enrichissements douteux, et prise à la légère par une partie des intéressés. La Commission, qui réunit des magistrats de la Cour de cassation, de la Cour des comptes et du Conseil d’Etat, est lassée de devoir réclamer ces documents.

Dans son dernier rapport, publié mercredi au Journal officiel, elle lance donc un avertissement : désormais, elle réclamera « systématiquement » l’application de la loi aux retardataires, c’est-à-dire leur inéligibilité, prévue depuis 1988, et une amende de 15 000 euros, prévue par une loi votée en 2011.

Le rapport, qui ne fournit aucun nom d’élu concerné, met en lumière d’autres pratiques douteuses… mais aussi les pouvoirs limités de la Commission. Celle-ci aimerait ainsi pouvoir se pencher sur les prêts dont bénéficient certains élus :

  • des prêts de l’Assemblée nationale ou du Sénat : chacune des deux assemblées peut accorder des prêts à ses membres, mais la Commission se juge démunie pour vérifier « [leur] objet ou [leurs] conditions d’attribution » ;
  • des prêts personnels  : certaines déclarations de patrimoine font état de prêts sans intérêts et jamais remboursés, et qui, faute d’explications de la part des bénéficiaires, seraient « susceptibles dans certains cas de révéler des infractions pénales, telles que des abus de confiance, des abus de biens sociaux ou des recels ».

La justice a classé tous les dossiers

Lorsque les explications fournies laissent encore planer le doute, la Commission le signale à la justice, pour obtenir l’ouverture d’une enquête. Elle l’a fait douze fois depuis sa création en 1988, sans aucun résultat :

« 100% des saisines du parquet ont donné lieu à de tels classements. S’il est vrai qu’un enrichissement inexpliqué ne constitue pas par lui-même un délit, un tel résultat n’en est pas moins clairement décevant. »

Les magistrats qui composent la Commission ne cachent pas un certain découragement. D’autant qu’ils aimeraient se pencher sur des zones grises jusqu’ici inexplorées :

  • le patrimoine des proches des élus : la Commission veut pouvoir examiner celui des conjoints et des enfants mineurs, pour éviter « les stratégies de contournement » ;
  • les indemnités des parlementaires : ceux-ci bénéficient d’une « indemnité représentative de frais de mandat » – 6 400 euros par mois pour les députés –, mais rien ne les oblige à reverser l’argent qu’il n’aurait pas utilisé ; selon la Commission, cela permet d’empocher, sur la durée d’un mandat, entre 1 400 euros et… 200 000 euros.
Jean-Louis pour François Krug

Le Front de Gauche à Besançon

▸ Discours de Clémentine Autain à Besançon le 24 janvier 2012

En déplacement dans le Doubs, à Besançon, Mardi 24 janvier 2012, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, a réuni plus de 4 500 personnes au Palais des Sports. Avant lui, c’est Clémentine Autain qui avait ouvert le bal.

▸ Discours de Pierre Laurent à Besançon le 24 janvier 2012
En déplacement dans le Doubs, à Besançon, Mardi 24 janvier 2012, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, a réuni plus de 4 500 personnes au Palais des Sports. Avant lui, c’est le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, qui s’était exprimé à la tribune.

▸ Discours de Jean-Luc Mélenchon à Besançon
En déplacement dans le Doubs, à Besançon, Mardi 24 janvier 2012, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, a réuni plus de 4 500 personnes au Palais des Sports.

Jean-Louis
Plus d’infos : www.placeaupeuple2012.fr

Juppé face à Hollande, un débat presque présidentiel

Le face-à-face télévisé de jeudi soir entre Alain Juppé et François Hollande a des allures de débat présidentiel, sauf que… l’un est vraiment candidat, l’autre pas.

Le ministre des Affaires étrangères représentera Nicolas Sarkozy pour apporter la contradiction au candidat socialiste, invité de l’émission « Des paroles et des actes », sur France2. Un choix doublement logique de l’UMP :

  • Nicolas Sarkozy n’est toujours pas officiellement candidat ;
  • Alain Juppé est aujourd’hui le plus « bankable » -expression horrible venue du monde du cinéma- des dirigeants de la droite classique.

Il était « le meilleur d’entre nous » de l’ère Chirac, il a traversé le désert après sa condamnation pour les affaires de la Mairie de Paris, a connu la « tentation de Venise » (titre du livre où il confiait son envie de déserter la politique), avant de revenir dans le sérail.

L’homme qui se tenait « droit dans ses bottes » lorsqu’il était premier ministre (1995-1997), atteignant des sommets d’impopularité, y compris au sein de son propre gouvernement en raison de son style personnel, est aujourd’hui respecté à défaut d’être aimé.

Juppé, sauveur suprême

Les conditions de son retour au gouvernement y sont pour beaucoup : Alain Juppé a été appelé en catastrophe pour remplacer Michèle Alliot-Marie au Quai d’Orsay après la débacle de la révolution tunisienne. Juppé a repris une diplomatie en berne, un ministère démoralisé, et l’a incontestablement redressé.

Depuis un an, Juppé a montré une qualité incontestable : la loyauté vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, même s’il n’en pense pas moins. Le chef de la diplomatie a avalé sans (trop) sourciller quelques couleuvres, comme la cogestion de la guerre libyenne avec BHL, ou plus récemment encore, la crise avec la Turquie provoquée par la loi sur le génocide arménien qu’il désapprouve.

Alors qu’il n’avait pas caché, lorsqu’il n’était pas encore au Quai d’Orsay, ses réserves (euphémisme) vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé lui est resté fidèle une fois devenu numéro deux du gouvernement ; Même lorsque de sérieux doutes ont traversé les rangs de l’UMP sur la capacité du président à se faire réelire en 2012.

Tout au long de 2011, il était de bon ton de spéculer sur l’hypothèse d’un autre candidat de l’UMP pour 2012, si Nicolas Sarkozy se révélait incapable de surmonter la détestation qu’il a généré dans l’opinion, si son score dans les sondages restait scotché aux niveaux les plus bas de la V° République.

Deux noms se détachaient : François Fillon et Alain Juppé. Si le premier ministre garde une meilleure cote de popularité que le président, il est atteint par le bilan calamiteux des cinq dernières années. Juppé, lui, a un mot d’excuses pour tout ce qui s’est passé, et sortira avec les honneurs de son passage au gouvernement.

Juppé 2012 ? Ou 2017 ?

Alors Juppé aurait-il fait un meilleur candidat que Nicolas Sarkozy ? Avec l’age, l’homme cassant des années 90 en incarnerait presque la sagesse, et par contraste avec le président sortant, il a la dignité qui a manqué tout au long de ce quinquennat.

Mais pour être candidat, dans un parti comme l’UMP, il faut être choisi ou faire un putsch. La première hypothèse n’était possible qu’en cas de non-candidature de Nicolas Sarkozy ; La deuxième était improbable, tant par la personnalité de Juppé que par la nature de l’UMP.

Pour autant, Alain Juppé n’est jamais très éloigné des querelles de clans, des manoeuvres de coulisses qui agitent le parti aujourd’hui majoritaire. On le dit proche de Jean-François Copé, l’actuel patron de l’UMP, et opposé à François Fillon.

De quoi alimenter les spéculations sur l’après-Sarkozy qui agite déjà les esprits à droite. Que l’actuel président gagne ou perde, il ne sera plus longtemps le grand manitou de l’UMP, et la bataille de 2017 sera lancée… Et d’ores et déjà, on évoque un « ticket » Copé-Juppé contre Fillon pour le contrôle du parti.

En attendant, les caciques de l’UMP regarderont de près l’émission de jeudi soir, en se demandant si, finalement, Alain Juppé n’aurait pas été un meilleur candidat dès 2012. Est-ce vraiment trop tard ? …

Jean-Louis pour Pierre Haski

in Rue89

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