Archive pour 31 janvier, 2012

Un peu malade à Odessa, Pierre Sarkozy rapatrié aux frais de l’Etat

Un peu malade à Odessa, Pierre Sarkozy rapatrié aux frais de l'Etat dans Opinions 3101-pierre-sarkozy-odessa

Pierre Sarkozy cache son visage en sortant d’un hôpital d’Odessa, Ukraine, 25 janvier 2012 (Dumskaya.net via Reuters TV)

Pas facile la vie de DJ. Juste avant de mixer dans une soirée privée, en Ukraine, le fils aîné du président de la République Pierre Sarkozy (a.k.a. DJ Mosey) a été hospitalisé à Odessa en raison d’un malaise, la semaine dernière.

L’information avait été abondamment reprise par les médias people, et même par des médias sérieux. Heureusement, apprenait-on, ce qui semblait être une intoxication alimentaire ne lui avait pas fait grand mal.

Selon une porte-parole du maire de cette cité balnéaire de la mer Noire, citée par l’AFP dans une dépêche du mercredi 25 janvier :

« Il ne se sent pas mal, sa vie n’est pas en danger. »

Pierre Sarkozy, 26 ans, a tout de même été rapatrié à Paris le même jour dans un « petit avion ».

Petit ? Pas vraiment, à en croire Le Canard enchaîné à paraître le 1er février. A 9h17 mercredi 25, un plan de vol est déposé à la base 107 de l’armée de l’air, en toute urgence puisque le départ est prévu à 9h30.

Sarkozy a remboursé 7 632 euros sur 39 200

Finalement, c’est à 10h04 que le Falcon 50 (pas un coucou donc) de l’Etec (l’escadron chargé de transporter les ministres et le Président) décolle de Villacoublay.

Après trois heures trente de vol, le Falcon se pose à Odessa. D’où il repart, deux heures plus tard, chargé du rejeton présidentiel.

Interrogée par Le Canard, la présidence de la République a répondu que Nicolas Sarkozy avait « payé par chèque sur ses deniers personnels la somme de 7 632 euros ».

Mais, relève malicieusement l’hebdomadaire, l’heure de vol en Falcon coûte 5 600 euros « selon les chiffres officiels du ministère de la Défense ». Pour un vol de sept heures aller-retour, il manque donc près de 32 000 euros !

Nos confrères ajoutent que l’Etec étant un organisme d’Etat, il lui est en principe interdit de faire concurrence au privé. Seule exception : « l’intérêt général ».

Jean-Louis pour Augustin Scalbert

in Rue89

Fukushima : il se bat pour ne pas laisser mourir ses vaches irradiées

Fukushima : il se bat pour ne pas laisser mourir ses vaches irradiées dans Opinions r0027252_0

Masami Yonezawa à Tokyo (Alissa Descotes-Toyosaki)

(De Tokyo) En ce vendredi 27 janvier, une fanfare joue devant latente antinucléaire de Kasumigaseki. Il y a deux jours, un ordre d’expulsion a été envoyé par le ministère de l’Economie, mais personne n’y croit vraiment.

Alors que l’heure de pointe approche et que les fonctionnaires du ministère investissent le carrefour en même temps que 600 activistes antinucléaires, on entend une voix qui crie à s’en arracher les poumons :

« Ce combat contre le nucléaire, il faut le mener de front ! Je ne tolèrerai pas qu’on règle le problème en tuant mes vaches ! »

On aperçoit un petit van noir couvert de banderoles avec un haut-parleur qui tourne autour du rond-point. L’homme est tellement en colère qu’il surpasse en décibel tous les autres. C’est un éleveur de la région de Fukushima, et ses 330 vaches sont irradiées.

« On a tous évacué de la ville de Namie, à 14 km de la centrale, tout de suite après la première explosion, les éleveurs ont dû jeter tout le lait et fuir leur ferme en abandonnant leurs bêtes. Elles n’avaient plus aucune valeur économique mais était-ce une raison pour les laisser mourir de faim ? »

« J’ai décidé de ne pas laisser mourir mes animaux »

Masami Yoshizawa reprend sont souffle. Il a le regard d’un homme qui a vécu l’enfer :

« Je suis né à Chiba, près de Tokyo, mais cela fait ouze ans que j’ai un élevage de vaches à Namie. Le 18 mars, une semaine après l’accident nucléaire, j’ai décidé de retourner à ma ferme en emmenant de la paille de soja pour nourrir mes bêtes. »

En mai 2011, l’administration Kan a signé l’ordre de se débarrasser de tous les animaux restés dans la zone d’exclusion des 20 km. Un ordre approuvé par les éleveurs, sauf une poignée de réfractaires comme M. Yoshizawa :

« A cause de cet accident nucléaire, nous avons tout perdu. J’habite moi-même dans un logement provisoire à Nihonmatsu, à 45 km de la centrale, et je me fais irradier quotidiennement.

Les éleveurs du périmètre interdit ont été confrontés à un choix terrible, à savoir choisir entre leur propre vie et celle de leurs bêtes. Moi je n’ai pas de famille et j’ai décidé de ne pas laisser mourir mes animaux.

A présent, cela fait dix mois et mes 330 vaches paissent tranquillement dans les prés. Je demande au gouvernement de trouver une solution pour ces animaux. Pas de mort par abandon ni par euthanasie, mais une troisième solution. »

La Ferme de l’espoir

M. Yoshizawa a présenté une requête au ministère de l’Agriculture pour demander qu’on laisse en vie les animaux du périmètre d’exclusion et a crée un projet, la Ferme de l’espoir, qui recueille les animaux irradiés et les nourrit.

« J’ai demandé à ce qu’on fasse venir des chercheurs, des professeurs d’université pour trouver une solution. Nous voulons avoir une étude sur la décontamination du sol, la quantité de césium, et trouver un moyen d’utiliser nos vaches à des fins utiles, pour étudier la radioactivité. »

Armé de sa camionnette immatriculée Fukushima et de l’énergie du désespoir, M. Yoshizawa a pu réunir d’importantes donations pour acheter le pâturage nécessaire.

« Cela fait plus de dix fois que je viens à Tokyo. Je me poste devant le carrefour de Shibuya aux heures d’affluence avec ma camionnette. Il y a beaucoup de gens qui pleurent. »

« Plutôt mourir que laisser mourir »

Aujourd’hui, Mr Yoshizawa est venu encourager le sitting des tentes de Kasumigaseki :

« Notre région est devenue un véritable Tchernobyl. Si on ne fait pas quelque chose contre le redémarrage de la centrale de Hamaoka, c’est Tokyo qui va devenir un “no man’s land” ! »

La capitale nippone est située à peu près à 200 km de la centrale de Fukushima au nord et celle de Hamaoka au sud. Une situation rendue encore plus alarmante par l’activité sismique de ces derniers mois.

« Le 17 mars, après la triple explosion des réacteurs, je suis retourné à Namie en me disant que c’était la dernière fois que je revoyais ma ferme. J’ai bombé le mur avec un spray noir avant d’aller au siège de Tepco. L’inscription y est toujours et ma volonté aussi : “Plutôt mourir que laisser mourir.” »

De l’autre côté du carrefour, on entend les slogans des antinucléaires monter dans la nuit. Il n’y aura pas d’expulsion aujourd’hui mais tant que les questions de l’évacuation de Fukushima et de l’arrêt complet des réacteurs ne sont pas réglée, il n’y aura pas de paix dans l’archipel.

Jean-Louis pour Alissa Descotes-Toyosaki

in Rue89

Voeux de Jean-Luc Mélenchon à la communauté éducative

Lundi 30 janvier, Jean-Luc Mélenchon présentait ses voeux et propositions à la communauté éducative en tant que candidat commun du Front de Gauche à l’élection présidentielle. Plus de 900 personnes étaient réunies au théâtre Comédia.

La vidéo

Jean-Louis pour Jean-Luc Mélenchon

son blog

QUAND NESTLÉ FAISAIT ESPIONNER ATTAC

En Suisse en 2003, une entreprise de sécurité privée a infiltré et espionné pour le compte de Nestlé l’association altermondialiste Attac, rappelle Le Monde Diplomatique. L’affaire avait été révélée en juin 2008 par la Télévision suisse-romande (TSR). Plusieurs plaintes avaient été déposées et le procès au civil s’est déroulé cette semaine.

« Entre 2003 et 2008, dans le canton de Vaud, en Suisse, deux employées de l’entreprise de sécurité privée Securitas ont infiltré et espionné, pour le compte de Nestlé, la section locale de l’association altermondialiste Attac, qui préparait un livre consacré à la multinationale« , raconte Le Monde Diplomatique.

« Les faits remontent à l’automne 2003. Sous le pseudonyme de Sara Meylan, une employée de Securitas rejoint la section d’Attac Vaud, alors en pleine préparation du livre Attac contre l’empire Nestlé. Ayant gagné la confiance du groupe, elle participe à plusieurs réunions, où elle a accès à des documents confidentiels. Elle livre à Nestlé des comptes-rendus détaillés des discussions. Ses rapports mentionnent également des détails sur la vie privée des auteurs. Elle rédigera même un chapitre du livre en préparation. Peu après la révélation des faits, en 2008, une deuxième «taupe» de l’entreprise de sécurité sera confondue« , détaille le mensuel.

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Pour leur avocat, « les altermondialistes ne représentaient «aucune menace» pour le groupe Nestlé. L’association s’est toujours bornée à des critiques non violentes et n’a jamais prôné de méthodes musclées contre la multinationale« , indique l’agence de presse ATS en évoquant les arguments d’Attac lors de l’audience.

ATS cite aussi la défense : « Défenseur de Securitas, Gilles Robert-Nicoud a répliqué avec force à ces arguments. Il a dénoncé «les mensonges» colportés sur la mission des agents de sécurité: il ne s’agissait nullement de surveiller les rédacteurs d’un ouvrage mais bien de prendre des précautions pour protéger Nestlé dans un contexte extrêmement chaud, lié en particulier au Sommet du G8 à Evian de début juin 2003.«   »Le jugement sera rendu ultérieurement« , conclut ATS.

nouveau media La presse suisse a donné un large écho à cette affaire. Dès le 20 janvier, Le Matin lui consacrait une page, en donnant la parole à Béatrice Schmid d’Attac, qui demande avec huit autres militants des dommages et intérêts à Nestlé et Securitas.

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Le 25 janvier, le même quotidien évoquait le témoignage d’une des trois personnes de Securitas impliquées dans l’affaire : « Parmi les trois espionnes de l’entreprise Securitas, mêlée à l’affaire révélée par la TSR en 2008, Sara Z. est la seule à s’être présentée à la convocation. Ses deux collègues se sont désistées par courrier au dernier moment. S. J. estimant la situation «potentiellement dangereuse pour son intégrité physique». F. D., sa supérieure, dont le nom avait filtré dans les médias, a expliqué avoir dû réorienter sa vie à l’étranger car elle ne pouvait plus mettre un pied dehors sans se sentir menacée. Toutes deux encourent une amende. »

La Tribune de Genève ajoute que  »d’après un ex-secrétaire de l’organisation, la crédibilité d’Attac Suisse a également souffert de cette infiltration. Il lui est devenu difficile d’obtenir des informations et ses activités ont par conséquent été freinées. Un climat de suspicion s’est installé au sein de l’organisation« 

Jean-Louis pour Gilles Klein

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SARKOZY, RÉFORMATEUR DE LA 11E HEURE (PRESSE EUROPÉENNE)

Une bonne partie de la presse européenne évoque l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dimanche soir, en soulignant le caractère tardif des réformes annoncées et le fait qu’il n’est toujours pas officiellement candidat, bien qu’il ait laissé entendre qu’il le sera. Exemples.

« Sarkozy augmente la TVA, qui sera 3 points au dessus de la TVA espagnole« , titre La Vanguardia. « Sarkozy dévoile un plan de compétitivité de la 11e heure« , titre l’édition Europe du Wall Street Journal, qui précise :  « Le Président français Nicolas Sarkozy a monopolisé les antennes télévisées de son pays pour annoncer des mesures visant à améliorer la compétitivité de la France. »

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« Travailler plus et gagner moins : Sarkozy espère que le langage de la rigueur va lui faire gagner des voix« , titrethe Independent (Grande-Bretagne). « Devant six chaînes télévisées, il annonce la création d’une «mini-tva sociale» et une taxe sur les transactions financières« , écrit La Tribune de Geneve (Suisse)

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Jean-Louis pour Gilles Klein

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Sarkozy le 29 janvier 10 mensonges, 11 lâchetés

Nicolas Sarkozy, le dimanche 29 janvier a conclu son discours fleuve par les mots « vérité et courage ». Les termes de « mensonges et lâchetés » auraient beaucoup mieux convenu à l’exercice auquel il venait de se livrer

Mensonges

Mensonge quand il annonce qu’il est là en tant que président et non pas en tant que candidat, tout en permettant au candidat d’imposer sa présence sur 8 chaînes de télévision.

Mensonge quand il affirme que l’Europe n’est plus au bord du gouffre alors que l’insolvabilité de la Grèce et du Portugal, fortifiée par les plans de rigueur à répétition qui leur ont été infligés, s’apprête à contaminer l’Italie et l’Espagne.

Mensonge quand il affirme qu’il n’est pour rien dans la crise actuelle alors que cette crise est le produit direct de l’austérité imposée aux pays européens par les dirigeants européens dont il est, avec Angela Merkel, l’un des deux chefs de file. Comment vendre les produits fabriqués en France en Espagne, en Italie, en Grèce, au Royaume-Uni, en Irlande, en Espagne, alors que dans tous ces pays, les plans d’austérité à répétition se traduisent par des baisses de salaires et l’envolée du chômage de masse ?

Mensonge quand il affirme que le salut est dans la compétitivité et que le modèle c’est l’Allemagne. La récession qui gagne toute l’Europe frappe également l’Allemagne dont l’excédent commercial provient à près de 85 % de ses échanges avec l’Union européenne

Mensonge quand il affirme que l’augmentation de 1,6 point du taux de TVA qui passera de 19,6 % à 21,2 % permettra, en baissant de 13,6 milliards les cotisations familiales payées par les employeurs d’accroître la compétitivité des entreprises françaises à l’exportation.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les employeurs augmenteront d’autant leurs prix même si Sarkozy ne « croit pas que les prix augmenteront. ». Il n’aurait pourtant qu’à se référer à une expérience pas si lointaine : la baisse de la TVA des restaurateurs qu’il a lui-même mise en place. A quelques rares exceptions près, les restaurateurs n’ont pas changé leurs prix, n’ont pas embauché et ont empoché la différence. Lui même, en 2007 ne repoussait-il pas l’idée d’augmenter la TVA en affirmant « elle aurait pour effet de réduire le pouvoir d’achat des Français » ?

Mensonge quand il affirme que la compétitivité de l’Allemagne vient d’un coût du travail inférieur au coût français. Pour l’INSEE, le prix du travail est un peu plus élevé en Allemagne qu’en France. Ce qui change, ce sont la qualité des produits due, en grande partie, aux sommes dépensées par le secteur privé pour la recherche et le développement qui sont, en Allemagne, le double de ce qu’elles sont en France.

Mensonge quand il essaie de nous faire croire que le « capital » sera lui-aussi mis à contribution par son 3ème plan de rigueur. Les 2 points d’augmentation de la CSG sur le patrimoine laisseront intacts les profits spéculatifs des sociétés mais frapperont les économies des salariés. Quand à la taxe financière, elle est dérisoire. Elle rapportera au mieux 1 milliard d’euros en année pleine, très loin de la taxe présentée le 14 septembre 2011, par le ministre français chargé de la Coopération au G20 Finances de Washington, qui devait rapporter entre 25 et 45 millions d’euros.

Mensonge quand il présente l’apprentissage comme solution au chômage. Il s’agira avant tout d’offrir une main-d’œuvre bon marché au patronat et de changer la place de quelques milliers de jeunes dans la file d’attente pour l’emploi.

Mensonge quand il affirme que construire 30 % de plus de logement pour un bien foncier permettra de baisser le prix des loyers. En quoi la possibilité d’ajouter un garage ou un étage à une maison particulière pourrait-elle bien faire baisser les loyers ? En quoi la possibilité de construire deux étages de plus à un immeuble influera-t-il sur le prix des loyers s’il ne s’agit pas de logements sociaux aux loyers encadrés ? Cela ne fera qu’augmenter le prix des terrains et les profits des promoteurs immobiliers. Il suffit de se référer à l’Espagne pour comprendre que construire des logements qui ne sont pas des logements sociaux conduit tout droit à l’impasse. Il y a aujourd’hui plus d’un million de logements inoccupés en Espagne alors que des millions d’Espagnols sans logement ou mal logés n’ont pas la possibilité de payer les loyers demandés par les promoteurs.

Mensonge, enfin, lorsqu’il affirme « J’ai le sens du ridicule »

Le courage, en fait, c’est celui qu’il nous a fallu pour supporter, pendant 5 ans, son arrogance, ses coups contre nos salaires, nos emplois, nos retraites, notre environnement, nos conditions de travail et de vie.

 

 

Lâchetés

 

Lâcheté lorsque la prestation de Nicolas Sarkozy, le 29 janvier, est minutieusement agencée pour qu’il n’ait face à lui aucune opposition, aucune question embarrassante mais simplement des journalistes qui lui passent les plats. L’un d’entre eux, néolibéral convaincu, avait même été décoré de la Légion d’honneur par Sarkozy en personne, en 2004. François Hollande avait eu, lui, à répondre à une brochette de journalistes bien ancrés à droite et qui souriaient béatement ou frémissaient d’émoi quand Alain Juppé sonnait grossièrement sa charge contre le candidat du Parti socialiste.

 

Lâcheté lorsque Nicolas Sarkozy refuse d’assumer le clivage gauche-droite, alors même qu’il avoue, en baissant pudiquement les yeux, que son modèle est Margaret Thatcher. Margaret Thatcher, la « dame de fer » de la droite conservatrice anglaise qui, après avoir vaincu la grève des mineurs en utilisant les moyens de répression rodés en Irlande du Nord, avait interdit le droit de grève, bradé la presque totalité de l’industrie du Royaume-Uni et condamné au chômage et à la pauvreté plusieurs générations de Britanniques afin de laisser place nette pour la Finance, les banques et la City de Londres.

Lâcheté lorsqu’il affirme vouloir faire voter l’augmentation de la TVA en février mais ne la mettre en application qu’en octobre, de peur des effets de cette augmentation sur l’élection présidentielle.

Lâcheté quand il profite de la crise qu’il a lui-même suscitée pour prendre les salariés en otage, leur mettre un révolver sur la tempe et leur laisser le choix : « la bourse ou la vie » ou plutôt « ton salaire baisse ou tu te retrouves au chômage » au moyen des « accords compétitivité-emploi » qu’il veut nous infliger. Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas le patronat d’imposer à la fois baisse des salaires et licenciements, comme ont eu à le subir les Conti (les salariés de Continental dans l’Oise) et ceux de bien d’autres entreprises.

Lâcheté quand il pioche sans l’avouer dans le programme de Hollande pour annoncer la création d’une banque de l’industrie.

Lâcheté lorsqu’il menace de pénaliser les collectivités locales qui assurent aujourd’hui la continuité du service public et les ¾ de l’investissement public sans lequel la récession que nous commençons à subir serait encore plus sévère.

Lâcheté quand il se refuse à tirer le moindre bilan de son quinquennat et ne nous dit pas un mot de ce qu’est devenu le « candidat du pouvoir d’achat » qui s’était présenté à l’élection de 2007. Aucun bilan de la mutation de celui qui affirmait « ensemble tout est possible »  et qui n’a gouverné, du début à la fin de son quinquennat que pour les 1 % des Français les plus riches. Aucun bilan de l’action de ce Président qui annonçait qu’il fallait « travailler plus pour gagner plus » mais qui finit son quinquennat en voulant nous imposer de travailler moins pour gagner moins.

Lâcheté quand après avoir été au pouvoir pendant 10 ans (ministre de l’Intérieur, de l’Economie pendant 5 ans puis président de la République pendant 5 autres années), il se présente en challenger de François Hollande, fait comme s’il avait passé ces 10 années dans l’opposition et n’avait rien à voir avec l’augmentation de 30 points de la dette publique, les 4,7 millions de chômeurs (recensés), les 500 000 emplois industriels perdus

Lâcheté lorsqu’il annonce que la fin des 35 heures et qu’il veut y mettre fin par des accords d’entreprise sans pour autant modifier la durée légale du travail pour que les employeurs (les véritables assistés de ce pays) puissent continuer à profiter des milliards d’exonérations sociales liées à la diminution du temps de travail.

Lâcheté lorsqu’il se réfugie derrière un soi-disant sommet social alors que ses décisions, notamment celle sur l’augmentation de la TVA, étaient déjà prises.

Lâcheté quand il veut nous faire croire que le changement c’est lui, alors qu’il est resté toujours le même, dur avec les plus vulnérables et à la botte de la Finance. Du boulier fiscal à l’augmentation de la TVA, c’est la même politique : celle que nous rejetterons en avril et en mai prochain.

Jean-Louis pour Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche

Le blog de Gérard Filoche

Le mouvement Occupy Wall Street continue de faire des vagues

Quatre cents personnes ont été arrêtées à Oakland le 29 janvier, lors d’une manifestation du mouvement Occupy Oakland émaillée de violences, rapporte le Los Angeles Times. Ce n’est pas la première fois que la ville californienne est le théâtre d’incidents. Fin 2011, elle avait été paralysée par une grève générale et des manifestants avaient réussi à bloquer le port. A New York, le 30 janvier, des manifestants ont également brièvement occupé Washington Square Park à Manhattan.

L’agitation se poursuit également dans d’autres villes américaines, notamment à Charlotte, en Caroline du Nord, où la police est intervenue lundi 31 janvier pour démanteler le campement local. Dans la capitale fédérale, enfin, les indignés de McPherson Square sont sous le coup d’un ordre d’éviction depuis le 30 janvier à midi. La police n’est toujours pas intervenue pour déloger les occupants.

Jean-Louis pour Courrier International

De quel droit Merkel soutient-elle Sarkozy ?

Le soutien affiché d’Angela Merkel à Nicolas Sarkozy ne soulève pas de tempête de protestations en Europe, s’étonne le quotidien canadien Globe and Mail. Il s’agit pourtant d’une manoeuvre inédite… Et inquiétante.

Comment imaginer un Otto von Bismarck choisissant son camp durant une campagne électorale, dans la IIIe République française ? Pourtant, de nos jours, sous la Ve République, Angela Merkel, qui lui succède à la chancellerie allemande, a décidé de participer à des meetings de campagne aux côtés de Nicolas Sarkozy, en vue de l’élection présidentielle d’avril prochain. Ce soutien laisse présager une nouvelle ère de politique transnationale en Europe.

Mme Merkel et M. Sarkozy ont des tempéraments très différents et, jusqu’à une période récente, on parlait même d’antipathie entre eux. A l’évidence, ils ont appris à s’entendre, au fur et à mesure de leurs fréquentes rencontres pour résoudre la crise de la zone euro. Pour incarner cette collaboration, on a même inventé un personnage hybride surnommé Merkozy, dirigeant imaginaire de la zone.

Aujourd’hui, M. Sarkozy est à la traîne dans les sondages et, de son côté, le candidat socialiste François Hollande soutient que le pacte budgétaire proposé par la chancelière pour la zone euro obligerait à mettre en œuvre une politique d’austérité excessive. Mme Merkel se devait de défendre sa politique. A l’annonce d’apparitions conjointes des deux dirigeants lors de la campagne, le porte-parole de M. Hollande [Manuel Valls] a conseillé au président de ne pas “prendre en otage” les relations franco-allemandes.

Après une longue série de guerres entre la France et l’Allemagne, le général de Gaulle et Konrad Adenauer étaient parvenus à nouer des liens d’amitié. Cela fut encore plus vrai pour Helmut Schmidt et Valéry Giscard d’Estaing dans les années 1970. Mais un dirigeant allemand, quel qu’il soit, qui aurait essayé de dire aux Français pour qui ils devraient voter (ou le contraire) aurait réveillé de mauvais souvenirs.

L’intervention de Mme Merkel dans l’élection présidentielle en France a suscité une certaine indignation, mais pas de réelle levée de boucliers. Il s’agit d’une manœuvre, plutôt que d’un projet d’unité politique en Europe, mais les Etats-nations du continent risquent de s’apercevoir qu’elle crée un délicat précédent.

Jean-Louis pour  The Globe and Mail

transmis par Presseurop

 

Les Don Quichotte de Bruxelles

Les mesures adoptées lors du sommet du 30 janvier — le traité de stabilité et le plan de croissance économique — servent au mieux à réparer les erreurs commises depuis un an et demi. Au pire, elles relèvent de l’imposture, estime l’éditorialiste Xavier Vidal-Folch.

« Pendant les sommets, les dirigeants européens passent une grande partie de leur temps à réparer les bévues qu’ils ont commises lors du sommet précédent », murmure un acteur de la haute politique de l’UE.

Le 30 janvier, étant donné l’inanité des circulaires et des discussions récidivantes sur la Grèce, le Portugal et l’importance du fonds de sauvetage, on a vu une fois de plus combien il était difficile de réparer les bévues.

Cette inanité est devenue palpable depuis que Merkel et Sarkozy ont réveillé le spectre de la faillite d’un membre (lors du sommet de Deauville, le 19 octobre 2010), faillite que la remise de la dette (diminution de la valeur des obligations) consentie par ses créanciers privés avait jusqu’alors conjurée.

Le conclave a apporté une fois de plus la preuve de son obstination : il a donné le feu vert à un traité de stabilité boiteux et adopté un plan de croissance économique qui n’a rien d’un plan. C’est plutôt une imposture, ou du moins cela y ressemble.

Admettons que le traité était nécessaire pour assurer la discipline des pays de la zone euro et pour concevoir des mécanismes propres à relancer la croissance.

Ce qui est beaucoup dire : le Parlement européen « exprime ses doutes quant à la nécessité » de l’accord (résolution du 18 janvier) et ce brave Wolfgang Munchau (Financial Times du 30 janvier) d’en remettre une couche : cet accord « est inutile »,écrit-il. En effet, ces dispositions auraient pu être adoptées par la voie législative normale et l’accord « encouragera » les politiques trop restrictives, favorisant la récession.

Une version encore plus alambiquée

Admettons qu’ils aient tort et qu’un texte décoré du titre pompeux de « traité relatif à la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire »soit la solution. Le titre lui-même donne une impression de « stabilité » et de discipline budgétaire, ça suffit bien.

N’oublions pas que seul l’article 9 (sur 16, pour l’instant) prescrit « la promotion de la croissance économique ». Il préconise également que les signataires « adoptent les procédures et les mesures nécessaires » à cette fin, sans pour autant proposer quoi que ce soit.

Les dispositions n’ont aucun caractère obligatoire. Aucune sanction n’est prévue pour les contrevenants, qui ne risquent à aucun moment de devoir faire face au tribunal de l’Union européenne s’ils ne se conforment pas au texte. En revanche, il est décrit très précisément tout ce à quoi s’exposent ceux qui ne respecteraient pas les objectifs de réduction du déficit. C’est là qu’est l’os : on nous vend un traité censé stimuler les deux pôles de la politique économique, mais qui n’en développe qu’un.

Et ce n’est pas tout. La cinquième version du texte, issue du dernier sommet, est encore plus alambiquée que la précédente. Les nouvelles retouches sont cruciales, non pas par leur contenu, mais parce que leur byzantinisme montre à quel point les instigateurs et les rédacteurs du texte sont dérangés : ils se battent tels des Don Quichotte déchaînés contre des moulins à vent imaginaires (c’est-à-dire les méthodes les plus invraisemblables pour creuser les déficits tout en échappant aux sanctions).

De la poudre de perlimpinpin

Pour les braves gens encore épargnés par le virus, soulignons que ces modifications ont, entre autres obsessions, celle d’habiliter n’importe quel gouvernement à poursuivre un partenaire défaillant si la Commission ne le fait pas. Peut-être le texte est-il bien nécessaire, cher Wolfgang, mais il sera inutile.

En effet, toutes les initiatives prises à travers l’histoire de l’Europe pour marginaliser ou réduire le pouvoir des institutions européennes (de l’agenda de Lisbonne, en 2000, à la rébellion de Paris et de Berlin pour échapper aux sanctions décidées par Bruxelles pour leur non-respect du pacte de stabilité, en 2003) ont débouché en un lieu dont personne ne souhaite se souvenir : l’impasse.

Autre poudre de perlimpinpin, la “déclaration” pour la relance de la croissance économique. La question turlupine le couple franco-allemand (Paris et Berlin étant les derniers à avoir compris que si le PIB baisse, il n’y a même plus de quoi rembourser les dettes) depuis la rencontre bilatérale du 9 janvier, qui les a vus pour la première fois envisager d’associer, en cure, le cilice aux vitamines.

Le tandem Berlin-Paris, la Commission et le Conseil ont eu recours à deux méthodes à l’inefficacité notoire. La première consiste à faire les fonds de tiroirs (comme pour l’agenda de Lisbonne) pour y dénicher nobles intentions et projets abandonnés – emploi des jeunes, financements des PME… Dans la seconde méthode, il s’agit de passer le balai dans le budget communautaire pour réorganiser les postes de dépenses.

Les fonds restants, ceux qui n’ont été ni dépensés ni rendus aux gouvernements, sont dérisoires – environ 30 millions d’euros. Quant à repenser la distribution des 82 milliards d’euros des fonds structurels et de cohésion encore non affectés pour les deux dernières années (2012 et 2013) du plan septennal que sont les Perspectives financières, c’est peut-être pour l’heure précipité et, à n’en pas douter, illusoire.

Car ces fonds sont d’ores et déjà destinés à des projets de soutien de la croissance, tels que routes, écoles ou stations d’épuration. Depuis la stratégie européenne pour l’emploi (processus de Luxembourg, 1997), pas un seul centime ne doit aller à des projets qui ne créent pas d’emplois. Il n’y a donc pas un seul euro supplémentaire. Seulement quelques tours de passe-passe.

Jean-Louis pour Xavier Vidal-Folch

in Presseurop

Un Traité pour enfoncer l’Europe dans la crise

« Tourner la page de la crise de la dette », c’était le mot d’ordre du Sommet européen qui s’est achevé lundi à Bruxelles. Tout porte à croire qu’il s’apprête au contraire à enfoncer d’un cran supplémentaire l’Europe dans l’austérité, la récession, la crise économique, sociale et démocratique.

A l’issue du Sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement sont tombés d’accord sur le nouveau Traité. Ce « Pacte fiscal » est censé peaufiner un arsenal anti-crise dont on a jusqu’à présent pu constater l’efficacité avec le naufrage sans fin de la Grèce. Il s’apprête en fait à en imposer et en généraliser les « potions amères » à l’ensemble de l’Europe.

L’austérité s’avère-t-elle à la fois destructrice et injuste, partout où elle est mise en œuvre ? Elle sera désormais gravée dans le marbre d’un Traité qui organise la surveillance des budgets nationaux par des instances technocratiques, au mépris de principes démocratiques élémentaires. Et qui impose, au prétexte de « rassurer les marchés », l’inscription dans les législations nationales d’une politique économique qui mène l’Europe droit dans le gouffre.

Inutile de préciser que l’adoption de ce nouveau Traité ne fera pas l’objet d’une consultation démocratique. Il faut dire que les dirigeants européens ne semblent plus faire grand cas de la démocratie. En témoigne l’arrivée au pouvoir, dans les pays en crise, de dirigeants ayant la confiance des marchés pour leur capacité à imposer la mise en œuvre de plans d’austérité… ou encore les déclarations récentes du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui évoque une nécessaire mise sous tutelle européenne de la Grèce avec droit de véto sur les décisions de politiques économiques.

« Tourner la page de la crise de la dette » ? C’est tout le contraire. Véritable krach démocratique, le nouveau Traité de Sarkozy et Merkel enferme l’Europe dans un cercle vicieux et destructeur, qu’il est désormais urgent de rompre. A cet effet, les mouvements sociaux, porteurs de véritables alternatives économiques, sociales, écologiques et démocratiques, doivent se mobiliser massivement en France et en Europe pour changer la donne.

C’est pourquoi Attac développe en France, avec le collectif d’audit citoyen de la dette, une vaste campagne d’éducation populaire pour avancer de véritables alternatives à la crise, et c’est pourquoi Attac sera au côté des mouvements sociaux européens, réunis la deuxième quinzaine de Mai à Francfort, pour protester devant la BCE contre les politiques iniques de l’austérité généralisée.

Jean-Louis pour Attac France,

En savoir plus sur la campagne d’Attac sur l’audit citoyen de la dette publique : http://www.france.attac.org/sortir-du-piege-de-la-dette

Pour rejoindre Attac : http://www.france.attac.org/adherer

 

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