Archive pour 27 janvier, 2012

Jean-Luc Mélenchon invité de I-Télé

 

C’est ici

Jean-Louis

Faut-il boycotter Apple ?

L’enquête fouillée que vient de publier le New York Times sur les conditions de travail chez les sous-traitants chinois d’Apple suscite un grand émoi aux Etats-Unis. Les consommateurs (et les actionnaires du groupe) vont-ils réagir ?

 Des salariés d'une usine Foxconn (un des sous-traitants chinois d'Apple) protestent lors du meeting annuel de la firme à Hong-Kong, 18 mai 2011.

© AFP/Mike Clarke

Des salariés d’une usine Foxconn (un des sous-traitants chinois d’Apple) protestent lors du meeting annuel de la firme à Hong-Kong, 18 mai 2011.

Quelle semaine étourdissante pour les actionnaires d’Apple ! Le prix de l’action du groupe a crevé le plafond à force de surfer sur une vague haussière déclenchée par des bénéfices de 13,06 milliards de dollars pour le seul premier trimestre fiscal. La société a vendu 37 millions d’iPhones et 15,4 millions d’iPads pendant les congés de fin d’année, soit deux fois plus que l’année précédente.

Au même moment, une information inquiétante a jeté une ombre sur cette joyeuse foire aux gadgets dernier cri d’Apple.

Un article du New York Times fait en effet état du coût humain de la production de tous ces iPhones et iPads – pas ici, en Amérique, mais en Chine. Ces coûts, payés par les ouvriers dans des cités industrielles comme Chengdu, n’apparaissent littéralement pas dans les registres, puisqu’ils concernent des usines qui n’appartiennent pas à Apple, mais à ses sous-traitants – l’immense chaîne de fabrication et de finition de tous ses produits. Ces usines auraient été le théâtre d’explosions et de décès. Et nombre de leurs salariés seraient semble-t-il victimes d’un environnement professionnel aussi dangereux que brutal, où les conditions de sécurité les plus élémentaires ne seraient pas respectées.

Quelques mois seulement se sont écoulés depuis la mort de son fondateur Steve Jobs, et Apple n’a jamais paru plus puissant. La société reste l’enfant chéri de l’ère numérique, ses innovations suscitent l’envie et ses bilans la jalousie. Mais peut-être les magiciens de Cupertino [siège de la société en Californie] cachent-ils quelques cadavres dans leurs placards chinois. C’est là-bas que réside le côté obscur de toutes ces jolies inventions. (La plupart des grands noms des technologies de pointe sont confrontés au même défi éthique, puisque ils font tous fabriquer leurs produits en Chine.)

Ces nouvelles sont désespérantes, mais elles ne devraient pas nous étonner. La réussite fabuleuse d’Apple ne s’explique pas seulement par l’innovation et le design. Elle a aussi quelque chose d’implacable. La capacité d’Apple à s’imposer sur le marché, à commercialiser les gadgets les plus époustouflants que le monde ait jamais vus est aussi le triomphe de son système de production.

Toujours dans le New York Times, un autre article décrit la disparition des emplois de la classe moyenne [aux Etats-Unis], des emplois exportés vers une Chine réputée pour ses prouesses industrielles. Apparemment, il est possible là-bas de tirer 8 000 ouvriers de leurs dortoirs en une demi-heure pour les envoyer monter des écrans de verre sur des iPhones pendant douze heures d’affilée, avec un biscuit et une tasse de thé. [Le chroniqueur du New York Times] Thomas Friedman cite la même anecdote dans un éditorial, y voyant un exemple de la faiblesse de l’Amérique. Que faut-il en déduire, que nous devons imiter la Chine, ou la prendre en pitié ?

Les actionnaires d’Apple et ses aficionados se retrouvent ainsi dans une situation moralement intenable – peut-on se réjouir de la bonne santé des actions d’Apple et continuer à susurrer des mots doux à Siri, l’assistant personnel de l’Iphone 4S, tout en gardant le silence sur les terribles conditions de travail au sein des fournisseurs d’Apple ? Et pourtant, l’entreprise n’a commis aucun délit. D’un point de vue légal, elle n’est pas responsable de ce qui se passe dans les usines chinoises.

En outre, dans le monde des affaires, nous hésitons rarement à malmener nos principes moraux. Nous mettons un point d’honneur à ne jamais mélanger morale, exemplarité, bonnes manières et décence avec nos aspirations primaires et guerrières qui nous pressent d’être les premiers. Dans le monde du travail, tous les coups sont permis. Et nos agissements pendant les horaires de travail ne sont pas soumis à des critères moraux. Notre éthique ne s’exprime généralement que dans notre vie privée. Le monde du travail est un monde où la morale n’a pas sa place parce que la réussite professionnelle a été érigée en règle d’or. Il existe une frontière très nette entre ce qui est légalement correct et ce qui est moralement juste.

Nous pouvons jeter la pierre à Apple. Il y aura peut-être un peu de verre brisé. Peut-être Apple fait-il tout ce qu’il peut pour concilier ces deux impératifs, moral et financier : répondre aux exigences des consommateurs et des actionnaires et respecter le legs exigeant de son fondateur, tout en étant soucieux des conditions de vie des hommes et des femmes dont le travail consiste à assembler les joyaux de la modernité.

Mais le problème, plus vaste, c’est notre refus d’appliquer nos principes moraux à tout ce que nous faisons, et non pas seulement à Apple.

 

Jean-Louis pour Thane Rosenbaum in The Daily Beast

transmis par Courrier International

 

L’actualité de la crise : LES COMMANDEMENTS DE LA RIGUEUR

Tout étonnés de bénéficier d’une accalmie dans la tourmente (tout est relatif), les dirigeants européens en profitent pour avancer leurs pions, espérant que cela finira par tourner à leur avantage. Afin de faire bonne figure, les discours avantageux peuvent se multiplier dans les salons du forum de Davos, tandis que l’austérité étend son ombre qui grandit.

La baisse des taux italiens à court terme (ainsi que celle des taux espagnols à dix ans sur le marché secondaire) alimente leur optimisme, les banques du pays puisant dans les crédits de la BCE sans prendre trop de risques, puisque les maturités sont inférieures à la durée de ses prêts. Il est désormais espéré la poursuite des bienfaits du LTRO – l’opération de prêts à trois ans de la banque centrale – puisqu’elle va elle-même être renouvelée, ce qui procurerait aux gouvernements le répit qu’ils n’ont jamais trouvé, pouvant même leur faire trop vite croire que c’est gagné ! En oubliant qu’ils créent eux-mêmes les conditions de nouveaux rebondissements.

Leur durcissement va dans l’immédiat atteindre la Grèce, où le coût de la restructuration de la dette que les banques privées ont refusé de régler dans son intégralité fait l’objet de conciliabules de la dernière heure afin de le répartir. Celles-ci étant, comme Josef Ackermann de la Deutsche Bank l’a fait suavement remarquer, déjà bien bonnes d’accepter presque 70% de pertes sur leurs créances, elles n’iront décidément pas au-delà et il ne reste plus qu’à se partager ce qui a été qualifié par Jean-Claude Juncker de “petit ajustement”, soutenu par la Commission. Celui-ci pourrait quand même représenter quelques 11 milliards d’euros – qui viendront s’ajouter au prêt de 130 milliards d’euros – une fois accepté l’accroissement du ratio dette/PIB du pays à 125% en 2020 au lieu de 120%.

Les gouvernements allemand et français accueillent fraîchement la perspective de devoir augmenter leurs garanties financières au FESF, non sans espérer pour certains que la BCE se résolve à boucler le dossier à leur place, si les banques ne bougent pas. Dans tous les cas de figure, cela impliquera d’imposer des sacrifices supplémentaires aux Grecs, afin de rester dans l’épure du second plan de sauvetage, pour ne pas y revenir une troisième fois, est-il expliqué, ou pour gagner suffisamment de temps, est-il intérieurement pensé.

Le commissaire européen Olli Rehn a annoncé “un train de mesures qui ouvrira la voie à une solution viable pour la Grèce”, que les Grecs qui en ont pris connaissance par la presse ont immédiatement qualifié de “dix commandements” : coupes dans les pensions complémentaires, nouvelle hausse de 25% des impôts sur l’immobilier, mesures de dérégulation du marché du travail débouchant sur des baisses de salaires dans le secteur privé, suppressions d’organismes et d’emplois publics (150.000 d’ici 2015)… et réduction des crédits militaires.

Afin de respecter leurs objectifs 2012 de diminution du déficit public, en dépit de la récession et du chômage qui ne cesse d’augmenter, les Espagnols sont aussi sommés de monter en première ligne. En visite à Berlin, Mariano Rajoy semble avoir été convaincu de cette nécessité, après avoir envisagé de renégocier l’objectif établi à 4,4%, avec comme contrepartie significative “l’extraordinaire respect” de la chancelière. Devant la douleur des autres, on s’incline.

Fin 2011, l’Espagne comptait officiellement près de 5,3 millions de chômeurs, soit un taux de 22,85%. Plus d’un jeune sur deux de moins de 25 ans n’a pas d’emploi et le nombre de foyers dont tous les membres actifs sont au chômage est de 1,5 millions. 3 à 4% du PIB sont dépensés pour soutenir et encadrer les chômeurs, qui se réfugient quand ils le peuvent dans l’économie informelle pour survivre.

Très endettées, les 17 régions espagnoles ont lancé ces derniers mois de sévères plans de rigueur afin d’assainir leurs finances, amputant notamment leur budget santé et éducation. Mais au troisième trimestre, leur déficit global était encore de 135 milliards d’euros et elles doivent atteindre l’objectif du déficit zéro à l’horizon de 2020, de même que l’État.

Les fonctionnaires manifestent par dizaines de milliers dans les régions les plus touchées, les pharmacies qui approvisionnent les hôpitaux baissent leur rideau pour protester contre les impayés, de nombreux établissements d’enseignement ne sont plus chauffés.

Des coupes budgétaires de 8,9 milliards d’euros ont par ailleurs été annoncées à Madrid, ainsi que des hausses d’impôt de 6,3 milliards d’euros. Mais, pour parvenir à réduire comme promis le déficit à 4,4% du PIB cette année, 40 milliards d’euros devront être trouvés alors que la Banque d’Espagne prévoit une chute de 1,5% du PIB.

La situation n’est pas meilleure au Portugal, les deux économies étant très interdépendantes et le transfert au budget de l’État des fonds de pension des employés des banques ayant permis de respecter les objectifs de réduction du déficit de 2011. Mais cette opération ne pourra pas être renouvelée en 2012, alors qu’une contraction de 3,2% du PIB est officiellement envisagée pour cette année. Le retour sur le marché étant prévu pour 2013, un second plan de sauvetage pourrait se révéler vite nécessaire, afin d’obtenir de nouveaux prêts en plus des 78 milliards d’euros du premier. Car le rendement de la dette à dix ans, dont la note est maintenant dans la catégorie “spéculative”, est monté à 14% sur le marché obligataire, et le niveau des CDS a atteint 1.305 points de base (correspondant à une prime d’assurance contre le défaut de 1,3 millions d’euros par an pour un emprunt de 10 millions d’euros sur 5 ans).

Enfin, signe de l’ampleur des difficultés que rencontrent les Portugais, l’Université de Porto vient d’estimer que l’économie informelle représente désormais 25% du PIB du pays et ne cesse de croître, aboutissant à une diminution des recettes fiscales de l’État. Dans ce contexte, une restructuration de la dette pourrait aussi s’imposer, qui toucherait à nouveau les banques allemandes et françaises, les banques espagnoles détenant surtout la dette privée, beaucoup plus importante.

La Grèce pouvait jusqu’à présent être présentée comme le mouton noir de la famille, une exception. Cela ne va plus être le cas.

Jean-Louis pour François LECLERC

blog de Paul JORION 

Dix idées pour sortir de l’absurdité

C’est inexplicable mais c’est entré dans nos mœurs : voilà des années que l’on dépouille la collectivité et que l’on ruine la démocratie, dénonce Ingo Schulze. L’écrivain allemand livre ses pistes pour renouer avec le bon sens. Extraits.

Cela faisait quelque chose comme trois ans que je n’avais plus écrit d’article, pour la simple raison que je ne savais plus quoi écrire. Tout saute aux yeux : le délitement de la démocratie, la polarisation économique et sociale croissante entre pauvres et nantis, la ruine de l’Etat social, la privatisation et, partant, la marchandisation de tous les domaines de la vie, et ainsi de suite.

Quand, jour après jour, on nous sert le non-sens comme une chose naturelle, il est normal que l’on finisse, tôt ou tard, par se sentir soi-même malade et déviant. Voici, résumées ici, quelques considérations qui me paraissent importantes :

1. Parler d’atteinte à la démocratie est un euphémisme. Une situation dans laquelle la minorité d’une minorité est habilitée, en toute légalité, à porter gravement préjudice à l’intérêt général au nom de l’enrichissement personnel, est post-démocratique. Le coupable n’est autre que la collectivité elle-même, incapable d’élire des représentants aptes à défendre ses intérêts.

2. On nous serine tous les jours que les gouvernements doivent « regagner la confiance des marchés ». Par « marchés », on entend principalement les bourses et les marchés financiers, autrement dit ces acteurs de la finance qui spéculent pour le compte d’autrui ou pour leur intérêt propre, dans le but de dégager un maximum de profit. Ceux-là mêmes qui ont dépossédé la collectivité de montants faramineux. Et les représentants suprêmes du peuple devraient se battre pour regagner leur confiance ?

3. Nous nous indignons à juste titre de la conception de Vladimir Poutine d’une démocratie « dirigée ». Mais pourquoi Angela Merkel n’a-t-elle pas été poussée à la démission à l’époque où elle parlait de « démocratie conforme aux marchés » ?

4. A la faveur de l’effondrement du bloc de l’Est, certaines idéologies se sont muées en hégémonies, et leur emprise a été telle qu’elle en a semblé naturelle. Considérée comme un phénomène en tous points positif, la privatisation en apporte un exemple. Tout ce qui demeurait entre les mains de la collectivité était jugé inefficace et contraire aux intérêts du client. Ainsi, l’on a vu émerger un climat ambiant qui devait conduire, tôt ou tard, à déposséder la collectivité de son pouvoir.

5. Autre idéologie à avoir connu un succès retentissant : la croissance. « Sans croissance, il n’y a rien », a décrété un jour la chancelière, il y a des années de cela. On ne peut parler de la crise de l’euro sans citer ces deux idéologies.

6. La langue dont usent les responsables politiques censés nous représenter n’est plus du tout en phase avec la réalité (j’ai déjà vécu une situation similaire en RDA). C’est la langue des certitudes, qui n’est plus mise à l’épreuve de la vie réelle. La politique n’est plus rien d’autre aujourd’hui qu’un véhicule, un soufflet dont la raison d’être est d’attiser la croissance. Le citoyen est réduit à son rôle de consommateur. Or, la croissance en soi ne signifie rien. L’idéal de la société serait le play-boy qui consommerait un maximum de choses en un minimum de temps. Une guerre déclencherait un joli sursaut de croissance.

7. Les questions simples : « A qui cela sert-il ? », « A qui cela profite-t-il ? » sont aujourd’hui jugées déplacées. Ne sommes-nous pas tous dans le même bateau ? Quiconque doute est un apôtre de la lutte des classes. La polarisation sociale et économique de la société est le fruit d’un concert d’incantations selon lesquelles nous aurions tous les mêmes intérêts. Il n’est que de traverser Berlin.

Dans les beaux quartiers, en règle générale, les rares bâtiments à ne pas avoir été rénovés sont les écoles, les crèches, les maisons de retraite, les piscines ou les hôpitaux. Dans les quartiers dits « à problèmes », les bâtiments publics non rénovés se voient moins. C’est aux trous dans la dentition que l’on juge le niveau de pauvreté. Aujourd’hui, on entend souvent le discours démagogique consistant à dire que nous avons tous vécu au-dessus de nos moyens, que tous, nous sommes gourmands.

8. Nos élus ont précipité et précipitent encore systématiquement la collectivité dans le mur en la privant de ses rentrées. Le taux maximum d’imposition allemand a été ramené de 53 à 42 % par le gouvernement Schröder, et l’impôt sur les sociétés a été quasiment divisé par deux entre 1997 et 2009 pour s’établir à 29,4 %. Personne ne devrait donc s’étonner d’entendre que les caisses sont vides, alors que notre produit intérieur brut augmente d’année en année.

9. Je vais vous raconter une histoire : ce qui nous était jadis vendu comme une divergence profonde entre l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest nous est aujourd’hui présenté comme une disparité radicale entre les pays. En mars dernier, je présentais à Porto, au Portugal, la traduction de l’un de mes livres.

En un instant, une question émanant du public a fait basculer l’ambiance, jusqu’alors amicale et intéressée. Subitement, nous n’étions plus que des Allemands et des Portugais assis face-à-face en chiens de faïence. La question était déplaisante – n’avions-nous pas l’impression, c’est-à-dire n’avais-je pas l’impression, moi, l’Allemand, de faire avec l’euro ce que nous n’avions pas réussi à faire jadis avec nos panzers ?

Dans le public, personne n’a rien trouvé à y redire. Et j’ai réagi instinctivement, comme attendu, c’est-à-dire en tant qu’Allemand : vexé, je répondais que nul n’était obligé d’acheter une Mercedes, et que les Portugais devaient s’estimer heureux d’obtenir des crédits à des tarifs plus compétitifs que dans le privé. En prononçant ces paroles, j’entendais la voix des médias allemands.

Pendant le brouhaha qui a suivi mes propos, je suis finalement revenu à la raison. Et puisque j’avais le micro à la main, j’ai bredouillé dans mon anglais approximatif que j’avais réagi de manière aussi imbécile qu’eux, et que nous tombions tous dans le même panneau en prenant instinctivement parti pour nos couleurs nationales, comme au football.

Comme si le problème venait des Allemands et des Portugais, et non des disparités entre pauvres et nantis, et donc de ceux qui, au Portugal comme en Allemagne, sont à l’origine de cette situation et en tirent profit.

10. Nous serions en démocratie si la politique, par le jeu des impôts, du droit et des contrôles, intervenait sur la structure économique existante et contraignait les acteurs des marchés à suivre une certaine voie compatible avec les intérêts de la collectivité. Les questions qu’il convient de poser sont simples : A qui cela sert-il ? A qui cela profite-t-il ? Est-ce bon pour la collectivité ? Ce qui revient au bout du compte à se poser la question suivante : De quelle société voulons-nous ? Voilà ce que serait pour moi la démocratie.

C’est ici que je m’arrête. Je pourrais vous parler du reste, de ce professeur qui confessait renouer avec la vision du monde qu’il avait à 15 ans, d’une étude de l’Ecole polytechnique fédérale de Zürich, qui a étudié l’interpénétration des entreprises pour arriver au chiffre de 147 – 147 groupes qui se partagent le monde, et dont les 50 plus puissants sont des banques et des assureurs, je vous dirais bien aussi qu’il convient de renouer avec le bon sens et de trouver des personnes qui partagent le même point de vue que vous, parce qu’on ne peut pas être seul à parler une langue. Et je vous dirais que j’ai retrouvé l’envie d’ouvrir mon clapet.

Jean-Louis pour Ingo Schulze

 

in SÜDDEUTSCHE ZEITUNG MUNICH

transmis par Presseurop

Traduction : Caroline Lee

Génocides

La loi mémorielle adoptée le 22 décembre dernier par les députés français sur une proposition de l’UMP, pénalisant la contestation de tous les génocides qu’aura reconnus la loi française, est une étrangeté bien hexagonale. Si les historiens peuvent se sentir légitimement « floués »[1], il est insensé que les crimes du passé soient désormais laissés à l’entière discrétion du parlement français. Triste avancée démocratique en période pré-électorale. Et apparemment en ce moment particulier de la vie politique, il semblait important pour nos dirigeants actuels de montrer leurs muscles à certains et leurs servilités à d’autres. Car évidemment c’est la Turquie qui est en première ligne de visée, pays musulman dont la possibilité d’entrer dans l’Union Européenne est simplement inconcevable pour certains politiques français, en accord, réel ou fantasmé, avec une partie non-négligeable de sa société civile. Je ne suis pas persuadé que la non-reconnaissance du génocide arménien de 1915-1916 ait été le raison de cette loi, comme il est généralement admis, mais une simple opportunité.

La réaction du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, ne s’est bien sûr pas fait attendre. Elle a sans doute été un peu violente voire caricaturale, en évoquant des pseudos fours crématoires pendant la guerre d’Algérie, mais finalement elle n’a pas été plus ridicule ou hystérique que les gesticulations politiques françaises sur ces sujets. Sujets souvent sensibles, évidemment.

Selon moi, Erdoğan aurait été bien plus inspiré de parler du génocide rwandais et de se demander à voix haute si cette énième loi mémorielle n’était pas juste une manière d’anticiper toute question trop pressante sur la possible implication du pays des droits de l’Homme dans les évènements rwandais de 1994. Histoire de rendre la monnaie de sa pièce aux démocrates français. J’aurais aimé lui souffler cela lors de son discours du 23 décembre 2011.

Car au moment (à peine un mois plus tard) où enfin des conclusions judiciaires[2] sur le génocide rwandais ne se bornent pas uniquement à présenter un seul aspect des choses, à savoir la version officielle de l’Etat français, il ne serait sans doute pas superflu de faire du bruit autour de cette affaire afin qu’elle sorte enfin de son duel de spécialistes, bien gentils certes, mais un peu trop vertueux et utopistes. Du moins c’est ainsi qu’ils sont souvent considérés.

Le juge antiterroriste Marc Trévidic semble ne pas être impressionné par la vérité qui vient d’en haut ni par les petits et grands secrets qui protègent la raison d’Etat, et son récent rapport pourrait ouvrir des tiroirs que l’on croyait fermés à jamais. Bien sûr son travail ne plait pas à tout le monde. Nicolas Sarkozy pense sans doute qu’il fait tout de travers et qu’il ne comprend rien. Il n’est qu’à voir l’affaire Karachi : Lui chercher des poux pour une sombre histoire de rétro-commissions, c’est  »ridicule »[3]. Et que ce même juge s’obstine avec cette affaire rwandaise où, comme Juppé et d’autres de son camp, il est également concerné[4], doit commencer à « l’emmerder » sérieusement. Pas étonnant que ce « petit » juge se sente persécuté[5]. Et que tout soit fait pour qu’il quitte son poste.

Pour en revenir à l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana du 6 avril 1994, qui a coûté la vie à ce dernier, le rapport d’expertise demandé par Trévidic met fin à près de dix-huit ans de propagande d’Etat. Propagande menée par l’Etat français, qui soutenait une thèse opposée et non-prouvée. A savoir que les tutsi étaient obligatoirement coupables d’avoir détruit l’avion présidentiel rwandais, entrainant par là le génocide qui suivit. Et comme ils furent principalement les victimes de ce génocide, ils n’avaient qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Thèse officielle française à peine caricaturée.

Evidemment François Mitterrand, comme presque toute la classe politique de l’époque (et d’aujourd’hui !) ne souhaitait pas que l’on regarde de trop près les relations qu’il avait entretenu avec un autre Etat qui allait se rendre coupable de génocide. Tout y est passé, du double génocide à la légitime défense en passant par le complot anglo-saxon. Ou plus cyniquement encore, en relativisant l’importance d’un génocide en Afrique[6]. Le pouvoir français, de droite comme de gauche, a été en cela bien épaulé par la justice[7] et par les médias[8].

Il est non moins évident que les Jean-Louis Bruguière (voir note 7) et autres Pierre Péan[9], porte-drapeau de ce négationnisme en accord avec la raison d’Etat, ne vont pas beaucoup se faire entendre pour le moment. Car pour eux aussi il était prouvé que l’attentat du 6 avril était l’œuvre des tutsi du FPR de Paul Kagamé, l’actuel président du Rwanda, accréditant en cela la légitime défense.

Les conclusions du récent rapport ne dit pas qui a tiré le missile qui a détruit l’avion, mais montre d’où il est manifestement parti, du camp militaire de Kanombe, importante base des Forces armées rwandaises (FAR, loyalistes).

Les nouveaux chiens de garde[10] veillent et il est probable que les médias, soit enterreront cette affaire une fois de plus, soit comme le dit Colette Braeckman[11], allègueront de possibles infiltrations de combattants du FPR à l’intérieur même du camp Kanombe.

Ce qu’il reste vraiment à découvrir et qui restera sans doute à jamais secret, ce sont les auteurs de ce tir de missile. Non pas du fait que cet attentat aurait été le déclencheur du génocide (cette thèse m’a toujours parue farfelue. Il en a été un évènement, le premier certes mais pas plus), mais parce qu’il révèlerait peut-être des alliances criminelles[12], expliquerait sans doute l’attitude de déni de l’Etat français et si la présence au Rwanda, lors des évènements, de Paul Barril[13], ancien du GIGN et travaillant en 1994 à son compte (?), n’est que fortuite et le hasard de son planning.

Et bien d’autres points troublants, qu’il serait long de rappeler (voir certains de mes articles), dont l’opération turquoise n’en est pas le moindre.

La raison d’Etat pèsera-t-elle longtemps devant l’horreur de près d’un million de morts ? Notre pays n’a pas un passé très glorieux sur le continent africain, et pour certains il est même la cause du sous-développement démocratique de nombre de nos anciennes colonies. Si ce n’est pire peut-être. Le cas rwandais pourrait aussi le révéler. Il est temps de savoir si ce passé est aboli ou alors pourquoi nous le cautionnons par notre silence.

Jean-Louis pour SylvainD.

son site


[1] Pierre Nora, historien travaillant sur la mémoire historique est bien sûr de ceux-ici. Voir ici.

[3] Voir la vidéo.

[4] Il était alors Ministre du Budget (de 1993-1995) et de la Communication (de 1994-1995).

[5] Voir ici.ici.ici.

[6] Edouard Balladur : « Ils se sont toujours massacrés ainsi ! Pourquoi voulez-vous que cela cesse ? », François Mitterrand (-) : « Dans ces pays-là un génocide ce n’est pas trop important ».

[7] Le prédécesseur de Trévidic, le juge Jean-Louis Bruguière, chargé de l’affaire depuis plus de 10 ans, ne s’est jamais déplacé au Rwanda. Voir ici.

[8] Le Monde, considéré comme le journal de référence en France, au moins dans les années 1990, en est une triste caricature. Lire notamment les livres de Jean-Paul Gouteux sur ce sujet (« Un génocide secret d’Etat » et « Le Monde, un contre-pouvoir ? »). Le 1er de ces livres lui a valu un procès de la part du journal en mai 1999. Le Monde a perdu ce procès et a été condamné à payer 10000 francs à JP Gouteux et aux éditions sociales qui ont édités le livre incriminé.

[9] Voir ici.

[10] Voir ici.

[11] Voir ici.

[12] Le missile qui a détruit l’avion où se trouvait Habyarimana était un SA-16 et comme le dit Me Meilhac, l’avocat d’Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais « Les SA-16 sont faciles à transporter et on les tire à l’épaule, mais leur maniement requiert une grande expertise que ne possédait personne au sein des FAR [les Forces armées rwandaises, fidèles au pouvoir]« 

[13] Voir ici.

Google revoit toute sa politique de confidentialité..

Google est il le seul moteur de recherches? merci à Randomaccesmodule..

Google revoit toute sa politique de confidentialité.. dans Opinions 17Google a annoncé mardi une révision profonde des conditions d’utilisation de ses services et de sa politique de confidentialité, destinée, selon le géant américain d’internet, à fournir des recherches, mais aussi des publicités, plus personnalisées. Google va réunir dans une base de données toutes les informations des utilisateurs de ses divers services.

Ces changements entreront en vigueur au 1er mars pour les titulaires de comptes Google, a précisé sur un de ses blogs le groupe californien, ajoutant que les utilisateurs de ses nombreux services en seraient informés par courrier électronique. Google souligne que les internautes devront accepter cette nouvelle charte pour continuer à utiliser leurs comptes.

Selon ces nouvelles règles, Google pourra regrouper les informations provenant de plusieurs services, autrefois séparés, et disposer ainsi d’une vision globale des utilisateurs. Ces modifications interviennent alors que la question de la confidentialité sur internet est très sensible et que les faits et gestes de Google en la matière sont scrutés par les autorités de régulation du monde entier.

Concrètement, la refonte entraîne la fusion de quelques 60 règles d’utilisation en une seule, destinée à régir la quasi totalité des produits Google, comme la messagerie électronique Gmail ou le réseau social maison Google+. « Nous avons réécrit la politique de confidentialité de Google de A à Z pour qu’elle soit plus simple et plus compréhensible », explique Google dans un communiqué.

« Pour résumer, nous vous traiterons comme un utilisateur unique à travers tous nos produits », déclare Alma Whitten, une responsable de Google chargée des questions de confidentialité. « Ces nouvelles règles reflètent nos efforts pour améliorer le confort d’utilisation », affirme également Google dans un communiqué vantant les mérites de cette nouvelle politique.
Des avantages pour les utilisateurs

Ainsi, selon Google, les internautes profiteront de « meilleurs résultats » dans leurs recherches sur internet, Google se chargeant d’analyser leurs requêtes en piochant dans tel ou tel service. « Peut-être pourrons-nous vous dire que vous serez en retard pour un rendez-vous en prenant en compte votre localisation, votre agenda ou encore les conditions de circulation », explique Google dans son communiqué au ton très didactique.

Le groupe promet qu’en puisant ainsi des informations dans les différents comptes d’un utilisateur, il sera en mesure « de deviner ce à quoi vous pensez vraiment quand vous tapez pomme, jaguar ou rose ». « Nous pourrons fournir des publicités plus pertinentes également. Par exemple (…) si vous n’êtes pas porté sur la gym, les publicités pour des cours de fitness ne vous seront pas très utiles », poursuit Google.
Données protégées

Google assure que les informations personnelles des utilisateurs ne seront pas vendues à des tiers. Restent que les premiers commentaires des spécialistes sur ces modifications étaient mitigés mardi soir. « Quand on lit (ces nouvelles règles) entre les lignes », avance le site Zdnet.com, « il est clair que la nouvelle politique de confidentialité de Google est conçue pour » inciter les utilisateurs à recourir à Google+, en concurrence frontale avec Facebook, leader hégémonique du secteur.

« Google est déterminé à faire de Google+ le ciment qui relie ses services, et cette politique de confidentialité renforce cette approche », ajoute Zdnet.com. En annonçant ces nouvelles règles plus d’un mois avant leur entrée en vigueur, Google semble se laisser le temps d’écarter d’éventuels litiges.

En mars, l’autorité de la concurrence américaine (FTC) avait annoncé avoir trouvé un accord avec Google pour régler un différend concernant la confidentialité sur « Google Buzz », un réseau social aujourd’hui fermé mais qui avait fait l’objet de plusieurs plaintes d’internautes à ses débuts. En vertu de cet accord, le géant américain devait mettre en place un vaste programme pour améliorer la confidentialité des utilisateurs et fera l’objet de contrôles indépendants au cours des 20 prochaines années.

afp/pbug

Jean-Louis pour Voltigeur

in Les Moutons Enragés

SOURCE TSR.CH/INFO

Theo Angelopoulos tué sur le tournage de son dernier film: un film sur la crise et la faillite de son pays

C’est étonnant comme certains accidents arrivent parfois….. Il réalise un film qui bien sur va en déranger plus d’un, un film sur la crise européenne et la faillite de la Grèce, et sur le lieu de tournage, un motard de la police passe et le tue! Conspiration? Quand on se rappelle la manière dont certains manifestants sont arrêtés en Grèce avec fabrication de preuves à la clé, on est en droit de se poser des questions. De plus, au niveau « manipulation de l’info », vous avez certains médias qui rapportent l’accident et qui oublient de préciser que le motard était de la police…

Le Pirèe (Grèce) mercredi. La femme de Théo Angelopoulos s'est rendue sur les lieux de l'accident qui a couté la vie au réalisateur.  

Le Pirèe (Grèce) mercredi. La femme de Théo Angelopoulos s’est rendue sur les lieux de l’accident qui a couté la vie au réalisateur.  | AFP PHOTO / ANGELOS TZORTZINIS

Le réalisateur a été mortellement blessé par un policier qui circulait à moto, en dehors de son service, sur une voie rapide de la banlieue d’Athènes, en plein tournage de son nouveau film, « L’autre mer », consacrée à la crise de la zone euro et à la faillite de son pays. 

Les médias alimentent une controverse sur le délai mis par l’ambulance pour arriver sur les lieux, environ 35 à 40 minutes après l’accident. Les services d’urgence de la capitale ont annoncé l’ouverture d’un enquête interne. Un représentant syndical des ambulanciers, Ioannis Houssos, a mis en cause sur la radio Flash le manque de personnel et d’entretien du parc ambulancier. Il a affirmé qu’un premier véhicule dépêché par un hôpital du centre-ville était tombé en panne, avant d’être relayé par un deuxième puis finalement une troisième ambulance dénichée dans un hôpital plus proche.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la police avait, à la demande de l’équipe de tournage, coupé la circulation sur une des deux chaussées de la voie où travaillait le cinéaste. Ce dernier était passé du côté non-protégé au moment où a eu lieu l’accident, sans qu’une vitesse excessive de la moto ne soit dans l’immédiat mise en cause.

«Le pays perd un de ses grands créateurs, à un moment difficile»

Adepte de la lenteur et des plans contemplatifs, Théo Angelopoulos a fait émerger un « nouveau cinéma grec » dans les années 70, après la chute du régime des colonels. Ses obsèques devraient avoir lieu vendredi après-midi.

Le Premier ministre Lucas Papademos a exprimé «sa profonde tristesse» après la mort du réalisateur, «qui a témoigné du drame de la Grèce de l’après guerre civile, et a contribué à une compréhension plus profonde de l’histoire contemporaine». «Le pays perd un de ses grands créateurs, à un moment difficile», a-t-il ajouté dans un communiqué. De son côté, le ministre de la Culture, Pavlos Geroulanos, a salué l’oeuvre d’un «des plus importants créateurs du 7e art et ambassadeur de la culture grecque»,  le qualifiant d’«irremplaçable».

La Grèce affiche une mortalité routière record en Europe, du fait de l’absence de discipline de ses piétons et conducteurs, de l’apathie de la police face aux infractions, et de l’état souvent déplorable du réseau routier.

 Jean-Louis pour Benji
Source: leparisien.fr
Et pour ceux qui ne le connaissent pas, il a sa page wikipedia avec la liste de ses films

Twitter censure et… se suicide ?

Le site de microblogs Twitter a annoncé le 26 janvier qu’il était désormais en mesure de bloquer la publication de certains messages dans certains pays, pour être en conformité avec la législation locale. Les messages en question resteraient visibles dans les autres pays ; la firme américaine promet d’être la plus transparente possible en entrant en contact avec les internautes « censurés » et en mettant en ligne le détail de ses interventions sur le site indépendant ChillingEffects.org.

« Au fur et à mesure que nous nous développons à l’international, nous irons dans des pays qui ont diverses positions sur la liberté d’expression », explique Twitter sur son blog officiel. « Certains divergent tellement de nos idées que nous ne pourrons pas y exister. C’est le cas de la Chine, par exemple, où la plateforme américaine est totalement bloquée, au grand dam de Jack Dorsey, l’un de ses fondateurs.

« Twitter commet un suicide social », affirme Mark Gibbs, spécialiste des nouvelles technologies chez Forbes. Dans son message officiel, Twitter explique : « Pour des raisons historiques ou culturelles, [des pays] interdisent certains messages, comme la France ou l’Allemagne qui interdisent les messages pronazis ». « Comment un programme pourrait déterminer avec exactitude qu’un message est pronazi ? » demande Mark Gibbs. « Et pourra-t-il détecter l’ironie et le sarcasme ? J’en doute. Et quid du fait que Twitter se retrouve implicitement éditeur de tous les tweets ? N’est-ce pas ouvrir la porte aux tracas juridiques en prenant une responsabilité éditoriale qui permettra aux internautes de se servir de Twitter comme d’un paratonnerre pour éviter les poursuites ? »

En essayant de calmer les pressions politiques dont ils font l’objet, les responsables de Twitter « ont eux-mêmes creusé un trou dont ils ne seront pas en mesure de sortir », conclut le journaliste. « Si vous faites triompher les intérêts politiques sur les besoins de la population, vous n’êtes plus utile à l’humanité. Et si vous ne lui êtes pas utile, quel est votre intérêt ? »

Jean-Louis pour Courrier International

Les passages (jubilatoires) où Hollande a bien mouché Juppé.

D’emblée, le candidat socialiste se situe parmi les individualités qui « au lieu de se séparer du peuple, restent avec lui et en lui pour lutter avec lui […] au lieu d’aller mendier je ne sais quelles misérables complaisances auprès du capital soupçonneux ».

Puis, lyrique, il enfonce le clou sur un point précis de son programme : « Les services publics démocratisés peuvent et doivent avoir ce triple effet d’amoindrir la puissance du capitalisme, de donner aux prolétaires plus de garanties et une force plus directe de revendication, et de développer en eux, en retour des garanties conquises, ce zèle du bien public qui est une première forme de la moralité socialiste et la condition même de l’avènement d’un ordre nouveau ».

Enfin, rassembleur, il en appelle aux Français pour qu’ils « défendent vigoureusement les services publics contre les campagnes systématiques de la presse bourgeoise, et contre les déceptions que produit dans la classe ouvrière elle-même une première application maladroite et arrogamment bureaucratique du régime de la nationalisation. Qu’ils ne livrent pas l’État aux oligarchies, mais qu’ils s’efforcent, en élargissant le domaine de l’État, d’accroître leur action dans l’État et sur l’État par le développement de leur organisation syndicale et de leur puissance politique ».

Vérification faite, c’est un autre socialiste, nommé Jaurès qui tint ces propos.

Jean-Louis pour Théophraste R. (Accro de l’émission : « Des paroles, paroles, paroles… »).

in LGS

PS. « Ces citations sont des extraits d’un article de Jean Jaurès paru dans L’Humanité le 12 février 1911 : « Services publics et classe ouvrière ». Il est vrai que cela date, tandis que le capitalisme est moderne : une idée neuve en Europe, en quelque sorte.

Procès contre la Commission de Sondages : Le rapporteur public donne raison à Jean-Luc Mélenchon

Sondages_souriez

Mercredi 25 janvier s’est tenue l’audience du procès contre la Commission des Sondages déclenché par une demande de Jean-Luc Mélenchon suite à un sondage de Harris Interactive.

Le rapporteur public s’est adressé aux juges du Conseil d’Etat en ces termes : « M. Mélenchon a raison de dire que la loi a été violée ». Il a rejoint l’opinion de M. Mélenchon quant au caractère lacunaire de la notice qui doit, en vertu de la loi, être déposée auprès de la Commission des Sondages la veille de la publication de tout sondage, afin d’être communiquée à tout citoyen sur demande. Le rapporteur a d’ailleurs souligné, donnant encore une fois raison à M. Mélenchon, que les journaux qui ne mentionnent pas le droit d’accès pour tout citoyen à ladite notice violent la loi de 1977.

Ces manquements à la loi auraient pu faire l’objet d’une mise au point ou d’une saisine du Parquet pour poursuites pénales, a rappelé le rapporteur. En effet, la Commission de Sondages avait « classé sans suite » ces violations, et ce malgré la demande de M. Mélenchon.

M. Mélenchon avait réclamé, en vain, la communication des « méthodes utilisées pour déduire des résultats indirects », autrement dit la méthode de redressement. Ces informations font pourtant textuellement partie des mentions obligatoires de la notice que doivent déposer les sondeurs à destination du public.

Au final, le rapporteur a malheureusement conclu au rejet de la demande de Monsieur Mélenchon car selon le rapporteur, le Conseil d’Etat ne peut exercer qu’un « contrôle restreint » de la Commission des sondages. Cette dernière n’a pas choisi d’agir, malgré les graves manquements constatés. Si le Conseil d’Etat suit l’avis du rapporteur public cela signifiera que la loi de 1977 peut être violée sans que les sondeurs et les rédactions ne soient inquiétés. Une telle décision aboutirait pour le Front de Gauche a une conclusion simple : la loi de 1977 doit être changée pour qu’enfin les sondages d’opinions puissent être sérieusement contrôlés.

L’affaire a été mise en délibéré.

Jean-Louis pour Me Raquel Garrido,
avocate de Jean-Luc Mélenchon

in LPG

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